Voici la traduction du deuxième chapitre de la fanfiction toute mimi de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!
Gai se réveilla au son des oiseaux qui gazouillaient. Il s'assit, s'étira et sourit en voyant l'azur vif du ciel.
-Une matinée magnifique, hein, Lee? Lee?
Il se tourna et vit son élève toujours enfoui dans son sac de couchage. Gai se leva, s'approcha de lui et s'accroupit.
-Lee, c'est le matin. Lève-toi et brille.
Lee laissa échapper un grognement.
Un frisson parcourut le dos de Gai. Lee n'avait jamais de difficulté à se réveiller. Doucement, il baissa le haut du sac de couchage pour dévoiler le visage de Lee.
Lee était rouge, il frissonnait et était trempé de sueur, ses yeux étaient clos et mordus de cernes.
-Lee, tu m'entends? dit Gai en lui tapotant la joue.
Lee entrouvrit les yeux.
-Sensei, murmura-il. Je ne me sens pas bien.
Gai mit sa main sur le front de Lee. Il était brûlant.
-J'ai si froid. Je me sens si faible, fit Lee en respirant difficilement. Je ne sais pas ce qui m'arrive.
-Mmh. Et bien, tu dois avoir de la fièvre, fit Gai en soulevant délicatement la paupière de Lee avec le pouce. Et tes pupilles sont dilatées.
-C'est mauvais signe?
-Tu dois avoir la grippe, c'est tout.
Il sentait le cœur de Lee battre dans sa poitrine. La pulsation était rapide et faible. Il fronça les sourcils. Lee allait bien hier soir. Il savait que la grippe pouvait arriver soudainement, mais c'était un peu extrême.
-Il s'est passé quelque chose, Lee? Tu t'es fait mordre par quelque chose?
-Une araignée, murmura-il.
-Où?
-Ma main.
Gai sortit la main de Lee du sac de couchage, et il fut choqué. Le dos de la main droite de Lee présentait une bosse rouge et tendre de la taille d'un œuf. Sa main toute entière était gonflée et d'une inquiétante couleur rose. Du poison. le cœur de Gai s'accéléra.
-Quand est-ce arrivé?
-La nuit dernière.
-Tu aurais dû me le dire plus tôt. Les morsures d'araignées sont faciles à traiter si on s'en occupe tout de suite.
-Je.. Je ne voulais pas vous déranger. Je pensais que ce n'était pas important, dit Lee, des larmes brillant au coin de ses yeux. Je suis désolé.
Gai prit une grande inspiration.
-Ce n'est rien. Nous devons te ramener au village aussi vite que possible.
Il serra une lanière de son sac dans son dos, puis dégagea Lee du sac de couchage et le porta dans ses bras.
-Je peux marcher, murmura Lee.
-Nous irons plus vite si je te porte.
Ça, et si Lee bougeait trop, le poison se répandrait plus rapidement dans son organisme.
-Repose-toi.
-Je ne veux pas être un fardeau.
-Ridicule. Pour un homme de ma carrure, te porter n'est rien.
Il lui sourit en essayant de cacher son inquiétude, et sauta dans les airs.
Il bondissait d'arbre en arbre, Lee dans ses bras. Hier, ils avaient marché d'un pas tranquille. En parcourant cette distance à toute vitesse, ils pourraient être à Konoha dans quatre heures, peut-être trois.
Lee était pris de spasmes musculaires. Son petit corps dégageait une chaleur due à la fièvre, et son torse se soulevait à chaque respiration hachée.
-Dur de.. respirer, souffla il. Mal.
-Respire lentement et essaie de te détendre.
Lee hocha la tête. Pendant un moment, il resta silencieux, frissonnant dans les bras de Gai.
-Sensei, murmura-il. est-ce qu'il fait plus sombre?
-Non
-Alors ma vue est en train de baisser, dit-il d'une voix étrangement calme.
Gai baissa les yeux sur ceux de Lee. Ils étaient vitreux et regardaient dans le vide. Gai eut l'impression qu'une main glacée avait traversé son torse et serrait son cœur.
-Nous y serons dans quelques heures, Lee. Accroche-toi.
Il serra Lee plus fort.
-Est-ce que je suis en train de mourir? souffla Lee.
-Non.
Il serra les dents.
Kai.
Il ouvrit sa première porte céleste, et le chakra émana de son corps. Il filait entre les arbres avec sa nouvelle vitesse et sa nouvelle force. C'est rapide, mais.. Kyumon, Seimon, Kai! Le pouvoir explosa en lui, et la douleur se répandit dans son corps tandis que le flux de chakra traversait ses muscles et ses tendons.
Shomon, kai! Ses jambes le portaient si loin et si vite à chaque bond qu'il semblait voler. Il n'était jamais allé aussi vite de sa vie.
Il priait pour que ça soit suffisant.
Accroche-toi, Lee. S'il te plaît, mon cher élève, mon cher ami – ne meurs pas. Si tu meurs, je ne me le pardonnerai jamais.
Lee allait et venait entre le conscient et l'inconscient. Le monde n'était qu'ombres floues et formes mouvantes. Son corps lui faisait mal. Sa tête lui faisait mal. Il était pris de vertige, et ses pensées tournaient dans sa tête, se percutant les unes les autres et partaient dans tous les sens. Par moments, il n'arrivait plus à se souvenir où il était et ce qui se passait – Il savait juste que sa main palpitait d'une douleur cuisante, et qu'il était malade et à moitié aveugle, et qu'il avait terriblement, terriblement peur.
Mais au milieu de tout ça, il sentait les bras de Gai l'entourer, le porter en toute sécurité, et il sentait que, peu importe ce qui pouvait lui arriver, Gai allait tout arranger. Gai ne le laisserait pas tomber dans l'obscurité. Gai le sauverait.
Alors c'est comme ça qu'on se sent quand on est aimé, pensa-il, avec un sentiment naissant d'émerveillement.
Personne auparavant ne l'avait aimé. Il s'était toujours demandé ce que ça faisait, et à présent il savait. Il sourit, dans la douleur et la confusion – et s'il devait mourir, il voulait que ça soit ici, dans ces bras forts et attentionnés.
Puis l'obscurité l'arracha à nouveau à ses pensées, et pendant un moment, il n'y eut plus rien.
Gai arriva aux portes de Konoha en moins de deux heures, il n'avait jamais fait ce trajet aussi rapidement. Il fonça tout droit à l'hôpital et passa brutalement les portes, haletant.
L'infirmière à l'accueil se leva.
-Qu'est-ce que..
-S'il vous plaît. Mon élève. Il a besoin d'aide.
-Quel est le problème?
-Morsure d'araignée. Venimeuse. Il a une forte fièvre.
L'expression de l'infirmière devint grave.
-Emmenez-le par là.
Elle le conduisit jusqu'à un couloir étroit et blanc, puis à une chambre déserte, où Gai déposa Lee sur le lit d'hôpital.
-Je vais chercher des médecins-ninja, dit-elle en sortant en courant.
Lee gémit. Il battit des paupières, les yeux roulant dans ses orbites.
-Où suis-je? Gai-sensei?
-Je suis là. Tu es à l'hôpital. Tout va bien se passer.
Il toucha le poignet de Lee. Lee agrippa sa main et sa serra fort, la respiration haletante.
-Je ne vois rien. Je ne vois rien du tout.
La peur dans sa voix perça le cœur de Gai comme une aiguille. Il passa une main dans les cheveux de Lee.
-Essaie de te détendre. Ils vont te guérir.
Lee déglutit. La sueur luisait sur son visage, et ses yeux bougeaient dans ses petits mouvements nerveux.
-Restez, avec moi, Gai-sensei, souffla-il. S'il vous plaît.
-Je reste. Je n'irai nulle part.
L'infirmière revint à la hâte dans la chambre, suivie de deux med-ninja.
-Restez sur le côté, dit l'un d'eux.
Gai voulu faire un pas de côté, mais la main de Lee se serra davantage autour de la sienne.
-Lee, tout va bien, murmura-il. Je ne sortirai pas de la chambre, je te le promets. Ils ont simplement besoin de t'examiner.
Lee hésita, puis relâcha lentement sa prise. Gai s'écarta, et les med-ninja se penchèrent sur lui. L'un d'eux ouvrit les paupières de Lee – la droite, puis la gauche – et braqua une lumière dessus. L'autre med-ninja examina la morsure sur sa main. Puis tous deux placèrent leurs mains au-dessus du corps de Lee, et une lueur bleutée de chakra émana de leurs mains et de leurs bras. Lee eut le souffle coupé et son corps s'arqua. Sous le regard de Gai, des gouttes d'une substance sombre gouttèrent de sa peau et flottèrent dans les airs.
Un des med-ninja ouvrit un pot, et l'amas de liquide sombre alla à l'intérieur.
-Nous allons emmener ça au labo, dit-elle. Quand nous saurons à quoi nous avons affaire, nous saurons quel antidote utiliser. Mais nous avons retiré le venin de son organisme, donc ses symptômes ne devraient pas empirer.
-Et pour sa vue? Vous avez une idée du temps qu'il faudra pour qu'elle revienne?
-Pour le moment, c'est impossible de le savoir.
Les med-ninja sortirent, le laissant seul avec Lee.
-Sensei? demanda Lee en tournant la tête dans tous les sens. Où êtes-vous?
-Je suis juste ici.
Il approcha une chaise du lit, s'assit prit à nouveau la main de Lee. Il posa son autre main sur le front de Lee.
-Ta fièvre est redescendue.
Il remarqua que Lee tremblait toujours. Il remonta les couvertures sur lui et les borda autour de son corps.
Pendant quelques minutes, Lee ne dit rien. Puis il murmura: "Je suis désolé."
-Pour quoi?
-Je vous ai causé des problèmes. Vous avez été assez gentil pour me laisser venir avec vous, et vous avez dû écourter votre voyage et revenir en urgence au village parce que j'ai agi stupidement.
-Je me fiche du voyage, Lee. Je veux juste que tu ailles mieux. Et puis, ce n'est pas de ta faute si tu t'es fait mordre. S'il faut faire des reproches à quelqu'un, c'est à moi. J'aurais dû mieux te préparer. J'aurais dû te dire quoi faire si ça arrivait.
-N-non, ce-ce n'est pas votre faute, fit Lee avant de déglutir. Est-ce que je vais recouvrer la vue?
-Évidemment. Ils sont en train de préparer un antidote pour toi en ce moment. Une fois que tu l'auras pris, tout ira bien.
Il dégagea des mèches trempées de sueur du front de Lee.
Quelques minutes après, la porte s'ouvrit, et Gai resta silencieux pendant que l'un des med-ninja pénétrait dans la pièce. Elle avait une aiguille hypodermique dans la main. Gai lâcha un soupir de soulagement.
-Elle est là avec l'antidote, Lee.
La med-ninja appliqua de l'iode sur le bras de Lee et lui injecta le liquide clair.
-Ça devrait faire complètement passer sa fièvre et faire disparaître les frissons et les spasmes musculaires.
-Et pour ma vue?
-À ce stade, dit-elle en hésitant, c'est difficile de savoir ce qui va se passer. Elle peut revenir à tout moment, ou bien..
-Ou bien quoi?
-Je vais être honnête avec vous. Le venin est une puissante neurotoxine. S'il reste trop longtemps dans le corps, il peut endommager certaines parties du cerveau – en l'occurrence, l'aire d'information liée à la vue. Si les dommages sont trop importants..
-Vous êtes en train de me dire que je pourrais rester aveugle jusqu'à la fin de mes jours? demanda Lee d'une voix tremblante.
-C'est une possibilité. Je suis désolée. Mais pour le moment, rien n'est sûr.
-Ça n'arrivera pas, Lee, fit Gai, la mâchoire crispée.
La respiration de Lee s'était accélérée.
-Si je suis aveugle, dit-il doucement, je peux pas devenir un ninja. Si?
Ses poings étaient crispés sur le drap du lit.
-Tu vas recouvrer la vue.
-Et si je ne la recouvre pas? dit Lee. Qu'est-ce qu'il faut faire?
-Tu vas recouvrer la vue, dit Gai fermement.
Il se leva et regarda la med-ninja.
-Dites-lui qu'il va recouvrer la vue!
-Je lui dis simplement la vérité, dit-elle d'un air tendu.
-S'il le désire assez fort, s'il y croit assez fort, il va la recouvrer!
-Très bien. Très bien, dit-elle en s'arrêtant pour jeter un œil à Lee. Je vais retourner au labo. J'ai besoin de faire des tests supplémentaires.
Elle sortit de la pièce.
Gai serra les poings.
-Ne l'écoute pas, Lee. Tu vas aller mieux. Tu-
Il fut pris de vertiges, et sa vue se voila. Gai lâcha un grognement, vacilla et tomba au sol dans un bruit sourd. Sa tête tournait.
Évidemment, pensa-il. Il avait ouvert quatre de ses portes. Il avait été trop occupé à se concentrer sur Lee pour sentir la douleur, mais à présent, son corps le faisait souffrir.
-Gai-sensei! cria Lee.
Les yeux écarquillés, il roula hors du lot, percuta le sol et rampa vers Gai. Il tâtonna au hasard, ayant du mal à respirer, jusqu'à ce que sa main touche l'épaule de Gai.
-Est-ce que vous allez bien? dit-il en respirant rapidement, étant presque en hyperventilation.
-Je vais bien, Lee, grogna Gai en s'asseyant. J'ai juste un peu tiré sur la corde. Un peu de repos, et je serai aussitôt remis sur pied.
-Vous avez mal.. fit-il, en agrippant l'épaule de Gai avec sa main, serrant sa combinaison. J'entends la douleur quand vous respirez. Vous vous êtes blessé pour pouvoir me ramener à temps.
-Je suis un Jônin, répondit Gai avec un rire rauque. Un peu de douleur n'est rien. Te perdre m'aurait fait bien plus mal.
-Sensei.. fit Lee en tremblant.
Il enfouit son visage contre le torse de Gai.
-Lee, fit Gai avec surprise. Qu'est-ce qui ne va pas?
-Qu-quand je vous ai entendu tomber, j'ai eu peur, dit-il en déglutissant, son visage toujours caché dans la combinaison de Gai. Je ne veux pas vous perdre, Sensei. S'il vous arrive quelque chose, je serai à nouveau seul. Je ne veux plus ça. Ça fait trop mal. S'il vous plaît, ne me laissez pas.
Gai regarda la tête aux cheveux noirs de Lee. Ce garçon..
Personne n'avait jamais aimé ce garçon. Un orphelin, qui avait grandi entouré de gens qui lui disaient qu'il n'avait aucune valeur. Pas étonnant qu'il ait tellement envie de plaire, qu'il ait tellement soif d'apprendre. Pas étonnant qu'il buvait chaque parole de Gai. Son cœur était resté vide jusqu'à maintenant.
Gai posa une main sur la tête de Lee et lui ébouriffa les cheveux.
-Lee? Je peux te poser une question personnelle?
Lee leva la tête, ses grands yeux aveugles embués de larmes.
-Est-ce que quelqu'un t'a déjà pris dans ses bras?
-Je-Je ne me rappelle pas. Peut-être à l'orphelinat, quand j'étais tout petit.. mais pas depuis que je suis entré à l'Académie Ninja.
-Est-ce que tu veux que je te prenne dans mes bras maintenant?
La respiration de Lee se bloqua, ses yeux s'agrandirent. Lentement, il hocha la tête.
Gai l'enveloppa de ses bras et le serra tout contre son torse. Lee lui rendit son étreinte avec une telle force qu'il pouvait presque entendre ses côtes craquer.
La pensée que lui même n'avait pas été enlacé depuis des années traversa Gai – depuis que ses parents étaient morts. En général, la vie d'un ninja ne comprenait pas beaucoup d'étreintes. Il ne s'était pas rendu compte à quel point ça lui avait manqué.
Gai tint la tête de Lee contre son épaule.
-Je ne te laisserai pas, murmura-il. Je te le promets.
