DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Rating : M+ 18
Genre : romance / slash / Yaoi
Bonjour à tous !
Tout d'abord, merci pour vos review ! Je suis vraiment contente que vous ayez apprécié "Le Concert". Et je le suis encore plus d'avoir fait découvrir la musique baroque à plusieurs d'entre vous ! Encore merci !
Vous avez été plusieurs à me demander un bonus sur la vengeance de Draco. Le voici donc. L'atmosphère est très différente de celle du "Concert", raison pour laquelle je ne l'ai pas inclus dans la fic au départ.
C'est une vengeance, donc c'est un peu sordide, vous voilà prévenus !
Bonne lecture !
BONUS - Draco dormiens nunquam titillandus
30 mai 2009 – Soho, Londres.
- Comment m'avez-vous retrouvé ?
- Je ne pense pas que ce soit important.
- Je croyais que vous viviez dorénavant dans le monde moldu ?
- C'est le cas. Mais j'ai besoin de vous pour une… mission dans le monde sorcier. Votre prix sera le mien. Vous acceptez ?
- Ce sera un honneur pour moi de travailler pour le fils de Lucius Malefoy.
- Bien.
Draco tendit à l'homme une enveloppe épaisse. L'homme l'ouvrit, dévoilant une importante liasse de billets.
- Des livres sterling ?
- Oui. C'est un problème ?
- Absolument pas.
Draco hocha la tête et fit glisser sur la table une feuille pliée. L'homme la prit et il écarquilla légèrement les yeux quand il lut ce qu'il y était écrit.
- Ce sont… les cibles ?
- En effet.
- Ce sont tous… des héros de la guerre…
Le blond ne répondit pas, se contentant de fixer l'homme d'un regard froid.
- Vous avez une préférence sur la manière de les éliminer ?
- Il n'est pas question de les éliminer.
L'homme haussa un sourcil, manifestement surpris par la tournure de la conversation.
- Je ne les veux pas morts mais au contraire, bien vivants pour que chaque jour qui passe, ils souffrent un peu plus que le précédent. Je veux qu'ils perdent tout : leurs biens, les êtres qui leur sont chers, leur réputation. Surtout leur réputation. Je les veux détruits.
Un sourire sardonique passa sur le visage de l'homme. C'était les missions qu'ils préféraient.
- Comment envisagez-vous les choses ?
- J'ai de l'argent et de la patience. Autant dire que j'ai tout mon temps. La première chose que vous allez faire sera de récolter toutes les informations que vous pouvez sur ces personnes. Etudes, profession, comptes en banque, amis, famille, vices. Je veux tout savoir. Du plus élogieux au plus sordide.
- Très bien. Comment puis-je vous contacter ?
- C'est moi que le ferai.
Draco se leva pour prendre congé.
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30 novembre 2009 – Soho, Londres.
- Je vous écoute.
- Commençons par Seamus Finnigan. Après la mort de Vous-savez-qui, le Ministère lui a remis une récompense pour services rendus à la Nation. C'est une demande émanant de Harry Potter de récompenser tous ceux qui avaient participé à la Bataille de Poudlard du « bon côté ». Comme tous les autres, il a reçu son diplôme de fin d'études en ayant été dispensé de passer ses ASPICS. Il n'a pas fait d'études supérieures. Grâce à la somme d'argent reçue du Ministère, il a racheté un petit pub sur une rue adjacente au Chemin de Traverse. En utilisant sa notoriété de héros de guerre et son amitié avec Potter, l'établissement est devenu rapidement prospère. En mai 2003, il l'a revendu en réalisant un bénéfice substantiel. Cette opération lui permit de racheter la Tête de Sanglier, à Pré-au-Lard. Depuis lors, il ne cesse de harceler Madame Rosmerta pour qu'elle lui revende les Trois-Balais mais elle refuse de céder. Côté famille, il n'est pas marié et n'a pas d'enfant. On ne lui connaît pas de relation particulière.
- Et c'est tout ?
L'homme regarda Draco en souriant.
- Vous vous doutez bien que non.
- Poursuivez.
- Ce cher Monsieur Finnigan transplane trois fois par semaine à Liverpool.
- Liverpool ? Que fait-il là-bas ? La communauté sorcière est plutôt réduite dans cette ville.
- Ce n'est pas la communauté sorcière qui semble intéresser Finnigan mais un bar moldu appelé The Masquerade. Il s'agit d'un bar gay. Mais le plus… intéressant est qu'il s'y rend systématiquement en compagnie de Dean Thomas.
Draco eut un petit rictus. Nous y voilà.
- Et qu'avez-vous appris à propos de Dean Thomas ?
- Après la guerre, il a lui aussi été récompensé. Son diplôme de Poudlard en poche, il a directement obtenu un emploi chez Gringott's grâce à l'intervention de Bill Weasley. Il semble y faire du bon travail car il a déjà obtenu quatre promotions. Aujourd'hui, il dirige le Service Placements et Investissements. Depuis juillet 2000, il est marié à Ginny Weasley avec laquelle il a trois enfants : Arthur, né en 2001, Sophie née en 2004 et Albus, né en 2008. Ceci ne l'empêche pas, comme je vous l'ai dit, de fréquenter un bar gay de Liverpool avec Seamus Finnigan.
- Sa femme est au courant ?
- Non. Elle sait qu'il va régulièrement à Liverpool mais elle pense qu'il va assister à des matches de football. C'est un sport très populaire chez les moldus et Thomas, qui a été élevé chez les moldus, en est fan.
Draco hocha la tête, invitant l'homme à continuer.
- Ce qui m'amène à vous parler de Ginny Weasley.
Le blond se crispa imperceptiblement.
- Elle s'est fiancée à Harry Potter sitôt la guerre terminée. Elle a effectué une très courte carrière d'attrapeuse dans l'équipe de Quidditch des Harpies de Holyhead, avant d'entamer des études de journalisme qu'elle ne termina pas. Elle et ses parents ont beaucoup insisté pour que le mariage avec Potter soit célébré rapidement mais contre toute attente, celui-ci repoussait toujours l'échéance. Potter et elle vivaient plus ou moins ensemble, à Londres, dans la maison que Sirius Black lui avait léguée. Pour tout le monde, le couple était très uni et heureux, même si Potter semblait supporter de moins en moins la présence constante des journalistes autour de lui. Je suppose que, comme tout le monde, vous avez été au courant du scandale de l'année 1999 : un jour de janvier, un journaliste a découvert que Potter avait une nette préférence pour les hommes. Celui-ci ne démentit pas l'information et fut conspué par tout le monde. Ginny Weasley le quitta un mois plus tard. La vie devint infernale pour Harry Potter qui disparut du monde magique en mai 1999 après avoir lancé un doloris sur un passant. Très rapidement après, Ginny Weasley entama une relation suivie avec Dean Thomas, qu'elle épousa en juillet 2000.
- Que fait-elle aujourd'hui ?
- Elle élève ses trois enfants.
- Et financièrement ?
- Elle vit dans l'aisance. Après le départ de Harry Potter, elle a obtenu que tous les biens qu'il avait laissés lui soient attribués.
- Comment y est-elle parvenue ? s'offusqua Draco.
- Ooh, elle était pleine de ressources la petite Weasley. Elle invoqua un texte tiré des Lois Anciennes. Apparemment, il existerait un texte sur la rupture des fiançailles de…
- … de la faute d'un des deux fiancés. Oui, je le connais. Les Lois Anciennes ne sont plus appliquées que par les Sangs-purs. Quels hypocrites ! Ils se galvaudent avec les moldus mais sont bien contents d'être des Sangs-purs quand ça les arrange ! fulminait le blond. Cela veut dire qu'elle est désormais propriétaire de Grimmaurd ?
- En effet. Et de Godric's Hollow.
Draco ferma les yeux. Cette punaise avait mis la main non seulement sur la maison des Black mais aussi sur celle des parents de Harry. Il se força à respirer un grand coup.
- Bon. Et que savez-vous d'autre ?
- Pas grand chose de plus sinon qu'elle est insatisfaite.
- Insatisfaite ?
- Oui, elle se plaint à ses amis et sa famille que sa vie l'ennuie, que son mari travaille tout le temps et la délaisse…
Le blond demeura pensif un instant. Son entreprise serait peut-être plus facile que prévu.
Il prit le dossier que l'homme avait préparé à son attention et se leva.
- Je vous remercie. Je vous contacte bientôt pour vous donner des instructions.
- D'accord. Pendant ce temps, je continue à rassembler les informations sur les deux autres personnes.
- Bien. Au revoir.
- A bientôt Monsieur Malefoy.
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19 janvier 2010 – Soho, Londres
- Dans cette enveloppe vous trouverez l'acte constitutif de la société Dragon Real Estate Inc. J'ai fait ouvrir deux comptes au nom de cette société, l'un dans une banque moldue, l'autre chez Gringott's. Ses représentants légaux et ses bénéficiaires économiques sont des holdings situés à Jersey et à Tortola. Intraçables. Vous trouverez également mes instructions. Vous les apprendrez par cœur et vous…
- … et je les détruirai ensuite. Je connais mon métier Monsieur Malefoy.
- Je n'en doute pas. Mais je suis quelqu'un de prudent. Je pars en tournée mondiale pour au moins un an. Nous ne nous reverrons pas d'ici là. J'attends des résultats concrets à mon retour.
- Il en sera ainsi.
- Bien. Voilà de quoi vous motiver.
Draco tendit à l'homme une enveloppe remplie de livres sterling. Sans ajouter un mot, il se leva et quitta l'établissement.
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15 mai 2010 – Loutry-Sainte-Chaspoule
Depuis des années qu'il exerçait ce métier, l'homme avait acquis la capacité de se fondre dans le décor. De plus, il était passé maître dans l'utilisation du polynectar et dans l'art du déguisement.
Les instructions de Draco Malefoy étaient très claires et son plan d'action bien établi. Il n'avait eu aucun mal à préparer sa mise en œuvre.
La première étape avait été de prendre contact avec Ginny Weasley. Pour ce faire, il avait adopté la physionomie d'un homme d'affaire. La trentaine, bien de sa personne, transpirant la confiance en soi et l'argent.
Il s'était présenté au domicile de la rouquine en milieu de matinée en se présentant comme l'administrateur en Grande-Bretagne du groupe hôtelier américain Dragon Inc. Il lui avait expliqué que le groupe souhaitait diversifier son offre hôtelière dans les campagnes et s'intéressait plus précisément au village de Godric's Hollow.
Il avait appris qu'elle était propriétaire d'une maison passablement délabrée dans le village et au nom du groupe, il venait lui faire une proposition d'achat.
Ginny l'avait regardé avec des yeux ronds. Depuis le temps qu'elle espérait se débarrasser de cette vieille ruine moisie !
Quand elle avait « hérité » de la maison familiale des Potter, elle croyait avoir tiré le gros-lot. Malheureusement, le scandale qui entourait désormais le Survivant faisait que les autorités administratives de Godric's Hollow commençaient à trouver ce mémorial encombrant. Ils pressaient la rouquine d'en faire quelque chose afin que le village ne soit plus relié à Potter. Ginny avait bien essayé de revendre la bicoque mais sans succès. C'était la même raison qui faisait fuir les acheteurs : personne ne voulait d'un bien ayant appartenu à Harry Potter.
Là, elle ne croyait pas à sa chance. Elle prit sa décision en trois minutes, demandant à l'homme d'affaires où elle devait signer. Elle alla même jusqu'à proposer à l'homme de racheter Grimmaurd. Ginny voulait en effet se défaire de cette horrible bâtisse également, bouffée des doxys et surtout hantée par son ancienne propriétaire, la redoutable Madame Black.
L'homme souhaitant visiter le bien avant de prendre une décision, ils transplanèrent à Londres, dans l'habitation. L'homme prit son temps pour explorer toutes les pièces. Une heure plus tard, il lui donna un prix que la rousse accepta immédiatement.
Il lui promit de revenir le lendemain avec tous les documents, ce qu'il fit. A dix heures du matin, il était de retour sur le perron de Madame Thomas-Weasley. A dix heures trente, Dragon Real Estate était propriétaire de la maison de Godric's Hollow et de Grimmaurd.
- Je veillerai à ce que les fonds soient dans votre coffre à Gringott's dès demain matin, dit l'homme.
- Oh… je… non… non…
- Un problème Madame ?
- C'est … c'est juste que mon mari n'est pas au courant de ma décision de vendre… Or, il travaille à Gringott's et donc… il…
- Il va se demander d'où vient cet argent…
- Exactement.
- Dans ce cas, je vous propose de verser l'argent sur un compte dans une banque moldue. Je peux m'occuper des démarches, vous n'aurez qu'à signer les documents d'ouverture du compte.
- Merci… je préfère ça en effet.
- Moi aussi… dit l'homme en souriant. Cela me donnera un motif pour vous revoir.
- Ooh… fit Ginny en rougissant.
L'homme s'approcha et passa doucement sa main sur la joue de la jeune femme.
- J'ai envie de vous. De vous prendre, là, tout de suite, contre ce mur.
Ginny rougit davantage mais ses yeux brillaient, son désir très nettement exacerbé par les propos directs de l'homme.
Elle ne se fit pas prier et l'embrassa sans préavis.
Leur étreinte fut brutale mais elle combla Ginny au plus haut point.
- Ce fut un plaisir de faire affaire avec vous Madame Thomas, dit l'homme en refermant son pantalon.
- Ce fut un plaisir pour moi également, Monsieur Smith.
- Je reviens demain.
Le lendemain, l'homme était de retour, muni des documents d'ouverture d'un compte dans une banque moldue de Londres. Ginny y jeta à peine un coup d'œil, trop pressée qu'elle était de s'allonger pour recevoir en elle le séduisant homme d'affaires. Si elle avait été plus attentive, elle aurait remarqué que la société Dragon Real Estate était mandataire du compte.
Avant de partir, l'homme lui dit :
- Vous êtes une très belle femme Ginny. Vous ne devriez pas vous laissez dépérir de la sorte… Il ne serait pas difficile pour vous de trouver vous-même ce que votre mari ne vous apporte plus…
-Je… je…
- Adieu Ginny.
Peu de temps après, la rousse mettait dûment en pratique les conseils de son amant de passage.
L'homme avait correctement rempli cette première mission : il avait récupéré les immeubles (bien plus vite que prévu) et amené la très respectable Ginny Thomas-Weasley à envisager une certaine forme de divertissement...
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30 janvier 2011 – Pré-au-Lard
Sa prochaine étape était Pré-au-Lard. Il entra un matin dans le pub Les Trois Balais.
La toujours très pulpeuse Madame Rosmerta l'accueilli personnellement. Elle trouvait ce quinquagénaire, à la chevelure dense et au teint bronzé, parfaitement à son goût.
La discussion allait bon train. L'homme était séduisant, intelligent, spirituel. Il revint le lendemain, le surlendemain et tous les jours qui suivirent jusqu'à ce que Rosmerta cède enfin à ses avances.
S'en suivit une relation passionnée qui ne laissait plus vraiment le temps à la patronne du pub pour s'occuper de ses affaires. Elle était tombée éperdument amoureuse de cet homme venu de nulle part et semblait prêt à tout pour lui.
Y compris à céder son précieux établissement.
L'homme était parvenu à la convaincre de vendre après qu'ils soient revenus d'un fantastique voyage dans les Caraïbes. Il avait laissé entrevoir à Rosmerta la possibilité pour eux de vivre là-bas. Si elle vendait le pub, elle pourrait s'acheter sans problème un petit bungalow en bordure de la plage.
Il lui fallut encore quelques mois avant de se décider pour de bon. Mais alors qu'elle allait contacter Seamus Finnigan, elle reçut une offre mirobolante d'un groupe hôtelier Dragon. La convention fut conclue quelques semaines plus tard.
Madame Rosmerta quitta l'Angleterre sans remord pour Great Harbour, une petite ville des Bahamas. L'homme l'y accompagna, le temps de pourvoir à son installation et de lui jeter un sort d'obliviate. Il avait dû mal de quitter cette femme attachante mais il y était obligé. Il devait poursuivre sa mission. Il se promit toutefois de revenir un jour.
A Pré-au-Lard, la nouvelle du départ de Rosmerta et la vente de son pub avaient fait le tour du village en une journée. Et Seamus Finnigan ne décolérait pas… Cette vieille pie n'avait pas tenu parole et avait vendu son pub à un parfait étranger.
Il débarqua un matin dans l'établissement pour rencontrer celui qui lui avait brûlé la politesse. Il trouva un grand type, baraqué, du genre de ceux avec qui on n'a pas envie d'avoir d'ennuis.
- C'est vous le patron ? demanda-t-il tout de go.
- Ça dépend. Vous lui voulez quoi ?
- Parler affaires.
- Revenez demain.
Le lendemain, Seamus rencontra un homme d'âge moyen, en costume trois pièces.
Seamus lui exposa ses discussions avec la précédente propriétaire et son intention racheter son pub.
- Elle ne m'a pas parlé de vous. Vous aviez signé une convention ?
- Heu… non, admit Seamus.
- Pas d'écrit, pas de preuve. Je suis désolé, Monsieur Finnigan. Ceci dit, si vous souhaitez racheter le pub, faite-moi une offre. Je réfléchirai.
Le lendemain, l'irlandais lui tendait un petit papier sur lequel un chiffre était noté.
L'homme eut un sourire indulgent.
- Monsieur Finnigan, ce que vous me proposez est bien inférieur à ce que ma société a déboursé pour acheter ce pub. Je ne peux accepter.
La déception dut se lire sur le visage de l'irlandais car l'homme poursuivit.
- Ceci étant, si vous souhaitez réellement vous impliquer dans la gestion du pub, je peux vous prendre comme associé. Cette somme, dit-il en agitant le papier que Seamus lui avait remis, vous l'investissez dans la société. En contrepartie, vous recevrez des parts sociales. Je suis impliqué dans plusieurs projets immobiliers et j'aurais bien besoin de quelqu'un ici… Qu'en dites-vous ?
- Je vais y réfléchir, dit Seamus.
- A vote guise. Il y a cependant une condition à notre association. Le groupe n'apprécie pas vraiment la concurrence. Il faudra que vous fermiez la Tête de Sanglier. Vous serez dédommagé, bien sûr.
- Je vous donnerai ma réponse demain.
Le lendemain, Seamus Finnigan acceptait l'offre. Il ferma définitivement la Tête de Sanglier et prit les rênes des Trois Balais. Pour cela, il avait fait apport à la société Dragon Real Estate de pratiquement toute sa fortune.
Sa première décision en tant qu'associé, fut de virer le grand baraqué.
Ses amis le félicitèrent pour sa réussite et il organisa une grande fête dans son nouveau pub pour célébrer tout cela.
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25 février 2011 – Soho, Londres
- Tout est en place comme vous le souhaitiez Monsieur Malefoy. Ginny Weasley n'a virtuellement plus un penny résultant de la vente des deux immeubles. Parallèlement, elle assouvit ses instincts avec à peu près n'importe qui.
- Parfait. Vous avez fait ce que je vous avais demandé concernant les immeubles ?
- Oui. Leur propriété a directement été transférée à une holding des Iles Vierges Britanniques. Et les travaux de rénovation de la maison de Godric's Hollow ont commencé.
- Bien. Concernant Finnigan ?
- Il a tout investi dans la société. Absolument tout. Quand il se rendra compte que le pub ne fait pas de bénéfices, il sera trop tard.
Draco hocha la tête, satisfait.
- C'est parfait. La machine est en place. Laissons maintenant les choses se faire.
- Cela signifie que je peux prendre quelques semaines de vacances ?
Le blond sourit.
- Oui. Vous l'avez bien mérité. Je vous recontacterai.
Comme Draco se levait, l'homme lui dit :
- Au fait, félicitations. J'ai appris que vous alliez vous marier prochainement.
- En effet, dit Draco souriant encore plus. Et mon futur mari et moi allons prendre une année sabbatique pour en profiter. Ne vous étonnez donc pas de pas avoir de mes nouvelles pendant un certain temps.
- Je vous souhaite beaucoup de bonheur Monsieur Malefoy.
- Merci.
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18 février 2013 – Soho, Londres
Un froid jour de février, l'homme reçut par hibou un courrier très laconique.
« Phase 3 ».
Il comprit toutefois parfaitement de quoi il s'agissait.
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10 avril 2013 – Pré-au-Lard
Seamus Finnigan refaisait ses comptes pour la troisième fois consécutive. Son pub ne désemplissait pas et pourtant, il n'y avait aucun bénéfice à l'horizon.
Il faut dire que la société lui demandait énormément d'investissements, en permanence. Seamus avait dû entamer de nombreux travaux pour donner du pub une image plus moderne. Il avait également engagé du personnel supplémentaire, vu la fréquentation croissante des lieux. A cela, il fallait ajouter les frais de représentation et de publicité.
L'irlandais soupira fortement et essaya de reprendre confiance. La plupart des travaux nécessaires avaient été réalisés. Il n'y avait pas de raison que la société demande d'autres investissements. Cette année serait la bonne.
Oui, décida Seamus. Cette année serait la bonne.
Sur ces considérations positives, il quitta le pub en prenant soin de bien fermer derrière lui.
Il transplana chez lui sans remarquer qu'une silhouette entrait silencieusement dans l'établissement.
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Seamus fut réveillé en pleine nuit par des coups frappés à sa porte.
- Que voulez-vous ? cria-t-il à travers le battant.
- Monsieur Finnigan ? Il est arrivé quelque chose au pub. Venez immédiatement.
L'irlandais s'habilla en vitesse et sortit en trombe de sa maison pour suivre les aurors jusqu'à Pré-au-Lard.
Arrivé sur place, Seamus ne put que constater la catastrophe.
Le pub brûlait de la cave au grenier. Des flammes gigantesques léchaient la façade sans que les pompiers sorciers puissent y faire quelque chose.
- Mais… Merlin… que s'est-il passé ? souffla Seamus, sous le choc.
- Des témoins ont entendu une explosion, dit un des aurors. L'incendie s'est propagé trop rapidement pour que les pompiers puissent intervenir.
- Oh Merlin…
Au matin, il ne restait plus rien des Trois Balais sinon une carcasse fumante et noircie.
Seamus tenta de joindre son associé, sans succès. Désespéré, il se rendit à Londres au siège social de la société Dragon Real Estate. Mais là où devait se dresser des bureaux de standing, s'étendait ni plus ni moins qu'un terrain vague.
Il contacta le Registre de commerce, sorcier et moldu. La réponse fut identique des deux côtés : la société Dragon Real Estate Inc n'existait pas.
Seamus Finnigan avait tout perdu. Absolument tout.
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Dean Thomas était loin d'imaginer le drame que son ami et amant était en train de vivre en ce moment.
Il avait entamé sa journée de travail comme d'habitude, en lisant la presse du jour et en buvant un thé.
Quand ce fut fait, il prit son courrier, le tria et commença à traiter les missives les plus urgentes.
A midi, il dut cependant cesser son activité. Il ne sentait vraiment pas bien. Il était fiévreux et un mal de tête le tenaillait déjà depuis un bon quart d'heure.
Il annonça à sa secrétaire qu'il était souffrant et qu'il rentrait chez lui pour la journée.
Il venait de transplaner dans son hall d'entrée quand des cris l'alertèrent.
- Aaahhh ! Aaaaaahhh !
Il se rua vers la cuisine, lieu d'où provenaient les cris, mais il fut stoppé dans son élan.
- Ohh oui ! Plus fort ! Encore ! Ouiiiiiii !
Depuis l'encadrement de la porte, il avait une vue imprenable sur Ginny, complètement nue, appuyée sur la table de la cuisine et férocement besognée par derrière par un illustre inconnu. Ses cheveux étaient défaits, ses joues rouges et elle semblait en proie à une extase sans nom.
Elle vit alors son mari qui la regardait, incrédule. Mais loin de la gêner, la présence de ce spectateur inattendu décupla son ardeur. Elle ondula du bassin avec plus de vigueur, exhortant son amant par tous les mots crus possibles et imaginables. Elle jouit dans un grand cri en regardant Dean droit dans les yeux.
L'inconnu prit alors conscience de la scène qui se déroulait sous ses yeux et bredouilla quelque chose d'incompréhensible avant de ramasser ses vêtements et de s'en aller sans demander son reste.
- Casses-toi, fut tout ce que Dean parvint à dire à sa femme.
- Avec plaisir, répondit la rousse en passant à côté de son mari, exhalant un relent de sueur, de sexe et d'eau de toilette bon marché.
Deux heures plus tard, Ginny Weasley future ex-Madame Thomas, quittait le domicile conjugal, un sourire aux lèvres. Tout en préparant ses bagages, elle n'avait pas eu une pensée pour son mari ni pour ses enfants.
Elle se rendit directement à Londres, dans la banque moldue qui abritait son compte en banque joliment garni. Même si l'envie avait été grande, elle avait été bien inspirée de ne pas toucher à cet argent.
Elle pâlit considérablement quand l'employé au guichet lui indiqua qu'elle était bien titulaire d'un compte mais que celui-ci était vide.
Sans attendre, elle se rendit au siège de société Dragon Real Estate mais tout comme Seamus peu de temps avant elle, elle se trouva à fixer un terrain vague.
Ginny Weasley avait tout perdu. Absolument tout.
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30 juin 2013 – Soho, Londres
-Tout s'est déroulé comme prévu ?
- Parfaitement, dit l'homme. Seamus Finnigan est ruiné et les aurors enquêtent à son propos vu que l'incendie est d'origine criminelle. Il est allé plaider sa cause auprès du Chef des Aurors, Ron Weasley mais celui-ci est inflexible. Il n'a de soutien de personne même pas de Dean Thomas.
- Thomas n'a pas tardé à le laisser tomber… je suppose donc l'article de la Gazette a eu l'effet escompté…
- Oh oui ! Quand Dean Thomas a lu que Finnigan fréquentait le bar gay The Masquerade à Liverpool en compagnie d'un ami de Poudlard, il a pris peur. Il ne veut plus que Finnigan s'approche de lui.
- Une idée de ce qu'il va faire ?
- Hmhm… pas vraiment. A cause des soupçons qui pèsent sur lui à propos de l'incendie et aussi de ses penchants, il n'ose plus trop se montrer. Il n'est pas exclu qu'il s'exile prochainement dans le monde moldu…
Et comme ça, il comprendra ce que ça fait d'être mis au ban de la société pour quelque chose dont on n'est pas responsable, pensa Draco.
- Très bien, dit Draco. Et Ginny Weasley ?
- La procédure de séparation est en cours. Dean Thomas lui refuse le droit de voir ses enfants à cause de son comportement. Le tribunal sorcier de la famille est ultra conservateur et il a toutes les chances d'obtenir gain de cause. Elle non plus n'a de soutien de personne. Ses parents, Percy et Bill lui ont tous fait savoir qu'ils ne pouvaient pas l'accueillir chez eux. Charlie est toujours en Roumanie et donc peu concerné. Quant à Ron et sa femme, ils se sont érigés en gardiens de la morale universelle et ils la tiennent pour morte à leurs yeux. Le seul qui a fait un geste, c'est George. Il lui a remis une petite somme d'argent pour qu'elle puisse s'établir quelque part, de préférence loin d'eux. Elle vit pour l'instant dans une chambre de bonne près de Charing Cross.
Draco se fit aucun commentaire.
- Votre mari est au courant que vous avez récupéré ses immeubles ? questionna l'homme.
- Non, mon mari ne sait rien pour l'instant. Il n'est pas prêt.
Si tant est qu'il le soit un jour.
- Vous en êtes où avec Thomas ? demanda Draco.
- L'affaire est en bonne voie. Mais la mise en place est délicate.
- Bien. Prenez votre temps. Je ne suis pas pressé.
Draco se leva en laissant sur la table une enveloppe remplie de livre sterling.
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1er octobre 2015
- Alors ? Où en sommes nous ?
- Tout se déroule selon vos plans.
- Finnigan ?
- Il est en fuite. Le Bureau des Aurors a conclu à sa culpabilité dans l'incendie et le Ministère lui réclame le remboursement de la récompense pour services rendus à la Nation. Sans compter tous les fournisseurs impayés du pub. J'ai retrouvé sa trace la semaine dernière. Il traîne dans un quartier sordide près d'Hackney.
- Arrangez-vous pour que les Aurors le trouvent.
L'homme était un peu surpris.
- Wahou. Vous ne plaisantez pas, vous.
Draco le fixa de ses yeux froids et l'homme sut qu'il était allé trop loin.
- Excusez-moi. Je n'avais pas à dire ça. C'est vous le patron.
Les traits du blond s'adoucirent et un voile de tristesse passa sur son visage.
- Avez-vous une idée de ce que mon mari a enduré à cause d'eux ?
- Oui… oui, j'ai pu m'en rendre compte.
- Alors vous comprendrez qu'aucun châtiment ne sera trop cruel à mes yeux.
Comme l'homme ne répondait rien, Draco poursuivit.
- Ginny Weasley ?
- La garde de ses enfants lui a été retirée. Elle vit toujours près de Charing Cross. Toujours en froid avec sa famille. Elle fait des petits boulots de ci de là.
- Prostitution ?
- Je l'ai pensé pendant un temps mais non.
- Et avec Jason Parker ?
L'homme rit de bon cœur.
- Elle en est raide dingue. Je pourrais lui demander la lune je crois !
- Parfait… alors il est temps que ce cher Jason quitte la scène.
- Comme vous voulez ! C'est dommage, je m'amusais bien !
- Reste Thomas.
- Tout est en place. Le coffre contient plus de 100.000 gallions. Je suis parvenu – non sans mal – à établir de faux documents comptables. Ron Weasley les recevra sitôt que vous me donnerez le feu vert.
- Allez-y.
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28 octobre 2015 – Charing Cross, Londres
Ginny Weasley regagnait son minuscule appartement, épuisée. Elle avait enchaîné trois boulots et elle n'aspirait qu'à une chose : une soirée calme avec Jason.
C'était la providence qui avait placé Jason sur son chemin. Après ses déboires sentimentaux avec Harry puis avec Dean, elle avait enfin trouvé l'homme parfait. Doux, attentionné et beau comme un dieu. Grand, musclé mais pas trop, brun aux yeux bleus. Elle faisait des jalouses !
Elle souriait en franchissant le seuil mais son sourire s'envola très vite à la vue de la scène qui se jouait devant elle.
Jason, accroupi sur les cuisses d'un bellâtre, montait et descendait le bassin avec frénésie, haletant et râlant de plaisir.
L'espace d'un instant, Ginny eut du mal à comprendre la situation. Mais quand Jason releva davantage les hanches et qu'elle aperçut le membre turgescent de l'homme allongé sous lui sortir de ses fesses, elle n'eut plus aucun doute.
Elle cria, pleura et s'enfuit en courant.
Elle fut interpellée quelques heures plus tard par la police moldue, alors qu'elle errait dans les rues, le visage défait en psalmodiant des propos décousus tels que « tous des pédés… », « pas possible… pourquoi moi », « je vais les tuer tous ces sales homos … », « Qu'est-ce que j'ai fait à Merlin… » et bien d'autres.
Ses références à un magicien légendaire et ses menaces de mort contre la communauté homosexuelle eurent tôt fait de convaincre les autorités de sa dangerosité et elle fut internée sur le champ.
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12 janvier 2016
- Dean Thomas, vous êtes en état d'arrestation pour détournements et escroquerie, annonça froidement Ron Weasley, Chef des Aurors.
- Quoi ? Mais… non… c'est une erreur… Ron… non…
Dean Thomas fut menotté et emmené par deux Aurors devant ses collègues de Gringott's. Il fut amené au Bureau des Aurors où un interrogatoire serré débuta.
Après plus de trois heures, Dean était en larmes, ne comprenant toujours pas ce qu'on lui reprochait.
- Ron… je te jure que je n'ai rien fait.
- Je suis Monsieur Weasley ou Chef Weasley ! tonna l'intéressé devant la familiarité dont le suspect faisait preuve.
- Je… je… n'ai rien fait…
- J'ai ici les preuves que depuis trois ans, vous détournez de l'argent appartenant à vos clients. On a identifié un coffre numéroté contenant pas moins de 100.000 gallions. Or, il se trouve que c'est vous qui avez ouvert ce coffre peu de temps avant que les premiers détournements ne commencent !
- C'est… c'est faux ! Je n'ai jamais eu qu'un seul coffre à Gringott's !
- D'où viennent ces documents alors ? dit Ron en posant devant lui des parchemins d'ouverture de coffre dûment signés.
- Je… je ne sais pas… je n'ai jamais signé ces parchemins !
- Votre écriture a été authentifiée !
- Ecoutez, je ne comprends pas… c'est un cauchemar…
Dean Thomas était dévasté. Malheureusement, il ne pouvait donner aucune explication à l'existence de ce coffre ni contrecarrer les documents comptables qui faisaient indiscutablement état de transferts d'argent entre les portefeuilles de ses clients et le fameux coffre.
En désespoir de cause, il demanda à être soumis au Véritaserum. Mais ce lui fut refusé car cette procédure n'était utilisée qu'en cas de crimes de sang, pas pour les délits.
Compte tenu des preuves indiscutables dont disposaient les Aurors, Dean Thomas fut jugé en procédure accélérée.
Trois jours après avoir été interpellé, il était condamné à une peine de 3 ans d'emprisonnement à Azkaban. Ses coffres étaient confisqués.
Bien entendu, il fut licencié sur le champ.
Pour faire bonne mesure, la Gazette des Sorciers entra miraculeusement en possession de photographies compromettantes de lui et du criminel incendiaire Seamus Finnigan, s'embrassant à pleine bouche dans le bar moldu The Masquerade.
Il n'en fallut pas plus à la population sorcière pour conspuer définitivement ce couple de malfrats déviants.
Bien sûr, les journalistes ne tardèrent pas à faire le lien avec Ginny Weasley et son récent internement. Ceci dit, il y eut peu de gens parmi la population sorcière pour la plaindre. Après tout, elle devait avoir un sacré problème pour attirer coup sur coup, trois homosexuels.
Certains en vinrent même à considérer qu'elle recherchait la compagnie de ces hommes. Scandaleux !
S'en était terminé de la réputation de Ginny Weasley.
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12 juillet 2016 – Soho, Londres
- Vous avez fait de l'excellent travail.
- Merci.
- Le plus dur reste à faire cependant.
- Oui mais vous me connaissez. J'y arriverai.
- Je n'en doute pas. Qu'avez-vous appris ?
- Après la guerre, Ron Weasley et Hermione Granger ont été décorés de l'Ordre de Merlin, 2ème classe. La première classe étant allée à Harry Potter, évidemment. Si votre mari fuyait comme la peste tous les événements mondains en rapport avec la fin de la guerre, Weasley et Granger y paradaient encore et encore. Contrairement aux autres, ils firent des études. Même sans ASPICS, leur statut de héros de guerre leur permit d'intégrer l'Ecole des Aurors pour Weasley et la Faculté de Médicomagie pour Granger. Le parcours de Weasley fut assez conventionnel. Il n'était pas particulièrement brillant mais il était aux côtés de Harry Potter pendant la guerre, et cela suffit à lui faire monter les échelons plus vite que la moyenne. Granger a réussi brillamment par contre. Elle est médicomage en chef au service des blessures par sortilèges de Sainte-Mangouste. Ils se sont mariés directement après la guerre et ils ont deux enfants, Rose et Hugo. En 1999, quand le scandale Potter éclata, ils prirent fait et cause pour Ginny. C'est vraiment à partir de ce moment-là qu'ils devinrent des personnalités influentes dans le monde sorcier. Ils sont l'exemple même du couple parfait, parents attentionnés, travailleurs acharnés. Jamais un faux pas. Leur avis fait autorité. Ce que les Weasley désapprouvent, la société sorcière le désapprouve. Ils sont devenus les seuls héros de la guerre. Harry Potter n'est plus qu'une anecdote de l'Histoire…
Draco eut un reniflement de mépris.
- Ils usèrent de leur influence pour que les manuels d'histoire soient réécrits. Ils alimentèrent la controverse sur le temps que Potter avait mis avant de se rendre à Vous-savez-qui, considérant que s'il avait été plus courageux, beaucoup ne seraient pas morts, comme Fred Weasley par exemple.
Le blond serrait maintenant les poings à s'en faire blanchir les jointures. Il ferma les yeux pendant que l'homme poursuivait.
- Ils dégradèrent l'image du Survivant à un tel point que le maire de Godric's Hollow demanda à ce que le mémorial à la famille Potter soit détruit. Finalement, le monde sorcier oublia Harry Potter et …
- C'est bon, dit le Draco en levant la main. Je ne veux pas en entendre davantage. Que font-ils aujourd'hui ?
- Ils vivent très confortablement dans un manoir à Loutry-Sainte-Chaspoule. Weasley est Chef des Aurors et Granger Chef médicomage à Sainte-Mangouste. Ils semblent intouchables.
- Ils semblent ?
- Oui car j'ai exploité la piste Pansy Parkinson comme vous me l'aviez demandé. Et il semblerait que leurs « relations » aient perduré après Poudlard…
Draco écarquilla les yeux. C'était trop beau pour être vrai.
- D'où tenez-vous cela ?
- Il se trouve qu'après la guerre, Pansy Parkinson, comme bien d'autres enfants de mangemorts, a été dépossédée de tout. Pour survivre, elle a vendu la seule chose qui lui restait : son corps.
Le blond ferma les yeux. Il avait été proche de Pansy durant leurs années d'école. Elle était plus ou moins amoureuse de lui et même si lui ne partageait pas ses sentiments, il avait toujours eu de l'affection pour elle. Savoir qu'elle avait été réduite à la prostitution lui faisait mal.
L'homme remarqua le malaise de son employeur mais poursuivit néanmoins.
- Pansy Parkinson a tout de même tiré son épingle du jeu. Après un an à peine, elle avait créé son propre réseau. Et elle est rapidement devenue une proxénète assez influente dans le milieu. Elle est devenue réputée pour la qualité de son établissement et de ses filles.
Cette information fit sourire Draco. Pansy était décidément égale à elle-même. Jamais elle ne subissait les situations.
- Et il m'est revenu que les Weasley fréquenteraient son établissement encore aujourd'hui…
Draco était bouche bée. Cette information valait tout l'or de Gringott's.
- Vous en êtes sûr ? demanda-t-il, fébrile.
- Je tiens l'information de l'intéressée elle-même…
- Par Salazar comment êtes-vous parvenu à lui faire dire une chose pareille ?
- Disons que d'une part Pansy me doit un service… et d'autre part, elle souhaite plus que nulle autre la chute de Ronald Weasley.
Draco fronça les sourcils.
- Elle vous a dit pourquoi ?
- C'est très simple : il la fait chanter.
- Quoi ?
- Il y a quelques années, les Aurors ont fait une descente dans son bordel. Une dénonciation anonyme faisait état de ce que Pansy utiliserait des filles mineures. Et de fait, ils y trouvèrent une jeune fille de 16 ans et demi, Haley Winter. Au final, Pansy était de bonne foi : la fille lui avait menti sur son âge. Mais le mal était fait. Si l'information filtrait, Pansy pouvait fermer boutique. Weasley lui a proposé d'étouffer l'affaire. En contrepartie, il voulait le buffet gratuit et à volonté. Pansy a accepté. Elle était en pleine ascension et elle ne pouvait pas se permettre un scandale. Mais elle a toujours pensé qu'il s'agissait d'un coup monté…
- Par Weasley ?
L'homme hocha la tête.
- Ce sera difficile de le démontrer, dit Draco.
- Hmhm… pas sûr. En épluchant les comptes de Weasley, j'ai trouvé la trace d'un paiement substantiel fait à une certaine Cassy Walters à peu près au moment où Pansy a engagé la fille.
- Ce serait elle ?
- Possible… J'ai une piste du côté de Bath que je vais explorer. Ceci dit, même si ça ne donne rien, on ne sera pas sans ressources… Pansy Parkinson est une femme riche à présent et elle souhaite se reconvertir dans le monde moldu. Et il n'est pas exclu qu'elle me laisse … son petit carnet noir, si vous voyez ce que je veux dire.
Draco éclata de rire. Cette chère Pansy !
- Bon sang ! Je ne pensais pas que ce serait aussi facile !
- Je ne le pensais pas non plus… Bon, ce n'est pas encore fait. Pansy Parkinson ne lâchera ses infos que lorsqu'elle sera sûre d'être à l'abri.
- Je m'en doute. Mais comme je vous l'ai dit, je ne suis pas pressé.
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12 août 2018 – Leceister Square, Londres
- Vous êtes tenace dans votre genre, dit Pansy.
- Je suis surtout patient, dit l'homme.
Pansy considéra l'homme avec amusement. Elle lui tendit un carnet recouvert de moleskine noire. L'homme s'en empara et le feuilleta rapidement. Les pages étaient totalement vierges.
- Qu'est-ce que cela veut dire ? demanda-t-il, hargneux.
Le rire de Pansy était cristallin.
- Vous croyez vraiment que c'est comme ça que ça fonctionne ? Que tous mes secrets sont dûment consignés dans un petit carnet, comme dans les films ? Je faisais tourner une entreprise par une œuvre de charité. Tout ce dont vous avez besoin est là-dessus, dit-elle en lui tendant cette fois une clé USB. Les noms, les dates, les préférences. Tout.
L'homme la remercia.
- Dites à Draco que je suis contente d'avoir pu participer à sa petite vendetta et que je lui souhaite beaucoup de bonheur avec le balafré.
- Quoi… mais comment… ?
La brune fit à l'homme un sourire énigmatique. Elle se leva et caressa sa joue de sa main parfaitement manucurée et souffla :
- Une magicienne ne révèle jamais ses tours…
Et elle s'en alla d'un pas chaloupé.
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24 octobre 2018 – Soho, Londres
- Pansy Parkinson est une véritable femme d'affaires. J'ai analysé en détails tous les documents qu'elle m'a donnés. Les Weasley fréquentent son établissement une fois par semaine depuis 2005 au moins. Et on peut dire que Monsieur Weasley a des exigences… assez particulières.
- C'est à dire ?
C'est la première fois que Draco voyait son homme de main embarrassé.
- C'est à dire ? répéta-t-il.
- Hmhm… il exige toujours le même genre de fille : 1 mètre 68 maximum, un corps assez androgyne, cheveux brun foncés coupés courts… et des yeux verts.
A cette description, Draco écarquilla les yeux de stupeur et de dégoût. Quand il reprit contenance, son visage était dur et en colère.
- Ce bâtard homophobe a traîné mon mari dans la boue. Il l'a fait passé pour un pervers, un déviant, un… anormal alors que lui fantasme dessus depuis… depuis je ne sais combien de temps !
Draco serrait le poing contre sa bouche dans un redoutable effort pour ne pas tout pulvériser autour de lui. Dans ces moments-là, il sentait sa magie affleurer au bout de ses doigts et il craignait de ne pas se maîtriser.
- Demandait-il des… choses particulières à cette fille ? finit-il par demander.
- C'était toujours le même scénario : soumission, asservissement.
- Et Granger dans tout ça ?
- Elle participait. Soumise elle aussi. Mais d'après les notes de Pansy, ces derniers mois elle se contentait de regarder. Je ne sais pas si c'est de sa volonté ou celle de Weasley.
- Peu importe, dit Draco en balayant l'argument d'une main. Quels sont les autres clients ?
- Oh, que du beau monde. Beaucoup de membres influents du ministère, le ministre lui-même et son prédécesseur. Pas mal d'anciens élèves de Poudlard…
- Balancez la liste.
- Il y des Serpentards parmi les clients… certains sont vos amis…
Draco éclata de rire.
- Si vous parlez de Zabini, il n'en a rien à faire que son nom soit divulgué. Au contraire, le connaissant, il en sera encore plus fier qu'il ne l'est déjà. Quant aux autres, croyez-moi, il leur en faudra plus pour les abattre. Ce sont des Serpentards, ils ont été mis au ban de la société le jour où le Choixpeau magique les a placé dans cette Maison. Et Voldemort s'est occupé du reste.
Le blond avait dit cela avec amertume mais l'homme dut admettre qu'il avait raison. Cela faisait longtemps que les anciens Serpentards avaient dû faire une croix sur leur réputation.
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3 novembre 2018
« Les mœurs scandaleuses de membres influents du Ministère »
« En exclusivité, la Gazette a pu obtenir la liste de clients de Miss Parkinson, la sulfureuse tenancière de l'établissement de débauche The Black Rose, laquelle a mis fin à ses activités du jour au lendemain. Parmi les clients réguliers de Miss Parkinson on trouve le Ministre de la Magie mais également d'autres membres influents du Ministère tel que Ronald Weasley, le Chef des Aurors et son épouse, Hermione Granger, médicomage en chef à Sainte-Mangouste. Bien que les intéressés nient les faits, nous sommes en possession de preuves indiscutables qui démontrent qu'ils fréquentaient assidûment l'établissement de débauche.
C'est un grand choc pour la population, surtout concernant le couple Weasley, considéré comme l'un des piliers de notre communauté. Ceci étant, doit-on finalement s'en étonner quand on sait que la jeune sœur de Ron Weasley est actuellement internée suite à ses relations problématiques avec les hommes, homosexuels pour la plupart.
Le Ministre de la Magie a démissionné. Il est actuellement remplacé par son adjoint Percy Weasley. Ce dernier a immédiatement mis fin aux fonctions de son frère à la tête du Bureau des Aurors.
Le Directeur de l'Hôpital Sainte-Mangouste annonce également que la poursuite de la carrière de Mrs Granger dans son établissement est gravement compromise.
Liste exhaustive des clients : en page 3
Les déboires de Ginny Weasley : page 5
Que doit-on penser du couple Weasley-Granger : page 6 »
16 novembre 2018
« Rebondissement dans l'affaire The Black Rose. Le Chef des Aurors était corrompu »
« Nous apprenons de source sûre que le Bureau des Aurors, nouvellement dirigé par Adrian Pucey, a ouvert une enquête à charge de Ronald Weasley. Celui-ci aurait en effet payé une jeune fille mineure pour intégrer l'établissement de Miss Parkinson et ensuite faire chanter cette dernière. Cassy Walters, la jeune fille en question, serait venue faire une déclaration aux Aurors en apportant la preuve du paiement qu'elle avait reçu à l'époque.
La communauté sorcière est consternée par ces faits et espère que Ron Weasley sera condamné en conséquence ».
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20 décembre 2018
« Hermione Granger demande le divorce »
« Suite au scandale qui a touché son couple et plus particulièrement son mari, Ronald Weasley, ancien Chef des Aurors condamné à 5 ans de prison, Hermione Granger a demandé le divorce. Elle a obtenu la garde de leurs deux enfants, Rose et Hugo.
Elle a pu conserver son emploi à Sainte-Mangouste grâce à la déclaration d'un témoin, préférant garder l'anonymat, selon laquelle, elle aurait été forcée par son mari à participer à ses activités de débauche.
Elle a toutefois été rétrogradée au rang de simple guérisseuse »
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19 janvier 2019 – Soho, Londres
- Voilà. C'est terminé.
- Oui. Je vous le répète : vous avez fait de l'excellent travail.
- Merci. Si je peux encore vous être utile à quoi que ce soit…
- Non. Je pense que tout est réglé maintenant.
- Je peux vous poser une question ?
- Allez-y.
- Pourquoi avoir fait cette déclaration au sujet d'Hermione Granger ?
Draco réfléchit un instant.
- Parce que je suis pratiquement convaincu que c'était le cas… Elle était sous l'emprise de son mari. Et puis, il y avait ses deux enfants… Si j'éliminais Granger ou si je la privais de subsistance, qu'allaient-ils devenir ? Les parents de Granger vivent en Australie, soumis à un puissant sort d'Obliviate irréversible. Ils ne savent plus qu'ils ont eu une fille. Les parents de Weasley s'occupent déjà des trois enfants de leur fille…
- Deux de plus n'auraient pas fait la différence…
Le blond sourit.
- Vous ne lâchez jamais, vous…
- On me l'a déjà dit…
- Disons que mon animosité était moins forte pour Granger que pour les autres.
L'homme hocha la tête, satisfait.
- A propos, reprit Draco. Vous avez fait le nécessaire pour l'argent ?
- Oui. Les parents Weasley reçoivent tous les mois une somme de 100 gallions censée provenir du fond sorcier d'aide aux enfants. Tout est hermétique, ils ne sauront jamais que ça vient de vous. Tout comme les 5.000 gallions bloqués dans les coffres auxquels les trois enfants Thomas et les deux enfants Weasley auront chacun accès à leur majorité.
- Parfait. Et ceci est pour vous, conclut Draco en tendant une dernière enveloppe à l'homme.
Celui-ci la rangea dans la poche intérieure de sa veste.
- Vous êtes quelqu'un de bien, Monsieur Malefoy. Ne laissez jamais personne vous dire le contraire.
Draco eut un rictus.
- Arrêtez… je croirais entendre mon mari.
- Il a raison.
- Pfff… si jamais il apprend ce que je viens de faire, il demandera le divorce. Ou il me tuera.
- N'en soyez pas si sûr.
Sur ces paroles mystérieuses, l'homme partit sans ajouter un mot.
Flash-Back – 12 mars 2012
- Comment l'avez-vous appris ?
- Il y a encore quelques personnes à Godric's Hollow qui ont connu mes parents et qui veulent entretenir leur souvenir. L'un d'eux a réussi à me contacter pour me dire que la maison avait été vendue à une société Dragon Real Estate Inc et que des travaux de rénovation étaient en cours. Je suis allé sur place sous un déguisement et j'ai constaté que tout était remis en l'état, à l'identique. Croyez-le ou non mais j'ai su directement qu'il s'agissait de Draco… Je savais qu'il avait été bouleversé par ce qui m'était arrivé et par la façon dont le monde sorcier m'a traité. Et c'est un Malefoy… la vengeance est dans ses gênes. Je me doutais aussi qu'il employait quelqu'un comme intermédiaire. Je ne savais pas où vous trouver alors j'ai demandé à son hibou de porter ce message à l'homme qu'il rencontrait en secret… J'avoue avoir eu un peu peur de tomber sur un amant ou quelque chose comme ça…
L'homme éclata d'un rire franc.
- Un amant ? Monsieur Malefoy vous aime trop pour ça…
- Oui, soupira Harry. Je m'en rends compte…
- Vous allez lui demander d'arrêter ?
- Non. Tout ce que je demande, c'est qu'il n'y ait pas de morts.
- Ce n'est pas dans ses projets.
- Alors tout va bien.
FIN
Voilà. J'espère que ça ne vous a pas trop déçu.
Merci à Mlle Eternity, Haruhi-Kyouya, Little K, Oups, Rohdry, YummiYaoiGirl, Edil Morgul, Bambou03, FatCat, Daxy, Shade Dreams, Lilou8, Mily, Topaze, Odyssea Fic, et Eloise pour leurs commentaires super positifs,
Merci à 77Hildegard, Brigitte26, Ticoeur et Mamilys pour leur gentillesse et leur fidélité,
Merci à tous ceux qui ont ajouté cette fic à leur favoris,
Merci à tous ceux qui l'ont lue et qui l'ont appréciée,
Et merci à mes bêtas ! Pour le coup, j'en ai eu deux ! Victoria of course mais aussi mon cher et tendre qui a relu les passages "musique" (le reste pas, sinon il aurait dû se laver les yeux à l'eau de javel...).
Je reviens bientôt avec une mini-fic de Noël très guimauve, Christmas time oblige !
Bises
Rose
