Bon, je vous poste le chapitre 1 à la suite.
Vous aurez plus de matière pour vous faire une opinion et me donner votre avis ^^
En lisant la review d'une anonyme que je remercie, qui me disait « Jake que Bella Tu en vu? ». Ne voyant pas où elle avait pu lire ça... Parce que ça ressemblait à la traduction d'un mauvais logiciel, je suis allé vérifier. Effectivement cette phrase était cachée au milieu de mon prologue, mais comment c'était possible ? Je pars alors vérifier le doc d'origine sur mon pc et là, la phrase est écrite correctement « Où sont Jake et Bella ? »
Je cherche encore ce qui c'est passé ! Bref, depuis j'ai rectifié, mais si vous voyez encore des coquilles aussi énormes prévenez moi que j'arrange ça.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer...
Je ne vous donne pas de délai de publication, je ne veux pas harceler ma bêta (elle a une vie tout de même) Je réglerais ce point ultérieurement, mais ce qui est sûr c'est que je ferai tout pour qu'il n'y ait pas d'attente interminable entre deux chapitres !
Et merci à vous les filles ! Toujours là "Grazie et charmarc"
Bonne lecture =)
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1. RETOUR À TULLAHOMA
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EDWARD
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– Cullen, bouge ton cul, me hurle Storm. J'espère que vous en chiez bande de mauviettes, continue-t-il avec un rictus satisfait. Ce dernier jubile de nous avoir à sa merci.
– McGarrett, tu peux mettre fin à tes souffrances, tu as juste à lâcher le radeau et à sonner la cloche, personne ne t'en voudra, pas de jugement, pas de reproche. Vous pouvez décider d'abandonner maintenant et vous reprendrez votre vie là où vous l'avez laissée, répète-t-il à l'attention de tous.
Il est 5h du matin, le jour commence à se lever et nous sommes toujours sur cette foutue plage, trempés et frigorifiés. Notre sergent instructeur passe toute la nuit à nous harceler psychologiquement, à tester notre endurance et à nous regarder abandonner les uns après les autres. Nous sommes encore dix et ce connard nous répète que personne ne bougera d'ici tant qu'il ne l'aura pas décidé. Il s'est écoulé huit heures depuis qu'ils ont fait irruption dans le dortoir pour nous sortir du lit, d'une façon des plus charmantes.
– Allez les filles, cent pompes et plus vite que ça !
– OUI CHEF ! À VOS ORDRES CHEF !
Nous sortons de l'eau avec difficulté, les membres endoloris et nous couchons à même le sol, en une rangée parfaite. Après être resté immobile si longtemps, les premières pompes sont difficiles, il faut plusieurs minutes avant que mes muscles ne se réchauffent et acceptent de m'obéir.
– Tu n'as pas intérêt d'abandonner, chuchoté-je à Steve qui se tenait à ma gauche. Si tu pars, je pars.
– Pareil pour toi, promet-il.
Je me réveillai avec la désagréable sensation de sentir l'eau glacée lécher ma peau, dur souvenir de cette nuit-là. Ma montre posée sur la petite table de chevet à côté de mon lit indiquait 5h du matin, comme d'habitude. Je me levai, me sachant incapable de dormir plus longtemps : déformation professionnelle. Une douche rapide suivie d'un petit-déjeuner sommaire et il fut l'heure de partir. Je payai la chambre et rendis la clef au gérant avant de reprendre mon voyage. J'empruntais les petits chemins et les routes secondaires.
Les bois derrière le motel étaient déserts à cette heure-ci. Le printemps touchait à sa fin, les premiers rayons de soleil filtraient à travers les arbres déjà bien fleuris et le matin apportait avec lui une petite brume. C'était le moment de la journée que je préférais. L'aube signait la fin d'une nuit encore trop agitée, elle promettait un jour meilleur et me donnait le sentiment que tout était possible. Le long du parcours de randonnée, tout était plus beau et plus calme, le silence n'était brisé que par le bruit de mes pas et le chant des oiseaux.
Je m'étais dégoté des petits boulots pour me faire un peu d'argent, ce qui me permettait de me payer une chambre ici et là. Quand il n'y avait pas de chambre dans un rayon d'un kilomètre, je me contentais d'un feu pour me tenir chaud et d'un arbre pour m'adosser. Après avoir passé trois mois sur les routes, mon voyage touchait à sa fin. Je ne saurais dire si j'étais heureux, soulagé ou même pressé de les revoir.
En fait, je ne ressentais rien.
Tant de questions se bousculaient dans ma tête. Comment allaient-ils réagir en me voyant, moi, le fils indigne qui avait quitté la maison neuf ans plus tôt pour ne jamais y revenir ? Est-ce qu'on leur avait déjà annoncé ma mort ? Si oui, que devais-je leur dire ? La vérité était douloureuse, le mensonge aurait été tellement plus simple, il aurait engendré moins de questions. Seulement, je n'avais pas pour habitude de choisir la facilité, j'allais leur dire la vérité ou du moins, en partie.
Encore une nuit dans un de ces motels miteux et demain à la même heure, je serais à Tullahoma.
– Par carte ? Me demanda la jeune fille de l'accueil.
– Non, en espèce, lui répondis-je en lui tendant deux billets de vingt dollars.
Je récupérai la clef de ma chambre accompagnée d'un ticket, fait plutôt inhabituel dans ce genre d'établissement. Je la gratifiai d'un sourire poli et pris la direction du numéro indiqué sur le porte-clefs.
La chambre était identique aux dizaines d'autres que j'avais eues durant mon voyage. Un lit pour une personne trônait au milieu de la pièce, tandis qu'à côté était placée une simple tablette en bois en guise de chevet. Sous la fenêtre se tenait le coin repas, une petite table accompagnée d'une chaise. Au fond de la pièce se trouvait une porte donnant sur la salle de bain aménagée d'un bac à douche avec un rideau, de toilettes et d'un lavabo surplombé d'un miroir déjà bien usé. La décoration était minimaliste ce qui n'était pas pour me déplaire.
Je pris une longue douche pour détendre mes muscles, enfin longue, tout est relatif. J'avais été habitué à ne disposer que de trois minutes pour me laver et après trois mois d'entraînement intensif, je pus tenir cinq minutes, ce qui était un véritable exploit dans mon cas.
En sortant de la salle de bain simplement vêtu d'une serviette, je me dirigeai vers mon sac et en extirpai mes affaires pour le lendemain. Je les pliai en quatre avant de les poser en une pile parfaitement droite sur la table, quand un bout de papier attira mon regard. Je dépliai le ticket que m'avait donné la jeune fille de l'accueil pour découvrir un prénom suivi d'un numéro de téléphone. Un sourire s'étala sur mes lèvres, je secouai la tête et déchirai cette invitation avant de la jeter dans les toilettes et tirer la chasse.
À une certaine époque, je n'aurais pas refusé un agréable moment dans les bras d'une femme, mais depuis mon retour à la vie civile, mes préoccupations étaient bien loin du sexe ! Et celle-ci, bien que très jolie, était un peu jeune. L'école militaire, c'est comme la prison : il y avait tellement peu d'occasions pour passer du bon temps que lors de nos rares permissions, on sautait sur tout ce qui bougeait, il faut bien l'avouer.
Tous ces souvenirs me paraissaient si loin, plusieurs années s'étaient écoulées, autant dire une éternité. Sur ces dernières pensées, je me laissai happer par un sommeil plus ou moins réparateur. Un soldat ne dort que d'une oreille, il ne doit jamais se laisser surprendre.
Les rêves qui me hantaient ne me laissaient aucun répit et cette nuit ne fit pas exception. Je débutai la journée par mon rituel quotidien : une douche rapide, je me contentai d'une barre de céréales en guise de petit déjeuner avant de rassembler mon paquetage, en prenant garde à ne laisser aucune trace derrière moi et je repris ma route. Si je n'étais pas retardé, je devais arriver à destination dans la soirée.
Qui a dit : les voyages forment la jeunesse ? Parce qu'à priori, il ne savait pas de quoi il parlait.
En consultant ma montre, je constatai que l'heure du déjeuner était proche et décidai donc de m'arrêter dans un snack. Une pause de dix minutes ne pouvait pas me faire de mal. J'aperçus au loin une de ces nombreuses pancartes qui vous indique à quelle distance se trouve le prochain restaurant, et quelques centaines de mètres plus loin, je pénétrai enfin dans l'établissement. Ça n'avait rien d'un quatre étoiles, il me rappelait, à quelques détails près, le boui-boui dans lequel j'avais travaillé en Louisiane à Bâton-Rouge. Un des rares endroits où je m'étais établi plus de vingt-quatre heures, il fallait que je me fasse un peu d'argent ne pouvant plus utiliser ma carte de crédit.
Je m'installai directement au bar et patientai le temps que la serveuse finisse avec un client particulièrement exigeant. Après avoir vu l'homme râler et gesticuler pour enfin obtenir gain de cause, je constatai que j'étais bien de retour au pays. Je pouvais dire sans trop m'avancer que les mentalités n'avaient pas changé, les gens étaient toujours aussi aigris par ici.
– Qu'est-c'que j'te sers mon chou ? m'interpella une autre serveuse qui devait avoir dans la cinquantaine. Elle avait une cafetière à la main et j'en profitai pour me faire servir une tasse le temps de consulter la carte.
– Je vais prendre un menu du jour s'il vous plaît !
Elle hurla ma commande par le passe-plat et revint me servir du rab de café. Je ne pus m'empêcher de scanner la pièce pour visualiser les lieux et les personnes présentes.
– Dis-moi ce qu'un beau jeune homme dans ton genre vient faire dans les parages ? me demanda Debby, si j'en croyais son badge.
– Je viens rendre visite à mes parents.
Une assiette d'œufs et de bacon fumant fut posée devant moi et je me retins de la dévorer. À vrai dire, ça faisait une éternité que je n'avais pas mangé ce genre de nourriture et je ne pensais pas que ça me manquait, jusqu'à ce que l'odeur du bacon grillé envahisse mes narines.
– Pourtant, j'aurais parié que tu n'étais pas d'ici, s'exclama Debby.
– Si madame, je suis de Tullahoma, mais je suis parti vivre ailleurs pendant plusieurs années. Vous avez sans doute raison, on peut dire que je ne suis plus vraiment d'ici, admis-je sommairement.
Tandis que je dégustais ce plat, certes très gras, mais tellement bon, je vis du coin de l'œil un couple se disputer sur ma gauche. Je reportai mon regard sur mon assiette, ne voulant pas paraître curieux. Le ton monta de plus en plus et personne n'y prêta attention, comme si c'était normal d'entendre un homme insulter sa compagne. Ne souhaitant pas me faire remarquer, j'essayais de faire abstraction de la scène qui se jouait à quelques mètres de moi, mais quand j'aperçus cet abruti attraper le bras de sa femme pour la retenir alors qu'elle répétait qu'il lui faisait mal, je ne pus m'empêcher de me lever.
– Excusez-moi, je peux vous aider ? demandai-je calmement.
– Ça ne vous regarde pas, c'est entre elle et moi, dit-il agacé.
Il ne fit même pas l'effort de se retourner pour me répondre et je pouvais dire à ses jointures qui blanchissaient à vue d'œil qu'il serrait de plus en plus fort le bras entre ses doigts. Je lui tapai sur l'épaule pour lui rappeler ma présence.
– Il me semble qu'elle vous a demandé de la lâcher, insistai-je.
– T'as pas compris ? Mêle-toi de tes oignons, c'est clair ? répéta-t-il en me jetant en bref regard avant de se retourner vers la jeune femme.
– Mauvaise réponse, lui dis-je avant d'attraper son poignet et de lui tordre les doigts pour qu'il lâche prise.
– Mais il est malade ce mec, beugla-t-il en se tenant la main.
Je retournai à ma place sans plus lui prêter attention, après que sa femme m'ait remercié et je repris mon repas où je l'avais laissé. Je vérifiai tout de même discrètement qu'il quittait le restaurant.
– Tu es rentré quand ? me demanda Debby en me scrutant de derrière le bar.
– Je ne suis pas encore arrivé, il me reste une trentaine de kilomètres à parcourir, lui répondis-je tout en continuant à manger.
– Je ne te parle pas de ça, je te demande quand tu es rentré au pays ?
Alors que j'allais nier, elle ne m'en laissa pas le temps et reprit :
– J'ai fréquenté suffisamment de soldats pour les reconnaître de loin. Si tu ne veux pas répondre, ne le fais pas, mais ne me raconte pas de salade, me prévint-elle l'air menaçant.
– Dans ce cas j'utilise mon joker madame, la remerciai-je en la gratifiant d'un sourire sincère.
C'était sans aucun doute la personne la plus gentille que j'eus croisée depuis que j'avais passé la frontière Mexicaine. Elle possédait un franc-parler qui me rappelait mes gars et je ressentis une pointe de nostalgie. Ma pause avait duré bien plus longtemps que prévu et il me fallait reprendre mon chemin. Je déposai un billet sur le comptoir pour payer mon repas et le pourboire de ma serveuse attitrée.
– Tu t'en vas déjà joli cœur ? me demanda-t-elle avec une moue boudeuse.
– Affirmatif madame ! Je dois y aller si je veux arriver tôt.
– Tu repasseras me voir ? Pour toute réponse, j'opinai de la tête et elle poursuivit : Tu me feras le plaisir d'arrêter de m'appeler madame, moi, c'est Debby, finit-elle en me tendant la main.
– Bien madame...Debby ! rectifiai-je en tendant la main à mon tour. Avant qu'elle ne la pousse pour me tapoter la joue.
– Dieu que c'est pas possible d'être aussi beau ! Allez va-t'en, tu réveilles mes instincts de cougar, plaisanta-t-elle.
Du moins, je l'espérais !
Elle reprit son sérieux et sa main toujours sur ma joue, se fit plus douce, comme une caresse. Elle se pencha vers moi pour m'embrasser sur l'autre joue et me demanda d'être prudent, ce à quoi je répondis « toujours » et c'est sur ces derniers mots que je quittai le restaurant.
Elle pouvait en être sûre, je reviendrais ! À pieds, il me fallait approximativement quatre heures pour arriver à destination, mais en voiture, il ne me faudrait qu'une vingtaine de minutes.
C'était la dernière ligne droite et je ne savais toujours pas comment me présenter. J'étais certain d'une chose, c'est qu'il était préférable que je sonne, parce que voir apparaître dans son salon un fils que l'on croit mort pouvait s'avérer choquant !
Ma mère était plus démonstrative, plus exubérante à l'inverse de mon père, que j'imaginais déjà froid et distant. Quant à Lili, ma petite sœur qui ne l'était plus tant que ça, je n'avais aucune idée de l'accueil auquel je devais m'attendre. Neuf ans s'étaient écoulés depuis la dernière fois que je l'avais vue, elle avait maintenant vingt ans, ce n'était plus la petite fille avec des couettes qui arrivait en courant pour me sauter au cou quand je m'absentais.
Elle était la seule personne à qui j'avais écrit durant ces années, en laissant toujours un petit mot pour nos parents, mais malgré mes nombreuses lettres, je me rapprochais plus d'un étranger que du grand frère qu'elle adorait. Je n'avais pas été là pour la voir grandir, pour la protéger ou même la voir recevoir son diplôme de fin d'études.
Un jour où un garçon l'avait embêtée en lui tirant les cheveux, elle était venue se réfugier dans mes jambes et après avoir calmé ses pleurs, je lui avais fait la promesse d'être toujours là pour la défendre. Promesse que je n'avais pas tenue, comme bien d'autres. Les raisons de mon départ me paraissaient dérisoires aujourd'hui, mais à l'époque, je me sentais perdu, j'avais l'impression que mon monde venait de s'écrouler et je ne croyais plus en rien.
Était-ce une raison suffisante pour l'abandonner ? Pas aux yeux d'une gamine de dix ans, bien loin des problèmes des grands !
Au rythme de mes pas, je voyais de plus en plus nettement se dresser devant moi le panneau qui indiquait l'entrée dans la ville. D'une écriture blanche sur fond bleu, « Tullahoma, Tennessee vous souhaite la bienvenue ». Le panneau était entouré de brique rouge et je reconnaissais là le style de la ville. Cette vue me ramenait directement au jour de mon départ et à ce sentiment d'incertitude mêlé de liberté que j'ai ressenti en le voyant disparaître au loin.
J'espérais à cette époque revenir fier d'avoir accompli quelque chose d'important, d'être devenu quelqu'un, mais c'est honteux, confus et blessé que je franchissais ce foutu panneau. À dix-huit ans, on se croit fort et invincible, pourtant quand la réalité nous rattrape, on se découvre bien naïf et inconscient de sa stupidité.
J'entrepris de traverser la forêt de Busby Falls pour éviter le centre-ville. Ces bois qui avaient accueilli bon nombre de mes pensées, ils avaient été pendant longtemps le seul endroit où je pouvais me réfugier. Cet endroit me rappelait une époque révolue où tout était plus simple, j'étais un rêveur, innocent du monde qui m'entourait. Connaissant les lieux par cœur, je savais quelle direction prendre pour arriver directement au domaine de mes parents.
Malgré la douleur dans ma poitrine et cette boule d'angoisse coincée dans ma gorge, c'est la tête haute que je parcourus les derniers mètres qui me séparaient de la maison qui m'avait vu grandir.
Je pris quelques inspirations, qui ne servaient qu'à me donner le courage qui me faisait cruellement défaut à cet instant. Il se passa plusieurs secondes avant que mon doigt ne presse le bouton de la sonnette et que j'entende la voix de ma mère.
– J'arrive, cria-t-elle de l'intérieur.
Cette voix que j'avais cru oublier, je l'aurai reconnue entre mille ! Mon rythme cardiaque s'accéléra considérablement quand le cliquetis de la porte se fit entendre. Cette dernière s'ouvrit enfin et je restais immobile devant la vision qui s'offrait à moi, ma mère, les yeux écarquillés et rougissants, laissant échapper une larme avant de murmurer mon prénom, comme une interrogation.
– Bonjour maman, dis-je d'une voix douce pour ne pas l'effrayer plus qu'elle ne l'était déjà.
Je la vis vaciller dangereusement, par chance, je parvins à la rattraper avant que son corps ne touche le sol. Elle me paraissait si fragile, là dans mes bras.
Je pénétrai dans la maison et me dirigeai vers le canapé pour déposer ma mère, encore inconsciente. Tout était à la même place, le temps ne semblait avoir eu aucune emprise sur cet endroit. L'ambiance était toujours aussi chaleureuse, la décoration faite de pierre et de bois qui oscillait entre ranch traditionnel et chalet de montagne. Un feu crépitait dans la grande cheminée, et au travers de la baie vitrée, je pouvais voir des chevaux courir librement dans le terrain.
Je partis vers l'immense cuisine qui dominait le reste de l'espace pour lui apporter un verre d'eau et une serviette humide, et en passant l'angle qui me séparait de ma mère, je la retrouvai assise, le dos appuyé sur l'accoudoir.
– Je n'ai pas rêvé, tu es bien là ? souffla-t-elle en pleurant silencieusement.
Je la regardai plus en détail, elle était toujours aussi belle avec ses longs cheveux auburn et ses grands yeux verts semblables aux miens. Mis à part quelques rides qu'avaient laissées les années, elle n'avait pas changé. Je ne savais que répondre à son interrogation, d'ailleurs toute réponse aurait été superflue.
– Je suis désolé maman, m'excusai-je sincèrement en m'asseyant près d'elle pour la prendre dans mes bras.
Elle ne cessait de me scruter, incrédule et je ne savais quoi dire pour l'apaiser. Sa respiration toujours saccadée, elle prit la parole.
– Quand vous avez été portés disparus, ton unité et toi, ils nous ont expliqué qu'ils ne pouvaient pas aller vous chercher, que vous vous trouviez en territoire hostile et qu'il ne fallait pas trop espérer, débita-t-elle hystériquement. Plus les jours passaient et plus l'espoir s'amenuisait. Personne ne voulait me croire, sanglota-t-elle. Pourtant, je savais que tu t'en sortirais, je ne cessais de leur répéter que tu étais vivant, je le sentais. Même quand nous avons reçu tes effets personnels, j'ai continué d'espérer, d'attendre ton retour et tu es là, tu es rentré à la maison, finit-elle dans un sourire plein de larmes en resserrant ses bras autour de moi.
Je profitai de son odeur rassurante, je ne l'aurais jamais avoué, mais ce parfum m'avait tellement manqué. L'avoir près de moi me paraissait irréel, j'avais cru ne jamais la revoir, persuadé de ne pas m'en sortir. Le calme et le sentiment de sécurité qui m'enveloppaient étaient des sensations que je redécouvrais, mais une voix familière vint briser cette bulle.
– À qui appartient le sac qui traîne au milieu du passage ? interrogea le nouvel arrivant en apparaissant dans le salon. Il s'immobilisa et nous fixa ma mère et moi, l'air blême.
– Bonjour papa, le saluai-je.
Et contre toute attente, je le vis courir vers nous, les yeux brillants. Il encadra mon visage de ses mains et rit de manière désespérée.
– Mon fils !
Ses pommettes se levèrent faisant apparaître des pattes d'oie autour de ses yeux bleus. Je fis la même constatation que précédemment avec ma mère, il n'avait pas changé. Si on faisait abstraction des quelques rides qui avaient pris place sur son visage et des cheveux gris qui avaient fait leur apparition dans sa tignasse blonde.
J'appréciais ces retrouvailles et leur accueil, j'essayais de me détendre autant que possible, mais je n'étais plus habitué aux débordements affectifs. Plus par automatisme que par réelle envie, je souris à mon père et passai mes mains dans son dos pour lui rendre son étreinte. C'est à ce moment qu'un détail me frappa, mon père paraissait plus petit dans mes bras. Des trois personnes présentes dans cette pièce, j'étais celui qui avait le plus changé. En partant, je n'étais qu'un adolescent avec une musculature fine et athlétique, ma croissance n'était pas terminée. Les années et les entraînements m'avaient forgé un corps plus épais, plus développé et je mesurais presque dix centimètres de plus.
Je ne sais pas si mon père remarqua la différence, que ce soit par rapport à mon apparence ou par rapport à mes gestes, plutôt maladroits, en tout cas, il ne fit aucun commentaire.
Alors ? Alors ?
Merci de me laisser une petite trace de votre passage
Bisous
Sarah
