Chapitre 2

Kurt regardait son père en souriant. Il ne comprenait pas du tout pourquoi son père lui avait demandé de s'asseoir pour lui annoncer cette nouvelle. Blaine était de Lima et ses parents y habitaient toujours. C'était normal que Blaine soit de retour à Lima.

- D'accord, Blaine est à Lima, dit Kurt en souriant. Que mangera-t-on ce soir ? demanda-t-il en se levant.

Carol lui répondit en allant dans la cuisine. Pendant l'apéritif, Kurt raconta sa rentrée à sa famille. Puis Finn raconta sa journée. Finn était professeur au lycée McKinley, où ils avaient été élèves. Mais Kurt ne l'écoutait qu'à moitié. Il pensait à Blaine. Il n'y avait pas pensé depuis bien longtemps. Il était sorti avec Blaine pendant plus deux ans, si on comptait la pause qu'ils avaient faite. Blaine lui avait même proposé de l'épouser. Puis Kurt avait été agressé. Et en une semaine, il avait balayé d'un revers de main son ancienne vie, les comédies musicales, Broadway, la NYADA et Blaine avec.

Finn devait raconter quelque chose d'hilarant puisque tout le monde riait. Sauf Kurt. Son père coupa court à ses pensées.

- Tu vas bien, Kurt ?, lui demanda Burt.

- Oui, oui…

- Tu as l'air ailleurs, appuya Carol.

- C'est juste que dans ma classe, il y a cette petite, Charlie. Elle est arrivée à Lima avec son père parce que sa mère est décédée. Et je ne sais pas, j'ai tellement d'empathie pour elle. Et le pire c'est qu'elle est née le même jour que moi. Je me demande si son père va pouvoir l'aider comme tu m'as aidé, papa. Et… Ça m'a fait penser à maman. Même si je t'aime de tout mon cœur Carol, mais, Maman me manque beaucoup en ce moment.

Rachel posa sa tête sur l'épaule de Kurt. Avant d'être sa belle-sœur, elle avait été son amie. Sa meilleure amie et sa colocataire. Elle avait été là dans tous les moments difficiles de la vie de Kurt ses douze dernières années. Pratiquement la moitié de leurs vies.

- J'aurais bien aimé la connaitre ta maman, tu sais, dit Carol. Burt me raconte souvent des histoires. Et je lui raconte le père de Finn. Ça nous fait du bien. Et le plus étrange, c'est qu'on a trouvé une photo sur laquelle, ta mère et le père de Finn pose ensemble.

Finn souhaita voir cette photo. Alors Burt et Carol allèrent la chercher. Puis, devant l'album photo plein de vieilles photos, l'humeur revient à la rigolade. Et Kurt ne pensa plus à sa mère, à Charlie ou à Blaine.

Lorsque la cloche sonna le lendemain matin, Kurt riait encore de certaines photos de son père avec des cheveux. Ses élèves arrivaient un par un dans la classe. Et comme la veille, il les accueillit d'une poignée de main.

Alors que Kurt avait commencé sa leçon de mathématiques, quelqu'un frappa à la porte.

- Bonjour, désolé de vous déranger. Mais Charlotte a oublié des affaires à la maison, je me suis permis de les lui apporter.

La personne entra dans la classe et s'approcha de Charlie. Elle sortit d'un sac, un livre et une boîte à goûter. Puis, elle déposa un baiser sur le front de Charlie.

- Bonne journée, joli cœur ! A ce soir !

- A ce soir, papa.

Alors que le père de Charlie sortait de la classe, Kurt dit :

- Les enfants vous pouvaient travailler deux minutes, je reviens.

Puis il sortit de la classe.

- Blaine ? Blaine Anderson ?

Le père de Charlie se retourna avec un sourire.

- Kurt Hummel…

Les deux hommes étaient face à face. Ils se regardaient. Ils avaient tous les deux changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. En huit ans, Kurt avait opté pour un look moins extravagant. Il portait un pantalon de coton bleu et un blazer assorti. Blaine avait cessé de porter ses nœuds papillon et de mettre du gel à ses cheveux. Il portait un tee-shirt gris, un jean limé et des Converses bleues.

- Vous êtes le père de Charlie ?

- Oui, Charlotte est ma fille. J'aurais aimé pouvoir parler de la situation avec toi… vous. Mais, quand j'ai vu les papiers hier soir, et que c'était signé « Kurt Hummel », je ne savais plus comment faire. Tu sais, je suis allé au garage hier. Ton père m'a dit que tu étais de retour.

- Il m'a dit que tu étais de retour aussi… Blaine, euh, M. Anderson, on pourrait se voir à la fin des cours, à 16 heures. On pourra parler. Je vais devoir retourner en classe. A ce soir ?

- A ce soir, M. Kurt Hummel.

Alors que Kurt retournait dans sa classe, il entendit Blaine dire :

- Tu n'as pas changé. Toujours aussi… Kurt !

Kurt souriait en entrant dans sa classe. Il était dix heures. Plus que six heures avant de vraiment parler à Blaine, pour la première fois depuis huit ans.

A midi, il envoya un SMS à Rachel :

Kurt : tu te souviens quand j'ai parlé de Charlie, la nouvelle de ma classe ?

Rachel : Oui.

Kurt : j'ai vu son père. On se voit ce soir, après la classe.

Rachel : Okay. Il a l'air comment ?

Kurt : C'est Blaine…

Rachel : QUOI ?

Kurt : le père de Charlie, c'est Blaine.

Rachel : tu vas lui dire quoi ce soir ? tu vas lui parler QUE de sa fille ? ou de toi aussi ?

Kurt : Je ne sais pas.

Rachel : comment il a pu avoir une fille ? Je croyais que Blaine était l'alpha gay…

Kurt : je te dirais ça ce soir.

Rachel : tu DOIS absolument tout me raconter Kurt !

L'après-midi parut longue à Kurt. Ces élèves étaient adorables et tout se passait comme prévu. Mais, étrangement il avait hâte de revoir Blaine. Et cela l'agaçait.

A dix minutes de la sonnerie, il fit ranger la classe à ses élèves. Puis la sonnerie n'avait pas retentit que ses élèves étaient déjà sorti. Il les accompagnait jusqu'à la sortie. Puis il vit Blaine.

Charlie se précipita sur son père qui la prit dans ses bras. Ils semblaient seuls au monde. Blaine embrassa Charlie sur les joues, tandis que Charlie avait les bras autour du coup de son père. Ils s'approchèrent de Kurt. Kurt tendit sa main vers Blaine :

- Bonjour M. Anderson, je suis Kurt Hummel, le professeur de Charlotte, dit-il.

- Bonjour, je suis Blaine Anderson, le père de Charlotte, lui répondit-il en lui serrant la main. Charlotte, ma chérie, continua Blaine en s'adressant à sa fille, Grand-Mère t'attend dans la voiture. Il me semble qu'elle a quelques beignets au chocolat avec elle. Peux-tu la rejoindre, je reviens après à la maison. Je vais discuter un peu avec M. Hummel et ensuite, je vais visiter un appartement. Je reviens à la maison pour le dîner, joli Cœur.

Blaine regarda sa fille courir vers sa grand-mère qui l'attendait sur le trottoir. La grand-mère accueilli la fillette dans ses bras grand ouverts. Kurt ne savait pas s'il devait regarder la scène qui se dérouler à quelques dizaines de mètres de lui ou regarder Blaine. Charlie monta dans la voiture et sa grand-mère s'installa au volant. Blaine les regardait toujours.

- On va dans la classe pour discuter, ce sera plus commode, dit Kurt pour briser le silence.

- Je te… vous… euh, je suis.

Kurt marchait devant tandis que Blaine le suivait dans l'école. Ils entrèrent dans la classe. Blaine regardait autour de lui. Il choisit de s'assoir à la table où Charlie était assise ce matin. Kurt s'assis face à lui, à la table de Finn.

- Donc, on est là pour parler de Charlie, commença Kurt. Tout d'abord, c'est une élève très agréable de ce que j'ai vu. Elle est très sociable. Elle est assise à la place où vous êtes assis et à côté d'elle, il y a Ian. A ma place, c'est Finn et à la place à côté c'est Lily. J'ai vu Ian, Lily et Charlie jouer ensemble durant les récréations, donc ne vous en faites pas sur ce point.

- Kurt, nous allons nous vouvoyer ?

- Je trouve ça plus professionnel, lui répondit Kurt avec un sourire. Mais compte-tenu d'un certain passé, nous pouvons peut-être nous tutoyer.

- J'aimerai vraiment bien retrouver un semblant de normalité dans ma vie. Et t'avoir comme ami, fais partie de cette normalité. Me laisse pas tomber Kurt.

- Blaine, tu vas bien ?

Blaine mit son visage dans ses mains. Kurt ne pouvait plus le voir, mais il connaissait Blaine. Il savait qu'il essayait de ne pas pleurer.

- Blaine, dit-il en lui touchant l'épaule. Ça va ?

- J'en sais rien. Je suis revenu à Lima pour que Charlotte retrouve, non, trouve un équilibre. Et le fait qu'elle est des amis me fait du bien. Je sais que je n'ai pas fait de bêtises par rapport à elle.

- Charlie, pardon, Charlotte est très bien. Elle est vraiment sociable, espiègle. Elle a des amis. Elle veut faire de la musique plus tard, comme toi. Elle nous a parlé de New-York tout à l'heure. Elle nous a dit que les écureuils de Central Park lui manquaient.

Blaine souriait enfin.

- Elle t'a dit tout ça ?

- Oui.

- Avec moi, elle ne parle que de sa mère. Elle lui manque beaucoup.

- Je sais.

- Elle te l'a dit ?

- Non. Mais j'ai perdu ma mère quand j'avais huit ans. Et je sais ce qu'elle ressent. Tu es comme vide à l'intérieur. Tu essayes de ne pas t'oublier. Mais il y a comme un trou noir à l'intérieur de toi et il peut t'emporter n'importe quand. Mais, elle t'a toi, Charlie, pardon, Charlotte.

- Tu peux l'appeler Charlie, si tu veux. Elle veut qu'on l'appelle Charlie depuis qu'on est arrivé à Lima. Elle trouve que ça fait new-yorkais comme prénom. Et sa mère l'appelait Charlie tout le temps.

Blaine soupira.

- Je suis tellement contente qu'elle se soit fait des amis, qu'elle parle de tout et de rien. Elle travaille bien ? Elle a de bonnes notes ? Et son comportement ?

- Calme-toi, Blaine. L'école n'a repris qu'hier. Il n'y a pas de notes, elle travaille très bien et elle est parfaite.

- Cool. Est-ce qu'elle est bien habillée et coiffée ? Ou est-ce que ça choque ? Parce que c'est moi qui m'occupe de ça et sa mère me disait que je n'arrivais pas à faire de jolies tresses. Je me suis entrainé.

- Elle est parfaite, Blaine !

Blaine s'adossa à la chaise. Il était soulagé. Blaine regardait Kurt en souriant. Son regard scrutait les moindres changements du visage de Kurt. Kurt avait toujours eu le visage fin et de grands yeux bleus. Les années passées et il restait le même. En plus adulte.

- J'ai souvent pensé à toi, ces dernières années, dit Blaine. Je me demandais ce que tu devenais. J'ai cru t'avoir croisé une fois dans Central Park, mais je ne savais pas si tu habitais encore à New-York. Enfin, je suis content de te revoir.

Kurt rougissait. Il le sentait. Mais il ne savait pas pourquoi il rougissait.

- Tu rougis, Kurt…

- Je sais.

Blaine le regardait toujours.

- Blaine, commença Kurt un peu gêné. Je peux te poser une question ?

- Oui, vas-y.

- C'est qui la mère de Charlie ?

- Tu ne la connais pas. Elle s'appelle Camille. Elle s'appelait Camille. J'ai encore du mal à m'y faire. Elle était superbe. Jolie, gentille. Elle était française. Elle avait un accent adorable.

Blaine regarda subitement sa montre.

- Kurt, je vais devoir y aller. Je vais visiter un appartement.

Kurt lui souriait.

- Blaine, je peux venir visiter l'appartement avec toi, osa-t-il demander. J'adore visiter les appartements.

- Je compte sur toi pour me dire si la luminosité est correcte et quelle chambre serait la mieux pour Charlie.

Blaine et Kurt se levèrent et Kurt rangea rapidement son bureau. Ils sortirent de l'école et se mirent en route vers l'appartement que Blaine devait visiter. Sur le chemin, ils discutaient comme avant. Kurt lui racontait l'école et ses élèves. Blaine lui racontait l'école de musique, les cours qu'il donnait. Kurt lui donna des nouvelles de Rachel et Finn. Blaine, des nouvelles de ses parents.

Arrivés devant l'immeuble, Kurt sortit ses clés et entra dans le hall. Blaine était interloqué.

- Qu'est-ce que tu fais, Kurt ?

- Je rentre chez moi. Pourquoi ?

- Parce que c'est l'adresse de l'appart' que je dois visiter…