Hello ! :D

Merci pour vos commentaires ! Je vais développer cette histoire en peu de chapitre, aussi j'espère que vous la savourerait aussi "courte" soit elle ;-) !

Bonne lecture !


Il y était : le manoir Xavier. La grille en fer forgé barré l'accès au domaine, pas un gros obstacle pour un mutant capable de manipuler le métal comme bon lui chantait, pourtant, il restait là. Debout comme un imbécile indécis. Les bras le long du corps, son casque sur le crâne, il regardait cette grille et s'imaginait ce que cela serait que de revenir. Est-ce que Charles l'accueillerait comme un frère perdu ? Ou bien le fustigerait-il pour l'avoir laissé à son sort et blessé à Cuba ? Plus Erik regardait l'entrée, plus il se sentait incapable de rentrer. Dans son dos il entendit approcher le moteur d'une voiture. Il ne se sentit pas à sa place, non pas du tout, alors, il préféra se cacher dans les taillis pour regarder qui allait entrer dans le domaine.

Une coupée grise approcha et s'arrêta devant la grille, c'était Hank qui conduisait, il n'était plus couvert de fourrure bleue, il était redevenu le petit scientifique binoclard qu'Erik avait connu. La voiture s'immobilisa, Hank ouvrit sa portière, sortit de la voiture, puis ouvrit les grilles. Assit à l'arrière : Charles. Il était pâle, plus pâle que d'habitude. Son regard était tourné vers le sol de la voiture, aucune musique ne s'échappait de la radio, rien. Hank remonta en voiture avança, puis une fois à l'intérieur, sortit à nouveau pour fermer les grilles. La voiture remonta la pente jusqu'à l'entrée du manoir, Erik sortit de sa cachette et observa la suite de la scène. Quelque chose dans l'attitude de Charles l'avait glacé. Il ne ressemblait plus au jeune homme joyeux et optimiste qu'il avait connu. Hank coupa le moteur et contourna le véhicule pour sortir du coffre ce qui s'avéra être un fauteuil roulant pliable. Dans l'estomac d'Erik une pierre chuta.

Non, ce n'était pas possible ! Charles… ne pouvait pas…

Pourtant Hank porta le télépathe hors de l'habitacle et déposa son corps fin sur le fauteuil, qu'il poussa en direction du hall du manoir. Une fois les deux hommes hors de sa vue, Erik s'aperçu qu'il avait pleuré. Il prenait conscience de l'ampleur des dégâts qu'il avait causé : Charles était paralytique par sa faute ! Cette balle perdue, il avait juste pensé, blesser Charles, juste un peu de sang, et de douleur, rien de grave… mais non, c'était mille fois pire ! Par sa faute le télépathe était privé de ses jambes ! Lui qui aimait tant les longues marches, la course à pieds, lui qui avait une démarche si souple et si féline… fini !

Erik, déglutit. Il recula, non, il ne pouvait pas aller voir Charles comme ça… impossible. Erik lui avait volé ses jambes, qu'espérait-il ?

Il fit donc demi-tour et retourna se terrer rongé par la honte et les remords. Il avait tout gâché depuis des mois sans le savoir. Comme il regrettait ce geste impulsif sur cette plage ! Comme il s'en voulait d'avoir infligé cette douleur et ce tourment à un homme tel que Charles ! Non, il ne le méritait pas !


Erik en colère contre lui-même, alla trouver Raven dès qu'il rentra dans son repère, celle-ci discutait avec Emma dans leur cuisine, mal aérée et peu garni. Le chef de leur groupe attrapa la jeune mutante par le coude et l'entraîna à nouveau dans son bureau. Il lui tournait le dos lorsqu'il ferma les portes.

— Recommence.

— Quoi ?

— Charles, je veux parler à Charles ! s'écria Erik alors que le métal de la pièce vibrait.

— C'est pour ça que tu as disparu deux jours entiers ?!

— Je veux parler à Charles ! gronda Erik au même moment ou s'envolèrent deux cadres en fer.

Une main se posa sur l'épaule d'Erik.

— Je suis là, mon ami…

— Non, assied-toi… Charles… Charles ne peut plus se tenir debout, alors, assied-toi s'il te plait, demanda-t-il d'une voix presque brisée.

Raven ne comprit pas immédiatement, mais obéit. Erik se retourna enfin. Il vit l'image de l'homme qu'il avait voulu approcher : fringuant, propre, détendu, fier, presque arrogant.

— Plus pâle, aucun sourire et décroises tes jambes, exigea Erik le cœur lourd.

— Bien.

Une fois que Raven renvoyait une image plus proche de ce qu'Erik avait vu, il se sentit des plus démuni.

— Oh Charles…

— Oui ?

— Trouveras-tu la force de me pardonner un jour ?

— C'est déjà fait, voyons…

— Non… Non, mais j'espère qu'un jour, se sera le cas. Parce que je n'ai pas été l'ami que tu mérites, je n'ai pas été le compagnon idéal et encore moins l'homme que tu avais vu en moi. Je suis loin de tout ça.

— Qu'est-ce que tu…

Erik agrippa les accoudoirs du fauteuil dans lequel Raven c'était installée, il se pencha le regard dur au-dessus d'elle, scrutant les yeux bleu de Charles et guettant ses réactions. Raven n'était qu'une illusion. Elle ne lui offrirait pas le pardon qu'il quémandait et encore moins le réconfort auquel il aspirait. De nouveau il embrassa cette fausse idole, puis recula dégoûté par sa propre lâcheté. Il avait vu le vrai Charles, il l'avait vu à quelques mètres de lui !

— Ton frère est devenu paralysé des jambes, informa Erik en se détournant encore de Raven.

— Quoi ? fit la voix de la jeune femme dans le corps de Charles.

— C'est moi… c'est moi qui lui ai fait ça. Il ne peut plus marcher.

— Qu'est-ce que tu racontes ?

Raven redevenue elle-même s'approcha d'Erik et le prit par les épaules pour l'obliger à la regarder bien en face.

— Je l'ai vu ce matin. Il est en fauteuil, Hank le porte quand il doit entrer ou sortir d'une voiture.

— Non, souffla Raven horrifiée par la nouvelle. Impossible, Charles ne…

— Je l'ai vu !

Raven encaissa la nouvelle, puis voyant le désarroi d'Erik, se reprit et saisit l'occasion de se rapprocher de lui.

— Calmes-toi, tu n'y es pour rien, tu ne savais pas.

Elle enlaça le corps nerveux d'Erik, qui se raidit sous ses bras, elle se transforma alors en Charles et Erik fondit contre sa peau. La jeune femme comprit que ce n'était pas elle qui intéressait Erik, mais bien l'enveloppe de Charles. Elle déglutit, si c'était ce qu'il fallait pour avoir Erik : vivre sous l'identité de son frère, alors, elle le ferait.

— Erik, regardes-moi, intima le faux Charles avec conviction. Je te pardonne, parce qu'il y a du bon en toi et parce que je n'ai jamais cessé de penser à toi, à nous.

Erik le cœur brûlé par la colère et l'angoisse, plongea son regard d'acier dans l'azur de Charles et il voulut boire ces mots, croire à la vérité qu'ils proféraient. Raven embrassa Erik d'un baiser plein de passion et de douceur. Erik se perdit dans ce moment et pressa le corps de Charles contre le sien, s'abandonnant enfin sous son étreinte. Raven le cœur renversé de plaisir savourait le bonheur d'être possédée par Erik, mais déjà elle en voulait plus :

— Erik, souffla-t-elle.

— Oui, Charles ?

— Touches-moi… Je veux sentir tes mains sur moi…

Tremblante, Raven sentit les doigts longs et durs d'Erik soulever sa chemise pour venir trouver le velours de la peau du ventre de son frère. Erik l'embrassa à nouveau, bouche à bouche, langue contre langue, se perdant un peu plus dans ce mensonge. Mais quand Raven voulu elle aussi le toucher, Erik recula brutalement comme frappé par la foudre.

— Arrête ! Tu n'es pas lui !

— Mais je pourrais le devenir ! Si c'est ce que tu veux, je le veux aussi !

Elle était sincère et cela fit presque peur à Erik, car il considéra son offre sérieusement. Étrangement c'était ce dont il avait besoin pour comprendre que sa place n'était pas là. En tout cas pas sentimentalement. Il ne pouvait pas vivre si intensément ses convictions pour la lutte mutante et se contenter d'imaginer vivre avec Charles… Non, il était un homme de conviction et de passion. Raven n'était qu'une illusion, elle ne pourrait pas lui apporter la profondeur d'une relation aussi complexe qu'avec Charles. Raven n'était pas repoussante, non, elle était belle, drôle, intelligente, mais elle n'était pas Charles !

— Il faut que j'y aille.

— Où ?

— Tu le sais.

— Mais, Erik, je…

— Non.

— Je pourrais être lui, pour toi.

— Non, n'essaie, pas, tu es parfaite en étant toi, c'est moi qui n'aurais jamais dû te demander d'essayer. Restes-toi-même.

— Mais, Erik, je t'…

— Non. Ou, alors, peut-être que si, mais ce n'est pas possible, car moi je n'ai pas ce genre de sentiments pour toi.

Raven fondit en larmes.

— Est-ce que tu veux venir avec moi ? proposa Erik avec une douceur retrouvée.

— Pour quoi faire ?! Te regarder faire les yeux doux à mon frère ? Pendant que je crèverais de jalousie dans le mien ? Et tes plans ?!

— Parce qu'il est ton frère, et que par ma faute il est cloué dans un fauteuil pour le restant de ses jours !

— … Non. Vas-y…

— Bien. Je le laisse la Confrérie jusqu'à mon retour.

— … si tu reviens.

— Mes opinons ne changent pas.

— N'oublie pas qu'il est télépathe, il peut te faire faire ce que bon lui semble.

— Pas le Charles que je connais.

Raven haussa les épaules, l'air de dire, que finalement est-ce qu'Erik connaissait vraiment Charles ? Puis elle se détourna et quitta la pièce en essuyant ses larmes entre ses doigts. Erik ne perdit pas une minute. Il organisa son voyage un peu mieux que la première fois et le soir même quitta son repère pour l'Etat de New York. Après une nuit passée dans un motel sous son véritable nom de Max Eisenhardt, Erik, reprit la route et ne s'arrêta pas devant les grilles, qu'il passa sans son casque. Cela serait un affront à Charles que d'avancer caché de lui. Il voulait s'annoncer et lui montrer qu'il était là en ami et non en ennemis. Lorsqu'il atteignit la porte d'entrée un immense bruit se fit entendre à l'intérieur et la poignée lui fut presque arrachée des mains par le Fauve qui se tenait de l'autre côté. Il venait de muter dans la seconde, cela se voyait, car ses habits étaient en lambeau et il portait encore ses lunettes de vue.

— Toi, gronda Hank sous sa forme la moins sympathique.

— C'est ta nouvelle façon de dire « Bonjour » ?

— Qu'est-ce que tu fais là ? dit Hank en grognant de colère tout en s'avançant pour faire reculer Erik.

— Je suis venu… Eh tout doux… Je suis venu rendre visite à Charles.

— Moi, vivant, pas question.

— Je ne veux pas te combattre.

— Tu ne verras pas Charles !

— Tu n'as pas à décider pour lui ! Demandons-lui !

— Jamais !

— Charles ? fit alors Erik en apercevant la forme de son ami au bas des escaliers.

— Erik, dit la voix de Charles amplifié par l'écho du hall.

— Je suis venu te voir.

— Je sais.

— J'allais le mettre dehors !

— Pas la peine Hank… Il n'est pas venu pour…

Charles leva ses yeux, Erik passa la barrière de Hank, lui donnant au passage un petit coup d'épaule. Erik s'approcha et se penchant devant Charles, se mettant à sa hauteur, un genou à terre.

— Pourquoi es-tu venu ? demanda Charles la mise grise.

Erik observa Charles, il avait les cheveux un peu plus long, un teint très pâle, il ne devait pas beaucoup sortir du manoir, et ses doigts qui se crispaient sur les accoudoirs de son fauteuil.

Charles leva ses yeux sur Erik. Il avait entendu son esprit arriver. Il l'avant ressentit depuis des kilomètres presque, mais il n'avait pas trop osé y croire, non, impossible qu'Erik lui revienne et pourtant. Quand il l'avait senti se tenir devant sa porte, il n'avait pu retenir un « Erik » s'échapper de sa bouche. Hank avait viré au bleu dans la foulée. Charles l'esprit en alerte, malgré la douleur qui gangrénait son corps regardait son ami ? Ennemis ?

— Serais-tu l'enfant prodigue ? questionna Charles ses yeux bleus reversant l'âme d'Erik.

— Je crains que non, mon ami.

Erik était sûr de lui, mais aussi nerveux, il ne c'était pas retrouvé aussi proche de Charles, depuis le point de rupture entre eux. Et si le gouffre était trop grand ?

— Dans ce cas… que fais-tu là ?

— Je voudrais te parler… en privé, ajouta Erik en sentant toujours la présence de Hank.

— Suis-moi…

Charles poussa sur ses roues et se dirigea vers son bureau, Erik eut l'idée de le pousser, ce à quoi Charles répondit un peu sèchement :

— Non.

Une fois dans le bureau qu'Erik avait appris à aimer, il retrouva leur échiquier toujours en place, et les pions n'avaient pas changé de place depuis la veille de leur départ à Cuba.

— Je pourrais fouiller dans ta tête, mais cela serait une violation n'est-ce pas ? dit Charles en s'arrêtant devant sa cheminée qui crépitait mollement.

— … Charles, je voulais te dire que j'ignorais totalement ce qui t'étais arrivé.

— Ah, tu ignorais m'avoir tiré une balle ?

— Non, mais je… j'ignorais pour ta paralysie. Est-elle définitive ?

— Oui.

— Est-ce que tu souffres ?

— Oui.

— Est-ce que tu m'en veux ?

— Plus que tu ne peux te le figurer. Mais pas pour ce que tu penses… Je ne t'en veux pas pour ce fauteuil, j'aurais très bien pour l'endurer si tu étais resté…

— Je ne pouvais pas renier mes croyances. Tes méthodes ne fonctionnent pas.

— Parce que les tiennes oui ?

— Je ne suis pas un monstre.

— Je n'ai pas dit ça.

— Alors pourquoi ce regard ?

— Parce que Erik… Je ne peux pas…

Charles détourna ses yeux de ceux d'Erik, c'était trop dur pour lui. Bien sûr il avait comprit avant même qu'Erik ne parle le pourquoi de sa venue. Il n'était pas idiot. Il avait bien senti entre eux ce qui se passait durant ces semaine écoulées ensemble, Charles avait même imaginé qu'une fois la crise « Shaw » passé, qu'ils commenceraient une belle relation ensemble. Il c'était même penché sur la question de façon scientifique, comment deux hommes pouvaient s'aimer au lit, mais… maintenant, il se sentait laid, et idiot. Erik n'était pas fait pour lui, point. Certes il était beau, séduisant, attirant au possible, mais ils étaient trop éloignés, trop différents et pire encore, Erik ne pouvait pas espérer de lui qu'il fasse comme s'il n'était pas prisonnier de son corps.

— Tu ne peux pas quoi ? demanda Erik de nouveau à genoux devant Charles.

— Je ne peux pas, c'est tout…

— Tu ne sais même pas ce que je veux te dire !

— Erik, tu n'as pas besoin de parler, se lamenta Charles en levant une main pour caresser la joue de son ami mais il se ravisa à l'ultime seconde.

Erik troublé regarda cette main qui venait de lui être refuser retourner s'installer sur ses genoux. Pour Erik, il n'était pas question de repartir à nouveau. Il n'allait pas se laisser abattre si facilement. Charles était déprimé au vu de sa situation, oui, mais Erik ne s'avouait pas vaincu, bien au contraire.

— Si tu sais ce que je veux, tu sais aussi que je vais l'obtenir.

— Par la force ?

Ils se regardèrent. Charles aperçu la flamme dans le regard complexe d'Erik. Cette flamme qu'il avait aperçu tant et tant de fois, cette flamme qui lui avait donné tellement d'espoir.

— Non… pas avec toi, Charles, jamais…

— Erik, l'homme que tu as laissé à Cuba n'est plus celui qui est là, devant toi.

— Tu n'as pas tant changé que ça.

— Et pourtant…

— Quoi ?

— J'ai dit : « que tu as laissé »… mais pour moi : tu m'as abandonné !

Erik scruta les yeux bleus profonds de Charles. Il y trouva de la souffrance, de la colère et de la tristesse.

— Sur le moment, c'était la meilleure solution.

— Me laisser en train de me vider de mon sang sur cette putain de plage ?! la colère faisait vriller la voix de Charles.

— J'étais aveuglé par…

— Sais-tu qu'il a fallu presque sept heures pour que l'on vienne me récupérer et pratiquement autant de temps avant de voir un médecin ?! Ignores-tu que j'ai perdu non seulement ma sœur, mes jambes, mais aussi toi en moins d'une minute ? ! J'avais tout et l'espace d'après plus rien ! Tu m'as abandonné ! rugit Charles furieux en repoussant Erik qui c'était approché pour le contenir.

— Charles, tu ne…

— Non ! Tu as perdu le droit de me dire quoi faire ou non ! Tu n'es plus celui que j'aurai voulu ! Et te voir maintenant ! Ah ! La bouche en cœur avec des rêves plein les yeux et les corps indemne ne me rappelle que trop cruellement ce que je n'ai plus ! Je n'ai plus RIEN !

— Tu m'as moi, rétorqua Erik déstabilisé par la force de la brûlure de Charles.

— Pour combien de temps ? demanda avec tristesse le brun dont les yeux c'étaient empli de larmes amères. Le temps de t'apercevoir que je ne suis plus personne et de m'abandonner une fois de plus ? Non, merci. Alors, va-t'en, je ne pourrais pas endurer une deuxième perte. C'est tellement cruel de ta part d'être venu…

— Cruel ? se rebella brutalement Erik. Moi ? Cruel ! Je ne me souviens pas avoir reçu le moindre appel de ta part pour m'informer de la situation !

— Tu as disparu sans laisser d'adresse ! Crétin !

— Tu ne m'as jamais encouragé à venir te retrouver le soir dans ta chambre !

— JE SUIS UN PUTAIN DE…

Les yeux luisant de rage Charles s'interrompit, il ne voulait pas lâcher la fin de cette phrase. Erik qui c'était à nouveau placé face à lui à genoux l'encouragea sans douceur :

— Dis-le ! Dis-le !

— Je suis un putain de coincé sexuel !

— …

— Je n'ai pas reçu une éducation qui m'encourageait à me rendre dans des chambres d'hommes le soir venu ! Tu me prends pour qui !

— Tu n'es qu'un imbécile !

— Oh ! alors c'est ça ta solution : insultons l'infirme !

— Ne te cache pas derrière ça pour faire de toi un martyre ! Tu es Charles Francis Xavier ! Les épreuves ne te font pas peur ! Elles te retardent, mais elles ne t'empêchent pas d'aller de l'avant !

— Celui que j'étais peut-être…

— Tu es toujours le même…

Erik offrit à Charles cette caresse qui lui avait refusé. Sous la pulpe de ses doigts le blond touchait la peau veloutée de Charles, trouvant sa chaleur et sa douceur.

— Arrêtes, dit Charles d'une voix étouffée les yeux baignés de larmes contenues.

— Tout pourrait commencer, ici et maintenant. Toi et moi…

— Arrête ! cria Charles en repoussant si brusquement la main d'Erik qu'il en perdit l'équilibre et tomba de son fauteuil.

Son corps heurta le sol devant l'âtre de la cheminée, Erik se précipita pour le relever, Charles le repoussa à nouveau, pleurant pour de bon cette fois.

— Non ! Je t'interdis de faire ça : ne joue pas au sauveur ! Ce n'est pas ton rôle ! Car la seule personne qui c'est soucié de moi ici c'est Hank !

Le monstre de la jalousie qui rongeait le cœur d'Erik se réveilla.

— Il est ton amant ?

Charles à travers ses larmes, éclata d'un rire triste.

— Non ! Non, Erik, parce que tu l'ignores peut-être, mais un paralytique comme moi perd toute vie sexuelle ! Et Hank est amoureux de Raven ! Raven qui… comme je viens de le voir ne se prive pas d'usurper mon identité pour te satisfaire !

— Ne lis pas dans ma tête…

Le brun rampa vers son fauteuil et remonta dessus tant bien que mal avant de retrouver son calme pour mieux toiser Erik.

— Tu connais le chemin pour sortir du manoir, ainsi que pour sortir de ma vie je crois.

— Charles, ne fais pas ça.

— Oh que si !

Erik se sentit de manière irrésistible attiré vers l'extérieur. Il pouvait tout juste se contrôler pour ne pas s'enfuir en courant.

— Arrêtes de me manipuler ! cria Erik.

— Pars !

— Jamais !

Son envie de courir lui passa aussi sec.

— Charles, je suis là pour toi et je ne partirai plus !

— Et ta « confrérie » ?

— Elle peut attendre !

— … Ne crois pas que quoi que ce soit ait changé entre nous…

— Pour le moment du moins.


Dites-moi ce que vous en pensez !

A très vite !