Salut à tous :)
Dites-moi moi tout jeune Emison Shippers récidivistes : qui a vécu avec plus d'émotion les deux scènes Emison de cette semaine que toutes les épreuves des J.O réunies mdr ! Parce que moi, totalement. *J'assume*
Plus sérieusement, je m'excuse pour le délai. Je pars au Canada quatre mois pour mes études, alors je voulais profiter de mes amis avant de partir. Rajoutez à cela que j'ai raté l'épreuve du permis pour la troisième fois consécutive, tout ça à cause de mon stress maladif, j'étais trop déprimé pour poster quoi que ce soit. Et puis j'ai consulté mes review hier et juste... vous êtes formidable. Sincèrement. C'est le meilleurs retour et départ que j'ai eu des 14 fic que j'ai posté. J'étais obligé de revenir. Au programme, action, flash-back Emison, et une chute comme on les aime.
Je réponds à tous vos commentaires à la fin :)
Chapitre 2
L'infini et plus
If there is a reason I'm by her side,
When so many have tried
Then I'm willing to wait for it
( Hamilton, wait for it )
« Comment ça, disparu ? Tu veux dire qu'on n'a plus aucune trace d'elle. Alison s'est volatilisée ? »
La voix d'Hanna vibrait de colère et de frustration. Son comportement passif avait cédé place à de la rage, d'une manière si rapide et spectaculaire, qu'Emily en sursauta.
« En général, il n'existe qu'un seul sens au mot disparaitre Hanna » soupira Aria.
Emily observa ses yeux, à l'ordinaire d'un vert lumineux, s'assombrir. La brune se laissa glisser sur le fauteuil, désemparée. Hanna prit sa tête entre ses mains.
« Parfait. Absolument par-fait. L'accident et maintenant, une disparition. Je ne vois vraiment pas comment cette soirée pourrait empirer encore. »
Dans la cuisine, les discutions et hypothèses concernant l'absence d'Alison DiLaurentis, s'enchainaient les unes après les autres. Au milieu de l'agitation et la panique générale qui s'immisçait lentement dans les esprits, Emily n'était capable d'entendre qu'une seule chose : l'orage.
La nageuse fit courir son regard sur la fenêtre. Dehors, la pluie était torrentielle. Les gouttelettes ne cessaient de frapper contre la vitre, s'écrasaient le long de la paroi avant de se rejoindre à l'extrémité, formant un filet d'eau entretenu vers le sol à l'impact.
Un éclair foudroya le ciel.
Emily sentit la boule qui s'était formée au creux de son estomac, se renforcer. Tout ça était de sa faute. Si elle ne l'avait pas quitté, la blonde serait toujours à l'abri, saine et sauve entre ses bras. Alison pouvait être n'importe à présent, probablement vulnérable et exposée sous un déluge sans précédent.
Rosewood était connue pour ses étés particulièrement secs, sa chaleur étouffante, et bien que les orages étaient peu fréquents, ils se démarquaient par leur rare intensité. Ces nuits-là, les rues restaient anormalement vides. Désertes.
Des nuits comme celles-ci.
« On devrait essayer de la rappeler »
« C'est la troisième fois qu'on tombe sur son répondeur, Han. A ce stade, si elle avait dû décrocher elle l'aurait déjà fait depuis longtemps. » suggéra Aria, songeuse.
Emily abandonna sa contemplation stoïque. Elle attrapa l'un des tabourets de la cuisine.
« Ça lui ressemble pas de s'enfuir sur un coup de tête. »
« Em, on parle de la fille qui a simulé sa disparition pendant un ans. Je te rappelle quand même qu'on la croyait morte. »
« Mais elle avait une raison de la faire. » répliqua la nageuse, sans accorder un regard à Hanna. « 'A' la poursuivait. Alors que ça » - elle désigna du doigt le sac de son amie qu'elles avaient retrouvé en plan à l'étage, même chose pour le pendentif en argent qu'elle portait ou la veste qu'Emily avait mise à sa disposition. « Ça » insista-t-elle. « Ça n'a pas de sens. »
Aria resta silencieuse. Quelque part dans son esprit, la brune ne pouvait rejeter l'hypothèse qu'Alison, dans son état actuel, instable et désorientée, ne faisait probablement preuve ni de logique ni de comportement rationnel. Un seul coup d'œil en direction d'Hanna suffit à lui donner la certitude qu'elle pensait la même chose. Néanmoins, personne ne l'évoqua. L'inquiétude dans les yeux d'Emily n'avait jamais atteint un tel degré. Ce n'était pas une piste que l'on pouvait ignorer, mais Aria sentait que ce n'était pas celle que la nageuse était prête à entendre. En tout cas, pas si tôt.
« Où est Spencer ? » questionna soudain Hanna, en brisant le silence qui s'était installé.
« Elle est partie faire le tour du quartier encore une fois. Espérons qu'elle ait plus de chance »
Depuis que la discussion avait cessé, une excitation palpable s'était emparée de la pièce. L'odeur de la caféine semblait plus forte que jamais - Spencer avait encore frappé, plusieurs tasses fumantes reposaient sur le comptoir - comme si elle avait cherché de cette manière à renforcer le contraste entre ce silence assourdissant et l'ambiance électrique qui régnait à l'extérieur. Ce sentiment était étouffant. Il y avait une telle disproportion entre cette effervescence qui flottait dans l'air - le meurtre d'Eliott, Alison manquant à l'appel - et leur acte, que s'en était insoutenable. Emily quitta précipitamment le tabouret sur lequel elle était assise.
« Em, où vas-tu ? »
« La chercher » dit-elle en se dirigeant vers la porte. La nageuse ne supportait plus cette passivité, rester les bras croisés en attendant un miracle. L'incertitude la tuait de l'intérieur.
Elle attrapa la poignée. Hanna s'interposa.
« Em, écoute-moi. » dissuada-t-elle. « Si Ali est dans les alentours, Spencer la trouvera. On ne sait pas exactement ce qui se passe dans sa tête ou pourquoi elle est partie mais on doit rester là, d'accord ? Au cas où elle reviendrait. »
Hanna vit l'hésitation s'insinuer un instant, mais son instinct de protection semblait plus puissant et elle redoutait que ses arguments ne fassent pas le poids longtemps, pas assez pour la retenir.
Alors que l'enfant des Marins cherchait en vain une raison supplémentaire de retenir Emily, la porte s'ouvrit à la volée.
Spencer apparut dans l'encadrement, bouleversé.
Les filles n'eurent même pas le temps de lui demander ce qu'elle avait trouvé, déjà elle accourait en direction du salon.
« Allumez la télé. »
« Spence, qu'est-ce qu— » tenta Aria, sans succès.
« Allumez la télé. » insista-t-elle.
Hanna s'exécuta. La blonde attrapa la télécommande et pressa l'un des boutons au hasard.
A priori, rien ne semblait sortir de l'ordinaire. Le journal télévisé diffusait un reportage sur les récentes inondations qui touchait la région depuis ce matin.
Aria fronça les sourcils. Elle était sur le point d'interroger Spencer lorsqu'un flash info spécial surgit à l'écran.
Les filles avaient les yeux rivés sur la télévision. Des images de plusieurs membres de la police de Rosewood, pris en otage dans le commissariat et ce, par des individus armés, tournait en boucle.
Hanna cligna des yeux un instant, la bouche entrouverte.
« A-ttend » bredouilla-t-elle, trahissant sa peur. « Ta… ta mère, elle… elle travaille ce soir Em, non ? »
L'intéressée ne répondit pas. La nageuse était pétrifiée. Comme pour vérifier leur crainte, une bannière bleue défila soudain à l'écran, indiquant le nom des victimes.
« Pam Fields »
Les lettres s'étaient affichées en gros caractère, au centre de l'image. Emily sentit son cœur s'arrêter dans sa poitrine. Pendant un temps, elle crut qu'elle ne respirait plus.
La mort de son père était une chose. Perdre ses deux parents, en était une autre.
Spencer l'entraina entre ses bras. Et tandis qu'Aria passait une main dans les cheveux d'Emily dans un dernier espoir de l'apaiser, Hanna regretta avec amertume ses paroles précédentes :
Maintenant, elle voyait nettement comment cette soirée pouvait encore empirer.
~ X ~
Quartier de Rivers Hill, Rosewood nord.
« Je l'ai fait. »
Alison n'avait aucune idée de comment elle avait atteint la terre ferme, mais elle avait réussi et ça lui suffisait. Elle jeta un regard inquiet autour d'elle. La jeune fille enjamba une clôture, tentant tant bien que mal de se frayer son chemin au milieu de la pluie incessante qui brouillait ses repères.
Le panneau « Rivers Wood » apparut en lisière du bois. Alison reprit son souffle. La veste des Sharks d'Emily lui collait à la peau. Elle réajusta la capuche et consulta une dernière fois le message :
« Je me demande si les sirènes
peuvent se noyer dans leurs larmes ?
Si tu veux épargner la tienne,
23h au Kissing-rock. Seule.
A.D »
Une vidéo où apparaissait la mère d'Emily, prise en otage avec une dizaine d'autre policier, accompagnait le message.
Alison se changeait dans la salle au moment où son téléphone avait vibré. Au départ, la blonde n'y avait pas cru. Du moins, elle ne voulait pas y croire. La jeune fille ne cessait de se répéter qu'A.D ne faisait que jouer avec ses nerfs, que tout cela devait probablement n'être qu'une machination. Combien de fois les avait-il manipulé sous la pression pour les attirer dans ses pièges ?
Malgré tous ses efforts, Alison avait eu beaucoup de mal à conserver son sang-froid. Elle s'était mise à étudier soigneusement les images qui défilaient devant ses yeux.
La vidéo était en temps réel. L'heure en bas de l'enregistrement concordait parfaitement avec celle qu'affichait l'horloge du commissariat. Autre que Pam Fields, la blonde reconnaissait Lorenzo et plusieurs autres officiers qui s'étaient déjà occupés de son cas. L'endroit était plongé dans la même semi-obscurité que la chambre. Ça plus les sirènes des ambulances en toiles de fond – le commissariat était situé à quelque mètre du centre hospitalier – l'ensemble rassemblait trop de coïncidence à son gout pour que la vidéo ait été trafiquée.
L'enfant des DiLaurentis n'y avait pas réfléchit deux fois. La blonde avait abandonné ses affaires en vrac et s'était mise à réfléchir à un plan pour quitter la maison seule.
Toutes les filles étaient rassemblées dans le hall. S'échapper par le rez-de-chaussée semblait une mission perdue d'avance. Alison observa la fenêtre et soudain, un souvenir de ses seize ans lui revint en mémoire.
Cet été-là, après une dispute, la mère d'Emily l'avait condamné à ne pas quitter la maison, ni recevoir d'ami pendant deux semaines. Bien sûr, la nageuse en avait averti Alison par téléphone. Le fait est que pour la blonde, ces dix jours sans Emily lui avaient parut interminables et plus long qu'elle n'aurait jamais pu l'imaginer.
Après une soirée à la soirée à la plage, la jeune fille avait craqué. Elle s'était rendue chez la nageuse. Pam était encore à l'intérieur et elle savait qu'il serait impossible d'entrer. Finalement, pris d'une soudaine dose d'adrénaline, Alison avait tout simplement commencé à grimper à l'arbre qui donnait droit sur la fenêtre d'Emily.
Depuis ce jour, c'était devenu leur rituel. Alison lui avait rendu visite avant de dormir. Tous les soirs de cet été.
L'exercice s'avérait plus difficile que dans ses souvenirs, mais Alison avait finalement réussi à quitter le domicile des Fields sans que les filles ne remarquent rien.
Elle jeta un dernier coup d'œil au panneau qui bordait l'entrée du bois. Les lettres « Rivers Wood » se reflétaient.
Alison connaissait les risques auxquelles elle s'exposait en suivant les règles d'A.D, mais la blonde était prête à les prendre.
Elle était prête à n'importe quoi pour Emily.
~ X ~
Domicile des Fields.
« Comment une chose pareille peut se produire ? C'est le commissariat. Ils ne sont pas censés avoir la meilleure protection ? »
« Il ne restait plus que le cadre administratif à l'intérieur. » expliqua Spencer, sans détacher son regard de la nageuse se tenait debout, figée devant l'écran de la télévision, le visage livide et le corps raide. L'enfant des Hastings ne savait dire depuis combien de temps son ami était ainsi, mais elle avait conservé cette position – parfaitement immobile, dont la précision était effrayante - suffisamment longtemps pour qu'elle s'en inquiète.
« Vous ne pensez pas qu'on devrait rester avec elle ? »
Hanna dévia ses yeux vers le salon un instant, puis reporta son attention sur son amie.
« Elle a besoin d'espace, Spence. »
Aria était sur le point d'ajouter quelque chose lorsque leurs téléphones vibrèrent. Hanna lut le message :
Mme. Fields est peut-être sauve
mais qui sauvera Alison de moi ?
Tic. Toc. Le temps presse.
A.D
« Ils sont libérés. Ma mère est libérée » s'exclama Emily.
Des larmes de joie roulaient sur sa joue. Le soulagement fut néanmoins de courte durée. Hanna lui présenta le téléphone devant les yeux.
La nageuse échangea un regard inquiet avec Spencer. Un long silence succéda en réalisant la gravité derrière ces mots.
« Vous pensez qu- »
« Le message est arrivé avant le flash info » répondit Spencer à la question muette d'Hanna. « Je doute que ce soit une coïncidence. Il avait planifié cette prise d'otage depuis longtemps. »
« Attendez les filles » interrompit Aria. « On est vraiment en train d'affirmer que A.D est officiellement à l'origine de ce qui s'est passé ce soir ? »
« Impossible de répondre à cette question et on le pourra probablement jamais. A.D pourrait tout aussi bien avoir obtenu l'information avant les journalistes et jouer avec nos nerfs ».
Emily refoula un gémissement de colère et serra la mâchoire. Elle en avait plus qu'assez de ce jeu malsain auquel le maitre-chanteur les livrait. La nageuse retrouverait Alison coûte que coûte, même si cela devait être sa dernière bataille.
« Il n'y a qu'une chose dont on peut être certaine pour l'instant. Ali est dehors et A.D le sait. Il faut la retrouver avant lui. »
Les filles acquiescèrent. Spencer attrapa son sac et une veste à la volée.
« Hanna et Aria, vous venez avec moi. Elle est peut-être retournée dans le bois où on a fait l'accident. Em, toi tu vérifies chez elle. »
« Je prends prend ma voiture » déclara l'artiste de la bande en attrapant ses clés.
Emily remonta les escaliers à toute vitesse. Elle franchit le seuil de sa chambre en trombe et empoigna sa veste. La nageuse était sur le point de se mettre en route lorsqu'un détail attira son attention.
Un symbole se reflétait sur la vitre. Emily s'approcha. Le lampadaire en face de sa fenêtre s'était allumé à présent que la nuit était complétement tombée, ce qui expliquait qu'elle ne l'avait pas remarqué plus tôt. Le tracé était maladroit, fait à la hâte, mais la brune distinguait la forme d'un huit allongé.
Le symbole raviva un ancien souvenir, l'été de ses seize ans.
~~~ Flash-back ~~~
« Ali, attend ! »
Emily accéléra sa course à travers le sentier. Elle écarta une branche en travers de sa route et balaya des yeux le paysage. Le bois de Rivers Wood était gigantesque, davantage que dans ses souvenirs.
La nageuse n'avait jamais vu Rosewood autrement qu'une prison à ciel ouvert – cela avait commencé dès l'enfance avec sa timidité, qui l'empêchait de réellement s'intégrer, s'était poursuivi avec une éducation trop stricte à la maison, puis enfin, des problèmes d'identités à l'adolescence – pourtant, pour la première fois, perdu au beau milieu de nulle part dans cette végétation, elle ne s'était jamais sentit aussi libre. D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, Emily avait toujours eu la sensation d'être de trop dans cette ville, mais avec Alison à ses côtés, elle se disait que finalement, il serait possible d'y trouver sa place. La blonde détenait ce pouvoir de changer n'importe quel enfer en un véritable paradis terrestre. Ce n'était pas quelque chose de nouveau - son amie lui avait déjà procuré cette sensation par le passé – mais en prenant de l'âge, la nageuse commençait à saisir certaines choses, des choses qui l'intriguaient autant qu'elles l'effrayaient.
La nageuse ralentit un instant, à bout de souffle. Le cadre offrait une vue imprenable sur les environs. La disposition de la forêt à cet endroit était particulière, totalement différente de ce qu'Emily avait pu observer jusqu'ici. Les chênes se rassemblaient en cercle, de sorte qu'ils formaient ainsi une clairière.
« C'est bloqué. » indiqua Alison d'un ton contrarié – elle désigna du doigt l'imposant tronc d'arbre qui leur barrait la route. « On va devoir faire le tour. »
Il commençait à faire nuit. Emily s'inquiétait que sa mère ne finisse par remarquer son absence. La nageuse était sur le point de dissuader Alison de continuer plus loin, mais au même moment, son amie attrapa sa main et elle sentit toutes ses défenses s'effondrer contre sa volonté.
Pourtant intense, l'obscurité ne suffisait pas à masquer le visage d'Alison. La jeune fille était ridiculement proche, et à cette distance, Emily pouvait ignorer la robe indigo qu'elle portait. Le tissu faisait ressortir son regard d'une manière parfaite, juste sublime, et à cette idée, la nageuse sentit son cœur battre frénétiquement dans sa poitrine.
« Est-ce que tout va bien ? » s'inquiéta Alison, remarquant son trouble.
Emily cligna des yeux un court instant.
« Oui, j- »
La nageuse ferma les paupières, frustrée. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle soit incapable de formuler une phrase en présence d'Alison ?
« On devrait rentrer, Ali. Ma mère m'enfermait tout l'été dans ma chambre si elle apprenait que je suis dehors avec toi. »
« Relaxe, Em. Elle n'en saura rien. » répliqua la blonde en lui adressant un sourire rassurant. « Cette punition est injuste de toute façon. Tu t'es toujours comporté comme un ange. C'est littéralement la première fois que tu mens à qui que ce soit et elle t'assigne à une longue période d'exil. »
Alison ralentit. Elle leva la tête, ses yeux bleu-glace fixait Emily avec une intensité inqualifiable. La brune oublia un instant comment respirer.
Elle était tellement magnifique.
« Même les condamnés ont bien droit à une remise de peine. » souffla son amie. « Laisse-moi t'offrir cette soirée ».
Alison retenait tant son attention, que la nageuse remarqua seulement maintenant où elles se trouvaient. Le kissing-rock. Soudain, Emily se sentit nerveuse.
Elle observa la blonde s'approcher du rocher. Une radio – le modèle était ancien, probablement trop vieux pour être encore vendu sur le commerce – avait été déposée sur le dessus. Alison l'alluma.
« M'accorderiez-vous cette danse, Mlle Fields ? » dit-elle, d'une voix qui aurait pu démonter cent fois le cœur d'Emily.
« Je ne sais pas danser, Ali » murmura-t-elle calmement.
« Moi non plus. »
Et juste comme ça, la blonde posa une main sur sa taille et l'entraina contre elle avec douceur. Elle lui sourit.
I loved you from the start,
So it breaks my heart,
When you say I'm just a friend to you,
Friends don't do the things we do,
Everybody knows you love me too.
« Tu m'as manqué » avoua Alison dans un souffle.
La radio jouait l'un des tubes de Meghan Trainor, mais nulle n'y prêtait attention. Chacune avait conscience de l'agitation qui régnait dehors, la brise et l'écoulement du lac en contre-bas que la musique peinait difficilement à couvrir, mais chaque son leur parvenait étouffé. Lointain.
C'était comme entendre un cri à travers l'eau.
Les mots d'Alison étaient parfaitement distincts, eux. Paradoxalement, la musique d'ambiance, à peine inaudible, n'était pas moins forte - sinon plus - pourtant elle paraissait fade à ses côtés, comme si elle n'était plus digne d'être entendue.
Ce n'était pas surprenant, à mieux y réfléchir. Peu de chose avaient l'opportunité de prendre sens ou d'exister lorsqu'elle parlait. Tout s'évanouissait soudain.
Toutes les deux étaient prises au siège à l'intérieur d'une bulle, leur bulle, qui les isolait du reste du monde.
« Moi aussi. »
Alison hocha la tête. Une telle sincérité brillait dans ses yeux qu'elle en désarma Emily. La jeune fille étouffa un hoquet de surprise lorsqu'elle sentit le bras de la blonde l'entraîner davantage contre elle, impossiblement proche.
Leur corps se mouvait au rythme de la mélodie, dans un va-et-vient lent et harmonieux. Après un temps, Emily prit de l'assurance. Elle osa un geste, attrapa timidement la main d'Alison puis la fit vriller un instant sur soi-même. La brune passa une main sous son dos avec un timing impeccable, de son poignet, elle attira son amie entre ses bras.
Alison se sentait étourdit.
Danser aux côtés d'Emily Fields était vraiment quelque chose d'irréel pour ce monde. Parfois, la blonde aurait aimé qu'elle puisse se voir à travers ses yeux, réaliser à quel point la nageuse était une fille incroyable.
« Je te remercie, Ali. Pour tout ce que tu as fait ce soir. »
« C'était rien du tout. »
« Ça l'est pour moi. »
Tryna becarefull with the word I use,
Say it cause I'm dying too,
I'm so much more
than just a friend to you.
Alison fit vriller Emily un instant. Il a commencé à pleuvoir. L'eau humidifia une de ses mèches blonde, qui s'égara le long de son visage. Emily la repoussa délicatement derrière son oreille.
« Tu n'as jamais répondu à ma question, tu sais. A propos du Kissing rock. » - Elle marqua une pause. - « Qui voudrais-tu y amener ? » interrogea Alison.
Emily lui sourit tendrement.
« Je pense que l'on connait toute les deux la réponse à cette question »
Il s'écoula un instant où ni l'une, ni l'autre, n'osèrent faire un geste. Le temps lui-même semblait s'être suspendu. Alors, lentement, sans jamais détacher son regard du sien, Emily déposa un baiser sur ses lèvres.
La pluie les trempait jusqu'aux os. C'était enivrant, vraiment – la manière dont leurs vêtements collaient contre leur peaux, la sensation des minuscules gouttelettes ricochant sur leur visage, le constant besoin d'oxygène – et soudain, Alison compris pourquoi les gens s'embrassent sous la pluie. C'était comme si tout à coup, un autre monde s'était entrouvert, un monde à part, loin des problèmes, du chaos, de la confusion. Loin de tous ces gens qui ne comprenaient pas et ne comprendraient jamais.
Sous la pluie, accroché désespérément l'une à l'autre, plus rien n'avait d'importance. C'était juste Emily et Alison.
A bout de souffle, la nageuse recula légèrement, ses lèvres encore suspendues à celle de la blonde, tremblantes. Elle détacha son regard d'elle un instant, juste le temps de l'apercevoir glisser son pendentif au creux de ma main.
C'était un modèle en or, formant le signe de l'infini.
« Pourquoi ? souffla Emily, l'admirant briller dans sa paume.
« J'imagine que ça fera au moins une raison de te souvenir de cet instant. »
Son regard était un spectacle à lui tout seul. Ça lui semblait presque irréel qu'au milieu d'un monde aussi imparfait, soit né un être qui ne l'était pas.
Alison détacha lentement sa main de la sienne.
La nageuse leva les yeux.
Cette fois, la musique s'était arrêtée et Alison avait disparu.
~~~ End Flash-back ~~~
Emily secoua la tête vivement, comme on balaie un mauvais rêve. La jeune fille chassa le souvenir de ses pensées. Ses yeux fixèrent à nouveau le symbole dessiné par-dessus la buée, déposée sur la fenêtre.
Un huit allongé. Le signe de l'infini.
« Le kissing rock » murmura-t-elle, retraçant les contours avec son doigt.
Elle savait où chercher à présent.
~ x ~
Les arbres qui bordaient le bois s'agitèrent à nouveau. Les branches dansaient dans les airs, refusant d'interrompre leur trémoussement nocturne. Pendant un instant, la brise faiblit, aussi Spencer crut que le plus dure de l'averse était passée. C'était sans compter la nouvelle rafale qui s'abattit soudain sur eux, faisant trembler le sol sous leurs pieds dans un fracas sourd.
« Tu vois quelque chose ? »
Hanna secoua la tête. Sous ce déluge, elle distinguait à peine la silhouette de son amie, à quelques millimètres de sa position. Dans ces conditions, retrouver Alison était comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
« Il y a un autre sentier par là. De ce côté »
La blonde eut tout juste le temps d'achever sa phrase qu'un son inquiétant résonna dans leur dos. Les pas se précipitaient dans leur direction à une allure impressionnante.
« Eteint ton portable. Tout de suite, Hanna ! »
La jeune s'empressa de fermer l'application lampe de poche. Elles n'avaient plus le temps pour mettre au point une stratégie. Il fallait se cacher.
Spencer attrapa la main d'Hanna et l'entraina derrière un arbre. Après un temps, l'agitation cessa alors la brune retira sa main des lèvres de son amie. Son cœur tambourinait à tout rompre dans sa poitrine.
« On doit partir d'ici. » dit-elle.
Le craquement d'une branche fit sursauter Spencer.
Ce n'était pas Hanna. Le son venait de derrière. Dans leur dos.
A cette idée, son sang ne fit qu'un tour.
Spencer fit immédiatement volte-face pour avertir son amie, mais retrouva à la place, son corps étendu à ses pieds. Une paire de bras s'entourèrent autour de son cou.
Elle s'écroula au sol.
Voilà pour le chapitre deux :) J'espère que l'attente en valait la chandelle. A votre avis qui en a après Spencer et Hanna ? Emily retrouvera-t-elle Ali à temps ? Comme d'habitude, n'hésitez pas à me laisser vos théories ou un petit commentaire, ça illumine ma journée.
Je réponds à vos commentaire pour le chapitre précédent :
AuPireOnSaime : Hey, contente de te retrouver dans le coin. ça me fait plaisir aussi d'être de retour, le Emison, c'est juste magnifique. Je pourrais écrire des centaines d'histoire, je m'en lasserait jamais :) J'espère que ça te plait toujours. N'hésite pas à m'écrire en PM pour discuter de PLL t'as envie! Je suis toujours dispo pour ça, mdr!
EmisonPLL7 : merci beaucoup. Il y aura plus d'Emison dans le prochain chapitre :)
framery caroline : Merci. ça m'a fait plaisir. J'espère que ce chapitre t'a plu.
Jenn : tes désirs sont des ordres, la suite est arrivée! *bon okay, tard, mais elle est quand meme arrivée. Bon d'accord, je sors*.
Lchoute88 : 1ere fois que je te trouve parmis mes lecteurs. ça fait plaisir. J'espère que l'intrigue et l'histoire en général te plaira toujours :)
emison4ever : De même ! heureuse de te lire, toi aussi à nouveau. tes coms me font toujours plaisir! Je te retrouve au prochain chapitre !
LifeLoveBeauty : ça fait super plaisir de te voir à nouveau dans les reviews et d'être de nouveau du 'service'. "la queen du emison", rien que ça ! comme tu dis, j'ai à peine la pression mdr :) Plus sérieusement, merci beaucoup. ça me touche. On se retrouve pour le prochain chapitre :) *pour information, tu as plus que raison. le scénario de cette histoire promet d'être plus que tordu et compliqué mais tu devrais aimer*
