Hello les gens,

Tout d'abord, je vous remercie mille fois pour le super accueil que vous avez réservé à cette nouvelle fiction. Un grand merci pour les nombreuses reviews, les follows et mis en favoris. J'ai le meilleur des lectorats !

KatnissAndPeeta, Elo, Cyhame, Louris et Akai : Merci pour vos commentaires ! :)

*Un énorme merci à ma Beta Peetniss qui a pris grand soin de relire, corriger, commenter, et réclamer des MAJ*

Sur ce, je vous laisse découvrir ce deuxième chapitre. Bonne lecture !


Chapitre 2

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_Oui, d'accord… Je comprends… Merci, à tout à l'heure…

Je raccroche en silence, et fixe l'écran de mon portable jusqu'à ce que celui-ci devienne noir. Je ne sais pas ce qui me retiens de l'envoyer valser et de hurler comme un dément.

Putain-de-merde !

Je tire longuement sur la cigarette que j'ai allumée un peu plus tôt pour me calmer, et fourre sans ménagement le téléphone dans la poche de mon blouson. J'ai dû sortir et faire quelques pas pour trouver quelques barres de réseau et pouvoir contacter une dépanneuse… Alors je soupire un grand coup lorsque je rebrousse chemin et que je commence à me rapprocher de ma voiture.

La neige glacée craque sous mes semelles, et lorsque je respire, de la buée s'échappe de sous mon nez… Je passe une main dans mes cheveux humides à cause des nombreux flocons qui s'y sont accrochés, et une fois arrivé, m'affale contre la carrosserie de la voiture, en fermant les yeux… Je crois que l'univers entier s'est ligué contre moi ! Ouais, franchement, ce n'est pas possible autrement… J'inspire à nouveau une grande bouffée de fumée lorsque mes yeux fixent les petits flocons qui s'écrasent sur le sol, sans vraiment les voir… J'ai dû rester une dizaine de minutes au téléphone, mais je suis déjà complètement gelé. Mais malgré le froid sec et pinçant, je ne suis décidément pas pressé de retourner à l'intérieur de ce maudit véhicule… Parce-que je le sais… Quand je vais rentrer à l'intérieur de cette voiture et que je vais devoir annoncer à Katniss que nous allons être bloqués ici… Seuls… Pendant encore un bon moment…

Oh misère, je l'entends déjà partir dans les aigus, et me hurler dessus que tout est de ma faute…

Alors je regarde les flocons de neige tomber paresseusement autour de moi. C'est drôle, avec toute cette neige qui dégringole, j'ai l'impression que tous les sons sont absorbés… Je n'entends rien : pas de voitures, pas d'oiseaux… Ici, le seul bruit qui parvient à mes oreilles, c'est le vent qui siffle et qui s'engouffre dans les arbres. Tout est étrangement calme… Moi qui suis habitué au bruit du centre-ville de Boston, je suis surpris de n'entendre que le silence.

Ma cigarette, qui arrive en bout de course, me brûle les doigts et me sort de ma rêverie. Alors je tire une dernière taffe, et jette le mégot dans la poudreuse d'une simple pichenette avant de fourrer frénétiquement ma main dans ma poche, et d'en sortir à nouveau mon paquet de clopes. J'en porte une à mes lèvres, allume compulsivement cette deuxième cigarette et tire dessus, comme si je n'avais pas fumé depuis des jours.

C'est mal. Je sais… Mais j'en ai besoin. Alors je prends mon temps. Je tire encore quelques longues lattes silencieuses avant de jeter la cigarette un peu plus loin, et inspire une grande bouffée d'air frais, comme pour me donner du courage.

_Quand faut y aller Mellark…

J'agrippe la poignée de la porte et m'empresse de remonter dans la voiture. Je sens instantanément la chaleur présente dans l'habitacle irradier sur la peau glacée de mon visage. Je secoue énergiquement la tête en m'installant sur le siège conducteur, et passe mes mains dans mes cheveux pour décoller les dernières paillettes de neige qui terminent leur course sur le plancher de ma voiture.

_Peeta… Tu pouvais pas faire ça dehors ?, s'agace-t-elle.

Je ne prends même pas la peine de tourner la tête pour la regarder lorsque je lui réponds, en soufflant d'exaspération.

_Au cas où ça t'aurais échappé, dehors, il neige

Trente secondes. Il ne lui aura pas fallu plus de trente secondes pour commencer à me taper sur le système…

_Sans blague ?, me lance-t-elle ironiquement. Et sinon ?

_Sinon quoi ?

_A ton avis ?! La dépanneuse !

_Ah… Erm… Tu ne vas pas être contente…, je me risque à lui répondre. L'attente risque d'être… importante.

_Et qu'est-ce que ça veut dire exactement « importante » ?

Je frotte ma nuque avec ma main.

_Ça veut dire que certaines routes sont complètement bloquées à cause de la neige, et que le verglas a provoqué tous un tas d'accidents… Ils m'ont dit qu'ils feraient au mieux mais…

_Combien de temps ?, me coupe-t-elle avant que je n'ai eu le temps de terminer ma phrase.

_J'en sais rien… Quatre ou cinq heures je pense… Dans le meilleur des cas… Nous ne sommes pas prioritaires.

Elle se redresse soudain, sa bouche s'ouvre grand sous l'effet de la surprise. Tellement que j'ai l'impression que sa mâchoire pourrait bien se décrocher.

_QUOI ?

J'ai presque envie de rire -et elle doit le voir- parce qu'à la façon dont elle se met à froncer les sourcils et à me dévisager de ses yeux gris remplis d'une incompréhensible colère... Bon sang ! Je tente de vite dissimuler le sourire qui menace de s'étirer sur mon visage parce que je crois qu'elle doit être à ça de me sauter à la gorge…

_Ça t'amuse ? Il n'y a pas moyen que j'attende aussi longtemps ici, sur une route complètement déserte et TOUTE SEULE…

_Merci pour moi…, je marmonne en levant les yeux au plafond de ma voiture.

_Si j'avais su, j'aurais appelé moi-même tout à l'heure. File-moi ton portable que je leur explique l'urgence de la situation.

_Non mais tu me prends vraiment pour un con ou quoi ?, je réplique en arquant les sourcils. T'as entendu ce que je t'ai dit ?

Elle se contente de tendre la main dans ma direction, et je vois un léger rictus se dessiner sur son visage. Okay…

_Si tu penses pouvoir faire mieux…, je fais en lui tendant mon téléphone.

Elle me l'arrache des mains, file dans le journal d'appels et tente de rappeler le même standard que moi. Une fois… Deux fois… Mais comme tout à l'heure, il n'y a pas de réseau et ses appels se terminent avant même d'avoir commencer… Elle finit par capituler et par me jeter rageusement l'appareil sur les genoux en murmurant, dépitée :

_C'est pas possible, c'est un cauchemar…

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Le temps s'écoule lentement. Surtout dans ce silence de mort qui règne entre nous deux… J'ai bien essayé d'amorcer la conversation mais elle m'a envoyé baladé royalement. Et parler à un mur, très peu pour moi… Alors j'ai finis par lâcher l'affaire et pour meubler un peu, j'ai allumé la radio. Mais au bout d'une petite heure…

_Ah… Batterie…, je souffle en constatant que le poste s'est éteint.

Katniss tourne la tête, croise mon regard et roule des yeux, avant de retourner à sa contemplation de l'extérieur.

_Merci, j'avais compris…, bougonne-t-elle.

Et elle replonge dans son mutisme. Alors, je l'imite. J'appuie ma tête sur ma main gauche, mon coude contre la portière et je regarde tomber la neige pendant de longues minutes. Les flocons sont de plus en plus gros, et -comme une couverture- ils recouvrent la route, et font disparaître complètement les repères autour de nous.

J'ai récupéré mon briquet dans ma poche et joue machinalement avec. Je l'ouvre et le ferme pensivement. De manière répétitive. Ce qui agace Katniss…

Je m'apprête à faire le claquer encore plus fort entre mes doigts pour l'énerver encore plus, lorsque j'entends les gargouillements de son ventre qui me rappelle que nous n'avons rien avalé pour le dîner. Je pose alors tranquillement mon briquet sur le tableau de bord et lui murmure :

_Dans la boite à gant…

_Pardon ?

_Je crois qu'il doit y avoir un paquet de Cinnamon Rolls. Regarde…

Elle me fixe une seconde, semble hésiter, mais quand son ventre se remet à grogner, je l'entends me murmurer un faible :

_Merci

Je hoche la tête, lui offre un timide sourire en guise de réponse et me renfonce dans mon siège. Je suis assez surpris de l'entendre me parler avec une voix si douce et modérée. C'est une grande première. Il faut croire que la faim adoucit les mœurs…

Elle ouvre alors délicatement le compartiment -plein à craquer- en face d'elle, et commence à fouiller à l'intérieur. La porte sur les genoux, je l'entends qui remue, fouine, déplace papiers, vieux tickets de caisse et CDs… Et puis, au bout de quelques secondes, elle finit par trouver ce qu'elle cherche. Elle brandit alors la boite, victorieuse, l'ouvre, et s'empresse de mordre dans un des petits gâteaux à la cannelle. Elle l'engloutit en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, en gémissant de contentement et puis… Elle commence à lécher les petites miettes et le glaçage qui lui reste sur les doigts…

Oh putain ! Je retiens mon souffle et n'arrive plus du tout à décoller mes yeux de ses lèvres !

Elle doit sentir mes yeux sur elle, parce qu'elle finit par se tourner dans ma direction. J'avalement difficilement la salive que j'ai dans la gorge au moment où elle pivote sur son siège.

_Tu en veux ?

Elle se penche légèrement lorsqu'elle me tend la boite de gâteaux et c'est à cet instant que ce qui était en équilibre sur la porte de la boite à gant choisit pour tomber lourdement sur le sol.

_Merde ! Désolée…, s'excuse-t-elle.

Elle s'empresse de se pencher pour ramasser ce qui est tombé à ses pieds. Le carnet d'entretien de ma voiture… Une boite de Cd… Et puis, elle se redresse. Je remarque immédiatement sa bouche courbée en un magnifique sourire. Bizarre… Et lorsque mon regard suit le sien et que je comprends que c'est un paquet de capotes qu'elle tient entre ses doigts…

_Eh bien monsieur Mellark…, commence-t-elle en gloussant. Ça c'est pour le dessert ?

Putain, la honte !

En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, je fonds sur elle, et lui arrache le paquet des mains. L'espace d'un instant, mes doigts frôlent les siens. Cela ne dure qu'une seconde mais j'ai le temps de remarquer qu'ils sont toujours glacés d'avoir été dehors. Elle a un léger mouvement de recul, mais je jurerais la voir frémir lorsque ma peau entre en contact avec la sienne.

_Ermmm, oui c'est un… c'est mon… enfin… Tu sais…

Je dois être aussi rouge qu'un homard qui vient de passer à la casserole ! Je sens mes joues en ébullition et ne sais plus où me mettre.

_Oui, je sais encore ce qu'est un paquet de capotes !, me lance-t-elle en ricanant.

Je ne sais clairement plus où me mettre ! Pourtant, ce ne sont que des préservatifs. Elle se bidonne lorsque je tourne et me retourne sur mon siège, sans savoir quoi en faire. Et puis je finis par le glisser dans le vide poche à l'arrière de mon siège.

Elle plisse le nez. J'ai l'impression qu'elle a envie de me lancer une pique, mais qu'elle s'en empêche. Je me retiens de lui demander de le faire.

_C'était Glimmer pas vrai ?

_Glimmer ?, je lui demande en tournant la tête pour la regarder.

_La blonde que tu as ramené et avec qui tu as passé ton temps à flirter au Hob la semaine dernière… C'était elle non ?

Je ne suis pas sûr d'avoir bien saisit là où elle veut en venir. Je lève un sourcil interrogateur et elle enchaine.

_Ton plan cul du weekend ! Celui que j'ai ruiné…

Je pince fortement les lèvres avant de répondre d'un ton prudent.

_Tu n'as rien ruiné du tout Katniss…

_Oh vraiment ?, fait-elle en arquant les sourcils, et sans me lâcher de son regard si pénétrant.

_Oui vraiment !, je fais en soutenant son regard. Je ne couche pas avec elle.

_Oh... Et bien tu as tort…

_Tort ?

_Elle est clairement intéressée… Et puis, en plus, c'est tout à fait ton genre...

_De quoi je me mêle ? Et puis, mon genre ?

Elle détourne le regard et se contente de hausser les épaules sans rien ajouter de plus.

_Par curiosité… Je peux savoir ce que c'est ? Mon « genre » ?, je lui demande, en insistant sur le dernier mot tout en mimant des guillemets avec mes doigts.

_Les blondasses dans son genre, évidemment !

Evidemment… Je roule des yeux pour toute réponse. Son sourire s'évanouit lorsqu'elle fait une pause, baisse le regard et ajoute :

_Et puis jolie, grande, mince… Une grosse poitrine… Des jambes aussi longues qu'un Paris-Brésil en bateau…

Je tourne la tête et la regarde, amusé par le portrait qu'elle est en train de me dépeindre. Elle s'en rend compte, fronce les sourcils et continue en roulant exagérément des yeux.

_Sans oublier la bouche de poisson et le QI d'un bulot !

J'éclate franchement de rire.

_Pourquoi tu ris ?, me demande-t-elle, incrédule.

_Parce que tu me fais rire, je lui réponds.

Et puis nos yeux se vrillent. J'étouffe mon rire et mon sourire disparait, quand je plonge mon regard dans le sien.

_Et parce que je crois que tu n'as vraiment aucune idée… de ce qu'est mon type de fille...

Je me rapproche, imperceptiblement. Je jurerais voir ses joues se teinter légèrement de rouge à mon sous-entendu. Je ne la lâche pas des yeux. Il y a quelque chose dans son regard… Quelque chose qui me remue au fond de mes tripes… Comme une caresse, une caresse à l'intérieur de moi. Elle me sort de cet état de transe lorsqu'elle finit par me lancer, une pointe de sarcasme dans la voix, en détournant le regard :

_Je crois que si… Mais c'est vrai que pour que le tableau soit complet, j'ai oublié le trait de caractère essentiel à toutes tes conquêtes : le côté pétasse…

_Je me disais aussi…, je recule dans mon siège. C'est plus fort que toi hein ?

_Quoi ?

_D'être aussi… Enfin, pourquoi tu te sens obligée d'être aussi désagréable avec mes copines ?

_Tu ne couches qu'avec des poufs, qu'est-ce que j'y peux moi ? Regarde Glimmer…

_Je ne couche PAS avec elle !

Je ne sais même pas pourquoi je me justifie… Je me redresse, remonte la fermeture de mon blouson et agrippe la poignée de la portière.

_Qu'est-ce que tu fais ? Peeta !

Je ne réponds rien, et ouvre la portière. Le vent s'engouffre immédiatement dans l'habitacle, et quelques flocons virevoltent à l'intérieur de la voiture.

_On peut savoir où est-ce que tu te barres ?, me hèle-t-elle sans bouger de sa place.

_Je vais pisser !, je fais en me retournant. Pourquoi ? Tu veux me la tenir ?

Je n'attends pas sa réponse et me retourne lorsque je claque rageusement la portière. Je croise à nouveau son regard, son regard orageux. Et quand je ressens un frisson tout le long de ma colonne vertébrale, je ne suis pas totalement sûr que ce soit dû au vent glacial qui me fouette le visage…

Je n'ai pourtant pas le temps de me plonger trop longtemps dans son regard si particulier car mes yeux sont attirés par le joli majeur qu'elle est en train de me tendre. Et même si je n'ai pas le son, j'arrive très distinctement à lire le «vas te faire foutre connard !» qu'elle articule. Plutôt que de lui répondre, je tourne les talons et m'éloigne rapidement d'elle avant de dire ou de faire quelque chose que je pourrais regretter…

Putain, j'espère que cette foutue dépanneuse ne va vraiment pas tarder.

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