J'avais pas prévu ça, mais finalement l'inspiration est venue alors comme promis à certain(e)s qui voulaient une suite, la voici ! J'essaie de répondre aux reviews mais comme je suis pas sûr de l'avoir fait pour tout le monde, j'en profite pour vous remercier. Sans vos petits commentaires chaleureux et vos encouragements, j'aurai certainement pas planché sur ce qui arrive maintenant !
Et merci à E Zelophehad pour sa relecture et sans qui j'ose jamais publier sans son aval.
Enjoy !
CHAPITRE 2 : Memories
Doucement, la porte de la chambre se referma sur une Hermione avançant à pas de loup vers son lit, comme par peur de se faire surprendre par les autres filles de sa chambrée alors qu'elles avaient toutes regagnés leurs familles respectives. S'affalant de tout son long sans même prendre la peine de se déshabiller, elle posa le livre qu'elle tenait encore fermement contre elle à ses côtés et ferma les yeux, soulagée de l'absence des autres, qui, en d'autres circonstances lui aurait valu un questionnement incessant pour savoir où, et surtout, avec qui elle se trouvait pour rentrer si tardivement.
En soi, ses camarades n'étaient pas méchantes, simplement leurs préoccupations principales n'étaient pas franchement celles d'Hermione. La plupart du temps, lorsque la sorcière remontait au dortoir, elle les trouvaient regroupées sur un lit, riant aux éclats autour des derniers potins délivrés par Sorcière-Hebdo où babillant sur d'autres sujets tels que la mode, le maquillage où les derniers garçons qu'elles désiraient prendre dans leurs filets. Malgré leurs intérêts divergents, les filles n'hésitaient pas à l'inclure à leurs conversations, la gratifiant, lorsqu'elle le désirait de quelques conseils qui avaient notamment porté leurs fruits lors du Bal de Noël donné à l'occasion du Tournoi des Trois Sorciers où elle était parvenue à éblouir une bonne partie de l'école. Alors vraiment, on ne pouvait pas prétendre qu'elles n'étaient que de petites vipères médisantes même si Lavande s'en donnait tout l'air. Il fallait dire que depuis qu'elle sortait avec Ron, l'adolescente se montrait sous un autre jour. Véritable charogne, Lavande passait à l'action dès qu'Hermione avait le malheur de se retrouver dans la même pièce, s'émerveillant tantôt à propos du rouquin qui la comblait s'il s'agissait de leur dortoir, tantôt en lui imposant la vision des baisers avides qu'elle donnait au rouquin qu'importe où elle se trouvait dans et hors le château. Loin d'être idiote, Hermione avait parfaitement saisi le fait qu'elle était ni plus ni moins considérée comme la rivale à évincer et cherchait donc à éviter le couple autant que faire se peut. Inutile d'ajouter qu'Hermione ne pouvant changer de dortoir, une lourde tension y régnait entre les deux filles qui ne s'adressaient plus la parole. Mais ce soir, Hermione était seule et n'avait de compte à rendre à personne. Songeant qu'en connaissance de cause, sa petite escapade aurait rapidement été interprétée comme un rendez-vous amoureux, elle secoua la tête.
- Un rendez-vous amoureux, gloussa Hermione. Un rendez-vous amoureux... avec Severus Snape.
Bien que ravie d'échapper à ses camarades, la possibilité de donner une bonne leçon à Lavande se fit entrevoir dans les brumes de son esprit quelque peu aviné. Il avait beau s'agir d'un mensonge, sa soirée étant loin d'avoir ressemblé à un quelconque rendez-vous amoureux, elle se serait plu à faire croire à ses camarades ce qu'elles voulaient entendre. Dans le noir, un mince sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'elle imaginait aisément Lavande aux yeux écarquillés et hébétée à l'idée que son plan destinée à la rendre jalouse ait lamentablement échoué, la poussant simplement dans les bras d'un autre. Et quel autre ! Si elle avait dû admettre pareille chose, ce n'est plus seulement Lavande qui aurait été déconfite mais toute sa chambrée. Elle éclata d'un rire franc qui la fit se tordre en tous sens plusieurs minutes durant. Se tenant le ventre tant la représentation était hilarante, elle se redressa et reprit progressivement son calme, quelques gloussements incontrôlés franchissant encore le bord de ses lèvres pulpeuses.
Merlin, s'il y avait bien une chose qu'elle pouvait affirmer c'était qu'il ne s'agissait pas de cela. Dès qu'elle avait été sur ses deux pieds, l'enseignant avait prestement lâché sa main, et, d'un pas plus tranquille que celui qu'elle lui connaissait, il s'était mis en marche vers leur première destination : les cuisines.
Preuve de leur embarras, le cheminement jusqu'au sous sol s'était déroulé dans un silence écrasant. Son air impartial de nouveau figé sur le visage, Hermione avait trituré ses doigts, ne sachant sur quel pied danser avec cet homme capable de changer d'attitude en moins de deux. Une fois la petite poire de la coupelle du tableau donnant accès aux cuisines chatouillé, le cadre avait pivoté, les laissant découvrir une large pièce en tout point semblable à la Grande Salle, les fenêtres en moins. Contrairement à l'habitude où une dizaine d'elfes s'affairaient à la tâche, Hermione en avait compté seulement quatre, dont Dobby qui s'était précipité vers eux afin de les contenter. Enthousiaste, le petit elfe leur avait fourni de quoi sustenter tout un régiment alors que Snape n'avait quémandé qu'une collation. Aussitôt déridée, Hermione avait émit un petit rire, attirant sur elle l'attention du professeur, qui, paquet en main avait rapidement remercié l'elfe d'un ton neutre et s'en était retourné dans le couloir. Persuadée d'avoir saisi une lueur d'amusement au fond des orbes noires, elle l'avait suivi jusqu'aux cachots tout en se demandant à quoi il pouvait bien jouer, cette attitude lui étant visiblement réservée.
À l'abri des regards et des oreilles indiscrètes, Hermione avait alors était stupéfaite de l'étrange dualité à laquelle était confronté son professeur, car, si la lueur du jour lui conférait l'allure de cet être méprisable, abject, arrogant et incapable d'éprouver la moindre empathie, les rayons de la lune, eux, révélaient l'insoupçonnable. Terré au fond de son antre sombre et élémentaire reflétant son tempérament diurne, ses traits se décrispaient légèrement, marquant moins la rudesse sur son visage.
Littéralement clouée sur place, Hermione l'avait observé déambuler dans la pièce qui lui servait de salon, l'absence de sa robe se mouvant à chacun de ses pas autour de lui le rendant soudainement bien moins intimidant. Lorsqu'il s'était rendu compte qu'elle n'avait pas bougé d'un pouce alors qu'il disposait la nourriture sur une table basse, il s'était retourné et l'avait invité d'un signe de main à prendre place dans l'un des deux fauteuils au cuir anthracite qui meublaient la pièce. Obéissante, la jeune fille s'était assise sur le premier siège disponible, espérant qu'il meublerait le silence qui pesait entre eux. Malheureusement, il n'avait pas ouvert la bouche pour autant, la laissant détailler les environs tout en se demandant ce qui lui avait pris d'accepter sa proposition.
Et puis, sans crier gare, il l'avait fait sursauter en lui mettant sous le nez un grimoire qu'elle n'avait même pas eu conscience de le voir saisir dans sa bibliothèque personnelle. Son ricanement singulier lui avait valu de redresser la tête afin de confronter son regard au sien qui étincelait de malice.
- Il me semble que nous avions une discussion interne à poursuivre, avait-il ajouté agitant légèrement l'ouvrage à la reliure abîmée pour qu'elle s'en empare.
Tout comme elle avait empoigné sa main plus tôt dans la soirée, Hermione avait enserré le livre qu'il lui tendait. Cette nouvelle preuve de confiance à l'appui, l'atmosphère s'était soudainement détendue, l'homme s'étant reprit endossant ce rôle d'éducateur avec lequel il se sentait plus à l'aise. Pour tout dire, le rétablissement de cette relation à but instructif avait également grandement soulagé Hermione. Entre deux bouchées et un verre de vin servi pour ne pas déroger à sa promesse, il lui avait longuement expliqué de façon bien moins bourru qu'en cours en quoi il était important qu'elle feuillette l'ouvrage avant de commencer la pratique de l'occlumancie. Fatalement, demander pourquoi il n'avait pas procédé de la même manière avec Harry l'année précédente s'était imposé, ce à quoi il avait rétorqué, une dose conséquente de mépris dans la voix, que le cerveau étriqué de Potter était bien incapable de lire un tel manuel qui ne comportait aucune image pour le contenter. Ce sarcasme eut le don de déclencher un léger rire chez Hermione, qui, une main devant la bouche, n'avait pu s'empêcher de penser combien il était proche de la vérité tout en se trompant de personne, car, si Harry était capable d'étudier, Ron ne trouvait aucun intérêt à un livre dépourvu d'illustrations. Dans un haussement de sourcil conséquent, le sorcier l'avait prié d'une voix particulièrement basse et faussement dangereuse de bien vouloir le renseigner quant à la cause de cette moquerie. Sans le moindre scrupule pour le rouquin avec qui elle était en froid depuis des mois, elle lui avait donc révélé le fond de sa pensée, faisant poindre un rictus goguenard sur les lèvres de Snape.
Réflexion faite, sa pique n'avait été autre que le déclencheur d'un nouveau tournant dans leur petite soirée bizarre. L'homme ayant visiblement compris que si la jeune femme qu'était Hermione Granger tenait fortement à ses compères, elle n'en était pas moins capable de blaguer à leur sujet. S'en était alors suivi quelques anecdotes de l'un ou l'autre qui les avaient distraits jusqu'à tard dans la nuit.
Songeuse, Hermione fut abasourdie à l'idée de l'avoir entendu rire. Pas de ce rire dédaigneux qu'il réservait à tout être croisant son chemin, mais d'un rire distingué qui ne l'avait pas fait tiquer sur le coup. Maintenant qu'elle en avait savouré le son, elle aurait certainement le plus grand mal à revenir à l'écho de son éternel dédain. Pourtant, cette soirée étant apparue des plus inexplicables pour l'un comme pour l'autre, elle se doutait qu'il ne commettrait certainement plus l'impair de se laisser aller en sa présence. Caressant machinalement la couverture du livre, elle songea que son professeur avait beau lui avoir remis cet exemplaire, il ne lui avait jamais fait la promesse de lui donner le moindre cours particulier. Peut-être devrait-elle simplement le lire et lui rendre avant la fin des vacances. Après tout, si elle était réellement la sorcière la plus brillante de sa génération, elle ne devrait nullement avoir besoin d'aide pour assimiler les principes de l'occlumancie. Repoussant délicatement le livre sur sa table de chevet, Hermione pensa qu'il lui restait un peu plus d'une semaine avant que les couloirs de Poudlard retrouvent leur agitation habituelle. Une semaine qu'elle comptait bien mettre à profit afin de s'exercer, Severus Snape où non pour lui venir en aide.
À Suivre...
Le petit commentaire tout mignon de E Zelophead à la relecture :
Alors c'est vachement bien comme dirait l'Autre (Ô grand seigneur de mes pensées) et s'il y avait de nouveau une suite de la suite ce serait aussi vachement bien !
Maintenant je suis en train de prononcer le "vachement bien" comme la VF de Rhys Ifans et… Pfff… Je ne te remercies absolument pas ! Mais soit vachement contente ma chère E Zelophehad, parce qu'il y a bien une suite de la suite ! Il y aura même probablement une suite de la suite de la suite (ce qui veut dire en gros que je sais pas exactement combien de chapitres il y aura même si je connais la fin) :D
