Camille13: merci pour la review et voilà la suite, en espérant qu'elle te plaise. Pour les explications, si tu as des questions, n'hésite pas.
Kiara: merci pour ta review, voilà le second chapitre.
Poki_zina: merci beaucoup pour la gentille review! j'espère que ce chapitre te plaira aussi.
Diox veriteae: merci pour la review et les encouragements, voilà la continuation, en espérant qu'elle te plaise..
Faith-therenegade: merci pour la review et voilà la suite!
Link9, merci de prendre la peine pour la review =)
Merci pour les review donc et pour la lecture!
Hermione avait dix ans la première fois qu'elle avait touché une pièce d'échec.
Elle était assise là sur une chaise, dans un coin de la salle commune rouge et or, en silence, seule.
Entourée de ses manuels, illusoire barrière face au bruit, face à l'hostilité, face aux autres, face à ses camarades.
Elle agitait sa baguette, mémorisant l'improbable ballet que requerrait l'enchantement. Elle ferma les yeux de longues minutes, se récitant en une étrange litanie les sorts qu'elle avait mémorisé accompagnant les formules du geste requis.
« Tu veux jouer ? »
Alors que sa concentration volait en éclat, Hermione ouvrit les yeux à la demande impromptue.
Un garçon roux se tenait devant elle, les oreilles déjà écarlates de son silence. C'était le garçon désagréable qu'elle avait croisé dans le train. Celui qui avait une tâche sur le nez lors de la cérémonie, Ronald Weasley.
Le garçon la fixait, c'était donc que la demande s'adressait bien à elle.
« Pardon ? » que lui avait t-il demandé déjà, était ce encore une moquerie ?
« Euh, tu veux jouer avec moi ? Tu sais aux échecs » bredouilla t-il
Hermione haussa un sourcil avant de sourire, c'était vraiment gentil de sa part, elle décida qu'elle pouvait lui faire confiance.
« Oui, si tu veux, je vais ranger mes livres et j'arrive » dit-elle avec un nouveau sourire.
« Cool, parce que j'ai déjà battu Dean et Harry, et Seamus veut pas jouer, j'ai pas demandé à Neville mais je suis sur qu'il est nul »
Cette dernière remarque la laissa plutôt hésitante, le ton du garçon s'était fait pédant et sa voix s'était haussée fortement. Elle entassa précairement les livres avant de se diriger vers son dortoir, néanmoins enthousiaste.
Quand elle avait descendue les marches de son dortoir, beaucoup d'élèves de première année s'étaient rassemblés autour de Ronald et de l'échiquier. Elle s'avança doucement vers le groupe repérant Parvati et Lavande, les filles de son dortoir, elles étaient un peu hystériques parfois mais avaient l'air sympathique, avaient l'air.
Alors qu'elle contournait le fauteuil bordeaux, le roux s'aperçut de sa présence
« Voici la future perdante ! Hé Granger viens » l'exclamation déclancha des rires.
La jeune fille recula doucement comme brûlée, mais il l'attendait, ils l'attendaient, la regardaient. Ronald souriait, et malgré les rires, malgré ce froid dans sa poitrine alors que les regards moqueurs convergeaient vers elle, Hermione s'avança.
Elle s'était assise en face de lui, nerveuse, toujours entourée de ses camarades.
Elle lui avait avoué d'une petite voix qu'elle n'avait jamais jouée, déclanchant de nouveaux rires.
Ronald avait dit que ce n'était pas grave et qu'il voulait bien lui apprendre. Elle se plaça face aux pièces noires, ravie d'apprendre ce jeu dont parlait tant de ses livres.
Et il avait commencé à lui expliquer d'abord patiemment puis avec un débit de plus en plus important et confus. Lui énonçant les règles à toute vitesse, sans lui laisser le temps d'absorber les notions qu'il évoquait, dressant une liste aussi longue que confuse.
Et ils avaient débuté la partie, enfin il avait débuté la partie puisqu'il avait les pièces blanches.
Et dix minutes plus tard, il triomphait.
« Echec et mat » avait il déclaré, un sourire victorieux aux lèvres.
Hermione lui sourit, faisant peu de cas de sa défaite.
Elle avait appris un nouveau jeu et elle pourrait toujours se perfectionner plus tard, avec l'expérience raisonna t-elle. Ou bien, la pensée était plaisante, elle pourrait demander au Garçon de disputer une autre partie un jour, elle avait des questions plein la tête, ce jeu était fascinant, et ils pourraient peut être devenir amis, ce serait tellement bien un ami…
« Je vous avez bien dit que je la battrai »
« Ouais, Granger est une perdante » une autre voix qu'elle ne connaissait pas avait fait écho comme les rires qui se déclanchaient.
« La petite Miss-je-sais-tout a perdu aux échecs » La voix de Ron avait estompé tout le reste, son sourire fanfaron qui la glaçait alors qu'il la fixait, comme tout les autres.
« Alors le rat de bibliothèque ça fait quoi de ne pas être première ? »
Et les rires, le sien, celui des autres, tous, de plus en plus fort, oppressant la jeune fille qui s'était recroquevillée.
Et ils riaient tous, lui comme les autres.
Alors que la chaleur crépitait sous ses doigts, la jeune fille se releva et se recula pour quitter la salle, sans un mot, sans un regard.
Le couloir était sombre alors qu'elle sortait du portrait, elle s'en étonna, le couvre feu était encore loin.
Elle pressa le pas alors qu'un autre rire lui parvenait, assourdissant, insupportable. Elle s'engagea dans le long passage d'un pas précipité, sa baguette doucement éclairée devant elle.
Alors qu'elle atteignait la troisième marche, l'imposant escalier se mit en branle. Elle attendit résignée que le mouvement cesse, paniquant quelque peu lorsqu'elle reconnue l'aile du deuxième étage en face d'elle.
Alors qu'elle crispait la main sur la rampe de pierre, les mots du directeur à l'esprit, l'escalier se remit en mouvement.
La laissant dans le couloir de la bibliothèque.
Avec un soupir soulagé la fillette pénétra le lieu silencieux.
Elle effleura les rayonnages, se dirigeant vers une table éloignée. Madame Pince lui lança un regard menaçant comme pour dissuader la première année d'émettre le moindre bruit. Elle s'assit près du rayon de métamorphoses, apaisée maintenant qu'elle était entourée de tant de livres.
Elle se saisit d'un lourd grimoire, épais et poussiéreux et s'y plongea, se coupant du monde, pour mieux l'oublier.
Alors qu'elle tournait les pages jaunies, absorbée par sa lecture, elle perdit toute notion de temps, n'existant plus que pour les mots devant elle.
___
Le couvre feu était depuis longtemps dépassé lorsque Minerva Mcgonagall salua la Grosse Dame.
Elle monta rapidement les quelques marches qui menaient à la salle commune, appréciant le silence qui suivit l'entrée de la directrice des griffondors.
Elle réprimanda un groupe de septième année qui jouaient à la bataille explosive près de la cheminée, salua deux troisième année qui peinaient penchés sur leur manuel de potions, leur rappelant l'heure et la nécessité de ne pas repousser leur travail au dernier moment avant de s'éloigner.
Elle fit le tour des dortoirs, contournant chaussettes et robes de sorciers, manuels empilés et ronflements qui se répandaient.
Elle atteignit enfin le dernier dortoir, celui des filles de premières années.
Enjambant une valise qu'il lui barrait le passage, elle déplora le manque d'ordre. Avisant d'une lumière et de chuchotements excités, elle s'avança rapidement.
Mlle Patil et Brown étaient penchées sur un magasine, inconscientes de sa présence. Les abords des deux lits étaient d'un désordre, Minerva nota effarée un rouge à lèvres criard sur la table de nuit de Lavande Brown.
« Et bien, Mesdemoiselles est ce une heure pour des lectures aussi frivoles ? »
Les deux jeunes filles sursautèrent embarrassées avant de se justifier avec empressement.
Invoquant patience, Minerva se détourna légèrement, remarquant aussitôt le lit vide derrière elle.
« Mlle Granger ne s'est pas couchée ? » demanda t-elle rapidement, coupant court aux justifications des deux filles.
« Elle est partie vite tout à l'heure, on sait pas pourquoi, et elle n'est pas revenue » commença Parvati.
« C'est parce que Ron la battue aux échecs et que c'est une mauvaise perdante » Lavande avait coupé sa voisine de chambre.
« Ouais, la Miss-je-sais-tout est une mauvaise perdante » déclara Mlle Patil en riant.
« C'est pas dans ses livres qu'elle va trouver des amis ! »
Minerva haussa un sourcil à cette dernière déclaration, portant un regard sévère aux deux filles, inconsciente de ses lèvres qui se pinçaient en une ligne menaçante.
« Je suppose que vous ne savez pas où elle est allée ? »
Les deux premières années firent signe que non, rougissantes.
Excédée, la directrice adjointe quitta le dortoir dans un grand mouvement de cape.
Elle vérifia rapidement la salle commune et traversa le portrait.
Dans le couloir, elle accéléra le pas, se dirigeant distraitement dans les dédales de l'immense château.
Elle écarta rapidement la possibilité des cuisines, la jeune fille avait découvert le château seulement quelques jours plus tôt.
Où irait se réfugier une première année en manque de compréhension ?
Le parc ? Certes le mois de septembre était à peine entamé mais une première année seule et en pleine nuit ?
Avec un soupir, elle monta l'escalier qui lui faisait face, profitant du mouvement pour poursuivre sa réflexion.
Hermione Granger.
L'image d'une fillette au visage pale, de longues boucles encadrant son visage, s'imposa.
Et son premier cours avec les griffondors, la seule élève qui n'avait pas eu à défaire le bandeau lorsqu'elle leur avait demandé d'ouvrir leurs manuels. La plume qui s'agitait, le regard attentif et quelques minutes plus tard une métamorphose exemplaire.
Et une heure plus tard, au déjeuner, quand elle avait parlé de sa surprise avec le professeur d'enchantements, une réussite à la première tentative. Le minuscule enseignant lui révéla qu'il lui avait lui-même accordé 5 points dans la matinée pour une réponse particulièrement perspicace.
Avec un sourire le professeur Chourave avait demandé la maison de la jeune fille. Filius s'était vite exclamé que la jeune fille aurait sûrement due être répartie dans sa propre maison.
Le sujet était passé, la question du quidditch et des équipes s'était emparée de la tablée.
Pourtant quelques minutes et un tourbillon de capes sombres plus tard, le maître des potions déclarait que les griffondors avaient enfin trouvé une élève munie de neurones.
Etonnée de la remarque de son collègue, la directrice adjointe avait tourné son regard vers sa table, où la jeune fille, un livre à la main déjeunait. Seule.
Avec un sourire l'enseignante se dirigea vers la bibliothèque.
Elle ouvrit la mince porte de bois, aussitôt accueillie par le doux éclairage des bougies, la pièce semblait toutefois déserte. Minerva se dirigea sans attendre vers la bibliothécaire qui, sans lever les yeux de son registre ou denier prononcer le moindre mot, lui indiqua d'un geste un coin de la pièce.
Haussant un sourcil, Minerva se dirigea néanmoins vers la direction indiquée.
Elle contourna les immenses étagères, sans un regard pour les rayonnages mais ne pouvant toutefois éviter de noter la plaque qui indiquait métamorphoses lorsqu'elle la rencontra.
Quelques mètres plus loin, son élève était assise face à un épais manuel. Une bougie flottait près d'elle et l'enseignante remarqua avec intérêt que la lumière se déplaçait avec la lecture de la jeune fille.
La directrice adjointe envisagea brièvement de se dégager la gorge pour signaler sa présence mais l'image d'une petite femme parée de rose, à la voix stridente s'imposa à elle et elle repoussa rapidement l'idée.
Elle s'approcha donc lentement de la jeune fille.
« Mlle Granger ? »
La fillette sursauta, levant les yeux du livre qu'elle venait d'abandonner pour rencontrer le regard sévère de sa directrice de maison.
« Professeur » salua t-elle doucement.
Minerva nota de nouveau les joues pales de la jeune fille, le regard ambré où perçait une lueur inquiète, les paupières légèrement rougies.
« Faire des recherches est une excellente chose Mlle Granger mais pas à cette heure ci, et traîner dans le château à des heures si tardives l'est encore moins »
Hermione baissa la tête, notant pour la première fois la nuit derrière l'immense vitre, la salle qui s'était vidée de tout chuchotement.
Son professeur de métamorphoses s'était assise près d'elle, attendant visiblement une explication.
« Je suis désolée professeur, je n'avais pas conscience de l'heure »
Minerva sourit « Je me doute bien que c'était involontaire Mlle Granger »
Elle se leva lentement « je vais vous raccompagner ».
Hermione acquiesça silencieusement, refermant son livre dont Minerva nota le titre avec intérêt Théories de la Métamorphose. La fillette se saisit précautieusement de l'ouvrage avant de se diriger vers une étagère.
Le livre rangé, la jeune griffondor se tourna vers son enseignante qui quittait déjà la bibliothèque et la suivit en silence.
La Grosse Dame s'écarta à l'approche de la directrice adjointe qui pénétra la salle commune de sa maison, vide à cette heure-ci.
Hermione monta les marches lentement, le regard lointain et s'arrêta derrière sa directrice de maison.
Minerva monta silencieusement les marches qui menaient au dortoir de la fillette. Elle contourna machinalement la valise qui trônait au milieu de l'allée et se dirigea dans la pièce sombre.
La jeune fille avait le dernier lit, Minerva s'arrêta à quelques pas, notant malgré elle l'ordre qui régnait. La valise bouclée et soigneusement rangée sous le lit, le placard fermé. Les livres et manuels disposés avec soin sur des étagères.
Hermione alla pendre sa cape silencieusement et s'assit doucement sur son lit avant de se tourner enfin vers son enseignante, nerveuse.
Minerva inspira lentement, son sermon habituel sur le bout de la langue, sec et précis, un rappel des valeurs de la maison, une petite allusion aux capacités de la fillette, lui enjoignant de ne pas les gâcher. Insister sur l'importance des études n'était peut être pas nécessaire, mais la compétition entre les maisons et ses camarades qui comptaient sur elle…
« C'est pas dans ses livres qu'elle va trouver des amis ! »
La phrase s'imposa à elle brusquement et avec elle les rires, l'isolement de la jeune fille qu'elle avait déjà noté.
Et alors que Minerva se plongeait malgré elle dans le regard ambré de son élève. Son discours mourut avec la lueur désespérée des yeux noisette.
Minerva s'approcha de la fillette et apposa sa main sur l'épaule frêle.
« Bonne nuit jeune fille »
Minerva lui sourit du mieux qu'elle pu, enfin ce n'était pas un exercice avec lequel elle était très à l'aise. Mais il y avait un début pour tout comme disait souvent le directeur, et une atroce fin pour chacun comme se plaisait à rappeler régulièrement le maître des cachots.
Arrivée à la porte du dortoir, Minerva repris quelques pas avant de chuchoter à la jeune fille qui la fixait.
« Et, Mlle Granger, ne lisez pas trop tard, je ne voudrez pas que vous soyez fatiguée pour mon cours »
Quelques minutes plus tard, alors qu'elle avait fermé son rideau, la dernière bougie éteinte et qu'elle s'était glissée sous les épaisses couvertures, Hermione fermait les yeux, un léger sourire aux lèvres.
Aucune silhouette rousse et rouge ne vint la hanter cette nuit là.
La jeune fille, bercée par un doux murmure et un sourire hésitant, s'endormi rapidement.
En espérant que ce second chapitre vous ait plu.
A bientôt pour la suite,
Entalea.
