- Lawanda ! Lawanda ! Tu ne devineras jamais ce que je viens de voir !

Surprise, la jeune fille interpellée leva la tête de son livre pour se retrouver tête-à-tête avec son amie Patricia. Cette dernière avait les yeux rieurs et un petit sourire en coin, ce qui ne pouvait que signifier une seule chose ; Aujourd'hui, elle avait un potin bien croustillant à raconter. Ce n'était quand même pas pour rien qu'elle était surnommée La Gazette de Poudlard ! De surcroît, Lawanda aimait écouter ces douces rumeurs, si acidulées et si agréables à entendre. Bien sûr, elles l'étaient bien moins pour la personne concernée, toutefois, il était si bon de se moquer parfois des autres.

- Eh bien…Figure-toi que James Potter et Lily Evans sortent ensemble !

- Non ?

- Si ! Je viens de les croiser tous les deux, main dans la main, dans le couloir qui mène à la Tour d'Astronomie.

Lawanda laissa tomber son livre par terre, totalement abasourdie, puis, prise dans un tourbillon de folie, elle se mit à rire d'un rire démentiel. Le scoop que lui présentait Patricia était de taille : Il était connu de tous que les deux Gryffondors se détestaient cordialement. Quelques fois, même, des disputes de taille éclataient, qui avaient souvent pour sujet leur camarade de maison : Severus Rogue. Alors apprendre aujourd'hui que ces deux là flirtaient ensemble était plutôt amusant ; Il devait s'agir du plus beau renversement de situation qu'avait dû connaître Poudlard depuis sa création.

- Ils se cachent, au moins ? reprit Lawanda, désireuse d'en savoir plus.

Tu rigoles, j'espère ? Ils n'arrêtent pas de le crier sur tous les toits, plutôt ! Ils se montrent devant tout le monde, et parfois, au croisement de deux couloirs particulièrement fréquentés, ils s'embrassent ! Je peux te dire que quand la vieille McGonnagall les a croisés, je..

- Parce-que McGonnagall les a vus ? s'esclaffa Lawanda. J'aurais bien aimé voir ça, dis-donc !

Alors, pour satisfaire la curiosité de son amie, Patricia n'eut d'autre choix que de raconter l'affaire en détail ; Ce qu'elle faisait très bien. Parfois même, la jeune fille osait se permettre quelques petits commentaires, très appréciés de son interlocutrice. A la fin de son récit, les deux adolescentes éclatèrent toutes les deux de dire ; Ce qui attira une de leur camarade de dortoir. Très vite cette dernière s'en alla, car elle devait se rendre à son cours ; Mais elle avait suffisamment entendu de l'affaire pour l'ébruiter un peu partout, ce qui était sans doute déjà fait.

Puis tout d'un coup, la jeune Lawanda décida d'une chose : Tout ne pouvait pas se passer comme cela. En effet, un couple improbable, cela fait rire cinq minutes, mais ensuite ? Il fallait du rebondissement, de l'action, bref, tout ce qui donnait à une rumeur tout son sucre, voir même son goût. Et pour une histoire d'amour, selon la jeune fille, il n'y avait pas trente-six milles solutions :

- Dis-moi, et si je m'amusais un peu, ma petite Patricia. Je finis par m'ennuyer, dans cet établissement. Et vrai dire, je me lasse de voir les autres en tête de l'affiche, quand je pourrais facilement y être…, commença-t-elle.

- Je t'écoute mon amie. Toute proposition de projet pour rire un peu dans ce collège retient toute mon attention.

- Que dirais-tu, qu'une jeune fille drôle, amusante, ayant le sens de la répartie, remplace une vulgaire petite Sang-de-Boube aux yeux de son tendre et cher amoureux ?

Patricia fronça les sourcils. Cette proposition ne semblait présager rien de bon. Elle savait bien, pourtant, ce que Lawanda avait l'intention de lui dire. Mais pour ne pas rentrer dans le jeu de sa meilleure amie, elle décida de jouer l'idiote :

- Excuse-moi, ma belle, mais je n'ai pas compris ce que tu voulais dire…

- Tu as très bien compris, Miss Salveni, seulement, tu trouves ça bien trop dangereux. Mais le risque est quelque chose qui me fait respirer. Et moi, je trouve cette idée absolument géniale. Après tout, pourquoi James Potter devrait-il rester avec sa petite Sang-de-Bourbe ? Soit, elle est jolie, mais qu'est-ce qu'elle a pour elle ? Sans doute pas la famille et le sang, mon amie, et c'est pour cela qu'il ne pourra jamais l'épouser. Et je compte bien jouer là-dessus.

Malheur. Le comportement machiavélique de Lawanda venait de prendre le dessus sur tout le reste, au grand désespoir de Patricia. En effet, car cette dernière était plutôt du genre à relater les rumeurs, mais non pas à les fabriquer : C'était un jeu bien trop dangereux. Il l'était davantage sur ce tableau là : Briser des couples pouvait détruire une réputation à tout jamais. Or, il était de coutume que les filles de familles aux sangs purs, telles que Patricia et Lawanda, devaient épouser un homme d'honneur juste après l'obtention de l'ultime diplôme.

Il était logique qu'une enfant ayant perdu sa réputation trouve beaucoup moins vite un mari potable plutôt qu'une oie blanche. Lawanda avait fait énormément de coups en douce ; Mais aussi moindres soit-il aux yeux des autres, qu'elle avait été vite pardonnée. Or, une femme brisant le cœur d'une autre est souvent considérée comme une garce aux yeux des hommes. Il fallait donc à tout prix gagner à ce jeu, car si ce n'est pas le cas, vous pouvez tout perdre. Une vie gâchée à cause d'un enfantillage n'était-il pas une chose idiote ?

Mais Lawanda ne semblait pas entendre la situation de cette oreille :

- Je crois que la première chose à faire, c'est d'aborder ces deux gens, en particulier Evans. Une fois que ceci est réglé, il faut les attaquer sur leurs points faibles. Ensuite, nous verrons. J'imaginerais un plan remarquable, à la hauteur de mon intelligence. Mais je vois déjà son aboutissement, en apothéose totale : Un cœur totalement brisé, celui de la douce rouquine, et mon homme, enfin à moi. Je verrais dans ses yeux les larmes qui coulent, et elle découvrira dans le mien le regard de la victoire. Elle ne s'en remettra jamais, et je doute qu'elle y survive…

- Lawanda, es-tu sûre que tu ne vas pas trop loin ? Du moins, penses-tu aux conséquences, pour Lily et pour toi ? questionna Patricia, dont le ton trahissait une certaine inquiétude.

Aussitôt, cette dernière détourna son regard de la fenêtre qu'elle fixait depuis quelques minutes pour le reporter sur Patricia. Il y avait sur son visage un sourire machiavélique qui effraya son amie pendant quelques instants. A ses inquiétudes, elle répondit :

- Aux conséquences pour Evans ? J'en ai strictement rien à faire. A vrai dire, j'ai envie de lui faire du mal, saliva Lawanda. Mon but n'est pas de lui faire plaisir, si tu as remarqué. Quant à moi, tu me juges pas assez maligne ou intelligente pour m'en sortir en cas de pépin ? Me sous-estimerais-tu, ma douce amie ?

- Non, non, bien sûr. Je demandais juste, au cas où…

- Et bien maintenant, tu le sais. Cela ne te dérangerait-il pas, demanda Lawanda, de quitter le dortoir pour aller dans le parc ? J'ai besoin de réfléchir. Et en passant, si tu pouvais fermer cette fichue fenêtre, je commence à avoir froid.

Comme un soldat sous les ordres de son général, Patricia acquiesça. Elle accomplit les désirs de son amie, et se retira, comme cette dernière lui avait conseillé, dans le parc. Elle y resta quelques minutes, le temps de respirer un peu en toute tranquillité. Elle savait que bientôt, ce temps serait définitivement révolu.


Sirius était heureux. Il venait de la trouver, sa douce colombe blanche à séduire.

Alors qu'il sortait d'un cours d'histoire de la magie particulièrement ennuyeux, il s'était dirigé, par pur instinct masculin, vers le couloir des Tromperies, endroit peu fréquenté par les élèves, et encore moins par les amoureux. Il y resta quelques minutes quand il remarqua une jeune femme laissant tomber ses affaires ; Il crut d'abord que c'était une élève, et marcha donc vers elle. Il l'aida à ramasser les cahiers qui traînaient sur le sol, puis quand Sirius lui demanda son nom, elle ne répondit pas. Son visage trahissait une certaine timidité ; Effectivement, elle avait le rose aux joues. Puis, après un bout de chemin ensemble, aux croisement de deux allées, elle lui déclara qu'elle était Professeur d'Etude des Moldus à Poudlard, et qu'il devait l'appeler Professeur Trovegal. Le garçon aux cheveux noirs soupira : C'était un titre bien trop pompeux pour une demoiselle de son âge ; En effet, elle ne semblait pas avoir plus de vingt ans. La beauté de l'enfance résidait encore dans ces joues, et il était clair qu'elle n'était point une adulte dans sa tête. Quand il lui dit au revoir, avec tous les honneurs possibles, il avait déjà construit son plan. Ce fut donc avec le même sourire béat que James Potter quelques jours plus tôt qu'il rentra dans la salle commune. Par chance, il y trouva Remus Lupin, absorbée par son devoir d'Astronomie.

- Je crois que j'ai trouvé une charmante demoiselle à séduire, mon ami, commença Sirius. Très jolie, mais également naïve, bref, la proie idéale, en quelque sorte !

- Qui est-ce ? demanda son ami, qui n'écoutait réellement que d'un seule oreille.

- Mlle Solenne Trovegal… La charmante jeune femme qui remplace l'ancien professeur d'Etude des Moldus. Je ne sais plus son nom d'ailleurs…

- Comment ça ? hurla Remus, scandalisé. Tu veux séduire un professeur ? Mais tu es devenu complètement fou ! Tu te rends compte, si Dumbledore s'en apercevait !

- Dis-donc, tu ne semblais pas autant sur tes gardes quand Peter a fait la proposition devant tout le monde, fit remarquer son ami, quelque peu blessé dans son ego.

- Mais enfin Sirius, je pensais que c'était pour rire. Je ne croyais pas vraiment que tu avais l'intention d'établir un projet de ce genre ! Ah, voilà James et Lily.

En effet, les deux tourtereaux venaient de franchir le seuil de la salle commune. Main dans la main, les yeux pleins d'amour, ils semblaient invincibles. Sans doute ils avaient passé leur journée près du lac, à profiter des derniers moments de l'été, qui commençait déjà à laisser sa place à l'automne. James, après son entrevue avec ses amis, avait déclaré à Lily sa flamme, yeux dans les yeux cette fois, et elle avait enfin accepté de sortir avec lui. Elle s'était excusée de toute l'indifférence qu'elle avait portée à son amoureux pendant tant d'années, en imposant toutefois une condition importante ; James et ses amis ne devaient plus toucher à Severus, si ce n'était pas pour l'aider. Mais au grand bonheur de ces derniers, ils semblaient que ces deux là ne se parlaient plus vraiment ; A vrai dire, des rumeurs circulaient comme quoi Lily n'avait pas supporté la décision d'orientation de Severus. En clair, leur amitié, qui avait duré pendant si longtemps, et qui avait alimenté tant de cancans, s'était tout simplement terminée.

De toute façon, maintenant, James s'en fichait ; Maintenant que Lily était à ses pieds, pourquoi aurait-il peur ?

Remus, lui, restait inquiet pour Sirius. Alors dès que celui qui surnommait « Cornedrue » daigna lâcher la main de sa petite copine, il se jeta pratiquement sur lui, en criant presque :

- Figure-toi que Sirius a l'intention de signer son arrêt de mort !

- Ah bon Patmol ? questionna James. Tu as l'intention de retourner chez ta mère, histoire qu'elle t'assaille de reproches et qu'elle t'interdise de rester ami avec moi ?

Les deux amis rirent, laissant de coté Remus et Lily qui ne semblaient pas trouver la blague à leur goût.

- Que se passe t'il ? demanda Lily, se laissant emporter par un élan de curiosité.

- Eh bien, figure-toi, répondit Remus qui se rongeait à présent les ongles, que Sirius a l'intention de séduire un professeur pour s'amuser, selon ses termes.

Si James commençait à rire, Lily prit un air septique, identique à celui de Remus quelques minutes plus tôt. Elle trouvait très déplacé le rire de James ; En effet, en temps que préfète de Gryffondor, elle connaissait les risques auquel Sirius s'exposait : L'exclusion définitive de Poudlard et l'interdiction de passer un diplôme de sorcellerie pendant quatre années. Autant dire que votre vie professionnelle était sérieusement amputée quand l'administration vous prenait en flagrant délit pour une histoire de ce genre. Sur quoi, elle se tourna vers James et lui fit, en quelque sorte, la leçon de morale :

- C'est vraiment idiot de rire pour cela, Potter, réprima-t-elle avec cette même expression de sévérité que James lui connaissait tant. Sirius, tu sais que t'exposes à des risques considérables en faisant ça.

- T'en fais pas pour moi, charmante rouquine. Mais assez de s'apitoyer sur mon sort, n'êtes vous pas curieux de savoir quel est le début de mon plan ?

Les trois acquiescèrent, mais pas pour les mêmes raisons. Si James était curieux de connaître un élément du génie de mon ami, Lily et Remus voulaient surtout trouver un moyen de le dissuader. Sirius le savait, mais il s'en fichait ; Il connaissait les doutes de Miss Evans et n'avait aucune raison de tomber dans une paranoïa pareille. Après, quel est auteur qui a déclaré que la vie n'était qu'un parcours d'obstacle ? Si on prenait même plus de plaisir à les éviter, où allait le monde, mon cher ami ?

- Tout d'abord, pour séduire une jeune femme, il faut se rapprocher d'elle. Alors je compte tout simplement m'inscrire à son cours. A vrai dire, c'est beaucoup plus facile avec un professeur qu'avec une banale petite élève.

- McGonnagall ne te l'autorisera pas, intervient Lily. C'est très dur de vouloir suivre un cours comme ça, surtout l'année des…

- Pardon, ma petite tigresse ? Sur ce point, tu te trompes totalement. Rien n'est dur pour Sirius Black. Et j'ai exposé mon projet de suivre ce jour à notre chère directrice de maison. Et connais-tu la dernière ? Elle a accepté ; Elle était même ravie.

- Je n'y crois pas, dit Lily. Elle…

- Tu n'as qu'à lire ce morceau de parchemin, si tu doutes de ma parole, et tu verras…

Lily arracha le morceau des mains de Sirius. Elle ne voulait pas l'accepter ; Comment McGonnagall pouvait-elle tomber dans un piège pareil ? Comment pouvait-elle croire également que c'était pour le travail que l'adolescent suivait ce cours ? Elle donna le papier à Remus, totalement abasourdie.

Elle ne savait plus quoi faire, en vérité ; Son travail de préfète devait normalement la pousser à dénoncer le jeune homme, mais elle ne le pouvait pas, par respect pour son amoureux. Pourtant, si Sirius se faisait prendre, elle s'en voudrait à tout jamais. Alors, quoi faire ? Elle était totalement perdue, et la seule chose qu'elle parvint à dire, fut cette question :

- Quand débutes-tu ton cours d'Etude des Moldus ?

Sur le visage de Sirius apparut un sourire de satisfaction.

- Demain, vers quatorze heures. Pourquoi, cela t'intéresse-t-il, ou cherches-tu à me dissuader, en vain ?


Cela faisait des années qu'il enseignait ici. Et jamais autant Poudlard lui avait semblé être un endroit dangereux. Il sentait que quelque chose se tramait dehors, et pas que du bon.

Pendant toutes ces années, il en avait vu, des générations d'élèves, et celle-ci ne lui plaisait pas, bien au contraire ; Ces adolescents tristes, qui noyaient leur chagrin dans des histoires d'amours passagères, n'étaient-ils pas les preuves d'un malaise de cette société ?

Il venait d'apprendre la nomination du professeur Trovegal, avec beaucoup de joie ; Frielman avait été un de ces enseignants, et peut-être même son préféré. Quand celle-ci était adolescente, elle lui vouait une admiration et une attention toute particulière : Cela en était presque touchant. Et puis un jour, son père était mort, forçant sa mère à se remarier avec ce scientifique Moldu, ou plutôt cet arnaqueur de première catégorie.

Il connaissait trop Solenne pour comprendre très vite que l'adolescente ne serait pas dans son élément dans le monde des Moldus, malgré le soleil de France où elle était partie vivre. Alors, pour adoucir le malheur de la jeune fille, il lui avait envoyé plusieurs lettres, auxquelles elle avait répondu. Puis un triste matin, la correspondance s'était arrêtée, nette, et le principal coupable était évident ; Il s'agissait du beau-père, qui vouait une haine à la société sorcière.

Mais lui, il voulait la revoir. A vrai dire, Frielman avait toujours considéré cette enfant comme sa fille ; Sans doute car son innocence avait touché l'homme bourru en plein cœur. Alors, c'était pour cela qu'il avait proposé la nomination de la jeune fille, quand Amélia Loutdon fut partie en retraite.

Aujourd'hui, pour lui souhaiter bonne chance, il lui avait adressé un petit mot qu'il glissa sous sa porte, et qu'elle verrait certainement en rentrant. Il espérait vivement qu'elle répondrait, après tout, sa chambre était positionnée à coté de la sienne ; Elle n'aurait pas loin à aller.

Il était déjà en retard à son cours. Vite, il devait y aller. Sa seule motivation d'être à ce soir, c'était l'espoir de voir une petite réponse à son message sous sa porte ; Pendant tant d'années, elle lui avait manqué, cette gamine.


Fin du chapitre :

Voilà pour ce deuxième chapitre. Qu'avez-vous pensé de :

Des nouveaux personnages comme : Patricia, Lawanda, et Frielman ?

Ce sera tout pour ce chapitre. N'hésitez pas à poser des questions sur l'histoire si vous en avez. Car, par pitié, je VEUX des commentaires ! Ca vous tente le regard de hamster ? Non ? Très bien. Vous êtes quitte pour cette fois, vous aurez le prochain chapitre dans une semaine environ. Mais une petite review ne ferait pas de mal...N'est-ce pas ?

Kiline.