Forever Yours

Chapitre 2

Lindon – Deuxième Âge, 3430.

Lentement, le temps s'était écoulé.

Thranduil et son épouse avaient vécu en paix, toujours aux côtés de Gil-Galad.

Mais depuis quelques temps, ce dernier semblait soucieux, s'entretenant durant de longues heures avec le fils d'Oropher, penché sur d'anciennes cartes.

Il était dit que Sauron, serviteur de Morgoth, avait attaqué le Gondor.

Ainsi, l'Ombre reprenait vie, plus forte.

Mais que se passerait-il ?

Enfin, la nouvelle était annoncée.

Elfes et Hommes s'uniraient, une toute dernière fois pour, ensembles, contrer les forces du Mal.

Waleena s'y attendait mais la douleur qu'elle ressentait n'en était pas amenuisée...

Thranduil retrouva sa femme dans la bibliothèque, un livre ouvert posé sur les genoux.

Mais son regard était fixe comme ses poings étaient serrés.

Ainsi, elle était au courant...

Lentement, elle tourna la tête vers Thranduil, posant un regard émeraude étrangement calme sur son époux.

« Ainsi, tu vas partir. »

« J'accompagnerai mon père. »

Elle hocha la tête, semblant se replonger dans la lecture des écrits posés sur ses genoux.

Toutefois, elle ne pouvait refréner un léger tremblement, prémices de ses pleurs.

En un instant, il fut auprès d'elle.

Pourtant, elle le repoussa, secouant la tête, les yeux désormais troubles de larmes.

Il soupira :

« Oh, 'Leena... »

« Ton père pourrait partir seul. »

« Et je ne pourrai plus te regarder en face, si ça arrivait. »

« Je sais. »

Il la prit par l'épaule, l'adossant contre son torse.

Elle tourna la tête, écoutant le cœur de Thranduil.

Bercée par ce rythme lent et régulier, elle ferma les yeux, refermant ses doigts sur ceux de son époux.

Ils restèrent ainsi un long moment, plongés dans leurs pensées.

« Je ne te demande qu'une chose. »

« Je te reviendrai. »

Elle esquissa un pauvre petit sourire, murmurant :

« Tu me connais trop bien. »

« Est-ce un crime ? »

« Plutôt un désavantage. »

Elle le sentit sourire dans ses cheveux et elle se retourna, lui faisant désormais face.

Le regard de jade était toujours voilé mais elle semblait calmée.

« Nous habiterons Vert-Bois-le-Grand. »

« Et tu seras ma Reine. »

Oo*oO

Vert-Bois-le-Grand – Deuxième Âge, 3434.

Quatre ans.

Quatre ans qu'Hommes et Elfes avaient combattu ensembles, côte à côte.

Quatre ans que Waleena vivait seule, ici, dans le royaume d'Oropher.

Mais la nouvelle était arrivée la veille, l'armée revenait, enfin.

Alors oui, elle pouvait désormais oublier toutes ces nuits d'insomnies à imaginer une existence vide de sens, sans Thranduil.

Il lui avait fait une promesse mais l'avait-il tenue ?

« Madame ? Ils arrivent. »

La gorge serrée et l'estomac noué, elle acquiesça, suivant le garde.

Déjà, les portes étaient ouvertes comme les soldats entraient dans le Grand Hall.

Pourtant, Oropher n'arrivait pas.

Au loin, un brancard approchait et elle sut.

Le Roi était tombé au combat...

Enfin, Thranduil entra.

Waleena voulut aller vers lui, elle retint son geste.

Car son époux avait changé.

Le maintien était raide comme les yeux si clairs étaient désormais de glace.

Le Prince avait gagné en prestance et en charisme dans des circonstances bien malheureuses.

Aujourd'hui, il revenait en Roi, la mâchoire dure et l'aura sombre...

Oo*oO

Il ne l'avait pas rejointe, elle ne s'en était pas étonnée.

Désormais, son quotidien était celui d'un Roi, avec toutes ses responsabilités.

On toqua à la porte, lui annonçant que son époux désirait partager son repas avec elle.

Pourquoi refusa-t-elle ?

Elle-même ne le sut pas.

Mais elle ne fut pas surprise quand la voix grave de l'époux qu'elle n'avait plus revu depuis quatre ans retentit à travers la porte :

« Waleena ? »

« ... »

« Waleena, ouvre cette porte. »

« ... »

« Nous avons à parler, toi et moi. »

Elle en était bien consciente, allant bientôt entrer dans l'existence de Reine.

Mais elle ne réagit pas, le regard fixé sur la porte.

Thranduil parut l'accepter, elle ne fut pas dupe.

Ils se tenaient face à face, après quatre ans d'absence.

Elle remarqua qu'il portait toujours son armure et la longue cape pourpre qui tranchait si bien avec sa chevelure semblable à de l'or pâle.

Les traits étaient tirés, la bouche formant un trait dur.

« Pourquoi as-tu refusé, Waleena ? »

« Tu n'as pas tenu ta promesse. »

« Je te suis revenu. »

« Changé. »

Il acquiesça :

« En effet. Et tu es toujours aussi belle que l'aurore. »

« Que s'est-il passé ? »

« Mon père est mort au combat. »

« Et quand seras-tu couronné Roi ? »

« Dans quelques jours. »

Oo*oO

La nuit était tombée et les chants montaient aux cimes des arbres de Vert-Bois-le-Grand.

Allongée dans ce lit resté si longtemps vide, Waleena vit Thranduil approcher, désormais dépouillé de son armure.

Elle voulut se lever, il lui fit signe de rester immobile.

« Les conseillers royaux ont-ils été choisis ? »

« Ils l'ont été. »

« Alors l'existence que nous avons connue est désormais révolue. »

« Pourquoi en serait-il ainsi ? »

« Bien des choses ont changé. »

« Qu'en est-il de ton amour pour moi ? »

Surprise, elle ne répondit pas, se contentant de fixer son époux qui, toujours, restait dans l'ombre.

Elle chuchota alors :

« J'ai souvent pensé à ce moment. Je ne l'imaginais pas aussi triste. »

« As-tu perdu foi en notre amour ? »

« Ça a failli être le cas, en effet. »

Dans un flash, elle se revit, plongée dans la tourmente, l'âme en peine, rongée par le chagrin.

Elle entendit un son rauque, étouffé, et elle releva la tête.

Lentement, il avança vers elle, la regardant fixement dans les yeux.

Il tendit la main, elle y posa la sienne.

Debout face à face, dans la pénombre de leur chambre, ils se redécouvraient, à tout jamais changés par le cours des choses...

Oo*oO

Il avait attrapé une de ses boucles, jouant distraitement avec.

« J'ai souvent crut perdre foi en cette guerre. À chacune de nos victoires, l'ennemi était plus nombreux. Dans ces moments-là, tu me venais en rêve. Tu me disais que je devais tenir ma promesse. Alors je l'ai tenue. »

« Et tu es revenu. »

Il soupira :

« Mais dans quel état. »

« Je t'ai reproché d'avoir changé, je n'aurais pas dut. »

« Oh si, tu avais amplement raison. »

« Mais tu as mené bataille durant quatre ans ! »

« Et tu as passé ces quatre dernières années entièrement seule. Je t'avais promis de toujours être là pour toi. Encore une fois, je n'ai pas respecté ma promesse ! »

Il s'était détourné, debout à la fenêtre.

Silencieusement, elle le rejoignit, posant ses doigts sur son bras.

Il se tourna vers elle, elle posa une main sur sa joue, murmurant :

« Je rêvais de nos retrouvailles. Chaque nuit, elles m'apportaient un peu plus de force pour faire face à une nouvelle journée. »

« Alors tu as pensé à quitter cette terre. »

« J'y ai songé, en effet. »

Un air meurtri se peignit sur le visage de Thranduil et elle se hâta d'ajouter :

« Mais cette pensée à totalement disparu. »

« Pour l'instant. »

Son ton était si sombre, semblant presque... désespéré, qu'elle s'étonna :

« Thranduil ? »

« J'ai essayé d'imaginer une existence où tu ne serais plus. Même avec la plus grande des volontés, je ne pourrais la vivre. »

« Mais moi non plus. »

« Je ne te retiendrai pas. »

« Et je ne partirai pas. »

Face à l'air méfiant de son époux, elle esquissa un petit sourire.

« C'est la vérité. »

« Pourtant... »

« Nous avons promis d'affronter cette vie ensembles, c'est ce que nous ferons. »

La fin de sa phrase s'était muée en chuchotement comme elle avait collé leurs deux fronts, fixant Thranduil droit dans les yeux.

Comme elle posait ses mains sur ses joues, elle murmura :

« Quoi qu'il se passe, je serai toujours à tes côtés. »

« Et je sais que tu le feras. »

Il se pencha vers elle, posant ses mains sur la taille de Waleena, et elle se haussa sur la pointe des pieds, accueillant ses lèvres contre les siennes dans un soupir de soulagement.

Ils s'étaient retrouvés, enfin...


Bonus chapitre 3

# Ces êtres, d'une beauté éternelle, avaient appris à dissimuler leurs émotions.

Ainsi, l'ombre de sourire qui orna le visage de Thranduil était loin, très loin de l'état dans lequel il était.

# Grand et élancé, les muscles fins mais puissants, le Roi de la Forêt Noire alliait prestance et sagesse.

# Sombrement, il acquiesça et elle émit un petit rire :

« Songe que cela nous fera une petite escapade. »

« J'essayerai d'y penser en ces termes. »

# Un verre de vin à la main, il avait rejeté la tête en arrière, soulignant la finesse de son cou et mettant en valeur sa couronne faite de bois et de feuilles aux nuances carmines.