Encore un One-Shot qui m'a était inspiré d'une chanson (Tes cicatrices, Manu). Navrée. Figurez-vous que je passe mon temps à décortiquer les paroles des chansons qui passent à la radio pour voir si elles colleraient avec l'univers Twilight. J'y peux rien c'est inconscient.
Enfin bref. Celui-ci est du point de vue de Bella. Il s'agit d'une énième conversation entre elle et Edward au sujet de sa transformation. C'est alternatif à ce qui se déroule réellement dans la saga de Stephenie Meyer.
« Non Bella. »
Sa voix avait une fois de plus tranché, sèche, coupant ma phrase alors que je l'entamais à peine. Dans son emportement, il stoppa ses caresses sur mon visage et se rallongea sur le dos, boudeur, à côté de moi.
« Edward ne sois pas si têtu, je … »
« Têtu moi ?! C'est l'hôpital qui se moque de la charité ! »
« Oui tu es têtu, borné, buté et obstiné ! » M'emportai-je légèrement.
« C'est n'importe quoi » Souffla-t-il simplement en tournant la tête vers le mur.
« Alors laisse-moi parler, laisse-moi te dire ce que je pense, toi qui te plains toujours de ne pas le savoir. »
Je savais d'ores et déjà que je venais de remporter la manche. La partie cependant … je ne pouvais que me contenter d'espérer la gagner un jour.
Devant son immobilité, je décidai de continuer.
« Je veux que tu arrêtes de te qualifier de monstre. Tu n'en est pas un bon sang ! » Repris-je avant de me pincer les lèvres.
Cette expression, bien que familière, me paraissait déplacée lorsque je l'employais face à un vampire. Je me hissais doucement afin de m'allonger sur son torse, attrapa son menton dans ma main et tourna sa tête vers moi afin que son regard ne puisse plus m'échapper. Il céda à mes pressions ce qui me réconforta quelque part. Il ne m'en voulait pas.
« Les vampires, les méchants vampires sont peut-être des monstres, mais toi, toi et toute ta famille … Dis-moi franchement ! Quand tu vois Alice ou Esmée, tu penses réellement qu'elles sont des monstres ? »
« Tu sais bien que non, mais ce n'est absolument pas pareil !!! » S'exclama-t-il pour se défendre.
« Et en quoi diffèrent-elles de toi ? » M'enquis-je, connaissant d'avance sa réponse.
« J'ai voulu te tuer ! J'ai voulu ton sang, j'ai désiré plus que tout te le voler, te laisser blanche et froide sur le bitume d'une ruelle sombre ! » Déballa-t-il, persuadé de me choquer, de me faire plier.
« Et ? Je suis là non ? Quel monstre en effet ! » Me moquai-je.
Irrité par la légèreté de mon ton et de mes propos, il plaqua ses mains sur mes joues et ses yeux sombres fixèrent les miens durement.
« Je ne te transformerai pas. Je ne veux pas te tuer, laisser sur toi une marque affreuse. »
« J'ai déjà une cicatrice. » Soufflai-je doucement. « James s'en est chargé je te rappelle »
Je savais que ça lui faisait mal mais je devais, je VOULAIS, le convaincre de procéder à ma transformation.
« Et tu m'as déjà marquée toi aussi. J'ai une cicatrice par ta faute. » Continuai-je, plus dure que jamais. Devant son regard d'incompréhension, je me préparai mentalement à être affreuse et me lançai. « Tu m'as blessée, brisée, abandonnée, laissé mon cœur en pièces. Tu es revenu et à colmaté le trou béant de ma poitrine avec ton amour, mais la cicatrice est toujours là, prête à se rouvrir au moindre abandon. » Je voyais sa peine mais mon égoïsme me poussa à continuer encore et encore. « Si tu me mordais - il frissonna et s'apprêta à m'interrompre mais je le bâillonnais de ma main - si tu me laissais devenir comme toi, j'aurais la certitude qu'elle se referme pour toujours, j'aurais la preuve irréfutable de ton amour pour moi. »
« Je t'aime Bella, tu le sais bien. » Murmura-t-il, toujours blessé au fond de lui.
« Alors marque-moi ! Laisse-moi une cicatrice qui puisse effacer toutes les autres. »
« Une affreuse cicatrice … »
Oh non. Cette cicatrice ne serait pas affreuse. Elle serait belle. Belle comme toutes les autres. Pour moi il était couvert de cicatrices.
Des cicatrices aussi belles
Un visage de pluie et d'argent
Quand tes larmes s'y glissent
Encore plus belles
C'est le plus bel hommage au temps
Le plus beau sentiment
« J'aurais ta peau, douce, blanche et resplendissante à la lumière du soleil. J'aurais ta voix, veloutée et chantante. J'aurais tes yeux envoutants, ta grâce élégante, ta vitesse époustouflante. J'aurais ta force, je serais ton égal, nous n'aurions plus de craintes. J'aurais ton amour et tu aurais le mien. Pour l'éternité. Que d'affreuses cicatrices oui. »
Comment te dire comment je t'aime
Comment te dire tout simplement
Que tes cicatrices sont les plus belles
Que la vie ne glisse plus comme avant
Jamais cicatrices ne furent plus belles
Que tes cicatrices soient miennes
« Bella, je t'en prie. » Chuchota-t-il.
« Non » Soufflai-je, collant mon front contre le sien. « Tu as bouleversé ma vie. Jamais je ne pourrai me contenter de la voir défiler en sachant que la fin ne cesse de se rapprocher. Je t'aime tant Edward. Je ne veux que ça, c'est mon seul désir. »
Je sentis son pouce passer sur ma joue et l'effleurer simplement, séchant une larme qui m'avait échappée. La traitresse.
La déesse !
Il venait de capturer doucement mes lèvres dans un baiser tendre. Cédait-il ?
Dieu ! Comment un simple baiser pouvait-il provoquer autant de sentiments en moi ?!
« Pense à la douleur » Souffla-t-il contre mes lèvres.
Oh j'y pensais oui ! Mais que signifiaient trois jours de souffrance face à une éternité de douceur ? Comment une simple douleur pourrait-elle me décider à renoncer à ça ? Son amour me guérirait de tous mes maux.
On cicatrise avec le temps
Ça m'électrise toujours autant
Fissuré en plein vol c'est magnifique
Je ne touche plus le sol vraiment
Oh non vraiment... .
C'est magique !
« J'y pense. » Le rassurai-je en m'éloignant légèrement de ses lèvres. « Mais elle m'apparait futile face à une éternité à tes côtés. »
« Tu serais prête à tant de sacrifices pour un monstre ? »
« Non. Pour toi, pour ton amour. Mais c'est très égoïste, je le fais surtout pour moi. Je ne survivrai pas dans la mort. Pas sans toi. »
« Je te suivrai dans la mort mon amour, tu le sais. » Contra-t-il immédiatement.
« Tu briserais Esmée, Carlisle, et tous les autres. De plus … » Continuai-je avant qu'il ne réplique « toi qui semble persuadé que tu n'as plus d'âme, pourrais-tu me promettre que nous y serions ensembles ? »
Je le vis immédiatement, il hésitait.
« Mon ange » Souffla-t-il en passant une main sur ma joue, le regard perdu dans le vague.
Il était égaré dans ses pensées et j'étais presque certaine d'en connaitre la nature. Moi, son ange j'irais au paradis, alors que lui, le monstre, il s'en verrait refuser l'accès. L'enfer, au mieux, serait son seul refuge. C'était son avis, pas le mien, moi j'étais persuadé qu'il avait sa place au milieu du ciel.
« Transforme-moi Edward. »
Comment te dire comment je t'aime
Comment te dire tout simplement
Que tes cicatrices sont les plus belles
Que la vie ne glisse plus comme avant
Jamais cicatrices ne furent plus belles
Que tes cicatrices soient miennes
« Que nous restions ensembles pour l'éternité. » Ajoutai-je.
Et que nos plaies se fendent d'un sourire
Fissurés en plein vol de souvenirs
« Bella »
Jamais cicatrices ne furent plus belles
Que tes cicatrices soient miennes
« Aime-moi Edward. Mords-moi … »
Comment te dire comment je t'aime
Comment te dire tout simplement
Que tes cicatrices sont les plus belles
Que mes larmes ne glissent plus comme avant
Plus comme avant
Je le voyais, torturé par le choix qu'il tentait de faire. Je le voyais à travers mes larmes. Je plongeais mon visage dans le creux de son cou, contre sa peau douce.
Tes cicatrices
J'inspirai, mon nez collé contre sa nuque. Qu'il cède. Qu'il cède et me transforme, me garde pour toujours.
« Je t'aime Bella. » Souffla-t-il. « J'effacerai le mal que je t'ai fais, le mal qui t'es arrivé à cause de moi. Tu ne garderas qu'une seule cicatrice. La mienne. »
Tes cicatrices
Il leva ma paume gauche jusqu'à son visage et embrassa la marque en forme de lune.
« Tu oublieras James et tout le cauchemar qui s'y rattache. Cette marque deviendra la mienne, Bella. »
« Quand ? » Ne pus-je que demander, mes yeux fixés dans les siens.
« Bientôt. Très bientôt. » Souffla-t-il, déterminé, avant de m'embrasser.
Je sus alors que j'avais gagné. Il ne renoncerait plus.
Et mes sentiments
