Suite de l'histoire et petite leçon d'Histoire.

Harry a découvert ce qu'est devenu son vieil ennemi après la guerre et cela ne le laisse pas indifférent. Quelques nouveaux éléments même si je les distille au compte-goutte. Faut pas désespérer tout de suite, je sais à peu près où je vais.

Le rating M, c'est au cas où, mais pas pour tout de suite.

Bonne lecture.

Harry était assis dans le bureau aménagé dans le vaste grenier de la maison. Il regardait pensif la documentation accumulée de manière compulsive ces derniers jours. Il y en avait partout et il commençait à vraiment avoir du mal à s'y retrouver.

Il avait, une fois de plus, perdu ses notes qui devaient traîner quelque part sous quelques grimoires poussiéreux.

Ginny était monté le voire, avait contemplé le capharnaüm, avait soupiré résignée et était redescendu sans rien dire.

Il savait qu'elle n'aimait pas ça, il l'entendait d'ici discuter avec Hermione : « Harry a une nouvelle lubie… »

La pendule sonna deux heures du matin. Il ferma ses yeux pour les reposer un peu. Il sentait qu'il allait encore passé une nuit blanche.

Les images, toujours les mêmes, tournaient en boucle dans sa tête, le harcelant sans répit.

Le profil qui se penche en avant, la lumière du briquet qui l'éclaire, la tête qui se penche en arrière pour avaler les premières volutes de fumée avant d'expirer lentement.

Il rouvrit ses yeux rougis par la lecture intensive des dernières heures et regarda le plan de Londres punaisé sur le mur en face de lui.

Il se demanda un instant pourquoi c'était cette image particulière qui le hantait alors que cela aurait du être logiquement celle où Malfoy avait suivi l'homme dans la ruelle sordide.

Sorrow City, l'un des cinq quartiers cachés de Londres. Tous les sorciers britanniques connaissaient le « Chemin de Traverse » et « l'Allée des Embrumes ». Les deux autres quartiers étaient des sortes de zones pavillonnaires proprettes et sans grand intérêt. Ces quatre quartiers disposés aux quatre coins de Londres étaient reliés magiquement entre eux de sorte qu'ils formaient un tout dont on ne pouvait deviner aisément les frontières.

Et il y avait Sorrow City, à part, isolé. Le quartier que le monde sorcier feignait d'ignorer. Un sourire amer se dessina sur les lèvres d'Harry.

Il n'avait appris son existence qu'après avoir quitté Poudlard quand il avait entendu son nom évoqué dans une réunion d'Aurors. Les chefs d'escouades pensaient que les mange-morts avaient pu trouver refuge là-bas. Voyant son air perplexe, son voisin de droite se pencha alors sur lui et lui expliqua que SC, comme on l'appelait, était une sorte de zone de non droit sur laquelle le Ministère de la Magie et donc les Aurors n'avaient aucun pouvoir.

« Si ils sont réellement à SC il n'y a plus qu'à attendre que ses habitants fassent le ménage eux-mêmes ».

Harry ne s'était plus intéressé à SC avant de recevoir cet étrange message il y a une semaine déjà.

Depuis cette fameuse nuit, il s'était plongé dans son histoire.

Sorrow City était né lors des premières révoltes gobelines. Les « Guerres Rouges » comme on les nommait à Poudlard.

Pour la première fois depuis longtemps, Harry regretta d'avoir si longtemps rêvassé durant les cours soporifiques de Binns. Il avait bien de vagues souvenirs fait de noms imprononçables mais à l'époque une mouche qui s'envolait, constituait l'Evènement majeur du cours, alors pour le reste...

Les Gobelins Rouges, références à leurs kilts écarlates, avaient créé une sorte de poche magique au cœur du bourg qu'allait devenir Londres au fil des siècles et ce afin de pouvoir y trouver refuge après les raids meurtriers qu'ils menaient au cœur des populations sorcières. On pouvait dire que d'un point de vue stratégique ils avaient inventé le concept de guerre de harcèlement.

A l'époque l'endroit se nommait Val Pranesh, le « Trou de verdure ». Les Gobelins avaient un humour particulier, songea Harry.

Malgré leur arme secrète, les Gobelins Rouges avaient perdus la guerre et avaient du se soumettre définitivement aux sorciers.

Cependant le Val Pranesh n'avait pas été détruit.

A partir de cette époque différentes vagues de populations y trouvèrent refuge chassant les habitants précédents ou se mêlant à eux. C'était au cours du moyen-âge que Val Pranesh était devenu Sorrow City, la ville des regrets.

Ce furent tout d'abord les esclaves et les serfs qui fuyaient les Maîtres et les domaines auxquels ils étaient attachés, puis les sorcières persécutées par les moldus et à qui l'on promettait les bûchers et l'enfer, vinrent ensuite les populations chassées de chez elles par les famines, les guerres civiles et les représailles qui les suivent fatalement.

En fait, tous ceux que l'histoire officielle avait mis de côté : les Perdants.

Sorrow City résumait à elle seule l'histoire du monde sorcier anglais et jusqu'à présent Harry ne s'était jamais rendu compte à quel point cette histoire était sanglante.

La dernière vague d'immigration était logiquement celle des manges-morts défaits par la guerre et l'Ultime Victoire d'Harry sur leur Leader.

Personne ne savait réellement combien de personnes ou de créatures vivaient à Sorrow City, ni même quel était sa véritable superficie. A vrai dire personne ne s'en souciait.

Durant les années cinquante, il y avait eu une sorte de Gentlemen Agreement entre le Ministère Sorcier et les représentants de SC : la Guilde. De l'argent avait été investi pour essayer de réhabiliter l'endroit mais avec la crise SC n'était plus une priorité. Ses habitants ne votaient pas aux élections et la bonne société sorcière considérait que vouloir les aider équivalait à jeter des mornilles par les fenêtres.

Les sorciers convenables, attirés par les faibles loyers, qui étaient venus s'y installer dans un premier temps, étaient repartis dans des contrés plus hospitalières, laissant derrière eux leurs petites habitations de bois dont le feu se régalait régulièrement.

Aujourd'hui « Sorrow City » était devenue « Sin City », mais après tout les initiales restaient les mêmes. L'endroit abritait en son sein tous les trafics imaginables et la prostitution bannie du reste du monde sorcier.

Alors qu'il laissait ses pensées suivre leur propre cours, Harry se rappela l'une de ces soirées barbantes que Ginny affectionnait tout particulièrement.

Ils avaient été invités dans un hôtel particulier, pour fêter une nouvelle fois la Victoire.

Harry détestait cela, tous ces gens dont il ignorait tout et qui venaient lui parler de façon familière. Ils semblaient tous dire : « Oui, je connais personnellement Harry Potter. Je l'ai d'ailleurs personnellement aidé dans l'une de ses nombreuses batailles… »

Bien évidemment, 99% d'entre eux avaient passé la guerre bien sagement planqué dans leurs maisons de campagne à attendre qu'un gamin de 17 ans leur sauve les fesses, mais cela aurait été malpoli et inconvenant de le souligner.

Durant cette fameuse soirée, il avait entendu un sorcier particulièrement horripilant dire en riant que tout irait beaucoup mieux si on mettait le feu à Sorrow City. Ses compagnons de beuverie, pardon les autres hôtes de cette soirée mondaine, n'avaient, semble-t-il, rien à redire à cela et partageaient le mot d'esprit avec des sourires entendus.

Après cela Harry avait décidé qu'il avait fait sa BA de la semaine, prit Ginny par le bras et les fit transplaner Place Grimault.

Il se leva de sa chaise, il commençait à avoir sérieusement mal aux fesses.

Il étira son dos dont les vertèbres craquèrent délicieusement et alla s'allonger sur le canapé défoncé qu'il avait monté là avec l'aide de Ron. Il regarda par la petite fenêtre du toit le ciel étoilé. La lune était pleine et la nuit était claire. Il devait faire frais dehors. Il songea à Malfoy et se demanda s'il avait froid alors qu'il attendait sous son lampadaire.

Il avait essayé de parler de ce qu'il avait découvert mais il n'avait jamais trouvé la bonne occasion ou la bonne personne avec qui le faire.

Et puis cette histoire avait quelque chose d'indécent.

Il ne se voyait pas arriver et balancer nonchalamment : « Eh ! Au fait, tu sais quoi ! Malfoy fait le tapin… »

Merlin savait à quel point il l'avait détesté.
Il était même la seule personne au monde qu'il avait réellement haï dans sa vie.
Voldemort était resté une sorte d'allégorie, de croque-mitaine, plus mort que vivant.
Non, celui qu'il avait haï pour de bon, c'était Malfoy.

Mais cette situation n'avait rien de réjouissant. L'héritier Malfoy avait chuté de son piédestal et s'en prendre à lui, le détester, lui en vouloir, n'avait plus aucun sens aujourd'hui.

Il ferma les paupières et essaya de penser à autre chose.

Et voilà, je sais, on n'est pas beaucoup plus avancé avec tout ça. Mais c'est fait pour…

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