Comme prévu, ils passèrent d'abord par l'appartement d'Olivia pour chercher le tablier d'Ella. Broyles lu sur le visage d'Olivia un sentiment de victoire au moment où il fit la grimace.

"Vous n'avez pas appréciée la dernière mission que je vous ai donné c'est ça? Sérieusement, vous n'allez pas m'y obliger?"

"Je suis on ne peut plus sérieuse."

"Bon eh bien allons-y..." dit-il en voyant qu'elle ne changerait pas d'avis. Mais finalement il n'était pas tout à fait mécontent qu'elle lui demande de faire ça, comme ça elle n'allait pas déprimer ce soir. Décidément, il avait vraiment bien réussi à lui changer les idées.

Ils arrivèrent finalement chez Broyles. Elle n'y était jamais venue, mais sa maison était identique à celle de l'autre Broyles.

"Alors Dunham, qu'est-ce je vous prépare?"

"Votre spécialité"

"Je n'en ai pas vraiment, mais je sais ce que je vais cuisiner. J'espère que vous n'êtes pas pressée."

Il enfila le tablier et commença à préparer un plat à base de légumes. Olivia l'aida à éplucher les légumes mais ils n'étaient pas très rapides. Il faut dire qu'Olivia passait beaucoup de temps à admirer la tenue de Broyles tandis qu'il se défendait comme il pouvait. Ils finirent tout de même par y arriver. Elle l'observa préparer le repas; il était très soigneux dans ses gestes. Cela l'étonnait, elle ne pensait pas qu'il était le genre d'homme qui prenait le temps de cuisiner. Elle-même ne prenait pas le temps de cuisiner, et pas seulement depuis son retour.

"Ca va?" demanda-t-il inquiet en la voyant le fixer de cette manière.

"J'étais juste perdu dans mes pensées."

Broyles craignait au son de sa voix qu'elle ne retrouve son attitude normale: déprimée et renfermée.

"Ou alors tu étais en train de réfléchir à comment je dois m'habiller demain. Je me trompe?"

C'était la première fois qu'il la tutoyait. Mais au point où ils en étaient cela n'avait rien de surprenant. Et cela permettait également de réduire l'écart qu'il y avait entre eux. De cette façon elle n'avait aucune difficulté à se confier. Quoique, il s'agissait d'Olivia Dunham là.

"Pas mal comme idée."

"Aide-moi plutôt que de dire ce genre de chose. De toute façon en ce qui concerne le travail, tu n'es pas très bien placée pour me dire comment je dois m'habiller. Heureusement d'ailleurs."

"Qu'est-ce que je dois faire?" demanda-t-elle en souriant.

Il lui donna un saladier.

"Mélange ça pendant que je m'occupe de surveiller la cuisson. Une minute de trop ou de moins et c'est raté."

Elle commença à brasser. Broyles l'arrêta immédiatement.

"Vas plus doucement, il faut faire ça plus doucement.

Olivia souria et ralenti le mouvement. C'était encore trop rapide donc il se plaça derrière elle et posa sa main sur son poignet et le fit tourner très lentement. La respiration d'Olivia s'accélera, elle ferma les yeux et mit sa tête en arrière de façon à ce qu'elle se pose sur son épaule.

"Olivia...?"

"Excuse moi je ne sais pas ce qui m'a pris."

Broyles n'a pas tenu compte de sa réponse. Il retira sa main de son poignet et la plaça, ainsi que son autre main sur sa taille et commença à embrasser son cou. Instinctivement elle reposa sa tête sur son épaule et la leva le plus haut possible pour lui laisser un accès important à son cou. Puis elle se retourna pour atteindre ses lèvres. Cependant, ils furent rapidement arrêtés par une odeur de brûlé. Broyles réagit immédiatement pour essayer de limiter les dégâts. L'ambiance était devenue pesante. Aucun d'eux ne savait comment réagir. Tout ce qu'ils savaient était que cela n'aurait pas dû se produire.

"Finalement, je crois qu'on va devoir se contenter d'autre chose."

"Je devrais peut-être rentrer chez moi."

"Honnêtement, j'en doute. Je veux dire tu as passé énormément de temps à te battre seule contre des gens dont tu ignorais tout et une fois rentrée tu te rends compte que ton absence est passée inaperçue"

Elle le regarda dans les yeux. Ses paroles l'avait blessées car elles étaient tellement vrai. Elle n'avait jamais vraiment voulu ouvrir les yeux à ce sujet là. Et pourtant ils savaient tous les deux qu'il avait raison.

"Je pense que la dernière chose dont tu as besoin en ce moment c'est d'être seule."

Olivia essaya de retenir ses larmes mais pour une fois elle en était incapable. Elle était touchée par la compassion qu'éprouvait Broyles pour elle.

"Oui, ces deux mois ont été durs et oui mon retour a été encore pire. Mais ce n'est pas parce que mon absence est passée inaperçu. C'est parce que la personne que je pensais la plus proche de moi, que je pensais qui me connaissait par cœur n'ai rien vu."

Il s'approcha et la prit dans ses bras.

"On ne peut pas savoir ce que tu ressens, mais toi non plus. Toute cette culpabilité qui nous hante jours et nuits. Et je suppose lui plus que d'autre. Olivia je parle sérieusement; reste ici cette nuit."

Elle s'accrocha à ses bras car ils étaient si chauds et si rassurants. Puis peu à peu elle les repoussa.

"Excuse moi je n'ai pas l'habitude de me laisser aller comme ça."

"Ca j'avais remarqué. Au bureau il y a une rumeur comme quoi tu serais un robot." dit-il en plaisantant."Ok ferme les yeux et fait le vide dans ta tête."

Elle ne comprenait pas ce qu'il disait. Enfin si elle comprenait mais ne savait pas pourquoi il disait ça.

"Fais-moi confiance."

Elle s'exécuta. Les mains de Broyles atteignirent les épaules d'Olivia et commencèrent à la masser. C'était le meilleur moyen qu'il avait trouvé pour lui faire redescendre toute la pression qu'elle avait en ce moment. Le visage d'Olivia était très expressif, elle était envahit de bien-être. Au bout de quelques minutes elle souria.

"Finalement je vais peut-être rester."

"Tu es sûre?"

"Certaine." murmura-t-elle.

"Bon alors, où en étions nous? A oui, c'était le moment où j'allais chercher des plats surgelés..."

Cette réplique la fit sourire.

"Voici les limites de tes compétences culinaires."

"Ne te fies pas à ça, mon assistante m'a quelque peu perturbé."

"J'ai un message de sa part. Elle est désolée."

"Elle a de quoi l'être; à cause d'elle je passe pour quelqu'un qui ne sait pas cuisiner aux yeux d'une personne à qui je comptais prouver le contraire."

"Ne t'inquiètes pas, je te donnerais d'autres chances."

"Sûrement"

Il parti quelques minutes pour trouver quelque chose à manger.

"Alors voilà ce que j'ai trouvé: haricots vert et steak haché ça te vas?"

"Ca me va"

Cette fois ci il n'y eu aucun problème de cuisson et rien n'était venu perturber leur repas. Le climat était redevenu le même qu'au début.

"Je pense qu'il est temps d'aller se coucher, pour ma part je tombe de sommeil. Je vais te montrer la chambre dans laquelle tu vas dormir."

"Je te suis"

Il l'emmena dans une petite chambre, probablement la chambre d'un enfant.

"Par contre, je n'ai pas de tenue pour dormir. Pas de tenue "féminine" du moins."dit-il presque gêné.

"Eh bien je me contenterais de quelque chose de plus "masculin" dans ce cas '' répondit Olivia sans prêter attention à son attitude.

« Juste une dernière chose… j'ai le droit de prendre une photo ? »

« Même pas en rêve. »

Broyles lui prêta une chemise, lui souhaita une bonne nuit et parti dormir. Finalement, peut-être qu'elle allait réussir à dormir cette nuit. Elle ne regrettait pas, comme elle l'aurait pensé, d'être venue ici.

Et pourtant, même en se tournant et se retournant, elle ne trouvait pas le sommeil. Mais cette fois la raison était différente, ce n'était pas de la dépression, non elle était trop agitée, trop excitée pour dormir. De toute façon elle ne voulait pas vraiment dormir, elle voulait se remémorer chaque détail de cette soirée. Elle ne savait pas combien de temps il s'était écoulé exactement depuis qu'elle s'était installée dans ce lit. Elle se leva et atteignis la chambre de Broyles (elle avait eu l'occasion d'y aller quand elle était dans l'autre monde). Olivia ouvrit la porte et vit que Broyles dormait profondément. Elle s'y attendait mais elle aurait tout de même aimé qu'il soit réveillé. La sensation du contact de leurs lèvres lui revint à l'esprit. Olivia ne savait pas si c'était parce qu'elle n'avait pas embrassé quelqu'un depuis des mois mais elle avait trouvé ça plus qu'agréable. Elle se glissa dans les draps avec lui et avec la chaleur qu'il dégageait, elle s'endormit aussitôt.