Petit Rappel : La majorité dans le monde sorcier est à 17 ans donc, pas de panique !


Juillet : Souvenirs des Loups

- Oh Elliot chérie qu'est-ce que tu es jolie aujourd'hui !

Mrs. Potter vient embrasser Elliot sur les deux joues la faisant rougir par son enthousiasme.

- J'ai un rendez vous avec un investisseur moldu pour le terrain dans le Hampshire. Je ne suis pas sûre si ma tenue est adéquate. Boris m'a dit que cela ferait l'affaire...

Elle montra vaguement son tailleur deux pièces composé d'une jupe crayon bleue accordé à sa veste au dessus d'un chemisier blanc ample qui laissait ses bras respirer avec la chaleur qu'il faisait dehors.

- Non tu es parfaite ma belle ! Assieds toi. Mange un morceau, ordonna Mrs. Potter.

Elliot se laissa tomber à côté de Sirius et se servit une tasse de thé et un bol de céréales. Aussi enfantin que cela puisse paraître, elle ne pouvait pas manger autre chose que ses céréales le matin. Et elle fut très touchée que Mrs. Potter s'en était souvenu.

Cela faisait deux semaines qu'Elliot vivait chez les Potter. Elle n'avait pas trouvé du temps pour profiter de ses vacances comme elle l'aurait voulu à causes de ses nouvelles responsabilités. Elle n'avait même plus le temps de s'occuper de Ginger mais Sirius la lui prenait avec plaisir. Il la sortait la journée et le soir parce qu'elle était trop fatiguée après des heures perchée sur des talons et la reprenait le matin avant ses premiers rendez-vous. Elle espérait que cette phase de relais qui demandait beaucoup de paperasses et de rendez-vous passe rapidement.

- Ils aiment les vêtements près du corps les moldus ? demanda Shane perplexe devant l'attirail de sa sœur.

- La mode apparemment, répondit-elle.

- Tu es sûre que ce n'est pas Boris qui essaye d'avoir un bon regard sur ton derrière ?

- Shane ! s'exclama Mrs. Potter.

Boris Vinader était le conseiller bancaire de Gringotts et le notaire d'Aristide Thorne, maintenant celui d'Elliot. Elle laissa tomber sa cuillère dans son bol, éclaboussant le lait sur sa chemise au passage. Shane soutenait son regard, l'air défiant. Ses yeux bleus lagons brillaient d'une colère rebelle.

Après le chagrin, Shane était entré dans la phase, "être en colère pour tout et pour rien". Elliot ne savait pas quoi faire pour le consoler. Il n'était plus un jeune enfant ; elle ne pouvait pas l'embrasser et lui dire des paroles niaises qu'elle même ne croyait pas. Elle avait essayé de lui parler mais tous les échanges se terminaient en disputes.

- Il est plus âgé que moi. Huit ans pour être exact ! se révolta soudainement Elliot sa voix tremblante pour cacher sa honte devant Mrs. Potter.

- Tu es à la tête d'une fortune, des hommes ne vont pas se gêner pour profiter de toi !

- Mais qu'est que tu racontes ?!

- Tu as déjà calculer l'écart d'âge qu'il y a entre vous, ça veut dire que tu l'as considéré ?

- Papa nous l'a dit ! Il a dit que Boris était un des meilleurs et qu'il avait, je cite « seulement huit ans de plus qu'Elliot » ! Je n'ai rien considéré du tout et je ne suis pas intéressée ! Il n'a fait que de me traiter avec respect. Et j'aimerais autant que tu en fasses de même.

Le frère et la sœur se regardèrent et c'était comme si personne n'étaient présents. Shane s'entendait apparemment bien avec Sirius et James. Ils jouaient souvent au Quidditch sur le terrain du manoir des Potter. Quand Elliot rentrait chez les Potter, après avoir passé sa journée enterrée dans des listes de chiffres et de graphiques, ils l'invitaient à jouer avec eux et c'était à ce moment que l'humeur de Shane basculait.

Shane finit par se lever et marmonner qu'il allait faire un tour avant de sortir dans le grand jardin suivit par Ginger qui pensait qu'ils allaient jouer.

- Je suis navrée, s'excusa Elliot en regardant Shane partir.

Elle avait l'impression en ce moment de s'excuser tout le temps. Elle s'excusait pour Shane quand il leur faisait une crise d'adolescent. Elle s'excusait auprès de Sirius quand elle oubliait de lui donner la laisser de Ginger. Elle s'excusait auprès de Mr. Potter parce qu'elle avait aucune idée de comment gérer leur plantation d'Alihosty au Pérou et qu'il savait parler espagnol et pas elle.

Elliot se demandait juste quand est-ce que tout cela allait finir. Si cela avait même une fin. Cela l'aurait aidé si elle pleurait plus souvent, la tension serait retombé, mais Elliot n'arrivait plus à pleurer. Elle n'avait pas arrêté de pleurer pendant la semaine qui suivit l'annonce de la mort de ses parents. Après cela, elle n'avait plus jamais versé une autre larme à part quand elle découpait les oignions où quand elle pleurait de rire tard le soir à une blague stupide de James ou Sirius.

- Je vais aller le voir, dit James en prenant le frisbee pour Ginger. Tu devrais aller changer de chemiser.

Il lui sourit et sortit à son tour. Mrs. Potter frotta la paume de sa main contre son dos pour la réconforter, Elliot sourit sans cœur et se leva en marmonnant des excuses. Mr. Potter était déjà partit au Bureau des Aurors et Elliot était contente de ne pas avoir affaire avec lui. Si Mrs. Potter était adorable, Mr. Potter était aux petits soins pour elle. Il l'avait prise sous son aile pour l'aider avec ses affaires. Il lui avait présenté à des personnes influentes.

Ce n'était pas que Mr. Thorne en manquait mais c'est qu'il faisait surtout des affaires avec des personnes comme Jason Nott, Ivan Mulciber et Albert Carrow. Des personnages qu'il ne voyait pas forcément d'un bon œil avec la montée des tensions dans la communauté magique. Leurs noms étaient de plus en plus mentionnés dans ses interrogatoires sans jamais avoir de preuves fiables pour faire action.

Mr. Thorne était un homme droit et bon. Il ne pensait pas les nés moldus étaient inférieurs ou bien que les moldus étaient des abominations. Mais c'est vrai qu'il pensait qu'ils étaient différent d'eux. Son statut, son argent et son éloquence lui avaient mis en bon terme avec les sangs-purs de la haute société, qu'importe ce que cela voulait dire.

Le couple Potter et le couple Thorne étaient des amis proches depuis Poudlard. Ils avaient sept ans de différence mais un jour Mr. Thorne était tombé dans le lac et Mrs. Potter, étant la Préfète-En-Chef, n'avait pas hésité à se jeter à l'eau.

Mr. Thorne avait été envoyé à Serpentard parce que c'était ce que ses parents attendaient de lui. Il était sortit de Poudlard, pas assez discipliné pour être Préfet-en-Chef. Il avait épousé une Gryffondor (une certaine admiratrice de Quidditch et en particulier du Capitaine de l'époque, Charlus Potter). Mais Aristide aimait Anna et la seule condition que ses parents exigeaient de leur fils, c'était que sa femme ait un bon pedigree. Anna avait en réalité une grand-mère né-moldue. Celle-ci était morte en accouchant de la mère d'Anna et on n'avait pas ressentit le besoin de remonter aussi loin que trois générations dans l'arbre généalogique.

La seule chose qu'Elliot possédait de son arrière grand-mère, c'était ce pendentif en jade qu'elle portait tout le temps sous son t shirt. En forme de goutte, elle trouvait la couleur fascinante parce que ce n'était pas que du vert mais aussi du jaune et du blanc.

Elliot sursauta quand elle entendit frapper à la porte de sa chambre. Elle reboutonna son chemiser rapidement et ouvrit la porte.

- Sirius ?

Elliot s'assura qu'aucun boutons ne lui manquaient. Dans la précipitation, c'était quelque chose qui lui arrivait souvent. Cela lui coûter quelques sifflements la dernière fois dans le Grand Hall alors qu'elle était en retard pour son cours de Potion.

- Euh ouais... C'était parce que je connais un sort pour faire partir ce genre de tâches, dit-il en montrant son chemiser. Plus rapide que de se changer.

Elliot sourit, ce n'était donc pas un mythe quand on disait que les garçons ne changeaient presque jamais d'uniformes.

- Non merci, je préfère porter des vêtements propres.

- Ça ne veut pas dire que je me change jamais ! Ce n'est rien qu'une petite tâche et c'est un joli t-shirt...

Sirius lui adressa un plaisant sourire. Elliot se trouva à soupirer, elle avouait que Sirius était un mec sympa, elle voyait bien en quoi James l'appréciait tant. Et elle comprenait pourquoi les filles l'appréciaient tant.

Il était charmant, joueur et pleins d'humour.

C'était comme si tout était un jeu pour lui. La vie était un jeu dans lequel il excellait ; les fêtes, les belles filles, la magie. Il roulait à trois cent sur l'autoroute de la vie, les fenêtres descendues et les lunettes de soleil sur le nez. Il était ivre de vitalité, il respirait le bonheur à pleins poumons.

Mais Elliot était en train d'attendre qu'on remorque sa voiture dans le fossé. Elle ne pouvait pas monter dans sa voiture et crier jusqu'à sentir ses cordes vocales brûler. Par encore, c'était trop tôt.

- C'est gentil à toi Sirius mais je pense que je vais me changer quand même, dit-elle en s'apprêtant à fermer la porte de sa chambre.

- Attends !

Il retenu la porte et Elliot soupira.

Elle était flattée, vraiment. Sirius Black flirtait avec elle depuis qu'elle était sortie pour la première fois avec un de ses tailleurs que Shane détestait tant. Il y a quelques mois, elle aurait flirté en retour. Personne n'était vraiment insensible quand il s'agissait du sourire magique de Sirius. Même Mary le trouvait mignon alors qu'elle jouait dans l'autre équipe.

- Ecoute... commença Sirius en ayant l'air très mal à l'aise. Je suis désolé, c'était très mal tourné et maladroit comme formulation pour dire que je te trouvais très jolie. Je suis plus doué normalement.

Elliot sentit ses joues rosir quand même sous le compliment. Sirius sourit et ouvrit la bouche pour lui proposer de voir l'étendu de ses talents en terme de compliments (il fallait qu'il se rappelle de préciser pour éviter les confusions). Il avait prévu de l'inviter plus tard dans la journée. Ils pourraient sortir tout les deux, il connaissait un endroit pas trop sophistiqué mais pas trop décontracté non plus, parfait pour un premier rendez-vous.

Sauf qu'Elliot le coupa dans son élan.

- Sirius, c'est vraiment gentil, dit-elle en cherchant un endroit où regarder. Je suis flattée de ton attention ces derniers temps. C'est juste que ce n'est pas le bon moment pour moi...

Elle le regardait maintenant droit dans les yeux. Ses yeux ambrés en amande le regardait avec un air désolé. Elle mordit dans sa lèvre rose tapotait nerveusement la porte avec ses doigts.

- Oh OK... fit Sirius en souriant aisément malgré le petit pincement au cœur. Je comprends, ce n'est pas grave !

- Désolée Sirius...

- Non, non, ne t'excuse pas, fit Sirius en souriant à ses chaussures un moment. J'aurais du écouter James. Pas le bon moment.

- Ouais...

Les deux tombèrent dans un silence gêné, Sirius aurait juré avoir entendu les petites chaussures de Mrs. Potter sur le parquet du couloir qui essayaient de faire le moins de bruit possible. Super, maintenant il s'était vraiment embarrassé.

- Je suis vraiment désolé, lui dit Sirius avec sincérité. Je n'ai jamais pu vraiment te le dire. Mon Oncle Alphard portait à ton père un grand estime.

L'Oncle Alphard de Sirius était mort l'année dernière, peu après qu'il soit partit de chez lui. C'était un accident avec un dragon en Roumanie où il était en voyage. Elliot se rappelait que Mr. Thorne avait assister à son enterrement. Il n'y avait pas beaucoup de monde. Il lui avait raconté ce que Sirius Black avait dit lors de la cérémonie « il savait toujours vivre avec style, une mort banale n'était pas envisageable pour lui ».

- On reste amis ? questionna Sirius avec une note d'appréhension dans la voix.

Il se rappelait de toutes les fois où il avait posé cette question. La fille avait fini par lui crier dessus en tentant de lui arracher les yeux. Soit pour cacher ses larmes, elle répondait dédaigneusement oui, sans jamais tenir son engagement.

- Bien sûr ! répondit Elliot avec un sourire plus heureux. Evidemment Sirius, sinon Ginger va m'en vouloir toute la vie !

Sirius éclata de rire, heureux qu'il n'avait pas tout foutu en l'air cette fois ci.


- Je ne monte pas sur ce truc, refusa Elliot.

- Ne fait pas ta fragile Elliot, regarde même Ginger adore !

La chienne était assise sur le siège passager de la moto de Sirius sa queue fouettait l'air avec enthousiasme. Elliot foudroya du regard Sirius qui était de toute façon capable de faire faire à Ginger tout ce qu'il souhaitait dès qu'il la touchait.

- Mon père a jeter un œil dessus et elles sont clean, affirma James en tapotant le siège en cuir de sa moto noire quand celle de Sirius était bleue marine. On a fait plusieurs pâtés de maison avec et elles roulent parfaitement.

Elliot admirait sans l'avouer les deux jolis bijoux brillants. C'était quand même de très beaux engins. Mais en dépit de cela, Elliot ne savait pas à qui faire confiance pour faire monter en moto.

- Aller Lilo ! finit par dire Sirius avec impatience pour monter. Ça sera plus simple que le métro et plus rapide.

Il avait finit par adopter le surnom avec lequel James l'appelait. Leur relation, en grand soulagement de Sirius, n'avait pas été affecté par son élan de témérité.

Au lieu de cela, il avait parlé à Shane. Elliot ignorait ce qu'il lui avait dit mais cela avait sans doute eut un rapport avec sa propre expérience. Elle n'avait pas osé demander les détails à James. La vérité n'avait pas l'air très rose, Sirius s'était quand même enfuir de chez lui.

Shane allait un peu mieux, il lui parlait plus et ils arrivaient enfin à avoir une discussion sans devoir se crier dessus pour s'entendre.

Elliot jeta un coup d'œil à son frère qui regardait la moto de Sirius avec admiration.

- On prend les routes moldues ? demanda Elliot avec inquiétude.

- Oui ! s'exaspéra Sirius.

- Comment connaissiez-vous les règles de conduites moldues ?

James leva les yeux au ciel.

- Vous ne connaissez rien des routes moldues, affirma Elliot horrifiée.

- Quand c'est vert, on peut y aller ; quand c'est rouge, non et quand c'est orange, il faut ce dépêcher ! résuma Sirius avec hâte.

- Il faut ralentir au orange ! rectifia Elliot.

- Qu'importe ! s'exclama Sirius. Si on a besoin on vole. Il y a un système qui nous permet d'être invisible.

- Et il y a que toi qui a déjà pris le métro moldu. Tu ne sais même pas comment aller chez toi d'ici en métro et Ginger va se sentir mal dans les sous sol... énuméra James en prenant un casque pour Elliot.

Elliot soupira et au final, elle accepta au plaisir de Shane. Son frère monta avec Sirius et Ginger qui ne voulait plus quitter la petite place passager pendant qu'Elliot alla avec James.

La machine ronronna et Elliot agrippa un peu plus fort la taille de James quand ils commencèrent à rouler. Elle savait déjà qu'elle n'allait pas aimer le petit tour. Sirius éclata de rire en voyant sur expression.

- Les yeux sur la route Black ! rugit-elle.

Elle entendit le rire de James vibrer dans son dos. Ses yeux ne pouvaient pas s'empêcher d'aller systématiquement sur la moto de derrière où Ginger avait la gueule ouverte la langue et les oreilles aux vents. Elle regretta de ne pas avoir sa caméra à ce moment là, Shane avait l'air si heureux. Elle se demandait quand est-ce qu'il allait sourire comme cela une nouvelle fois.

- James ! On monte ? fit Sirius alors qu'ils étaient dans un embouteillage.

- Quoi ? Non ! s'exclama Elliot en resserrant encore plus James contre elle.

- C'est comme voler sur un balais ! ria Sirius.

Ils avaient abandonné l'idée d'utiliser leurs balais parce qu'il n'était pas possible de monter à trois sur un balais. Il y avait bien la Cheminette mais Elliot n'était pas revenue chez elle depuis la mort de ses parents pour réactiver le réseau de Cheminette. A chaque fois que les propriétaires d'une maison de décédaient, son accès était limité jusqu'à ce que l'héritier l'autorise.

Après une belle frayeur et un bon fou rire avec une horde de pigeons qui volait dans le sens opposé. Le petit groupe se retrouvèrent enfin devant une grande maison, dans un quartier au Nord de Londres.

Ils franchirent le portail et Ginger se retrouva immédiatement à l'aise avec le jardin de devant avec les parterres de fleurs qu'elle avait ravagés. Elliot sortit les clés et ouvrit la porte peinte en orange et entra dans la maison.

Rien n'avait changé. La maison était en bois blanc et gris, les photos de familles étaient accrochés sur les murs, les chaussures un peu éparpillés dans l'entré ce qui rendait toujours sa mère folle.

Elliot soupira et posa ses clés sur le meuble et retira ses chaussures imitée par les garçons.

- Maîtresse Thorne ? appela une petite voix venant de la cuisine.

Yankee apparut, ses grands yeux bleus larmoyants et ses oreilles abattus. L'elfe de maison avait l'air d'avoir sécher son corps de toute humidité qui disparaissait sous un aillons qui lui servait de vêtements.

- Yankee c'est Elliot, je suis avec Shane, James et un ami, dit-elle en avançant dans la maison.

- Oh maîtresse !

Yankee se précipita sur elle pour lui serrer les pieds, Elliot fut surprise de la froideur de sa peau fripée au contact de ses jambes nues.

- Yankee ne savait pas quand maîtresse Elliot rentrerait ! s'exclama-t-elle. Yankee a garder la maison propre !

- Merci Yankee, dit Elliot avec sincérité. Je suis venue prendre quelques affaires pour Shane et moi.

- Maîtresse Elliot ne va plus habiter ici ?

- Pas pour l'instant, pas maintenant.

Elle sourit pauvrement à son elfe de maison qui soudainement avait les larmes aux yeux et puis quelque chose attira son attention. Shane était en train de déjà s'aventurer dans leur maison, en redécouvrant tout comme s'il venait pour la première fois ici.

- Tu peux... apporter du thé pour nos invités ? demanda Elliot en retirant sa veste. On va juste faire un tour de la maison.

Yankee hocha la tête et ferma la porte d'un claquement de doigt avant de disparaître.

- Bien, faites comme chez vous, dit-elle aux garçons. J'ai des papiers à prendre dans le bureau et sans doutes des livres dans la bibliothèque.

Le salon était vaste, les canapés avaient l'air mous, un plaid rouge était étendu sur l'un d'eux et Ginger alla s'allonger dessus en retrouvant ses bonnes habitudes. Il y avait un piano noir qui, malgré sa grande taille, ne mangeait pas toute la place. Sa mère avait toujours aimé jouer, Shane aussi mais Elliot préférait aller jouer sur un balais.

- Qu'est que c'est ? demanda Sirius en pointant une boite noire dont une partie était faite en verre opaque.

- Une télévision, truc moldu.

Elle passa devant le piano sur lequel des fleurs fraîches étaient dans un vase bleu. C'était comme si rien n'avait changé. Comme si tout était normal mais il n'y avait plus la chaleur d'une maison. C'était quatre murs et un toit.

Dans le jardin, des paquets et des lettres étaient déposés sur la terrasse par les hiboux. Elliot ouvrit la porte et se baissa pour prendre un des plus gros paquets. En regardant l'adresse, elle vit qu'il venait du Ministère.

Elliot n'avait pas remarqué qu'elle était en train de le fixer jusqu'à ce que James la sorte de son absence.

- C'est les affaires de papa et maman, c'est ce qu'ils avaient sur eux quand... c'est arrivé.

Sa voix s'étrangla et elle eut la soudaine envie de se débarrasser de ce paquet, de le brûler, de le détruire.

- Tu crois qu'il y a du sang ? demanda Elliot. Une attaque de loup-garou, c'est plutôt... violent.

Son cœur battait tellement vite dans sa poitrine, elle pouvait entendre son pouls dans ses oreilles et le sentir dans ses doigts.

Soudainement, elle ne supportait plus de tenir ce paquet. Elliot le fourra dans les mains de James et courut à l'étage. Elle croisa Sirius en train de regarder les photographies sur le mur, elle entendu Ginger courir derrière elle, elle vit Shane dans sa chambre en train de prendre ses affaires. Mais elle ne s'arrêta pas.

Elliot alla droit dans le bureau de son père et s'y enferma. Derrière la porte elle entendait les grattements des pattes de Ginger, James l'appeler avec panique. Elle ferma fort ses yeux et plaça un sort de silencio dans la pièce pour éviter d'entendre l'extérieur.

Le bureau de son père était la pièce la plus petite de la maison et pourtant elle restait relativement grande. Il y avait une grande fenêtre derrière son siège qui donnait sur le jardin. Albatros, la chouette de son père était sur son perchoir propre et remplis de nourriture et d'eau. Il ouvrit ses grands yeux jaunes en entendant quelqu'un dans le bureau.

Elle pouvait presque sentir l'odeur du tabac qui avait imbiber la pièce. Sentir la brise fraîche sur son visage qui provenait de la fenêtre qu'il laissait toujours entrouverte. Entendre la voix basse et douce de son père qui marmonnait dans sa barbe quand il lisait. Apercevoir la trace du rouge à lèvre de sa mère sur sa joue parfaitement rasée.

Il lui manquait terriblement.

Peut-être que c'était parce que, quand ils étaient encore vivants, Elliot ne le voyait pas aussi souvent que sa mère qu'il lui manquait autant. Sa mère ressemblait tellement à Mrs. Potter qu'elle avait des fois, l'impression qu'elle n'était pas morte. Mais elle l'était. Autant que son père.

Tout les deux, déchiquetés pendant une nuit de pleine lune.

Elliot voulait exploser, frapper, crier.

Elle se demandait si elle provoquait en duel un homme dans l'Allée des Embrumes, allait-elle mourir ?

Elle se demandait si elle fonçait droit au sol avec son balais, allait-elle remonter le manche à temps ?

Elle se demandait si elle invitait Sirius dans sa chambre, allaient-ils faire l'amour jusqu'à oublier de respirer ?


Elliot avait dit qu'elle avait quelques affaires à régler à Gringotts et qu'elle retournerait à la maison dans quelques heures. Cela la surpris que James accepta sans poser de questions. En se regardant dans le miroir, elle comprit dans quel état pitoyable elle était et qu'elle avait besoin de rester seule un moment.

Ils l'avaient laissée devant le Chaudron Baveur avant de rouler jusqu'à chez James. Au moins, elle n'avait pas à monter sur cette moto pour le reste du chemin et sentir son cœur rater un battement à chaque virage.

Elle commanda pour une fois un verre d'alcool. Après avoir vu la carte et n'ayant aucune idée de ce qu'elle cherchait, elle demanda finalement un Whisky-Pur-Feu. Le barman lui demanda sa baguette pour s'assurer qu'elle était majeur. Elliot obligea sans sourciller et se vit servir un verre de ce liquide ambré.

Elliot passa un moment à sa table, à faire tourner dans son verre le liquide. Elle regretta de n'avoir pas demander de glaçons, il faisait terriblement chaud.

- Puis-je ?

Elliot leva la tête et ne reconnu pas tout de suite le garçon devant elle.

Elle l'avait déjà vu pourtant. Elle se serait sans doute plus rapidement rappelé de son nom si ce charmant sourire était sur son visage plus souvent. Celui-ci disparut en une fraction de seconde, il ne l'avait même pas regardé en s'assoyant. A croire qu'il ignorait son identité et qu'il s'était assis ici par pur hasard.

C'était Devon Avery, dans la même année qu'elle et aussi dans la majorité de ses cours. Mais à cause de Lily, Elliot se mettait souvent dans les premiers rangs et ne se retournait que quand elle s'ennuyait.

Aujourd'hui, elle ne vit pas la tignasse blonde cendré d'Avery penchée sur son parchemin. C'était sa personne toute entière, le menton haut et les épaules en arrière. Ses yeux étaient noirs ce qui rendaient difficile de distinguer la pupille de l'iris et cela la perturbait.

Il avait son propre verre de Whisky-Pur-Feu et le porta à ses lèvres pour boire une gorgée. La tête légèrement en arrière, Elliot se vit observer sa glotte monter et descendre sous sa peau de son cou. Il se rasait, cependant, il ne s'était pas embêté à ce matin là. Elle pouvait voir la trace de petits poils faciaux qui avait repoussés, un peu plus foncé que ses cheveux, ils créaient une ombre sur sa mâchoire déjà bien marquée.

Il s'humidifia la lèvre inférieure et garda ses yeux baissés sur son verre.

Elliot ne savait pourquoi Avery était assit devant lui. Elle avait fréquenté beaucoup de Serpentard quand elle était petite à cause de ses parents. Elle aimait bien mettre des robes quand elle était petite. Non pas pour danser et être une jolie petite fille souriante ; mais pour s'amuser et jouer dans le jardin. Jusqu'au moment où elle était trop grande pour ce genre de choses.

Ellilot ne pouvait pas faire du Quidditch avec les garçons parce qu'elle était une fille. Elle faisait alors une scène parce qu'elle jouait toujours au Quidditch avec James, et lui s'en fichait qu'elle était une fille. Elle était forcée à rester à l'intérieur et écouter les discutions ennuyantes des adultes pendant que Shane pouvait toujours jouer. Parfois, la maîtresse de maison la forçait à danser avec un garçon et Elliot voulait toujours danser avec Lucius Malefoy parce qu'elle avait un faible pour lui mais il la voyait comme un bébé (ils avaient quand même six ans de différence). Alors elle dansait avec d'autres garçons qu'elle ne connaissait pas, elle ne se rappelait plus de leur nom ou même à quoi ils ressemblaient.

Elliot avait supplié ses parents de ne plus aller aux soirées. Elle sortait toutes les excuses possibles et imaginables. Le garçon avec qui elle avait dansé, l'avait demandée en mariage. Elle ne voulait pas le revoir parce que, de toute façon, elle marierait James Potter et personne d'autre ! (Ha ! Elle était mignonne aussi). Elliot avait même pleurer toute l'après-midi jusqu'à ce que sa mère prenne pitié d'elle et lui dise qu'elle n'était pas obligée. Comme Shane l'imitait, il demanda aussi de ne plus y aller ; et leur père déjà fatigué à essayer de consoler Elliot céda plus facilement.

C'était simple, les adultes leur disaient ce qu'il fallait faire. C'est le bon temps...

Maintenant, Elliot se retrouvaient face à un Serpentard dans un bar en train de boire un Whisky-Pur-Feu. C'était plus aussi facile de s'échapper.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Elliot.

Elliot fut surprise qu'elle n'avait pas forcément peur, que sa voix était même plutôt... cool. Elle prit une gorgée de son verre, l'alcool lui brûlait la gorge et la réveillait. Elle faillit tousser et recracher, cela avait un goût horrible.

Si elle avait l'impression que son estomac brûlait, elle pouvait voir le feu crépiter dans les yeux d'Avery. Ils étaient tellement noirs, Elliot avait envie de se rapprocher pour s'assurer qu'ils n'étaient que marron très foncés.

Il était un paradoxe. C'était l'image d'un parfait aristocrate sang-pur dans son attitude. Mais il avait cette étincelle dangereuse dans ses yeux comme ceux des prédateurs et l'aspect rude de sa morphologie alarmant qu'il était tout sauf délicat.

Avery ne détourna pas le regard quand il lui parla.

- J'ai commandé une bouteille. J'ai juste l'impression que vous en avez besoin, Miss Thorne.

Elle avait l'air si misérable que cela ? Si misérable qu'un Serpentard venait lui offrir un verre ?

Avery but le reste de son verre d'une traite et étrangement, Elliot eut très chaud à ce moment là. Pourquoi le regarder boire faisait battre son cœur plus rapidement ? Il y avait juste quelque chose avec cette glotte qui l'intriguait. Son cou était épais, la peau fine, on pouvait y voir son artère d'une teinte bleuté. Ses clavicules étaient découvertes à cause de sa robe de sorcier. Elle se demanda si sa peau était aussi douce qu'elle en avait l'air dans le creux entre les deux os.

Quoi ? A quoi elle pensait ? Elliot ne pouvait pas vraiment avoir ce genre de pensées si sensuelles d'Avery. C'était l'alcool, sa colère, son esprit agité. Cela se suivait avec son absurde idée de tester le goût du Whisky-Pur-Feu. Elle ne pensait pas correctement. Avery était mauvais.

Lui et ses petits copains lançaient sur des premières années des sorts à la limite de la magie noire. Lui et ses petits copains traitaient Lily de Sang-de-Bourbe. Lui et ses petits copains s'entraînaient sans doute pour devenir Mangemorts.

Elliot termina son verre de Whisky-Pur-Feu. Le bas de son verre cogna contre la table. Elle avait tout à coup trop chaud, c'était comme si elle pouvait sentir son sang bouillir dans ses veines.

Devon observait Elliot avec l'ombre d'un sourire. Ses joues étaient roses à cause de l'alcool. Elle passa une main sur sa nuque pour sentir sa température et glissa sa main jusqu'à dans son cou et son décolleté.

Il y avait quelque chose de terriblement excitant à être assit devant Elliot Thorne. Elle n'était pas la plus jolie de filles de Poudlard. C'était presque un garçon manqué si on ne la remarquait pas, toujours en jolie robe sous son manteau, pendant les sorties à Pré-Au-Lard. Si on ne savait pas que ses sous-vêtements étaient incroyablement sexy quand on fouillait dans son casier aux vestiaires de Quidditch. Si elle n'avait pas ces yeux en amande, ambrés comme du miel, qu'elle clignait innocemment, avant d'éclater de rire devant son imitation plutôt réussie de Potter en train d'essayer de se faire Evans.

Devon l'avait choisis pour remplacer Alice. Devon savait que Thorne était capable de les suivre. Elle était misérable, en colère et elle retenait encore tout pour elle. Quand elle explosera, Devon voulait la pousser dans la bonne direction. Elle était une sang-pure. Elle était douée en magie, bien que ce n'était ce qui comptait le plus dans le jeu. Elle devait juste êtres assez satisfaisante pour le Seigneur des Ténèbres. Il voulait des belles femmes parce qu'il avait comprit que des muscles et des Avada Kadravra ne lui donneraient pas tout. Il fallait la subtilité, la beauté d'une femme sur l'oreiller ou même leur étreinte lors d'une danse, dans une illusion de sécurité. Et surtout leur apprendre à être mortelles.

Alice ne pouvait pas faire cela. Elle était belle mais fragile et faible. Devon n'avouait pas qu'il lui en voulait pour cela. Il lui disait que ce n'était pas grave ; qu'elle n'était pas faite pour cela. Il aurait bien donner sa femme s'il était marié pour l'épargner mais sa promise avait douze ans. C'était une enfant gâtée qui vivait en France et qui était incapable de parler un mot d'anglais. Elle était une fille de la famille Lalonde mais il avait oublié son prénom. Sophie ou Suzy, ils avait la tradition de donner à leur enfant un prénom commençant par un S.

Alors, il fallait trouver un moyen pour Le satisfaire. Il ne pouvait pas s'associer à une fille de Serpentard, elles étaient toutes déjà plus ou moins fiancées. Il fallait donc trouver une autre sang-pure, plus jolie qu'autre chose et facile à manipuler. Devon allait se rabattre sur Christina Royce à Serdaigle mais elle était sortie avec assez de garçons pour qu'on se pose des questions sur son innocence. Thorne avait deux prudes comme meilleures amies, c'était la seule à s'être découvert avec un Serdaigle quand ils étaient en cinquième année, cela n'avait pas duré très longtemps. Elliot Thorne était devenue une proie facile avec la mort de ses parents par Fenrir Greyback. Le Seigneur des Ténèbres avait ordonner leur mort parce qu'ils ne voulaient pas se rallier à eux. Ils avaient été stupides mais la fille aurait compris la leçon si elle ne voulait pas que son Poufsouffle de frère subisse le même sort.

Mais pour l'instant, Avery voulait juste s'amuser un peu. Voir jusqu'où, sans menace, elle pouvait aller. Il avait déjà remarquer ses pupilles se dilater quand il la regardait. Elle l'intriguait déjà.


J'espère que ce chapitre vous à plu ! Merci pour les gentilles reviews, ça fait plaisir ! :) N'hésitez pas à laisser un petit mot pour me dire ce que vous en pensez