Nouveau drabble. Inspiré de la première strophe du poème de Baudelaire, La mort des amants. Rien n'est à moi mais aux personnes qui détiennent les droits sur HP et la poésie. Enjoy.


« Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,

Des divans profonds comme des tombeaux,

Et d'étranges fleurs sur des étagères,

Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux »

La vieille maison croulait sous le poids des souvenirs et des remords, et l'on pouvait encore entendre les cris, hurlés ou non, résonner dans les silences. Les murs, tendus de lourdes tapisseries, étouffaient les sons. C'était une prison, riche prison capitonnée, qui influait sur les caractères et empoisonnait le bonheur.

Il n'y avait qu'une seule pièce, aux murs nus et vides de résonnances, où l'on pouvait se créer son propre univers.

-Je vais de prison en prison.

Le murmure de Sirius glissa sous les draps et remonta, doucement, jusqu'au creux de l'oreille de Severus. Ce dernier ne dit rien mais ses doigts exercèrent une pression sur la taille qu'ils enserraient.

Sirius recommença à parler, aussi doucement que précédemment.

-Tes bras aussi, sont une prison…

Le corps de Severus se crispa jusqu'à ce que Sirius ne termine sa phrase.

-…mais je m'y sens…si…libre.

La Noble et Très Ancienne maison de la Famille Black était toujours étouffante et remettait inlassablement de mauvaises choses en mémoires. Mais dans la chambre des amants, il régnait une odeur de pétales séchés dans une autre vie.

Soudain, ce fut comme s'ils étaient couchés sur un lit de fleurs sauvages, couverts d'une brûme fraiche au parfum d'eternité.