Bonjouuuuuur !

On dirait que ce nouveau concept de fanfic à la Monroe vous plaît ! Tant mieux tant mieux ! (au fait, j'ai oublié de le mentionner dans le chapitre 1, mais l'idée pour le personnage de Jim m'a été inspirée par PandorWho !)

Merci pour vos reviews, elles ont éclairé ma journée de boulot XD

Allez, je vous laisse lire, bonne lecture !


Chapitre 2 : Un Café Latte, au shaker, pas à la cuillère

Loki n'était pas stupide.

Evidemment qu'il avait remarqué l'effet bénéfique à retardement qu'avait l'Irlandais du Starbucks sur Elisabeth. Même si le médecin n'aimait pas à proprement parler le serveur, être l'objet de l'attention de quelqu'un la faisait se sentir mieux.

Loki n'interviendrait plus dans les affaires des deux petits bruns, mais rien ne l'empêchait de les faire se rencontrer, n'est-ce pas ? Le reste reposerait entre les mains de Jim et dépendrait du bon vouloir de Liz.

Le dieu de la Malice souhaita mentalement bon courage au barman et alla réveiller son amie, un peu plus calmement que la veille. Elle ne ronchonna qu'à peine quand il la débarrassa de sa couverture et la tira hors du lit par une cheville, laissant le reste traîner par terre jusqu'à ce qu'il la largue devant la salle de bain. La larve humaine se déplia telle un monstre de film d'horreur et ferma la porte de la pièce pour se laver en toute intimité (pour une fois).

Vingt minutes plus tard, elle ressortit, cette fois sur ses deux jambes, et alla retrouver Loki dans le salon.

- Tu vas où ? demanda la jeune femme en le voyant mettre ses chaussures et son manteau noir.

- Je vais à la librairie à Broadway, j'ai commandé des livres la semaine dernière.

- Ah, c'est celle où Tony t'as emmené juste après votre voyage de noces ?

- Oui, les libraires sont sympa.

Elisabeth hésita, puis lui fit signe de l'attendre alors qu'elle enfilait des vêtements chauds avant de le suivre dans l'ascenseur. Alors qu'elle remontait la fermeture éclair de sa parka, le rictus de Loki s'élargit de satisfaction. C'était presque trop simple !


- Tu as commandé un bouquin d'astronomie ? Sérieux ? s'étonna la brune en secouant un gros volume bleu nuit orné d'étoiles.

- Et pourquoi pas ? répliqua Loki en reprenant son livre pour le faire pointer à la caisse.

- C'est que… je ne te croyais pas féru de ça…

- J'ai décidé de m'y mettre, après tout, j'ai déjà voyagé en vaisseau spatial, alors pourquoi pas ?

La vendeuse fit une drôle de tête en entendant cette partie de la conversation et s'empressa de remettre ses achats et sa carte de fidélité à Loki. Le dieu ricana et sortit du magasin, Liz sur ses talons.

- Si tu as besoin de nouveaux vêtements, on peut aller là… proposa le géant des glaces à sa meilleure amie.

Le bruit caverneux de l'estomac de la plus jeune lui répondit.

- Ah, oui, tu as encore sauté le petit-déjeuner, soupira le Jotnar en levant les yeux au ciel.

- Je n'avais pas faim en me levant, se justifia-t-elle.

- Bon, il y a un café là-bas, ou bien le Starbucks d'hier, il est dans le coin si je ne m'abuse.

- Va pour le Starbucks, leur pain au chocolat est une tuerie !

- Jim aussi, non ? s'esclaffa Loki avec un clin d'œil plein de sous-entendus.

- Oh, la ferme, je t'ai déjà dit qu'il n'y avait pas moyen pour que je sorte avec lui ! Non mais tu m'as bien regardée ?

- Mais oui, mais oui, petit panda.

Loki lui passa un bras autour des épaules pour la réchauffer et l'entraîna vers Astor Place.


La vague de chaleur qui les accueillit au Starbucks ne fut rien à côté du regard chocolat de Jim. L'Irlandais, enthousiaste, poussa sa collègue vers la cuisine pour chercher des viennoiseries à mettre dans la vitrine et prit son poste au comptoir.

- Bonjour ! s'exclama-t-il avec entrain, faisant rouler les yeux d'Elisabeth.

- Mon chou, t'es tellement heureux que j'en ai mal aux dents, arrête donc de sourire ou tu vas rester coincé ! répondit Liz pour l'embêter.

Malheureusement pour elle, sa réplique eut l'effet inverse et l'Irlandais se mit à rire. C'était mign… oh, merde.

- Bordel, j'ai jamais vu un gars aussi content de bosser, râla-t-elle.

- Un Earl Grey pour moi s'il vous plaît, commanda Loki avec chaleur avant qu'elle n'ait le temps de critiquer autre chose.

- Monsieur Loki, c'est bien ça ? Et pour Madame ?

- Yoda est mon nom et un Cappuccino je voudrais, jeune padawan. Avec un pain au chocolat.

Les épaules du barman furent secouées par un nouveau rire silencieux et il nota le nom avec un sourire en coin.

- Je vous sers ça tout de suite, Maître Yoda.

Les deux amis échangèrent un regard mi-blasé, mi-amusé alors qu'ils glissaient vers la droite pour payer leurs consommations. Jim, qui avait enlevé sa chemise à carreaux de la veille pour la troquer contre un t-shirt un peu trop serré ramena les boissons et le pain près de la caisse et enregistra les achats. Loki paya en liquide et ils allèrent s'asseoir à la même table que le jour précédent.

- Il a pris du muscle depuis hier ou j'ai rêvé ?

- C'est le t-shirt, expliqua Liz. Ça lui fait des gros bras.

Elisabeth reporta son attention sur son petit pain, qu'elle porta délicatement jusqu'à sa bouche pour y planter ses dents.

- Mon dieu. Une tuerie.

- Au moins tu n'as pas mis tout le café au courant cette fois, fit remarquer Loki en sirotant son thé brûlant.

- Franchement, celui qui a fait ça peut mourir en paix !

- Superbe accomplissement de toute une vie : les pains au chocolat orgasmiques.

- Ne ris pas, cette pâtisserie est artistique, on devrait la mettre dans un musée.

- Mais alors tu ne pourrais pas la manger, objecta le dieu qui en avait marre de parler d'un stupide pain.

- Hm, certes.

Liz termina son pain avec révérence et s'empara du Cappuccino pour faire passer la nourriture.

- On revient demain dis ?

- Heu, pour le pain ou le serveur ?

- Le pain !

- Désespérante… Mais ok, comme tu veux.


Et Loki tint parole. Ils retournèrent au Starbucks tous les jours durant les deux semaines suivantes, pour le plus grand plaisir de l'Irlandais, qui pensait que c'était pour lui. Chaque jour, s'attendant à leur venue, il mettait de côté le plus gros pain au chocolat de la fournée et rigolait à chaque nom stupide que lui donnait la jeune femme.

Le dieu de la Malice aurait pu y voir un début de complicité si l'estomac de sa meilleure amie n'avait pas été impliqué. Il en venait même à plaindre Jim, qui n'avait pas l'air de s'indigner d'avoir moins de succès que les pains qu'il vendait.

Liz n'avait d'yeux que pour des viennoiseries, et lui, il lui souriait avec une tendresse mal dissimulée quand elle ne le voyait pas.

Malgré tout, malgré le fait qu'elle mange et qu'elle se lève tous les matins pour sortir de la Tour, Elisabeth continuait de faire des cauchemars et d'avoir des visions, bien qu'elle n'en parle jamais. Ses cernes ne diminuaient pas et son regard était chaque jour plus hanté que le précédent.

Un beau jour, Loki en eut assez de cette routine qu'il jugeait contre-productive et décida de ne plus aller au Starbucks. Pendant la majeure partie de la matinée, il sentit le regard de Liz perforer sa nuque tandis qu'elle prenait garde à ne pas être vue. Elle finit par pousser un genre de feulement agressif, puis alla s'enfermer dans sa chambre.

Tony, qui remontait de son atelier, lui demanda ce qui se passait.

- Il y a que j'en ai marre d'aller dans ce café, et qu'elle est trop bornée pour y aller seule ! explosa le dieu.

- Héééé, du calme, Locke. Tu n'avais pas dit qu'elle allait mieux ?

- Crois-moi, seul son appétit va bien ! Le truc, c'est que ce pauvre gars essaie de séduire une fille qui ne pense qu'à son ventre et à ces foutus pains au chocolat ! En attendant, ça n'arrange pas le problème et elle va finir par lui briser le cœur sans le vouloir !

- Chuuuuut, le calma Tony en enlaçant Loki par derrière, profitant que son époux était assis. Ils sont adultes tous les deux, et je suis sûr qu'elle sait ce qu'elle fait.

- Elle se comporte comme une gamine, Tony !

- C'est peut-être une gamine, mais elle n'est pas un monstre, je suis sûr que tout se passera bien.

Il passa une main dans les cheveux noirs de Loki et l'embrassa sur le front, puis sur les lèvres quand le dieu daigna tourner la tête vers lui pour en demander plus.

- D'un autre côté, depuis quand t'intéresses-tu aux autres humains ? le taquina l'ingénieur en entreprenant de masser les épaules sur son géant de mari.

Ce dernier le tua des yeux et se rencogna dans son siège pour profiter du massage.


- Liz, on va au cinéma, tu viens avec nous ? lança Tony vers le couloir au cours de l'après-midi.

- Non ! cria la jeune femme depuis sa chambre.

- Elle boude, conclut l'ingénieur en revenant vers son mari.

Assise dans son lit, Elisabeth tendit l'oreille et perçut le bruit caractéristique de la porte d'entrée qui se refermait. Elle attendit une dizaine de minutes, puis se leva et enfila ses chaussures et son manteau avant de sortir en courant pour rallier Astor Place.

Jim essuyait le plan de travail d'un air tristounet quand elle entra comme une tornade dans le Starbucks. Aussitôt, le visage du barman s'illumina et il faillit trébucher en venant à sa rencontre pour prendre sa commande.

- Juste un pain au chocolat, merci Jimmy.

- Voilà…fit le jeune homme en lui donnant sa drogue sur une serviette en papier. Votre ami n'est pas avec vous ?

- Non, il avait rendez-vous ailleurs, j'ai eu du mal à m'enfuir pour venir !

Jim rit doucement avant de reprendre son air sérieux.

- Dites, allez-vous un jour me dire votre vrai nom ?

Liz releva la tête pour le regarder bien en face.

- Je suis Bond, James B-

- Sérieusement, je veux dire.

Elisabeth fronça les sourcils.

- Si je le dis, on va devenir proches et tu vas juste découvrir à quel point je suis monstrueuse. Reste ignorant, Jim, ça vaudra mieux pour toi.

Elle tourna les talons et alla s'asseoir à sa table habituelle.

Un petit quart d'heure passa, et vers quatorze heures trente, Jim sortit de derrière le comptoir pour venir s'asseoir face à elle, à la place de Loki.

- C'est la place de Loki, fit-elle remarquer par automatisme.

- Mais il n'est pas là.

- Tu n'as pas de trucs à faire ?

- Je suis en pause.

Liz se recula sur sa banquette et le dévisagea avec réprobation.

- Tu gâches ta pause avec moi, c'est pas très malin.

- Je pourrais la gâcher d'une façon bien plus moche.

- Ah ? Il y a d'autres laiderons dans la salle ? ironisa Liz en jetant un œil aux alentours.

- Vous n'êtes pas laide, dit rapidement l'Irlandais en fronçant les sourcils. Vous traversez une mauvaise passe et ça a une influence sur votre physique, je connais ça.

- Alors là, ça m'étonnerait…

Un silence s'installa et Jim chercha quelque chose à dire avant qu'elle ne se décide à partir.

- Je m'appelle James. En fait.

-Ton badge dit Jim, pointa-t-elle du doigt.

- C'est un diminutif que tout le monde utilise, le patron a jugé bon de le mettre sur mon badge.

- Je suis ravie de le savoir, dit-elle en faisant les gros yeux.

Le barman se rembrunit et la regarda manger son pain au chocolat d'un air absent.

- Franchement, je ne sais pas où vous achetez ces trucs, mais c'est super bon, déclara-t-elle la bouche pleine en mettant des miettes partout.

Un large sourire s'étala sur le visage de Jim.

- Merci !

- Je ne disais pas ça pour te faire plaisir !

- Pourtant vous venez de le faire. C'est moi qui fait ces pains tous les matins, murmura-t-il comme un secret.

Le médecin prit un air ahuri et en laissa tomber son morceau de pain sur sa serviette.

- Q-quoi ?

- Les pains industriels qu'on achetait avant ne plaisaient pas aux clients, et comme j'aime cuisiner, j'ai proposé au patron de faire un essai. Ils ont plu aux gens donc… tadaaaa…!

Liz se rappela soudain de refermer la bouche et récupéra les miettes qu'elle avait projetées partout.

- Tu es doué ! lança-t-elle comme s'il s'agissait d'un miracle.

- J'ai droit à des compliments maintenant ? plaisanta l'Irlandais.

- J'ai beau être une garce la plupart du temps, je sais tout de même reconnaître le talent quand je le vois ! Ces pains au chocolat pourraient ramener la paix dans le monde !

- Merci, répéta James avec un beau sourire qui dévoila ses dents.

Il se releva d'un coup sans prendre congé, laissant Liz muette de stupéfaction, et alla derrière le comptoir préparer une boisson chaude avant de mettre de l'argent sorti de sa poche dans la caisse. Il posa le gobelet en carton devant Liz et l'invita à le boire.

- C'est au caramel, vous n'en avez jamais pris alors qu'il suit très bien avec les pains au chocolat. Allez-y, goûtez !

- Mais tu l'as payé… !

- Uniquement pour vous rabattre le caquet, alors faites-moi plaisir et buvez. Et arrêtez de prétendre que vous ne voulez pas qu'on devienne amis alors que vous me parlez comme à un pote depuis le premier jour !

Okay, là, il n'a pas tort, pensa amèrement Elisabeth en soufflant sur le café avant d'en prendre une gorgée.

- C'est bon… daigna-t-elle murmurer.

- Bien ! s'exclama le jeune homme en retournant à son poste pour enfiler son tablier et se remettre au boulot.

Liz continua à le surveiller du coin de l'œil tout en finissant sa tasse, puis finit par jouer avec le gobelet vide. En le retournant, elle constata qu'il y avait inscrit son numéro de portable.

Elle soupira et écrasa le gobelet avant de le jeter dans la poubelle près de la sortie. Sachant très bien qu'il la regardait, elle fit un signe vague de la main et retourna dans le froid et la pollution de la rue.


En revenant du cinéma, Loki retrouva Liz prostrée dans son lit, les traits tirés et son téléphone entre les mains.

- Il s'est passé quelque chose ? demanda-t-il en s'asseyant au bord du matelas.

- J'ai été au Starbucks.

- Ah. Et ?

- Il m'a refilé son numéro et un café gratuit.

- Couillu. Et qu'as-tu fait ?

- Je l'ai jeté à la poubelle.

- Heu…le gars, le numéro ou le café ?

- Le numéro ! Mais mon crétin de cerveau l'a mémorisé et depuis tout à l'heure je me demande si je devrais l'enregistrer ou pas !

Le géant s'empara du téléphone et alluma l'écran. On lui suggéra alors d'enregistrer le numéro de "James Bond" dans les contacts.

- James Bond ?

- Ouais, son prénom c'est James, gémit Elisabeth en rabattant sa couette sur sa tête.

Loki vérifia que tous les chiffres étaient présents et appuya sur OK avant de poser l'appareil sur la table de nuit. Puis il releva un coin de la couverture pour regarder son amie.

- Donc, si je comprends bien, vous avez discuté ?

- Oui…

- Et il est comment ?

- Il est gentil, il a du répondant et il cuisine bien.

Elle se redressa un peu avant de continuer :

- Les petits pains, c'est lui qui les fait.

- Ah, ça explique beaucoup de choses ! s'exclama Loki en rigolant. Bon, j'espère que tu ne vas pas tomber amoureuse de lui uniquement pour profiter de sa cuisine…

- Je ne sortirai pas avec lui ! Je ressemble à Mrs Lovett ! Et puis, si un autre gusse dans le genre de Thanos veut s'en prendre à nous, Jim va être impliqué et je ne veux pas que ça arrive !

- Ah, donc tu vas vivre seule jusqu'à la fin de tes jours au cas où des extraterrestres envahiraient la Terre ?

Elisabeth marqua un temps avant de répondre.

- Ouais, bon, dit comme ça c'est ridicule, mais vu ma propension à m'attirer des ennuis, je préfère ne pas m'engager... Bon, je vais dormir un peu avant le repas, tu me réveilleras pour manger ?

- Mais oui, assura Loki avant de lui planter un baiser sur le front.

Il sortit de la chambre et referma la porte, replongeant Liz dans ses pensées.


-It's close to midnight/Something evil's lurking from the dark/Under the moonlight/You see a sight that almost stops your heart/You try to scream/But terror takes the sound before you make it/You start to freeze/As horror looks you right between your eyes/You're paralyzed…

- Allons bon, je me paie des rêves sur fond musical maintenant, grommela Liz en regardant un homme s'effondrer dans sa salle de bain à cause d'une intoxication au monoxyde de carbone.

- You hear the door slam and realize there's nowhere left to run/You feel the cold hand and wonder if you'll ever see the sun/You close your eyes and hope that this is just imagination, girl/But all the while you hear a creature creeping up behind/You're out of time… continua la voix de Michael Jackson.

Une femme apparut alors, couchée à plat ventre sous un lit, une main sur la bouche et les yeux écarquillés de peur. Deux cambrioleurs surgirent alors de derrière une porte et l'un d'eux se pencha pour vérifier sous le meuble si quelqu'un s'y cachait…

- Oh merde, pauvre fille… murmura Elisabeth sans pouvoir agir.

- Night creatures call/And the dead start to walk in their masquerade/There's no escaping the jaws of the alien this time/They're open wide/This is the end of your life !

Un chien enragé menace une gamine de trois ans dans un jardin, les parents arriveront trop tard pour empêcher la bestiole de sauter à la gorge de leur fille…

- Pitié, que ça s'arrête ! hurla Elisabeth alors que la lumière baissait d'un coup.

- They're out to get you, there's demons closing in on every side/They will possess you unless you change the number on your dial/Now is the time for you and I to cuddle close together/All through the night I'll save you from the terror on the screen, I'll make you see…

Elisabeth bascula dans les bras d'un inconnu en costume gris perle avec une épingle de cravate ornée d'un diamant qui la fit tournoyer comme dans une parodie de valse avant de l'envoyer dans une nouvelle vision. Elle essaya de voir son visage avant qu'il ne disparaisse entièrement, mais il était plongé dans le noir.

- Darkness falls across the land/The midnight hour is close at hand/Creatures crawl in search of blood/To terrorize yawls neighborhood /And whosoever shall be found /Without the soul for getting down /Must stand and face the hounds of hell /And rot inside a corpses shell…

Elisabeth se retrouva à côté d'un homme au milieu d'un passage pour piétons et vit arriver une voiture noire qui roulait à toute vitesse. Elle leva les bras pour se protéger…

- The foulest stench is in the air/The funk of forty thousand years /And grizzly ghouls from every tomb /Are closing in to seal your doom/And though you fight to stay alive/Your body starts to shiver /For no mere mortal can resist/The evil of the thriller !

La voiture semblait arriver au ralenti et Liz regarda à sa droite pour voir l'homme qui devait mourir de cette manière, mais son visage était rendu méconnaissable par la lumière trop brillante des phares.

Au loin, une horloge numérique sur un gratte-ciel indiquait 18 : 03 et le soir était déjà tombé.

La jeune femme fut aspirée en arrière comme par un trou noir et se retrouva une nouvelle fois entre les bras de l'homme en costume, qui n'avait pas l'air d'avoir envie de la lâcher.

Alors que le rire sardonique de Vincent Price retentissait à ses oreilles, Liz poussa l'homme vers la lumière et recula, horrifiée, quand elle le reconnut enfin.

- Non… NON ! hurla-t-elle dans son rêve comme dans la réalité alors qu'elle se réveillait en sursaut, les échos du rire dans les oreilles.

La jeune femme se jeta sur son téléphone, toujours posé sur sa table de nuit et alluma l'écran, qui indiqua 17h49. Affolée, elle se leva si vite qu'elle faillit faire une chute de tension et se cogna l'orteil contre le pied de son lit.

- Aïe, putain !

Elle enfila des ballerines qui traînaient, beaucoup plus pratiques que ses chaussures à lacets, sans se soucier du fait qu'elle portait encore une paire de chaussettes épaisses.

- Tony, je pique ta Chevrolet ! hurla-t-elle en sortant de sa chambre comme une furie en vérifiant l'heure une nouvelle fois.

- Quoi ?! s'indigna le milliardaire depuis la salle de bain.

Le médecin attrapa rapidement les clés de la voiture qui pendaient contre le mur et les laissa tomber dans sa frénésie. Elle jura et les ramassa, s'explosant un ongle sur le sol. Retenant ses larmes de douleur, la jeune femme appela l'ascenseur et tapa du pied tant il était lent à arriver.

- Allez, allez… ! gémit-elle en regardant avec angoisse les numéros rouges qui s'affichaient au-dessus des portes.

L'habitacle finit par s'ouvrir et elle se rua à l'intérieur, martelant le bouton du souterrain comme une possédée. Elle maudit Tony d'habiter dans une tour aussi haute et fit les cent pas dans les six mètres carrés disponibles.

- Dépêche-toi, machine infernale !

Elle regarda de nouveau l'heure. 17h52.

Dans dix minutes… il lui restait dix petites minutes…

Les portes s'ouvrirent à nouveau et elle courut dans le garage où Tony entreposait toutes ses voitures de collection. Elle suivit le bip bip de la Chevrolet et y entra en manquant d'esquinter la portière. Liz enfonça rageusement les clés sur le contact et faillit faire caler le moteur en essayant de démarrer trop vite, puis la voiture bondit vers la porte du garage qui se soulevait lentement.

- Bordel de porte de garage à la con, on dirait une foutue grand-mère ! s'énerva-t-elle en se faufilant sous la tôle épaisse dès que le plafond de la voiture put y passer sans se coincer.

La Chevrolet s'inséra dans la circulation new-yorkaise et faillit rester coincée dans un bouchon. Heureusement, Liz connaissait bien Manhattan et fonça comme une dératée dans des rues pas très larges, klaxonnant un gars qui déchargeait ses courses en double file.

Le mec commença à s'énerver, mais Elisabeth hurla par la fenêtre :

- Je suis en train de perdre les eaux, faut que j'aille à l'hosto !

L'autre écarquilla les yeux et alla garer sa voiture plus loin, dans une rue perpendiculaire. Sans aucun remord, le médecin appuya de nouveau sur l'accélérateur et finit par déboucher sur Broadway. Elle brûla un feu rouge et faillit se prendre un camion en cherchant des yeux l'entrée de la rue où elle devait absolument se rendre.

Un coup d'œil rapide vers l'horloge de la Chevrolet lui apprit qu'il ne lui restait que deux minutes pour sauver le futur accidenté.

C'est-à-dire Jim.


À suivre…

Ouaiiiis, du suspense ! :D Ça vous avait manqué hein ?

Alors alors, que va-t-il se passer à votre avis ?

Une review ou un meurtre !

PS : Au cas où, la chanson, c'est Thriller, par le Roi de la Pop !