Coucou !

Un grand merci à tous ceux qui m'ont laissé une petite review. Je vous fait de gros gros bisous !

Aujourd'hui, c'est l'heure de publier la partie 2 !
Je suis encore dans l'écriture, d'ailleurs la partie 4 me donne un peu de fil à retordre et j'ai peur qu'elle soit monstrueusement longue haha. Mais ne vous en faites pas, elle sera terminée à temps ;)

Aujourd'hui, c'est aussi mon anniversaire !
Et on m'a fait percuter que ma fiction commençait le 16 décembre (partie 1), ce n'était pas voulu et ça me plaît beaucoup *keur*

J'espère que cette suite vous plaira tout autant que la partie précédente.

ENJOY


BIENVENUE DANS LA FAMILLE, POTTER.

Chapitre 02 : Action ou Vérité ?


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22 décembre

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Albus délaissa Rose et Eloïse dans le Grand Hall et se dirigea vers la Grande salle d'un air déterminé. Scorpius était introuvable dans les dortoirs et leur salle commune, il ne restait donc plus que deux endroits où le trouver. La bibliothèque ou bien ici. Vu que les élèves commençaient à s'entasser dans la bibliothèque pour profiter de la chaleur du lieu et pour emprunter des livres pour les vacances, le jeune Potter en avait déduit qu'il risquait d'être plus chanceux avec la seconde option.

Une tête blonde fortement reconnaissable se trouvait effectivement à la table des Serpentards, pratiquement déserte ce jour-ci. Il sourit et s'engagea, non sans admirer les décorations de Noël qui lui faisaient toujours le même effet.

Des sapins décorés aux couleurs des quatre maisons bordaient les murs jusqu'à rejoindre la pièce maîtresse ; un énorme arbre aux branches majestueuses derrière la table des professeurs. Celui-ci atteignait la hauteur de la Grande Salle avec son sommet ornementé d'une étoile dorée scintillante et ses guirlandes lumineuses embellissaient la Grande Salle. Une neige artificielle, qui disparaissait si tôt entre les doigts des élèves, s'était établie partout aux alentours, venant tout droit du plafond magique qui déversait à sa guise de beaux flocons.

Même vide, la pièce était chaleureuse et accueillante, avec un esprit de Noël que les Weasley eux-même ne reproduisaient pas aussi bien pour le Réveillon.

Albus se glissa sur le banc à côté de Scorpius sans que celui-ci ne le remarque et l'observa rédiger son devoir avec un sourire distrait. Au bout d'un moment, il soupira toutefois et pris le bol de framboises de son ami pour le lui agiter sous le nez.

- Allô la Terre, ici la Lune ?

Pour toute réponse, le jeune Malfoy piocha à la va-vite une framboise et grommela.

- Tu sais que tu te surmènes, parfois ?

- Il me reste une partie. Je ne suis pas sûr que j'aurais le temps de m'y atteler une fois chez moi... Vas savoir ce que mes parents ont prévu pour Noël cette année.

- Nanana, Scorpius. Arrête. Je suis certain que tu trouveras du temps, on a presque dix jours de vacances ! Viens avec nous. Viens profiter du premier jour des vacances. Et ne m'évite pas.

Des framboises plein la bouche, Scorpius releva la tête vers lui, les yeux légèrement écarquillés.

Merde, il avait quand même de sacrés yeux, songea Albus. Des yeux gris, pâles, du genre à vous faire oublier le sujet de la conversation ou qui vous êtes –Du moins Albus oubliait bien qu'il était un Potter à chaque fois. S'il l'avait voulu, se dit-il, Scorpius aurait pu être du genre terrifiant et froid rien qu'avec son regard. Pourtant, c'était quelqu'un de très gentil et qui l'avait toujours été avec lui.

Scorpius rougit et détourna la tête.

- Je ne t'évite pas du tout, répliqua-t-il d'un ton murmuré.

Albus soupira et s'accouda à la table de la Grande Salle le menton dans sa main, non sans lâcher son meilleur ami du regard.

Il sourit.

Ce n'était que pour le taquiner et ça marchait plutôt bien. Il avait conscience que Scorpius ne l'évitait pas. Pour être honnête, leur relation connaissait certes quelques élans de timidité désormais, des hésitations qu'il n'y avait jamais eu auparavant, mais ce n'était pas du tout pour lui déplaire. Car leur amitié avait définitivement changé pour prendre le chemin d'un sentiment qu'il préférait.

Depuis le week-end dernier, leurs corps se faisaient spontanément plus tactiles et les plaisanteries moins nombreuses. Ils avaient passé la dernière semaine de cours dans un étrange silence, là où d'ordinaire ils chuchotaient sans cesse. Les professeurs pouvaient bien s'étonner de ce retournement, le secret de leur mutisme tenait tout simplement dans le contact de leurs genoux sous les pupitres. Les caresses furtives qu'ils n'avaient aucune envie d'interrompre par une blague ou un fou rire.

Et puis il y avait leurs mains, également. Elles se cherchaient presque en permanence. C'était une drogue pure et simple. Leurs doigts s'effleuraient en tendant une plume ou un parchemin, quand ils marchaient côte à côte –toujours le plus proche possible, ou quand ils prenaient leurs déjeuners. Oui, leurs mains trouvaient toujours une raison pour flirter entre elles.

C'était à la fois craintif, nouveau, et grisant.

Des gestes simples, doux, discrets, devenus routiniers mais dont Albus ne se lassait pour rien au monde. Chaque jour ils se rapprochaient et chaque jour il en voulait encore plus.

Ils n'avaient toujours pas parlé, néanmoins. Et c'était le seul détail qui le chagrinait. Albus aimait savoir où il mettait les pieds. Marcher sur des œufs n'était décidément pas sa tasse de thé et il était toujours direct dans ses relations. Seulement, il avait toujours eu conscience que Scorpius était complètement à l'opposé et il avait peur de l'effrayer en ouvrant la discussion.

Parler, s'exprimer profondément, Albus avait rarement vu le Serpentard à l'œuvre. Il avait appris à deviner et à lire entre les lignes avec le temps, mais dans le domaine des sentiments c'était plus compliqué de mettre cette astuce en pratique.

- Tu ne peux pas ne pas profiter des vacances, insista-t-il, c'est inhumain. Viens, s'il te plaît. Et puis... ça me ferait vraiment plaisir que tu sois là.

- Hum.

- Très très plaisir.

Le jeune Malfoy se retourna vers lui en haussant un sourcil.

Merlin, il ne comprenait pas pourquoi Scorpius était toujours célibataire. En dehors du fait qu'il n'était pas très sociable, il était séduisant à se damner en enfer. Il avait sûrement déjà eu quelqu'un, même si l'idée même le rendait un peu jaloux.

- D'accord, capitula Scorpius. Qui sera là ?

- Seulement toi, moi, Rose, Eloïse.

- C'est tout ?

- Oui, promis. Rien de grand. Juste quelques bièraubeurres et un peu de musique pour fêter le début des vacances.

- Je ne veux pas paraître pessimiste, mais on dirait un double-date.

Le sourire d'Albus s'agrandit. Il l'attendait, celle-là.

- Ah oui ? Jusqu'ici je ne savais pas que Rose et Eloïse se tournaient autour... Tu as des news à ce propos ?

- Ce n'est pas ce que je voulais dire...

- Je sais ce que tu voulais dire. Pour être honnête, Eloïse est intéressée par toi, pas par moi. Je me demandais si tu l'avais remarqué ?

A en voir l'étonnement sur le visage de Scorpius, il venait de lui annoncer une sacrée nouvelle. Ça ne le surprenait pas, Scorpius avait toujours observé les garçons plus que le sexe opposé. Dernièrement, Albus y avait prêté grandement attention. Il aurait aimé se sentir désolé pour Eloïse, qui était par ailleurs une chouette Serdaigle, mais il ne l'était pas le moindre du monde.

Il prit une framboise dans le bol de Malfoy et pris d'un éclair d'audace, il la lui présenta entre son pouce et son index. S'il la prend, c'est bon signe... S'il la prend..., espéra le Serpentard.

Scorpius leva les yeux au ciel et laissa échapper un rire léger. Saisissant le poignet d'Albus entre ses doigts délicats, il vint cueillir la framboise du bout des dents, non sans donner un coup de langue au passage. Ils n'étaient jamais allés aussi loin depuis l'épisode de l'armoire.

- Eloïse ne m'intéresse pas du tout, si tu veux savoir.

Il se détourna en haussant les épaules. Albus n'était pas sûr d'avoir bien entendu avec toute cette électricité qui lui parcourait le corps. Il souriait, tel un arroseur arrosé heureux de l'être.

L'attention de Scorpius revint sur lui. Deux yeux gris et une question muette. Albus secoua la tête. Oui, tout va bien, tout allait merveilleusement bien. Comment ne pourrait-il pas aller bien, d'ailleurs ? Il s'étendit, un soupir de soulagement sur les lèvres et secoua l'épaule de son ami.

- Bon, vu qu'on est tombé d'accord, finis tes framboises de luxe. Les filles nous attendent déjà !


Albus sirotait tranquillement son énième bièraubeurre. La tête commençait à lui tourner et il était bien parti pour finir ivre à déblatérer des inepties toute la nuit. Il observait toujours Scorpius du coin de l'œil, mais il était sûrement de moins en moins discret au fur et à mesure des boissons. Eloïse le fusillait drôlement du regard depuis une petite demi-heure.

Ce qui le faisait beaucoup rire parce qu'il n'était toujours pas désolé pour elle. Quand il était question de Scorpius, c'était chacun pour soi.

Pour renchérir sur sa bonne humeur, depuis qu'il avait confié l'intérêt d'Eloïse à Scorpius celui-ci évitait tout malentendu et toute parole susceptible d'induire la Serdaigle en erreur. Il n'était ni cassant ni évasif avec elle, ce n'était pas le genre de Scorpius de blesser intentionnellement. Mais Albus était témoin du contrôle qu'il exerçait face à la situation. Le jeune blond faisait mine de ne pas observer malencontreusement la jeune femme en dehors de leurs conversations et évitait tout contact fortuit.

Merlin, comme Albus ne pouvait s'empêcher de ressentir un brin de possessivité chaque fois qu'Eloïse faisait une tentative pour se rapprocher physiquement de lui.

Il ne bronchait pas, souriait, buvait, racontait ses blagues, comme à son habitude. Il s'amusait même sur la piste de danse au milieu de ses camarades de Poudlard et des habitants de Pré-au-Lard, au pied de l'énorme sapin de Noël qui prenait la place d'une ou deux bonnes tables de la taverne. Toutefois, il gardait un œil attentif sur le duo malgré lui.

Il avait envie d'hurler dans les Trois Balais qu'il était fou amoureux de Scorpius et que quiconque ici devrait lui passer sur le corps pour pouvoir l'atteindre. Et le message ne valait pas que pour Eloïse, il valait pour tout le monde.

Il ouvrit la bouche. Les mots étaient juste là sur le bout de sa langue, prêts à sortir à la moindre occasion.

Ok... Il commençait peut-être déjà à être bourré...

- A quoi penses-tu, cousin ? lui susurra Rose. Tu souris beaucoup, ce soir.

Il rougit et lui fit un clin d'œil.

- C'est un secret, Rosie.

- Sachant que j'ai grandi avec le gringalet que tu es... Je n'ai aucun mal à reconnaître l'air niais que tu affiches. C'est à propos de Scorpius, c'est ça ?

En entendant son nom, le jeune Malfoy se retourna vers eux et leva un sourcil interrogateur. Rose se contenta de balayer l'air de la main et Eloïse reprit sa conversation avec lui.

- Alors ? Vous vous êtes parlés depuis ? insista Rose.

- Non.

- En tout cas, si ça peut t'aider je trouve qu'il a le même air niais que toi depuis que l'on vous a envoyé dans cette armoire... Ce baiser devait être incroyable. J'espère qu'il m'arrivera la même chose le jour où j'y serai envoyée avec Emmett, dit-elle d'une voix rêveuse.

- Pourquoi est-ce que je te raconte toujours autant ma vie ?

- Parce que tu m'adores, voyons !

Il vida d'une traite son reste de bièraubeurre, hochant la tête. C'est vrai, il l'adorait. Il avait toujours été plus proche d'elle que de sa propre fratrie. Néanmoins, il se demandait s'il avait bien fait de se confier au sujet de Scorpius quand elle pouvait avoir la langue aussi déliée.

- Et tu vas m'adorer encore plus dans quelques instants... Je pense qu'il est temps pour Elo et moi de squatter une autre soirée.

- T'es sérieuse ? Tu vas la convaincre ?

- Si vous pouviez vous voir, tous les deux... Même Eloïse le sait que vous n'attendez qu'une chose : vous sauter dessus. Elle n'est pas stupide, hein. On va vous laisser, c'est mieux pour tout le monde.

- Je ne suis pas sûr qu'il se passe quelque chose, tu sais. On ne s'est pas... embrassés depuis l'autre jour, articula-t-il silencieusement.

- Ça ne veut pas dire que les choses n'avanceront pas, non ? Je suis sûre que si tu laisses un peu de temps à Scorpius ou si tu prends les devants, ça finira par arriver.

Elle lui ébouriffa les cheveux d'un geste tendre et claqua son propre verre vide sur la table. Eloïse sursauta et laissa échapper un petit rire surpris.

- Bon ! s'écria Rose. Elo, il faut que tu m'aides à trouver Emmett ce soir. Il doit sûrement être quelque part dans ce petit village et j'ai bien l'intention de danser avec lui.

- Vraiment ? Tout de suite ? C'est que... Scorpius et moi...

- Tu peux y aller, rassura le concerné. De toute manière, je pense qu'Albus et moi n'allons pas tarder. Autant que vous continuiez à vous amuser toutes les deux.

- Si tu le dis.

- Allez ! insista Rose, qui avait peut-être bien bu elle aussi. Tu es mon amie et j'ai besoin de ton aide pour ne pas que je me dérobe cette fois-ci.

La jeune Serdaigle ne mit pas longtemps avant de capituler, surtout en interceptant le long regard qu'Albus lança à Scorpius. Le jeune Potter aurait pu une nouvelle fois se sentir navré, mais son côté Serpentard préférait plutôt jubiler. Il avait envie d'être seul avec son ami, rien qu'avec lui, même s'ils n'iraient peut-être pas plus loin que quelques mains curieuses ou quelques allusions ce soir.

Rose lui plaqua un joyeux baiser sur la joue et après quelques courtes minutes à se dire au revoir, qui durèrent une éternité selon lui, ce fut le silence. Un silence plaisant.

La musique, les rires des autres clients, les bruits de verres, ne furent plus qu'un fond sonore oublié. Les yeux gris de Scorpius regardaient droit dans les siens avec cette même intensité qu'il ressentait partout à travers lui. C'était un regard complice, doux, et il n'y avait plus qu'eux qui comptaient.

Comme Albus redoutait les vacances ! Rien ne l'attristait plus que de devoir se passer de lui plus d'une journée... Alors plus d'une semaine ? Quel enfer !

Il ouvrit la bouche, mais aucun mot ne vint.

- Tu me dois une dernière bièraubeurre, suggéra Scorpius.

Ses lèvres esquissèrent un sourire. D'accord, que la soirée continue, alors !


Ils avaient bu quelques heures de plus en tête à tête. Ils avaient dansé, également.

Scorpius avait fini par se défaire du regard des autres et par le rejoindre sur la piste de danse. Après quelques minutes intimidé, il se laissa emporter par le rythme de la musique sous l'œil approbateur d'Albus. Sur la piste, ils avaient enchaîné des danses ensemble et avec d'autre, et cette fois, pas un instant le jeune Potter ne s'était senti possessif. Il s'était terriblement amusé, il avait beaucoup ri. Il s'était senti heureux.

Il était fichtrement heureux.

Et ils rentraient tout les deux d'un pas lent maintenant, faisant durer le moment. Albus flânait, souriait, sentait que l'alcool était loin d'être l'élément qui le rendait si joyeux ce soir. C'était une nuit fraîche et claire, avec un ciel dégagé. Ils n'avaient pas besoin de Lumos pour avancer, la lune et la neige jouaient un petit jeu de miroir qui les guidait jusqu'à Poudlard. Ils étaient délicieusement seuls sur le chemin.

Albus dégustait le crissement sous leurs pas et leurs mains qui se frôlaient délicatement. Il n'était pas pressé d'atteindre l'école. Les douces caresses qu'ils échangeaient imperceptiblement l'électrisaient plus que de raison. Et il était en train de désirer furieusement que le moment continue à l'intérieur du château. De préférence dans son lit. Ou celui de Scorpius –il n'était pas très regardant sur la question.

Une idée le saisit à mi-chemin et il fit face à son ami, marchant ainsi à reculons.

- Action ou Vérité ? lança-t-il avec un sourire malicieux.

Albus voulait perçait à jour les sentiments de Scorpius. Du moins, un peu. Aller plus loin. Il voulait une chance de pouvoir parler. L'embrasser. Poser des foutus mots. Le toucher.

Il avait certainement bu plus qu'il ne le pensait. Sobre, il aurait été plus patient et ses idées ne s'embrouilleraient pas autant. Il voulait tant de choses.

- Vraiment, Al ? Encore un de ces jeux ?

Scorpius avait soupiré. Cependant, l'amusement teintait sa voix et son visage. Un sourire tout aussi mutin que le sien s'était emparé de son visage. Salazar, qu'il était beau.

- Bah pourquoi pas ? Je peux commencer, si tu veux.

- C'est bon. Vérité. Vas-y, balance-moi ta question.

Albus revint aux côtés de son ami, laissant la paume de sa main flirter avec la sienne, et fit mine de réfléchir.

- Hum... Qu'as-tu réellement pensé le jour de notre rencontre ?

- Tu remontes si loin ? rit Scorpius. Eh bien... Mon père t'avait désigné sur le quai comme le fils d'Harry Potter et m'a dit de vous éviter... Ha ha, s'il avait su. Tout ce que je me suis dit en retour c'est quelque chose comme « Par Salazar, il a l'air aussi paumé que moi dans ce train et si mon père m'a dit de l'éviter, je vais plutôt devenir son ami ».

- Alors tu n'avais pas le droit de me fréquenter ?

Scorpius lui lança un regard en coin.

- L'interdit n'était pas clair, il était juste question de t'éviter. Ose me dire que ton père ne t'a pas fait la même réflexion !

- Joker. Je me souviens de sa réaction quand je lui ai dit au détour d'un repas que tu étais mon meilleur ami. Pas un ami, mon meilleur ami, et que c'était indiscutable.

Albus sourit, se remémorant le souvenir. C'était lors d'un dîner pendant les grandes vacances et Scorpius lui manquait. Ayant envie de l'inviter, il avait bravé l'interdit en évoquant le sujet à table. Quelle erreur de jeunesse, quand il y repensait... mais quel fou rire. Il se souvenait encore parfaitement de l'expression de surprise de son père, du juron improbable qu'il avait lancé, et du pain qui était tombé dans sa sauce éclaboussant au passage James en plein visage. Il se souvenait également très bien du rire tonitruant de sa mère qui, Merlin soit loué, s'était empressée de désamorcer aussitôt le conflit.

Au sourire similaire qu'affichait son ami, le jeune homme songea que ça n'avait pas du être si différent pour lui non plus. Malgré ça, ils n'étaient jamais allés l'un chez l'autre et n'avaient jamais réellement parlé de cela entre eux. Encore un non-dit stupide, que la relation de leurs parents avaient posé dès le départ...

- En tout cas, c'est du passé maintenant, finit par dire Scorpius. Mon père s'y est fait depuis le temps et heureusement ! A toi. Vérité ou Action ?

- Vérité.

- As-tu... déjà été avec un garçon ?

Albus comprit à la tonalité de sa voix qu'il avait dû recouvrir à tout son courage pour poser cette question. Il entendit le souffle de Scorpius ralentir, comme si la réponse lui faisait peur.

- Non, admit-il aussi timidement. Je n'ai connu que des filles mais ça ne veut pas dire que... (que tu ne m'intéresses pas, voulut-il hurler) que... je n'en ai pas envie. Et toi ?

- Oui.

- Oh. Ah. Combien ? Qui ?

- C'est beaucoup de questions, en retour, taquina le jeune Malfoy en lui donnant un petit coup d'épaule. Je n'ai pas dit Vérité, il me semble.

- Action ou Vérité, alors ?

- Hummm.

Il le torturait. Il s'amusait. Il souriait en regardait le ciel. L'air malin qu'il affichait envoya une décharge dans le bas ventre d'Albus. Il avait désespérément envie d'embrasser tous les traits de ce visage et d'effleurer de sa langue toutes les parties de ce corps au point d'en devenir fou. Il avait beau n'avoir jamais été au lit avec un autre garçon, ce n'était pas l'imagination ni le désir qui lui manquait.

Perdu dans ses rêveries, Albus sursauta quand Scorpius lui répondit.

- Vérité, Al.

- Tout bien réfléchi, je ne veux pas savoir qui. Mais en as-tu connu... beaucoup ?

- Je ne les ai pas comptés, à vrai dire, répondit Scorpius en réfléchissant. Plusieurs, en tout cas. Plus de cinq, certainement. Mais ça n'a jamais réellement compté, c'était juste un moment sympa, libérateur, qui fait du bien. Je ne sais pas si tu comprends...

- Si, si. Comme moi et mes copines, c'est ça ?

Scorpis acquiesça.

- C'était comment avec eux ?

Merlin, Salazar, Godric, que cette question avait un goût d'acide. Mais Albus était terriblement curieux. Scorpius était toujours discret, ne s'était jamais risqué à parler d'amour et de relation et de sexe. Entre eux, ça avait toujours été comme tabou pour une raison qui lui avait toujours échappée. Pour une fois que l'alcool avait désinhibé son ami au point que celui-ci en dise un peu plus...

- Bien. Mais pour être honnête, rien de comparable à quand tu m'as embrassé.

L'estomac d'Albus connut un brutal soubresaut. Il faisait chaud, tout d'un coup.

- Je l'espère bien.

- Ah oui ? sourit Scorpius.

- Je te donne ma parole que j'ai bien l'intention de les détrôner dans tous les domaines, blagua-il en affichant un sourire confiant.

- Je n'en attends pas moins de ta part...

- Hé ! Je ne te savais pas aussi joueur !

Scorpius éclata d'un rire vibrant, puis s'arrêta de marcher. Tout deux venaient de pénétrer dans l'enceinte de l'école. Il régnait un silence presque mystique, que ponctuaient de temps à autre les hululements des chouettes réfugiées dans la volière. Le lac brillait légèrement sous la lueur de la lune et sous le saule cogneur qui avait revêtu de belles couleurs festives.

Albus resta interdit un instant, puis la voix de son ami reprit :

- Joueur, tu dis... Vérité ou Action ?

- Action, répondit-il du tac-au-tac en pensant Embrasse-moi, embrasse-moi, embrasse-moi.

Mais son ami avait bien une autre idée en tête, plus machiavélique apparemment et digne d'un Serpentard. Il vint se planter de manière théâtrale devant lui sans le quitter des yeux et approcha lentement son visage du sien. Une torture. Son souffle était si proche et lui caressait légèrement le nez.

- Et si tu plongeais dans le lac ?

Albus ferma les yeux, puis les ouvrit d'un air suspicieux. Ça ne sonnait pas du tout comme Embrasse-moi. Pas le moindre du monde.

- Scorpius ! Ce n'est pas juste !

- C'est le jeu.

- Il est gelé.

- On est à Poudlard, tu as le droit d'utiliser ta baguette.

Il n'était pas tout à fait contrarié, mais par rapport à ce qu'il avait imaginé c'était la douche froide. Au propre comme au figuré.

- Soit. Mais tu as intérêt à prendre Action en retour.

- Je ne sais pas..., minauda Scorpius. Mais je te réchaufferais sans hésiter si tu le fais.

Ce n'était pas possible de résister à une telle tentation !

Albus leva les yeux vers son ami qui se délectait de la situation et comprit que c'était ce qu'il avait eu en tête depuis le début. Il était si proche. Pas aussi proche que dans cette Armoire qui avait permis à tout ceci de commencer... mais c'était déjà bien assez pour voir tous les détails attrayants de son visage.

D'un air faussement consterné, Albus se contenta d'avancer les mains vers l'écharpe de Scorpius et de la lui resserrer d'un geste affectueux.

- Je te jure, maudit sois-tu, Malfoy.

Il recula à contrecœur sous le rire de son camarade et enleva sa cape d'un mouvement adroit.

- Garde-moi ça bien au chaud, dit-il en la fourrant dans les bras du Serpentard.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Autant y aller en caleçon, ainsi je pourrais frimer devant George qui l'a déjà fait. Deux actions en une, mon chat !

Mon chat. Il se mordit instinctivement les lèvres.

Scorpius ne le releva pas. Il se contentait de le regarder défaire ses chaussures et se débarrasser de ses vêtements avec une lueur avide dans le regard. Albus aurait pu se venger et se déshabiller extrêmement lentement, toutefois le froid l'emporta largement sur le désir.

Une fois en sous-vêtements, il se tourna vers la berge du lac en grelottant. Le regard que Scorpius lança à ses fesses ne passa pas inaperçu et Albus ne put s'empêcher d'esquisser un sourire espiègle malgré la situation dans laquelle il s'était embarqué.

- Prêt ? lança Scorpius.

- Ce que je ne ferais pas pour que tu me réchauffes, vraiment...

L'assurance d'Albus se fana légèrement pourtant. La buée qui s'échappait de sa bouche lui indiquait le regret qui allait suivre. Ça n'allait pas être une partie de plaisir.

D'un sort, il brisa la surface gelée puis confia sa baguette à son ami.

- Si George l'a déjà fait... Je peux le faire !

- George était un Gryffondor, lui !

Le petit rire de Scorpius lui fit venir le sourire aux lèvres. Ah ouais ?! C'était vraiment la meilleure motivation qui soit –après être vigoureusement réchauffé en retour, évidemment. Les rivalités entre les deux maisons étaient toujours d'actualité et les Serpentards se donnaient à cœur joie de dépasser les lions dans tous les domaines qui soient. Cours, activités scolaires et extra-scolaires, concours de boisson ou de nourriture, rien n'était laissé au hasard.

Il s'avança et entra dans l'eau en claquant des dents. Ses pieds ne tardèrent pas à être gelés mais plutôt mourir que de se plaindre ! Son esprit ne pensait qu'à Scorpius, Scorpius, Scopius, à mesure qu'il s'enfonçait.

Le fraîcheur du lac fut beaucoup plus difficile à supporter quand l'eau arriva au niveau de ses parties, puis au niveau du nombril, et oh mon dieu, au niveau du cou. Il n'avait jamais songé que le cou pouvait être aussi réfractaire au froid avant ça.

Sans prolonger sa propre torture il plongea gracieusement dans le lac, se fraya un chemin jusqu'au sol vaseux où il fit un vœu, et se propulsa à l'aide de ses jambes jusqu'à la surface. Les lèvres bleutées, les cheveux ruisselants, il n'était pourtant pas peu fier de son exploit. Il se sentit aussi étrangement revigoré. Il gagna la rive en souriant d'un air goguenard.

Il y fut accueilli par Scorpius qui lui passa sa cape réchauffée à l'aide d'un sortilège sur les épaules. Sans pouvoir s'en empêcher, Albus poussa un soupir entre le soulagement et le plaisir quand son ami l'enveloppa et vint spontanément l'étreindre pour lui partager sa chaleur.

- Là, là. Viens. J'ai dit que je te réchaufferais.

La main contre sa nuque le grisa. Les doigts de Scorpius s'engouffraient dans ses cheveux et malaxaient l'arrière de son crâne d'un geste expert. La joue contre celle de son ami, Albus en profita pour humer son parfum sans se préoccuper d'être pris sur le fait.

Ils n'avaient pas connu une telle proximité depuis le week-end dernier. Une semaine. Et ce jour-là semblait si loin derrière eux. Albus glissa ses bras autour de la taille du jeune homme et chercha à se fondre en lui le plus possible. Du nez, il effleura le lobe d'oreille qui le narguait depuis quelques minutes et d'un simple baiser au coin du cou, il fit frissonner Scorpius.

- Si tu dis Action, je te demanderais de m'embrasser, Scorpius. Dis Action, s'il te plaît.

Je t'en supplie, même. Un silence répondit cependant, et Albus jura entre ses dents.

Scorpius se recula légèrement et vint prendre son visage en coupe. Son regard fixé sur ses lèvres semblait affamé. Mais il se contenta de caresser lentement les joues d'Albus de ses pouces sans franchir les centimètres entre eux.

- J'en meurs d'envie, Al... Crois-moi. Mais je crois qu'on est un peu trop éméchés pour ça et pour avoir les idées assez claires.

- Après avoir plongé dans le lac, les miennes le sont.

- Je préfèrerais qu'on soit sobre tous les deux, quand ça arrivera de nouveau.

Scorpius l'attira contre lui, plus fort, d'un geste possessif et Albus put sentir l'érection de son ami contre son ventre. J'en meurs d'envie, crois-moi... Alors qu'il en doutait malgré lui quelques secondes plus tôt, il y croyait désormais sans problème. Et son corps y répondait avec la même ardeur. Il gronda. Il ne savait même plus s'il devait être mécontent ou heureux, complètement heureux jusqu'au point de planer.

Ils restèrent là, lovés, au chaud, avec leurs respirations hachées et leur désir en attente. Insoutenable. Et pourtant si bon. Pour rien au monde Albus n'avait envie de s'éloigner.

- D'accord, d'accord. Alors... je propose que tu sois mon serviteur pour le reste de la soirée. Rien de salace, promis.

- Rien que ça ? Ton serviteur ?

Le rire à son oreille était doux et taquin et sacrément sexy. Était-il le seul à avoir le droit à de telles faveurs de la part du jeune Malfoy ? Était-il aussi joueur, séduisant, et mutin au lit avec ses amants ?

Il secoua la tête, refusant de briser ce moment et de laisser l'amertume le ronger. A contrecœur, Albus recula d'un pas.

- Rien que ça, oui, absolument, finit-il par répondre, sa bonne humeur revenue. Et ça commence par me rhabiller au lieu de me déshabiller, puis me prendre un chocolat chaud dans les cuisines et te faire pardonner une fois rentré. Je ne dirais pas non à un bon massage, par exemple. Rien de salace, je répète.

Les lèvres de Scorpius esquissèrent un sourire si tendre en réponse que le cœur d'Albus lâcha.

- Tout ce que tu veux. Ce programme me va très bien. Mais ton serviteur a-t-il au moins le droit d'avoir un chocolat chaud lui aussi ?

- Oui.

- Et des framboises ? Si on passe par les cuisines, est-ce que ton ho-no-ra-ble serviteur a le droit de faire son plein de framboises ?

- Oui, aussi. Car mon serviteur est incroyablement sexy quand il les mange.

- Peut-il également être massé ?

- Si mon serviteur continue à faire autant de demandes, je le pousse dans le lac, nargua Albus. Compris ?

- Tant qu'il est réchauffé en retour par un jeune homme aux yeux verts, ton serviteur n'y voit aucun problème.


Ils regagnèrent leur salle commune chargés de deux tasses fumantes de chocolat chaud surplombé d'une montagne de chantilly et un bol de framboises plein à craquer.

Depuis, Scorpius avait utilisé sa baguette pour sécher Albus et l'avait aidé à enfiler un à un, avec une lenteur démoniaque, ses habits. L'alcool avait beau encore faire effet, Albus était certain qu'il pouvait encore sentir les doigts de son ami titiller sa peau et que ce n'était pas qu'un effet de son imagination.

Au moins, se dit-il non sans une pointe de plaisir, le séjour dans le lac n'avait pas été un sacrifice pour rien. L'étreinte spontanée de Scorpius avait ouvert une porte de plus entre eux et le jeu de séduction était désormais flagrant.

Les gestes n'étaient plus si timides et hésitants. Leurs doigts s'étaient fermement entrelacés jusqu'à gagner les cuisines et s'étaient difficilement séparés quand les deux jeunes hommes étaient repartis avec leur encas.

Arrivés dans leur salle commune, ils s'installèrent l'un contre l'autre dans le canapé le plus proche. Scorpius ne s'était pas défait de ses framboises et les goûtait une à une sans quitter Albus des yeux.

Et à le voir ainsi, Albus le vénérait autant qu'il le maudissait... Il n'aurait jamais dû lui dire que les fruits rouges le rendaient si désirable. C'était son obsession pour les framboises qui le rendait irrésistible, et cette manière de les déguster lentement, et sans parler du mouvement de ses lèvres ainsi que du parfum qui flottait ensuite autour de Scorpius.

A se damner, songea Albus en prenant une longue gorgée de son chocolat.

Dans le silence de la salle commune, vide à cette heure avancée de la nuit, il se repassait la soirée dans sa tête. Le début de ces vacances avait été succulent. Mais qu'en était-il du reste ? Le manque et l'incertitude pendant la semaine à venir allait certainement le tuer.

Si Scorpius voulait attendre qu'ils soient sobres... Merlin, combien de jours, de semaines, de temps, avant que leurs lèvres se trouvent de nouveau ?

Albus reposa sa tasse et ferma les yeux. Il réalisa très vite qu'il était plus épuisé qu'il ne le paraissait. Était-ce les sentiments, les émotions ? Était-ce les bièraubeurres couplé à son voyage dans le lac ? Était-ce ce calme apaisant dans sa poitrine qui le propulsait dans une sorte de coton moelleux et agréable ?

- Est-ce que mon serviteur veut bien me servir d'oreiller si je m'allonge ? bailla-t-il.

Le serviteur en question acquiesça sans se le faire répéter deux fois, se décalant jusqu'au bout du sofa. Albus se retrouva entraîné par lui et atterrit le visage contre sa cuisse avec un petit cri surpris. Sous le rire éclatant de Scorpius, il rougit et enfouit son visage contre le ventre de son ami. Une place de choix, une place chaude et qui sentait si bon...

- Depuis quand mon serviteur prend autant de libertés, hein ? murmura-t-il.

- Depuis que celui-ci en a plus que marre de la distance entre lui et son maître.

- Merlin, Scorpius, ne dis pas des choses comme ça... J'en deviens dur, tu en as conscience ? (Pour toute réponse, Scorpius continua de rire et Albus enfouit d'avantage son nez contre lui.) Et arrête de rire ! Tu es bourré, c'est ça ?

- Bien sûr, je te l'ai dit tout à l'heure.

Albus se décala sur le dos afin de pouvoir croiser les yeux gris et rieurs de son ami, son point d'ancrage qui faisait tambouriner son cœur toujours plus lourdement dans sa poitrine. Rosie avait raison, les choses avançaient. Elles ne pouvaient qu'avancer.

Pourtant, il était effrayé à l'idée que Scorpius se rétracte au petit matin, une fois totalement remis de l'alcool. Ils étaient si bien, là. A se taquiner ouvertement, à se toucher, à se découvrir moins farouchement que le reste de la semaine. Il ferma les yeux, une prière muette se répétant comme une litanie dans son esprit. S'il te plaît, s'il te plaît, sois-le même demain.

Les doigts de Scorpius s'aventurèrent dans ses cheveux et Albus se relaxa instantanément sous leur toucher. Cesser de réfléchir pour le moment lui paraissait être la meilleure solution. Et, confortablement installé, le visage massé avec douceur, il s'endormit sans une pensée négative de plus.


Il fut réveillé un peu plus tard par une secousse.

- Al, je crois qu'il y a ton hibou à la fenêtre, fit la voix endormie de Scorpius. Ouvre-lui ou je fais un massacre.

Effectivement, il pouvait entendre désormais distinctement le bruit de bec tapotant régulièrement contre la vitre. Un son faible, mais tout aussi ennuyant que le tic-tac d'une horloge de grand-mère.

- Est-ce que c'est vraiment mon hibou au moins ? marmonna Albus. Car sinon je te donne le feu vert.

- Un grand tout brun avec une tache en forme de cœur sur le poitrail ? Je crois que j'en connais qu'un. Fais-le taire, par pitié...

- Tu t'es endormi ?

Il avait levé la tête vers son ami. Sa main était toujours perdue dans ses cheveux, comme si le massage avait continué des heures et des heures sans s'arrêter. Mais le visage de Scorpius affichait sa grimace matinale qui ne trompait personne.

- Un peu. Ouvre-lui et allons nous coucher.

Nous. Il aimait beaucoup l'insinuation et Albus n'attendit pas une seconde de plus pour se lever.

Il y avait effectivement son hibou à la fenêtre et il grimaça quand il lui ouvrit. Il faisait encore nuit à l'extérieur mais à l'agitation qu'il voyait dans la cour, entre les calèches qui commençaient à se mettre en ordre et les valises à être chargées, il devina sans mal que le petit matin était déjà arrivé.

Et donc les vacances sans Scorpius débutaient. Il soupira en prenant la missive de la patte du hibou. C'était l'écriture de son père et la lettre était datée de la veille au soir.

Albus,

J'espère que cette lettre ne te parviendra pas trop tard. C'est une décision de dernière minute.

Ta mère et moi venons de recevoir ce soir ton bulletin de ces premiers mois. Nous savions que tu avais quelques difficultés dans certaines matières mais là, il est urgent de réagir. Tes moyennes sont beaucoup trop basses. Fais-moi confiance, tes ASPICs vont arriver plus vite que tu ne le crois.

Ne nous en veut pas, nous avons décidé qu'il était peut-être préférable que tu viennes fêter Noël en France avec tout le monde une autre fois.

Nous souhaitons que tu restes à Poudlard pour les vacances et les fêtes. Tu pourras y être au calme et étudier avec tes amis dans de bonnes conditions. Je compte sur les professeurs pour t'aider à réviser et pour te faire passer de très bonnes vacances malgré tout. Nous te ferons parcourir tes cadeaux et les mots de tes cousins et cousines, pas d'inquiétude pour ça !

N'oublie pas que nous t'aimons, et que cette décision a été prise pour ton bien.

Tes parents.

P.S : James te passe le bonjour.

Il resta hébété un peu trop longtemps quand il réalisa que Scorpius lui parlait depuis son épaule et qu'il était plus qu'inquiet par son manque de réaction.

- Albus ? Tout va bien ?

- C'est une blague ?!

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu commences à me faire un peu peur... Est-il arrivé quelque chose à quelqu'un ? Est-ce que...

- Mes parents me privent de vacances ? coupa Albus. Mais... Et... Je...

Son ami lui arracha aussitôt la lettre des mains, tout aussi hébété que lui, et la lut. Deux fois.

- Je sais que mes résultats sont mauvais, bafouilla Albus. Je ne suis pas le fils prodige mais être puni pour Noël ? Quel genre de parents fait ça ?

D'un geste machinal, il donna le peu de framboises laissé par Scorpius au hibou puis s'enfonça dans le canapé.

- Je n'ai aucune envie de rester ici tout seul... J'adore Noël ! J'aime le fêter ! J'aime l'ambiance !

- D'autres resteront, Poudlard fête Noël. Tes parents n'ont pas l'air de penser que tu seras tout seul, apparemment.

- Je sais... Et pourtant ce serait le cas. Il n'y aura personne qui compte vraiment, tu comprends ? Ni ma famille, ni toi. Scorpius, qu'est-ce que je dois faire ? souffla le jeune Potter en se prenant la tête dans les mains. Ces vacances vont être horribles si je reste ici. Tous les septième années rentrent chez eux, tu le sais aussi bien que moi... Je ne connais personne.

- Et si tu venais à la maison ? se hasarda Scorpius.

Albus se redressa. L'idée était si saugrenue qu'elle le laissa sans voix. Elle était aussi énormément tentante malgré tout.

- Je ne veux pas repousser ton invitation mais le train part dans quelques heures seulement.

- Tes parents ont aussi dit « j'espère que cette lettre arrivera à temps », ni l'un ni l'autre n'est obligé de savoir qu'elle est justement arrivée à temps. Tu pourras improviser sur le quai ou dans le train et leur dire à ce moment là que tu ne savais pas, et mieux, leur demander si tu peux venir chez moi.

- Tu es si optimiste tout d'un coup. Je suis certain que mon père dira non !

Il ne connaissait que beaucoup trop bien la lueur qui se mit à briller dans le regard de Scorpius et celle-ci ne le rassurait guère. C'était l'ébauche d'un plan, comme chaque fois qu'ils transgressaient les règles ensemble. Il se sentit sourire mais il savait que rien n'arrêterait son ami, désormais.

- Qu'est-ce que tu as en tête ? capitula-t-il.

- Mon père se donnera à cœur joie d'accepter ta présence, surtout si ça peut faire enrager le célèbre Harry Potter…

- Ha ha oui mais tu oublies que mon père risque de me passer un savon et tu n'as jamais vu Harry Potter passer un savon à ses enfants. Et tu n'en as pas envie d'ailleurs. C'est une horreur. C'est maladroit, c'est gênant, et c'est souvent en public.

- Moi je pense que ton père risque de t'oublier très vite en voyant le mien. Ça promet d'être marrant ! Et puis, une fois sur le quai, tu n'auras pas d'autres choix que de venir chez nous ou partir avec eux, au final. Je les vois mal te remettre dans le train, non ?

- Tu mets souvent tes parents devant le fait accompli, toi ?

- Ça m'arrive, oui. Et ça marche souvent.

Scorpius lui fit un clin d'œil complice.

- Merlin, tu dois être suicidaire, Scorpius. Ou alors c'est parce que vous êtes tous des Serpentards et vous comprenez ce genre de tactique. Je suis dans une famille de Gryffondors, de Gryffondors, ce n'est pas comme ça que ça marche avec eux.

- Quant à tes notes, tu ne crois pas que je pourrais t'aider ? dit Scorpius, ignorant totalement ses arguments et continuant sur sa lancée. Tes parents peuvent très bien vérifier où je me suis situe dans le classement des septièmes années s'ils en ont besoin. Vante-toi en auprès d'eux et vois s'il refuse que tu aies quelques cours... comment dire... Particuliers.

La manière dont Scorpius prononça ce mot, Albus devina tout de suite que rien de très scolaire ne se cachait derrière. Ce fut plus fort que lui, ses jours prirent quelques couleurs.

Et Merlin, il devait avouer que l'enthousiasme de son ami était contagieux. Il vibrait d'une certaine énergie maintenant, il avait envie d'agir, il avait envie que le temps passe à vitesse grand V. Albus était impatient et nerveux et bougrement excité à l'idée probable d'être avec Scorpius, de rencontrer sa famille, de voir le Manoir de ses propres yeux...

- Scorpius. Maintenant j'ai peur que ce soit ton père qui refuse, rit-il nerveusement.

Mais Scorpius avait déjà brandi sa baguette sans l'écouter d'avantage. Si l'idée de Scorpius marchait, mon Dieu, ce serait de bien meilleures vacances qu'en France avec toute sa famille. Ce serait tout simplement intime, loin du bruit, des cris, et des autres. Ce serait parfait et propice à tous ses fantasmes les plus avouables et inavouables.

Il grimaça. Malheureusement, il suffisait de penser à leurs pères et leur inimitié toujours actuelle pour que le tableau se ternisse. Ce n'était pas simplement convaincre son père de passer Noël avec un camarade studieux plutôt qu'à Poudlard. C'était convaincre Harry Potter de laisser son fils se rendre chez Draco Malfoy.

Draco Malfoy qui se trouvait être le père de son meilleur ami...

... et qui se trouvait être accessoirement aussi le père du jeune homme qu'il avait désespérément envie d'embrasser et de mettre dans son lit.

- Voilà.

Albus sursauta et eut juste le temps d'apercevoir le patronus de son ami s'engouffrer par la fenêtre toujours ouverte. Un chat, sans surprise, ce qui sans le vouloir fit fondre son cœur. Scorpius le rejoignit sur le canapé et hocha la tête d'un air confiant.

- Je devrais recevoir une réponse très vite. Si mes parents n'ont pas eu une crise cardiaque en voyant mon patronus. Je n'ai pas le droit d'en envoyer, sauf en cas de mort imminente.

- Je me demande comment est-ce possible d'invoquer un patronus à l'article de la mort...

- N'est-ce pas ? J'ai beau y penser et y repenser, c'est une énigme dont je n'ai toujours pas réussi à venir à bout. Comment penser à quelque chose d'heureux si on souffre ?

Il y eut un silence. Albus n'avait jamais ressenti une impatience aussi douloureuse. Il avait peur d'y mettre trop d'espoirs, il avait peur de ce qu'il s'apprêtait à faire, il avait peur de mettre son propre père au pied du mur et d'arranger la vérité en le regardant dans les yeux. Mais être avec Scorpius n'avait pas de prix –car il ne s'agissait plus de ne pas rester ici tout seul, il s'agissait bien d'être avec lui. Il pouvait bien survivre à toutes les remontrances que le célèbre Harry Potter pouvait avoir en poche tant qu'il finissait bien par partir aux côtés des Malfoy.

Scorpius lui avait glissé une idée si alléchante que plus rien n'arrivait à sa cheville désormais.

- A quoi penses-tu généralement quand tu fais tes patronus ? demanda-t-il vaguement. Je n'arrive toujours pas à les faire...

- Est-ce une vraie question ? As-tu besoin de lunettes comme ton célèbre papa ? taquina Scorpius en lui lançant un regard évident. Oh ! La réponse arrive.

La forme d'un fauve agile se dandina jusqu'au milieu de la salle commune et s'assit sagement devant eux, enroulant sa queue argentée autour de ses pattes. Un léopard des neiges aux allures fières et arrogantes. Albus ne put s'empêcher de lâcher un soupir d'admiration. Le patronus était énorme et gracieux, vibrant d'une puissance qui laissait deviner le pouvoir du destinataire.

- Mon père ne sait pas faire de patronus, c'est celui de ma mè-

- Albus est absolument le bienvenu ! coupa la voix enjouée d'Astoria tandis que la bouche du léopard resta bien fermée. Comme j'ai hâte de le rencontrer en chair et en os ! Ton père est encore au lit mais je lui transmettrai le message dès qu'il aura pris son café, aucune inquiétude.

Le patronus se tourna ensuite instinctivement vers Albus, comme si Astoria avait deviné au préalable qu'il se tiendrait non loin de son fils.

- Albus, sois certain que nous sommes heureux de t'accueillir enfin chez nous depuis le temps que notre garnement nous parle de toi... Dis d'ailleurs à celui-ci de nous envoyer un courrier durant le voyage pour nous parler de tes goûts gastronomiques et possibles allergies ! Et dis-lui aussi de ne plus passer ses messages par patronus !

Le léopard s'ébroua sans rien ajouter de plus puis se dissipa dans un nuage de poussière grise. Scorpius soupira.

- Et c'est à toi qu'elle s'adresse pour te dire ça ? Je suis là. Je ne suis pas sourd.

- Je suis vraiment le bienvenu ? hoqueta Albus, ne retenant que le principal et le plus saugrenu.

Le jeune Malfoy se tourna vers lui et lui sourit tendrement.

- Bien sûr. Mon père sera ravi de faire rager le tien, c'est certain, mais oui autrement tu es le bienvenu. Je t'ai dit que son conseil de t'éviter se conjuguait au passé.

Wow, fut la seule pensée cohérente d'Albus.
Surtout quand Scorpius se pencha pour embrasser sa tempe et susurrer un timide et bref « J'ai hâte » à son oreille.


J'espère que cette seconde partie vous aura tout aussi plu que la première !

Si c'est le cas, n'hésitez pas à m'envoyer une petite review, ça fait toujours extrêmement plaisir.

On se retrouve samedi prochain (au mieux car je serai chez de la famille donc faut que je trouve du temps pour éditer et publier) pour la partie 3 !
Ce sera un Albus au Manoir pour la première fois ;)

*bisous*

Slyth.