Titre Anglais : Power of Hogwarts

Titre Français : Pouvoir de Poudlard

Auteur : ksomm814

Chapitre traduit par : … On le mettra de réception de l'ordinateur de Onarluca ^^

Bêta traductrice : Rémus James Lupin

Bêta Correctrice : Rémus James Lupin

Rating : K+

État de la fic en anglais : Fini (26 chap)

État de la fic en français : Fini

Disclamer : Rien ne nous appartient sauf la traduction

Résumé : Harry a quitté le monde de la sorcellerie comme une dernière tentative pour sauver ceux qu'il aime. Cependant, personne n'est prêt à le laisser partir, que ce soit ami ou ennemi. Les pouvoirs sont réalisés. Les amitiés sont testées. Les alliances se forment.

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Chapitre 2 : Souvenir du passé

Marchant dans le couloir de l'hôpital vide très tôt le matin, Harry essaya de se concentrer sur le présent, mais son esprit persistait à se tourner vers le passé. Penser à la journée où il avait commencé à ressentir les émotions d'autrui ne l'aidait pas. C'avait été au milieu de son quart de travail, lorsqu'il aidait à l'unité de soins intensifs, quand tout à coup il put sentir des vagues faibles de douleur et de confusion. Il était confus et effrayé dans un premier temps. Ces émotions provenaient de Voldemort ? Il n'avait jamais ressenti quoi que ce soit venant du Seigneur des ténèbres qui semblait calme depuis quelque temps, et de toute façon même quand il ressentait ses émotions ce n'était pas comme cela. Les sentiments de Voldemort étaient toujours écrasants. Ces émotions étaient plutôt comme une douce brise autour de lui.

Surpris, Harry commença à chercher la source de ces faibles émotions et enfin il trouva un homme âgé connecté à des machines sans fin dans une pièce voisine. L'homme avait un regard douloureux sur le visage et gémissait doucement. Harry ne sachant pas quoi faire et couru chercher de l'aide. Il s'avéra que les sédatifs et analgésiques du patient n'étaient pas assez forts ce qui l'avait réveillé trop tôt. Le patient une fois sédaté, les émotions faibles s'était arrêté. Harry n'avait pas « ressenti » cette même chose jusqu'à cette nuit dans la salle des enfants. Cela n'avait duré qu'un instant, mais ce fut le signe que cela ne serait pas qu'une fois.

Il était difficile de travailler avec cette capacité étrange au début, surtout qu'il ne pouvait rien dire à ce sujet. Que pourrait-il leur dire ? Ils ne croyaient pas en la magie et encore moins en la capacité de percevoir les émotions de quelqu'un d'autre. Il était seul pour y faire face tandis que ses propres émotions étaient toujours si difficiles à contrôler. Des vagues de tristesse et de douleur avaient tendance à libérer le barrage qu'il gardait sur ses propres sentiments envers ses tuteurs, ses amis et tout le reste qu'il avait combattu pour les enterrer si profondément.

Parfois il lui semblait que sa nouvelle capacité malicieuse souhaitait le punir d'être partit comme il l'avait fait. Il semblait toujours ramasser les émotions négatives, mais là encore, peu de personnes étaient heureuses de passer du temps dans un hôpital. Il lui fallu beaucoup de patience et beaucoup de pratique avec ses cours d'Occlumancie mais lentement Harry avait réussi à maintenir une barrière entre ses propres émotions et toutes les autres la plupart du temps. Il avait encore des moments de faiblesse, mais c'était seulement lorsqu'il était extrêmement épuisé désormais.

Harry devait admettre qu'il n'était pas surpris de son empathie. Il y avait eu quelques cas au cours des dernières années où Harry avait pu ressentir des sentiments, surtout dans le cours de soins aux créatures magiques. Il avait également eut les explosions émotionnelles chaque fois qu'il était très en colère. Dans l'ensemble, c'était logique mais en quelque sorte peu significatif. Ces puissantes explosions avaient été parfois douloureuses, mais elles l'avaient aidé lors de ses confrontations contre Voldemort et les Mangemorts. Il n'aurait plus ce luxe. Il serait désormais seul.

Il était difficile pour Harry de savoir s'il était effrayé ou soulagés de le savoir. Bien sûr Harry ne pouvait pas dire avec certitude que ces explosions avaient disparues pour toujours car cela ne faisait qu'un mois qu'il n'en n'avait plus eut, mais il devait admettre que cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas sentit aussi à l'aise avec lui-même. C'est plutôt ironique qu'Harry soit enfin à l'aise avec son côté magique dans le Londres moldu (un endroit qui ne pourrait jamais voir ce côté de lui), mais peut-être que c'était pour le mieux. Harry avait fait l'erreur dans le passé en révélant qu'il n'était pas exactement normal. Les gens avait cru qu'il était mauvais simplement parce qu'il pouvait parler aux serpents. S'ils découvraient ce qu'il pouvait faire maintenant...

Harry laissa passer un soupir, alors que ses épaules s'affaissèrent. Il savait que c'était inutile de s'interroger sur les choses qui ne pourraient jamais être. Revenir mettrait tout le monde en danger encore. En repensant aux jours avant son départ, Harry en était à se demander s'il avait été fou d'écouter la voix qui ressemblait à son père. Il ne savait pas ce qui l'avait poussé à croire ses mises en garde. Il lui semblait ne pas avoir d'autre choix.

Après cette nuit, la tête d'Harry avait été plutôt silencieuse. Il n'avait plus entendu « son père », et son lien avec Voldemort était pratiquement inexistant, non pas qu'il s'en plaigne pour ce dernier. Il voulait seulement être capable de savoir s'il avait tout imaginé ou pas. Ou si je suis complètement fou.

Harry ne pouvait compter le nombre de lettres qu'il avait écrit à Sirius et au professeur Dumbledore sur ce qui était arrivé cette nuit-là pour simplement les jeter à la dernière minute. Il n'avait pas simplement pu se résoudre à avouer à quelqu'un qu'il avait pris une décision, modifiant sa vie fondée sur une voix dans sa tête, quel que soit le bienfondé de sa décision à l'époque. Harry avait découvert qu'un de ses gardiens été mort et pensait que l'autre allait mourir s'il restait. Il estimait avoir fait ce qu'il devait.

« Hé, Ori! »

Sortant de ses pensées, Harry fit rapidement demi-tour pour voir un aide-soignant, J.J., courir vers lui. J.J. car beaucoup de Jonathan travaillaient à l'hôpital. Il avait quelques années de plus qu'Harry et il était plus grands de quelques centimètres. Ses cheveux brun clair étaient un peu longs et avaient tendance à cacher ses yeux bleu-vert. J.J. était probablement l'une des personnes les plus extraverties qu'Harry n'ait jamais rencontrées. Tout le monde avait été extrêmement surpris quand J.J. avait pris Harry sous son aile pour lui montrer les ficelles du métier car leurs personnalités étaient totalement opposées. Là où J.J. aimait se mettre dans la lumière, Harry préférait rester dans l'ombre. C'est probablement pourquoi ils s'entendaient tellement bien. Harry n'essayait pas de rivaliser avec J.J. et J.J. détournait toute l'attention dont Harry ne voulait pas.

« Je suis surpris que tu travailles le dernier quart », fit Harry avec un sourire. « N'es-tu pas habituellement encore dehors dans un pub quelconque à cette heure-ci ? »

J.J. fixait Harry outré. « Orion, pourquoi penses-tu toujours le pire de moi? » demanda-t-il. « Je ne suis jamais dans un pub à — « il jeta un coup d'œil à sa montre » — quatre heures du matin. Mon quart de travail commence normalement à six et j'ai besoin d'au moins trois heures de sommeil. Tout le monde n'est pas comme toi. »

« Je ne suis pas un insomniaque, » déclara Harry sur la défensive.

J.J. acquiesça et tapota Harry sur l'épaule. « Bien sûr gamin », dit-il montrant clairement qu'il ne croyait pas Harry du tout. « Juste pour que tu le saches Rolands te cherche... une fois de plus. J'aimerais que tu me dises ce que tu lui as fait. Ce gars agit habituellement comme un sal con envers nous, moi particulièrement. Maintenant c'est comme un père surprotecteur. » Harry se raidi à ce commentaire mais J.J. ne sembla pas le remarquer. « Non pas que je me plaigne ou quoi que ce soit. Je suis juste curieux. »

Harry haussa les épaules évasivement. « Je n'ai rien fait, » insista-t-il. « Il voulait m'aider et j'ai accepté. Il est peut-être juste reconnaissant que tu me formes et donc il n'a pas à le faire. » C'était un mensonge. Harry savait que Mr Rolands appréciait que les aides-soignants aient gardé un œil sur lui, surtout pendant les deux premières semaines. Il avait été extrêmement renfermé, sauf pour les patients de l'hôpital quand il commença à travailler. Avec le temps, Harry était devenu plus sympathique, mais il gardait toujours une distance entre lui et tout le monde. Il ne cherchait pas à se faire des amis. Les amis étaient toujours blessés.

J.J. fixait Harry avec scepticisme pendant un moment. « Très bien, ne me le dit pas » dit-il en haussant les épaules. « Je m'éloigne du chemin pour t'aider, ce qui te donne le privilège d'apprendre de mon expérience et c'est comme ça que tu me remercies. » J.J. soupira brusquement, il se retourna comme s'il était sur le point de pleurer mais ne voulait pas qu'Harry le voit.

Harry roula des yeux et secoua la tête lentement. J.J. faisait tout ce qui pouvait pour le faire rire malheureusement Harry n'était pas vraiment d'humeur à rire en ce moment. Qui le serait à quatre heures du matin ? « Ne réagis-tu pas un peu excessivement ? » demanda-t-il en croisant ses bras sur sa poitrine.

J.J. se retourna vers Harry en grimaçant. « Tu n'es pas drôle, Orion, » fit J.J. poussant Harry vers l'ascenseur. « Allez. Retrouvons ce bon médecin et puis nous pourrons décider de la manière de gaspiller le temps qui nous reste dans notre quart. » Arrivé à l'ascenseur, J.J. poussa le bouton « bas ». « Tu as clairement besoin de quelques encouragement, stat. Je pense que je devrai prescrire à ce couloir quelques jeux pour être administré immédiatement. »

Harry décida de garder le silence alors qu'il se frottait les yeux fatigué. J.J. adorait parler en « langue du docteur » quand cela causerait des ennuis. La plupart des aides-soignants trouvaient drôle le nombre de malaises que J.J. pouvait résoudre au moyen de jeux dans les couloirs. Tôt le matin, les heures de travail à l'hôpital étaient extrêmement ennuyeuses. Les heures de visites étaient plus animées et la majorité des patients étaient endormis. De ce qu'Harry avait appris, J.J. avait inventé les « Jeux du couloir » dans un acte de désespoir pour passer le temps. Cela pouvait être quelque chose d'aussi stupide comme tenir un plateau de nourriture et découvrir qui pouvait glisser le plus d'étages dessus jusqu'aux courses en fauteuil roulant à travers les couloirs de l'étage.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Harry suivit J.J. avant de s'appuyer contre le mur et de fermer les yeux. Il savait déjà ce que le Dr. Rolands allait dire. Cela faisait trois jours qu'Harry n'avait pas quitté l'hôpital, ce qui signifie que cela faisait trois jours qu'il n'avait pas dormi dans un vrai lit. Une fois que le quart d'Harry prendrait fin à huit heures il aurait ordre de rentrer à la maison de Rolands et de se reposer jusqu'à son quart de ce soir. Bien, au moins de cette façon, je ne dérangerais personne avec mes cauchemars.

Alors que l'ascenseur descendait, Harry retomba une fois de plus dans ses pensées de ce mois passé loin du monde des sorciers. Il se souvint de la panique, qu'il avait ressentie lorsque sa capacité de guérison avait refait surface. Pendant un certain temps, il avait réellement cru qu'il ne serait jamais capable de toucher la moindre créature vivante à nouveau sans drainer son énergie. Ce qui n'empêchait pas les autres de le toucher cependant. Harry apprit rapidement que c'était seulement de ses mains dont il devait s'inquiéter. C'était logique que puisque sa magie était canalisée par elles depuis des années à l'aide d'une baguette.

Après plusieurs «épisodes de guérison» Harry avait été capable de reconnaître un avertissement à ce phénomène ne pouvant être décrit que comme un transfert de sa magie interne vers ses mains qui se mettaient à briller faiblement. Normalement, cela arrivait alors qu'Harry était au milieu d'une conversation avec un patient sur leur maladie. Harry pouvait seulement supposer que cette capacité fonctionnait en raison de la compassion d'Harry envers les gens ou quelque chose comme ça. Ce n'était pas exactement une explication scientifique et il n'était pas trop impatient de la tester sur tout le monde à l'hôpital afin de découvrir pourquoi cela fonctionnait sur certains et pas d'autre.

Le bruit d'ouverture des portes sortit Harry de ses pensées. Il ignora le regard concerné sur le visage de J.J. et lui fit signe d'avancer. Il recevait trop de ces regards dernièrement... Eh bien, il avait toujours été extrêmement récepteur à ces regards concernés. Les gens n'étaient tout simplement pas assez discrets à ce sujet. Harry suivit J.J. hors de l'ascenseur et remarqua qu'ils s'approchaient de la zone des bureaux de l'hôpital. Le Dr Rolands a du enfin commencer à faire la paperasserie.

J.J. s'arrêta devant la quatrième porte sur la droite et frappa avant d'ouvrir. « Je l'ai trouvé errant dans l'unité de soins intensif, » dit-il alors qu'il entrait avec Harry derrière lui.

M. Rolands était assis derrière son bureau qui était envahie par des piles de documents. Il lança un long regard à Harry avant de retourner son attention vers J.J. « Merci, J.J., » fit en se levant. « Vous pouvez retourner à votre travail. » J.J. acquiesça et parti sans un mot, fermant la porte, comme il l'a fait. M. Rolands contourna lentement son bureau et se tint devant Harry pendant un moment avant de laisser passer un soupir. « Excuses-moi d'être indiscret, Orion, mais tu sembles épuisés. À quand remonte la dernière fois que tu as eu une nuit décente de sommeil? »

Harry regarda ailleurs en haussant les épaules. Franchement, il n'avait pas bien dormi depuis qu'il avait quitté Poudlard, mais il n'allait surement pas lui dire pourquoi. Harry avait franchi la phase de cauchemar l'année dernière quand Cedric Diggory était mort. Sirius et Remus l'avaient aidé à traverser ça ensuite. Ils comprenaient qu'il se sente coupable et aidèrent Harry à se rendre compte qu'il avait fait tout ce qu'il pouvait pour sauver Cedric.

Mais avait-il fait tout ce qu'il aurait pu faire pour sauver Remus ? Harry n'en serait jamais certain. Il pensait à l'époque, qu'il faisait ce qu'il fallait d'afin de s'assurer que Sirius et Remus soient épargnés par la rage de Voldemort. À l'époque, il avait cru que Remus pourrait survivre aux blessures que lui avait infligées la main d'argent de Peter Pettigrew.

La voix du Dr. Rolands sorti Harry de ses pensées. « Prends un siège, Orion, » dit-il doucement et attendit qu'Harry le fasse. « Je soupçonne que tu sais pourquoi J.J. t'as amené ici. » Harry acquiesça. « Orion...John, je sais que tu penses encore être un fardeau pour moi mais je te rassure que ce n'est simplement pas le cas. J'aime que tu sois prêt de moi. Tu es un bon gamin, tout le monde peut le voir. C'est honnêtement une bénédiction que tu ais commencé à travailler ici. Tu aides beaucoup de gens. Pourquoi penses-tu que tu ne mérites pas la même chose? »

Harry ouvrit la bouche pour répondre quand tout à coup une douleur cuisante le brûla au niveau de sa cicatrice. La conversation fut instantanément oubliée, Harry ferma les yeux et inclina la tête alors qu'il faisait le nécessaire pour rapidement fermer son esprit. Le problème était que la douleur ne partait pas. Ce n'était pas très douloureux mais c'est plus que ce qu'il avait ressenti depuis un long moment. Il pouvait sentir de légères touches de colère et de contrariété et instantanément lutta pour les repousser. Pas maintenant ! Pourquoi je le ressens maintenant?

Les émotions s'estompèrent lentement mais la douleur était restée. C'est alors qu'Harry remarqua la main posée sur son dos. Des vagues lointaines d'inquiétude allaient et repartaient. Il ouvrit les yeux et leva la tête pour voir le Dr. Rolands un air concerné sur le visage. Dans son empressement à repousser Voldemort, Harry avait complètement ignoré le fait qu'il n'était pas seul. Pire, il avait ignoré le fait qu'il était actuellement dans la pièce avec un médecin Moldus.

« Qu'est ce qui ne va pas, Orion? » demanda le Dr. Rolands avec son « ton de médecin». Instantanément, il regarda dans les yeux d'Harry avant de poser une main contre le front d'Harry. « Vous êtes brulant ! Pourquoi ne me l'as-tu pas dis que tu ne te sentais pas bien ? Quels sont tes symptômes ? Migraines ? Douleurs ? Vertiges ? Nausées ? Depuis combien de temps cela dure? »

Harry repoussa la main du Dr. Rolands avec ennuis. Il n'était pas prêt à laisser ses maux de tête due à sa cicatrice devenir un domaine d'étude dans un hôpital Moldus. « Je vais bien, Monsieur, » dit-il fermement. « C'est juste un léger mal de tête qui m'a pris par surprise. Il n'y a vraiment rien à craindre. »

Le Dr. Rolands secoua la tête alors qu'il revenait vers son bureau, ouvrit un des tiroirs et sortit ses clés. « Je te raccompagne à la maison, » dit-il fermement. « Tu vas te reposer au moins une journée. Tu as de la fièvre et tu es épuisé. » Harry se leva pour protester mais le Dr. Rolands le fit taire d'un regard. « Je suis sûr que J.J. peut te couvrir ou te remplacer pour le reste de ton poste, sauf si tu reconnais ta fatigue et accepte de te soumettre à chaque test que je puisse imaginer ».

Harry fronça les sourcils et regarda ailleurs. Il savait que le Dr. Rolands mettrait sa menace à exécution. L'homme était d'une obstination qui pouvait rivaliser avec personne qu'Harry n'ait jamais rencontré. À certains égards, le Dr. Rolands rappelait à Harry Madame Pomfresh, la médicomage de Poudlard qu'Harry avait appris à connaître plutôt bien au fil des ans. Cette pensée fit se demander à Harry si l'obstination était une exigence pour être un médecin ou un guérisseur.

M. Rolands s'avança jusqu'à la porte et l'ouvrit avant de se retourner et laissa passer Harry d'abord. Laissant passer un soupir, Harry se leva et quitta le Bureau. Il ne fut pas surpris de voir que J.J. l'attendait. Cela ne faisait aucun doute que J.J. voulait réellement quelqu'un avec qui jouer aux « Jeux de couloir ». M. Rolands ferma la porte derrière eux et posa une main sur l'épaule d'Harry tandis que ses yeux tombèrent sur J.J. « Veuillez avertir votre supérieur qu'Orion doit partir plus tôt en raison d'un arrêt maladie », fit le Dr. Rolands de façon professionnelle.

J.J. regarda Harry un instant puis déplaça son regard vers le Dr Rolands et fit signe. « Ce sera fait, Docteur, » dit-il.

Le Dr. Rolands poussa Harry vers l'ascenseur et pressa le bouton « bas ». Il a fallu la moindre parcelle de maîtrise de soi à Harry pour ne pas s'éloigner du médecin. Le commentaire de J.J. sur le Dr. Rolands agissant comme un père surprotecteur le fit se sentir incroyablement mal à l'aise. Il ne voulait d'une figure paternelle, mais il savait que J.J. avait raison. M. Rolands avait changé. M. Rolands avait développé un sentiment protecteur vis à vis de l'adolescent, ce qui devait changer.

Le trajet jusqu'à la maison du Dr. Rolands fut assez calme. Avec sa cicatrice encore endoloris, Harry reposait son front contre la fenêtre froide. Il était toujours habillé dans son costume de l'hôpital puisque le Dr Rolands avait insisté pour qu'ils partent immédiatement, sachant qu'Harry essaierait de trouver un moyen de partir si on lui en laissait la possibilité. Le soleil n'était pas encore levé rendant l'envie d'aller se coucher encore plus tentante. Fermant les yeux, Harry laissa ses pensées dériver et s'étonna de la rapidité avec laquelle il réussit à se détendre. Il était peut-être plus fatigué que juste un peu.

La voiture s'arrêta, surprenant Harry le sortant de son demi-sommeil pour voir qu'ils avaient atteint la maison du Dr Rolands. C'était une modeste maison de trois chambres qui rappelait beaucoup celle de sa tante et de son oncle dans le Surrey. La principale différence était qu'Harry était effectivement accueilli dans la maison du Dr. Rolands. Il n'avait pas été traité comme un idiot et un esclave. Ce qui expliquait pourquoi il se sentait si mal à l'aise avec tout ça. Rien n'est comme cela devrait être à cause de Voldemort. Je devrais être à la maison avec Sirius et Remus attentant l'arrivée de mes résultats de BUSE.

Suivant le Dr Rolands dans la maison, Harry ferma les yeux et mis l'accent sur les sentiments autour de lui et laissa sortir le souffle qu'il n'avait pas remarqué retenir lorsqu'il ne remarqua aucune émotion étrange à proximité. Il pouvait sentir un soupçon de fatigue et il savait qu'il y avait quelques personnes du quartier qui étaient en train de s'extraire hors du lit. Se sentant comme un intrus, Harry repoussa rapidement les sentiments et marcha vers l'escalier de la chambre qu'il occupait actuellement. Il refusait de l'appeler sa chambre. Sa chambre était au Manoir des Black comme sa maison était le manoir Black.

Machinalement, Harry entra dans le salon et traversa la pièce avant de ramper dans son lit. Au moment où sa tête fut sur l'oreiller, Harry se sentit dériver vers le sommeil. Il s'inquièterait de tout ça après quelques heures de repos quand il aurait la tête plus claire. Il refusait de prendre des décisions plus téméraires. Des décisions plus téméraires qui lui vaudraient d'être tué. « Ou, pire encore, expulsés, » aurait dit Hermione.

Alors qu'Harry tomba dans l'obscurité, il ne remarqua pas les mains douces qui l'inspectaient et vérifiaient le moindre signes de maladie. S'il l'avait remarqué, Harry aurait insisté qu'il allait bien puis aurait insisté sur le fait que le Dr. Rolands devait retourner au travail. Il savait que c'était cruel d'être si froid avec quelqu'un qui avait tant donné, mais c'était nécessaire. Harry ne pouvait pas s'attacher. La douleur qui venait avec l'entraide était trop grande à gérer.

C'est un mélange de soleil brillant et une sensation de plumes contre son visage qui sortit Harry de son sommeil. Ouvrant les yeux, Harry sourit aux plumes rouges vives qui bloquaient sa vision. Il semblait que quelqu'un d'autre avait du repos nécessaire à rattraper. Depuis cette nuit quand Fumseck avait aidé Harry à quitter le monde des sorciers, le phœnix avait tendance à apparaître alors qu'Harry était endormi et restait aux côtés d'Harry jusqu'à ce qu'il se soit réveillé. Ces longues visites faisait se demander à Harry si le professeur Dumbledore avait remarqué les disparitions de plusieurs heures consécutives de son Phénix de Poudlard.

Se tournant sur le côté, Harry caressa doucement les douces plumes de l'oiseau de compagnie et retint un éclat de rire au trille que Fumseck laissa sortir. Il n'en fallu pas beaucoup pour rendre Fumseck heureux. Juste comme Hedwige. Tout comme pour sa « famille » dans le monde des sorciers, il n'y avait pas un jour qui passe sans qu'Harry n'espère que tout allait bien pour sa chouette Hedwige. Il avait été surpris de ne pas l'avoir vu du tout au cours du mois, mais il pensait que c'était probablement mieux de cette façon. Tout le monde savait qu'Harry Potter avait une Chouette des neiges. Elle était tout simplement trop facile à suivre.

Fumseck releva enfin la tête et regarda Harry qui sourit avant d'attraper ses lunettes. Les glissants sur son nez, Harry cligna des yeux tout en entamant une discussion, sous le regard sympathique de Fumseck. Harry laissa sortir un soupir tout en s'asseyant et caressa encore une fois les plumes de l'oiseau. Il jeta un regard à l'horloge sur la table de chevet et eut du mal à croire qu'il était déjà le début de l'après-midi. Il avait dormi plus longtemps qu'il avait pensé le faire.

Retournant son attention vers Fumseck, Harry retomba dans la routine qu'il avait prise à chaque fois que Fumseck venait lui rendre visite. « Comment va Sirius? » demanda-t-il doucement. Fumseck laissa sortir un trille doux et sombre comme pour dire « tu lui manques encore ». Harry acquiesça en baissa la tête. « Et tout le monde? » Au lieu de répondre, Fumseck poussa un exemplaire du « Daily Prophète » vers Harry qui eut une angoisse sourde en déroulant le journal et en regardant la première page. Harry put difficilement retenir son choc au titre avec une image de la marque sombre en dessous.

TRENTE-TROIS MOLDUS MORTS !

VOUS-SAVEZ-QUI APERÇU DANS LE LONDRES MOLDU !

Aurors et responsables de l'application de la Loi sont entrés en action à 4 heures ce matin lorsque la présence de vous-savez-qui a été officiellement connue. Des témoins oculaires clament que celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom dirigeait personnellement l'attaque sur un quartier moldu à Londres, ayant engendré la mort de trente-trois Moldus et en blessa douze de plus. Vous-savez-qui et ses partisans semblent se déplacer d'une maison à une autre à la recherche de quelque chose ou quelqu'un.

« Il était définitivement à la recherche pour quelqu'un », a révélé un témoin oculaire. « Il a dit à ses disciples de le « trouver » et il était vraiment en colère quand ils n'ont pas trouvé la personne. »

Avec la haine envers les Moldus de vous-savez-qui, beaucoup croient que vous-savez-qui cherchait une sorcière ou un sorcier vivant dans cette zone. Le ministère a rapidement publié un ordre pour toutes les sorcières et les sorciers vivants dans ou autour de la zone attaquée d'envoyer un mot au le département d'application de la Loi sur leur relocalisation possible pour leur propre sécurité.

« Jusqu'à ce que nous puissions découvrir qui vise vous-savez-qui, nous devons agir pour protéger ceux qui peuvent être pris entre deux feux, » a déclaré le ministre Scrimgeour. « Nous sommes conscients que cela puisse être un inconvénient pour beaucoup, mais nous espérons que nous trouverons la cible de vous-savez-qui rapidement. »

Il s'agit de la première attaque depuis que vous-savez-qui a perdu dix de ses fidèles dans un raid de ministère au département des mystères, dont Peter Pettigrew, Lucius Malefoy et Barty Crouch, Jr. (que tout le monde croyait mort à Azkaban). Est-ce simplement des représailles pour envoyer le monde magique dans un état de panique ou y a-t-il quelque chose de plus. Quel est le plan de Vous-savez-qui? Y-a-t-il vraiment quelqu'un de caché dans le Londres moldu pour lequel vous-savez-qui est disposé à fouiller chaque maison ?

Harry laissa sortir un soupir alors qu'il fixait le journal. Il aurait dû savoir que Voldemort avait fait quelque chose quand sa cicatrice avait commencé à lui faire mal. Les actions de Voldemort lui laissaient une douleur sourde à l'estomac. Il y avait une chance que Voldemort cherchait quelqu'un d'autre, mais si l'Histoire était un indicateur alors cette chance était mince voire nulle. Il était évident que Voldemort avait découvert qu'Harry Potter n'était plus protégé par Albus Dumbledore et se cachait actuellement dans le Londres moldu. La question maintenant est ce qu'il fallait faire à ce sujet. Harry n'était pas prêt à lui faire face mais pouvait-il vraiment rester là et laisser les gens continuer à mourir à cause de lui ?

Non. Si son travail à l'hôpital lui avait enseigné quelque chose, c'était que chaque vie était précieuse et qu'elle méritait que l'on se batte pour elle, aussi futile que l'effort puisse sembler. Peu importe si la personne était sorcier, sorcière, cracmol ou moldu. Il n'y n'avait aucune différence. Une vie était toujours une vie. Les moldus étaient identiques aux sorcières et sorciers. Ils essayaient simplement de survivre à chaque journée. Harry dut retenir un ricanement. Il semble que, dans son effort pour ne pas s'impliquer, il s'était impliqué plus que jamais.

Des vagues calmes de compassion traversaient Harry recentrant son attention vers Fumseck. L'oiseau rouge et or laissa sortir un lent trille rassurant. Harry laissa échapper un sourire alors qu'il gratouillait doucement la tête de Fumseck. « On dirait que nous avons peu de temps, Fumseck, » dit-il doucement. « Je ne peux pas m'enfuir à nouveau. Partir mettrait seulement plus de personnes en danger, mais je ne peux pas rester ici. » Fumseck laissa sortir un autre trille léger de compassion. « Si Voldemort est à ma recherche alors j'ai besoin d'être vu ailleurs que dans le Londres moldu. Je voudrais juste être sur. »

Fumseck décolla et vola vers le rebord de la fenêtre avant d'atterrir. Repoussant les couvertures, Harry curieux suivie l'oiseau vers la fenêtre et regarda dehors. Il ne voyait pas ce qui sortait de l'ordinaire. Il remarqua que Mme Jansen s'occupait de son jardin et quelques enfants sur leurs vélos dans la rue. Dans l'ensemble, rien ne semblait sortir de l'ordinaire. Par habitude, Harry ferma les yeux, se concentra et ressentit des vagues de bonheur, de fatigue, et...d'irritation ?

Harry se força à se détendre et recommença et cette fois, il senti une touche de colère et de haine en plus de l'irritation. Ouvrant les yeux, Harry regarda par la fenêtre encore une fois, essayant de trouver d'où les sentiments négatifs venaient mais ne vit toujours rien sortant de l'ordinaire. Il se tourna vers Fumseck, qui le regardait intensément. « Ils sont ici, n'est-ce-pas? » demanda-t-il. « Ils me cherchent ici. »

Fumseck laissa sortir un trille positif qui fit bouger Harry. Il n'y n'avait pas de temps à perdre. Si les Mangemorts étaient en effet présent dans le quartier d'Harry, il mettait tout le monde en péril. Il rangea et emballa rapidement ce qu'il pouvait dans son sac à dos. Il fallait partir loin d'ici. Il y avait beaucoup de familles rien que dans ce seul quartier. Harry ne voulait pas imaginer qu'ils meurent par sa faute, ce que Voldemort n'hésiterait pas à faire, il le savait.

C'était une décision téméraire ? Probablement mais Harry croyait vraiment qu'il n'avait pas d'autre choix. Il savait que des enfants vivaient dans ce quartier. Il savait que des familles y vivaient. C'étaient de bonnes personnes qui ne méritaient pas d'être entraînés dans une guerre pour un monde qu'ils ne connaissaient même pas. Ce quartier ne méritait pas d'être effacé pour une raison quelconque, surtout pour l'obsession d'un homme.

Une fois qu'il eut emballé et attaché son étui de baguette à son poignet droit qui tenait sa baguette de bois de houx, Harry attrapa un papier et un stylo sur sa table de chevet. Il savait, qu'il ne pouvait pas partir sans laisser une sorte de note pour le Dr. Rolands peu importe qu'elle soit vague. Il ne pouvait pas lui dire toute la vérité, mais Harry ne voulait pas mentir complètement au médecin. Malheureusement je n'ai pas beaucoup le choix. Avec le peu de temps qu'il avait, Harry écrivit rapidement une note générique pour remercier pour tout le Dr. Rolands mais quelque chose venait de le forcer à partir.

Avec les gestes qui rappelaient tellement à Harry ceux d'il y a un mois, Harry laissa la note sur son oreiller et saisit son sac à dos avant de s'approcher du Phénix qui attendait patiemment. Il portait de nouveau ses lunettes puisque tout le monde savait que le-garçon-qui-à-survécu portait des lunettes et ressemblait presque à l'identique à son père. Harry ressemblait encore beaucoup à James Potter mais il y avait maintenant quelques différences entre eux. Autres que les yeux verts d'Harry, ses cheveux étaient plus court et gardé quelque chose d'un peu soigné avec certains produits moldu que J.J. lui avait fourni. Il était plus trapu que James Potter grâce à l'entraînement physique, qu'il avait enduré pendant ces dernières années mais la génétique Potter le laissait toujours maigre, pas qu'Harry s'en soucie. Il avait eu plus d'attention que souhaité au cours de sa cinquième année parce qu'il avait pris un peu de muscle.

Fumseck laissa sortir un trille doux alors qu'il prit son envol et se posa sur l'épaule d'Harry. Aucun mot n'avait besoin d'être dit. Au cours du mois Fumseck et Harry avaient d'une certaine façon atteint une compréhension silencieuse entre eux. Fumseck savait ce qu'il fallait faire, Harry faisait confiance au jugement de Fumseck. Fermant les yeux, Harry ressenti un éclair de chaleur pendant un moment et savait qu'il n'était plus dans la maison du Dr. Rolands. Il ouvrit les yeux et remarqua qu'il était sur Charing Cross Road, en face du chaudron baveur. Le poids disparut de son épaule alors que Fumseck prenait son envol avant de disparaître dans un flash de lumière. Inspirant profondément, Harry remercia mentalement Fumseck avant de retourner son attention vers le chaudron baveur.

Cela allait certainement être intéressant.