Bonjour à tous !
Je suis contente de vous présenter mon second chapitre de cette fanfiction ! Je sais que ce chapitre n'est sûrement pas autant détaillé que ceux dont vous devez avoir l'habitude de lire, mais je souhaite m'attarder sur des sujets beaucoup plus importants par rapport au but de cette histoire et au but de ma protagoniste. C'est donc pour cela que je passerai assez vite la période ''avant-jeux'' qui n'est pas la plus intéressante pour moi. Bien sûr je prendrai soin de décrire les éléments importants comme la Parade ou les évaluations par les juges ! D'ailleurs l'entrée dans l'arène devrait se faire au 5ème chapitre si tout se passe comme prévu.
Désolée pour ce mot, mais je trouvais cela nécessaire pour que vous sachiez à quoi vous attendre ! J'espère sincèrement que vous aimerez, n'hésitez pas à me faire part de vos avis à la suite de la lecture !
CHAPITRE 2
«Celui qui s'habitue à suivre ne passera jamais devant.»
-Michel-Ange
- Je suis volontaire !
Tout le monde se tut. Les mains des autres Carrières qui voulaient elles aussi prendre la place de la petite fille tirée au sort se baissèrent. La foule entière réunit sur la Grand-Place se retourna et baissa la tête en signe de respect lorsque Opale, prononça ces trois simples mots, lourds de conséquences. Elle était la meilleure de son école, elle était la meilleure de son centre d'entraînement, elle était la meilleure tout court.
Les filles s'espacèrent devant-elle, de sorte à lui créer un couloir menant tout droit à l'estrade, où l'attendait Athéna Frost, l'hôtesse habituelle du District 1.
Sous la foule d'acclamation, Opale marcha d'un air insignifiant, jusqu'au centre de l'estrade à la droite de l'hôtesse. La nonchalance d'Opale vêtue d'une tenue quotidienne, contrastait avec l'absurdité de la perruque bleue d'Athéna.
Il est vrai que le jour de la Moisson, les enfants se devaient de revêtir une tenue ''présentable'' si jamais ils se retrouvaient sous le feu des caméras. Mais Opale n'en avait que faire, elle n'était pas là pour le spectacle.
- J'aimerais dire un mot si tu le veux bien Athéna, déclara Opale confiante en regardant son hôtesse droit dans les yeux.
Aucune rage, ni aucune joie ne s'échappait de son regard fauve. Mais alors que l'accord ne lui avait pas été donné, la fille aux cheveux de feu s'approcha du micro et tout Panem se figea en attendant les mots de la future championne.
- Je vous sauverai, commença Opale d'une voix solennelle. Je vous le promets.
Encore une fois tout le monde s'extasia suite à cette déclaration, mais personne n'en comprenait réellement le sens. Si tous pensaient que la Carrière voulait faire comprendre qu'elle allait remporter ces jeux, Opale seule savait que ce message s'adressait aux les tributs tirés au sort cette année. Elle voulait les sauver. Les sauver de la mort et de l'injustice de Panem.
C'est comme cela qu'Opale se retrouva dans un des trains luxueux de Panem, qui la mène tout droit au Capitole, là où les vices règnent et où l'absurdité atteint son paroxysme. Mais c'est aussi là où Opale savait que son Destin allait changer, qu'elle allait entrer dans l'Histoire.
Les adieux avec sa mère n'avaient pas étés durs, du moins pour la fille. Et même si Opale savait que cela allait sûrement signifier que c'était la dernière fois qu'elle voyait la femme qui l'avait mise au monde, elle était en marche pour accomplir une chose exceptionnelle, au-delà de tout imagination, et rien ne pourrait l'arrêter.
C'est vrai qu'elle eut un moment de doute, en entendant que c'était Ray Glow, le garçon aux yeux gris qui l'avait brisée deux ans plus tôt, qui l'accompagnerait dans cette mission. En lui serrant la main sur l'estrade, le sentiment qu'elle avait ressenti lorsqu'il l'avait abandonnée seule dans un coin du District sanglotante, lui revint quelques secondes, si bien qu'elle sentit le bout de ses doigts commencer à trembler. Mais cela faisait deux ans qu'elle le croisait tous les jours à son école, alors elle avait appris à se contrôler lorsqu'ils se frôlaient, où lorsque le garçon tentait désespérément de la capter du regard, peut-être dans l'espoir de se faire pardonner. ''L'espoir fait vivre'' disait-on...
Mais ce n'est pas ce garçon qui allait l'arrêter. Ni personne d'autre.
Si Opale était déjà tout à fait déterminée lors de ce trajet, la flamme qui commençait à s'embraser en elle, s'enflamma littéralement lorsqu'elle vu apparaître dans le petit salon, Percy Reynolds, l'homme qui l'avait inspiré.
Lors des 15èmes Hunger Games, Opale avait quinze ans. C'est à cette période que sa vie était le plus au point mort. Elle vivait dans l'angoisse absolue, à chaque instant. Je ne vous parle pas de cette petite angoisse que vous pouvez ressentir la veille d'un examen important, non. Je vous parle de l'angoisse permanente d'un sort pire que la mort. Car croyez-moi, Opale aurait souhaité mourir plutôt que de mener cette vie.
Sa mère, Astrid, travaillait tous les jours du lever du soleil jusqu'à son coucher, dans une petite boutique de bijoux. Jake son beau-père, bien évidemment, ne travaillait que sur le temps du midi.
Lorsqu'elle sortait de classe après une matinée d'entraînement et une après-midi de cours, Opale sentait son cœur se soulever et était obligée de passer vider le contenu de son estomac aux toilettes, pour le remplacer par une boule de peur et de dégoût. Elle n'avait même plus besoin de s'enfoncer deux doigts dans la gorge pour se forcer, maintenant cela venait tout seul, comme une habitude. Mais comment un supplice pareil devait devenir une habitude dans la vie d'une adolescente ?
''Que va-t-il me faire aujourd'hui ?'' pensait-elle sur le chemin de la maison. Ah, elle aurait tant aimé que quelqu'un vienne la kidnapper de force sur ce chemin, ou qu'un Pacificateur l'arrête pour ses écarts de violence à l'école... elle faisait tout son possible pour que quelqu'un la retienne, mais cela ne marchait jamais.
''Mais pourquoi ne s'enfuie-t-elle pas ?'' pensez-vous. Je vous répondrais simplement de ne pas vous en occuper, vous ne comprendriez sûrement pas. Seule une personne ayant vécu les mêmes horreurs et la même situation comprendrait comme l'on se sent emprisonné dans un cercle vicieux infini, sans aucun moyen de s'en échapper, aucune porte de sortie.
Alors elle rentrait chez-elle, et Jake l'attendait, assis dans le grand fauteuil doré en cuir, qui trônait dans sa chambre. Enfin, pour elle ce n'était même plus une chambre, c'était devenu une salle de torture. Elle n'y dormait même plus. Elle ne pouvait plus se coucher dans ses draps maculés d'horreur.
Elle déposait alors son sac à terre sous le regard perçant de son beau-père qui empestait l'alcool, posait sa veste sur le cintre adapté de son dressing, et attendait que le fauve se jette sur sa proie.
Bien évidemment, maintenant qu'Opale était devenue femme, Jake ne se contentait plus de ''simples'' caresses. Maintenant cela allait beaucoup plus loin.
Plus aucune parcelle du corps d'Opale n'était vierge de ses mains hideuses, de ses lèvres infectes, de sa langue répugnante, et de son corps dégueulasse.
Opale avait même arrêté de se débattre depuis cette année. A quoi cela servait ? Elle se battait contre lui depuis six ans. Il gagnait toujours. Il avait déjà gagné contre les rebelles du District 13, lors de la grande rébellion qu'il avait mené avec le Capitole. Si seulement il n'y avait pas survécu... Mais dorénavant personne ne pouvait le stopper.
Alors quand il avait fini son affaire, et qu'Opale sentait le foutre chaud et répugnant de Jake se répandre en elle, elle se dirigeait vers la salle de bain, se vidait une nouvelle fois l'estomac dans la cuvette incrustée de diamants, et récurait chaque parcelle de son corps bleuté avec un bidon entier de gel douche, en répétant le processus jusqu'au sang. Mais jamais elle ne se sentait propre.
C'est au même moment, qu'un Carrière du District 1 des 15èmes Hunger Games, creva l'écran. Depuis le début des jeux, ce blond d'un mètre quatre-vingt, n'avait tué personne malgré ses exploits aux entraînements. Aujourd'hui nous étions au dernier jour dans l'arène. Il ne restait plus que lui et les deux Carrières du 4.
Il les laissa les deux tributs du 4 s'entre-tuer, puis passa le reste de la journée à éviter les lances, les couteaux, les flèches et les assauts de celui qui avait survécu. Au bout de plusieurs heures de cache-cache, les juges commencèrent à en avoir assez, alors on envoya du gaz toxique dans toute l'arène. Le Carrière du 4, qui continuait sa quête contre l'autre, s'essouffla bien plus vite à force d'efforts fourni depuis le début des jeux. Il finit par asphyxier tout en essayant de courir pour échapper à la brume toxique. C'est ainsi qu'il ne resta plus que Percy Reynolds, qui sorti grand vainqueur des Hunger Games sans avoir commis aucun meurtre, aucun écart.
Bien sûr, à sa sortie des jeux il ne fut pas vraiment populaire. Un Carrière qui remporta les Hunger Games sans se battre ? Mais quelle honte !
Sa famille fut exécutée sous ses yeux.
Mais Opale, elle, vit en Percy la personne la plus noble et droite de tout ce monde corrompu d'idiots. Et cet homme ayant deux ans de plus qu'elle seulement, en gagnant tout en suivant ses convictions, lui donna la force de se battre, la force de s'en sortir.
C'est ainsi qu'elle trouva le courage de venir à bout du ''problème Jake'', et qu'elle voulut, elle aussi, faire passer un message au Capitole : ''Vous ne contrôlerez plus rien désormais.''
Et pour son plus grand bonheur, ou peut-être malheur, Percy allait être son mentor cette année. Et ce n'est pas de simples conseils de survie dont ils allaient discuter ensemble, mais établir un véritable plan. Enfin, c'est ce qu'Opale espérait.
Toute l'équipe était arrivée au Capitole dans la soirée. Le dîner s'était déroulé dans le silence le plus froid, le garçon aux yeux gris cherchant Opale des yeux, et Opale trépignant d'impatience en attendant de se retrouver avec Percy pour lui expliquer son but. Elle pensait aller retrouver ce dernier après la diffusion de la Moisson, lorsqu'Athéna, Ray et son mentor seraient endormis.
D'ailleurs la diffusion venait de commencer. Opale se précipita sur le grand canapé bordeaux du salon, en prenant soin de marquer chaque détail sur les tributs tirés au sort qu'on voyait défiler à la télévision dans un petit carnet. Il fallait qu'elle sache tout d'eux pour pouvoir ensuite les amener dans son camp, et parfaire son plan.
Avant de se diriger vers la chambre de celui qu'elle admirait tant, Opale passa une bonne vingtaine de minutes sous l'eau brûlante de la douche à préparer son speech. Elle sorti de la salle de bain enfin convaincue, enroula une serviette autour de son corps décoré de toutes parts de lourdes cicatrices, et se couvrit rapidement d'une chemise de nuit déposée par une muette sur son lit.
Le plus discrètement possible, elle traversa le couloir de l'appartement qui reliait les chambres, et se retrouva devant la porte de Percy. Une lumière dorée s'échappait d'en dessous la porte et venait éclairer ses chevilles pâles. Il ne dormait pas encore, heureusement.
- Opale, il en-est hors de question.
Comment ?! Le visage de la jeune femme s'éteignit en une fraction de seconde.
Elle avait expliqué tout son plan à Percy, elle lui avait dit à quel point elle l'admirait, à quel point elle voulait changer les choses... Elle avait récité mot par mot son speech qu'elle avait préparé sous la douche mais cela n'y faisait rien. Il avait balayé son argumentation d'une simple phrase. Son refus sec résonnait dans la tête d'Opale. Ses yeux fauves qui était si excités tout à l'heure, ne ressemblaient maintenant qu'à deux trous noirs béants.
- Ce que j'ai fait lors des jeux il y a deux ans... j'aurais dû être exécuté pour cela. On ne peut pas changer les choses Opale, ils sont plus forts que nous ! Je ne t'aiderai pas à te détruire.
Alors c'est donc à cela que ressemblait ''le grand Percy Reynolds'' ? Lui qui avait été si courageux, et si droit avec lui-même lors des Hunger Games, était en vérité un lâche ? Non, Opale ne pouvait pas croire cela.
- Vous avez changé les choses ! Peut-être pas auprès Panem, mais auprès des gens comme moi. Lorsque les quinzièmes Hunger Games ont été diffusés, ma vie était... invivable. Mais quand je vous ai vu, rester vous-même en gardant vos convictions et vos valeurs malgré l'horreur et la soif de sang qui faisait rage autour de vous, j'ai su. J'ai su que je voulais me battre et continuer de vivre pour devenir quelqu'un comme vous. J'ai besoin de faire comprendre aux autres tributs sélectionnés cette année qu'ils ne sont pas seuls. Que leur participation à ces jeux de la faim n'est pas Juste. Qu'il faut que cela cesse ! Personne ne devrait mourir encore...
Percy regardait Opale avec compassion, mais surtout avec peur. Il avait vécu tellement de choses horribles à sa sortie des jeux pour avoir gardé ses convictions. Il ne souhaiterait cela même pas à son pire ennemi. Il ne se permettrait jamais qu'Opale vive cela à son tour. Elle a l'air si déterminée et si courageuse...
Mais derrière toute cette détermination, il lui trouva un regard empli de désespoir. Ce regard il ne l'avait vu qu'une seule fois auparavant : sur lui-même, après qu'on ait tué toute sa famille car ses valeurs avaient offensées le Président, ou après qu'on l'ait forcé à se prostituer en échange d'une vie ''confortable'' pour ses amis et proches. Mais qu'est-ce qu'Opale avait bien pu vivre pour avoir ce même regard à seulement dix-huit ans...
- Opale, tu dois oublier cela. Tout oublier. Crois-moi lâche si cela peut te résigner, mais je t'en supplie, ne te ligue pas seule contre eux.
- Je ne pensais pas être seule.
La jeune fille se sentit encore une fois déçue, abandonnée. Elle avait déjà vécu cette sensation des dizaines de fois, lorsque Ray l'avait abandonnée, lorsque son professeur d'école refusait d'entendre ses plaintes contre Jake, quand sa mère ne cherchait pas d'explications en voyant toutes ces marques sur son corps... Mais cette fois-ci c'était différent, elle voyait en Percy un héros rebelle. En réalité il est lui aussi, comme les autres...soit. Elle réglerait aussi ce problème toute seule. Après tout, elle n'avait besoin de l'aide de personne pour ce qui allait suivre. Tout était déjà prévu. D'ailleurs, ce qu'elle réservait pour la Parade de demain n'allait laisser personne indifférent, vous verrez...
C'est ici que s'achève ce deuxième chapitre ! J'espère que cela vous a plus ( même si je vous l'accorde, ce n'est pas l'un des plus importants chapitres ) et je vous dis à dans trois semaines pour la grande cérémonie d'ouverture des Hunger Games : la Parade ! Et cette année Opale a prévu de la rendre mémorable...
PS : Je souhaiterai remercier toutes les personnes qui suivent cette histoire avec moi, ainsi que tous ceux qui me laissent leur avis avec un petit message, tout cela compte beaucoup pour moi ! A bientôt et comme toujours, prenez soin de vous !
- Valentine 822
