EDIT du 14 avril 2016
Salve !
Cette précédente A/N, bien trop gênante pour être postée à nouveau a été supprimée suite à la réécriture et correction de ce chapitre ~ A la place, il sera agencé comme je l'agence maintenant. Donc, sans plus attendre, la réponse aux reviews, avec les réponses originales, maintenant.
Stuuulap : Hehe ~ Merci, merci ~ Tsuna a -presque- toujours l'air tout mignon. Même si ici, il est dépressif et maybe-kinda-sorta-like dépressif... but rooh, qui n'aime pas des Tsu-chan angsty ? *Une horde de lecteurs lève la main* Okay... TTwTT
Okashi-san : Désolée pour le manque de punch, en question, c'était juste pour intégrer l'univers. Un grand merci pour avoir pointé mes erreurs, bien que je pense qu'il y en ai plein encore dans ce chapitre ( je suis incorrigible *pleure* ) Merci ~
XxXSpOOn-SpOOnXxX : Argh, je ne sais plus à qui j'ai répondu et à qui je n'ai pas répondu - je vais finir par ne pas répondre du tout, et puis répondre sur le chapitre suivant x_x Merci d'avoir reviewer ~ J'espère que ce chapitre t'as aidé(e) au niveau du "Ils n'aimaient pas trop les nouvelles têtes.", les Minis mesurent la taille du pouce ( non, non, rien ne m'est inspiré de Poucelina *tousse* *tousse* )
Katherine Tiger : L'épique cri de la fangirl, héhé ^^ Merci ~
Guest : Merci beaucoup ! Et la force est avec moi. J'arrive à faire voler une bouteille d'eau rien qu'en me concentrant ! ( C'est juste quelqu'un qui me la tend, en fait, mais bon. )
Oceliane : Merci ~ J'espère que le chapitre était à la hauteur de tes espérances ^^
simpledemoiselle : Merci ! Tu peux trouver un Minis à ton goût dans ma tête, et plus précisément... dans la vingt-septième rue à droite de l'allée principale, puis tu prends le dixième bâtiment à gauche, monte au dix-huitième étage, et prend la cinquième porte à droite. Ne t'avise pas d'ouvrir les autres portes, à moins que tu ne souhaites vivre avec un traumatisme. *La tête de Loki' est imprévisible*
laure59 : Merci ~ J'espère t'avoir intriguée encore plus ! /PAN/ Non, en espérant t'avoir satisfaite ~
Guest (ou "miri" ) : Merci ! Les Minis on généralement la taille d'un pouce, Tsuna étant légèrement plus petit, il tient dans la paume de Giotto ^^
Kuro : Merci ! C'était la suite, satisfaite ? ^w^
Miha rockwai : Merci, merci ~ Était-ce à la hauteur de vos espérances ?
Fuyu Potter-Malfoy : Merci ! J'espère avoir fait assez de description ( ce genre de choses, c'est pas mon fort - plus facile de dessiner et de scribouiller que d'écrire vraiment... ). Alors, as-tu vu des personnes en train de se trémousser, avec plein d'étoiles dans les n'yeux ?
amiedu13 :Merci ! J'espère que tu apprécies toujours l'histoire !
Disclaimer
Katekyo Hitman Reborn appartient à Akira Amano
L'idée d'A Minis' Life m'appartient
Ce chapitre a été corrigé par Yukiche
.
(: Enjoy :)
Hibari Kyoya avait toujours été quelqu'un de très influent, et il avait de quoi l'être : il était grand - pour un Minis -, beau, avait une peau qui ressemblait à du satin blanc, sa démarche affichait une prestance évidente, et ses yeux étaient d'un bleu aux éclats d'acier. Un regard sur Hibari Kyoya, et un fanclub aurait dû être créé. Mais il ne tolérait pas les groupes d'herbivores bruyants, et ne désirait en aucun cas être sujet à leurs fantasmes déroutants - et effrayants, mais ça, il ne l'avouerait jamais.
Si l'on devait décrire son aura, ce serait sans doute 'terrifiante', voire 'envoûtante'. On le voyait bouger avec la grâce d'un danseur un instant, et le suivant, sans que l'on ait rien compris, on se retrouvait à l'hôpital avec des bleus, parfois des fractures. Tout le monde le redoutait. Même les humains, aussi surréaliste que cela puisse le paraître.
Parfois, les humains devaient avoir peur des Minis, surtout dans des lieux aussi sombres et dangereux que la mafia, le crime organisé. Les Minis étaient de redoutables outils, lorsqu'il fallait espionner quelqu'un à l'intérieur même de sa maison, ou encore, empoisonner discrètement la nourriture ou la boisson. Voire la cible, lorsqu'elle dormait.
Mais ils avaient aussi une autre raison de craindre Hibari Kyoya : qui disait Hibari Kyoya, disait Alaude. Autant ces deux carnivores appréciaient - grandement - la solitude, autant ils étaient presque inséparables. Comme des amis de longue date. Alaude faisait rarement ses rondes sans Hibari, et Hibari... eh bien il devait faire ses rondes avec Alaude, car les semelles étaient l'un des redoutables ennemis des Minis. Parfois, plus rarement, il montait sur le dos d'Hibird, pour observer les choses d'en haut.
Dans les métiers de la justice, être Minis apportait beaucoup de moqueries, et souvent, beaucoup de gens ignoraient les Minis policier. Cette réputation de dangereux Minis était bénéfique au noir de jais. Non seulement personne n'osait l'attaquer du fait qu'il faisait partie des Vongola. On le respectait plus facilement et, qu'importe la situation, personne n'osait l'ignorer, ou se moquer de lui.
Il désespéra presque lorsque Giotto s'en alla chercher son Minis – encore un de plus, cela ne cesserait donc jamais ?! Comme si la famille n'était pas déjà assez grande. Une fois le blond revenu, lui et tous les autres Minis des Vongola, perchés sur les épaules de leurs 'propriétaires' respectifs - qui étaient les gardiens -, se penchèrent sur la silhouette maigrichonne dans la paume de Giotto.
Ce fut Hibari qui s'en approcha le premier, tonfas sortis, lorsqu'Alaude le posa sur la table basse du salon où ils se trouvaient. Lui, comme tous les autres n'avaient pas des bons souvenirs, ni énormément d'empathies envers les nouveaux venus. Les derniers Minis qui avaient été adoptés, principalement par des domestiques, étaient des Minis qu'on aurait pu appeler... 'En solde' ; ils étaient les restes. Les moins intéressants. Ceux qui avaient un trop mauvais caractère pour pouvoir plaire correctement. Tous, sans exception, s'étaient trouvé un plaisir fou à blesser les Minis des gardiens. Pour quelques-uns physiquement, et pour les autres qu'ils ne pouvaient pas blesser directement, ils leurs préparaient des coups pour les briser mentalement.
Ils n'avaient que très peu d'éducation, et, bien souvent, insultaient Chrome de tous les noms désignés pour le plus vieux métier du monde, juste parce qu'elle avait poliment décliné leur invitation 'à se faire pendre par derrière parce que tu dois aimer ça, ouais.'. Ce qui avait eu comme résultat que l'effrayant et désagréable Mukuro était devenu paranoïaque et encore plus protecteur envers la jeune fille. Et ce changement chez Mukuro avait énervé Hibari Kyoya, qui ne pouvait plus avoir ses combats réguliers, pour satisfaire ses envies de meurtres quant aux sales herbivores qui squattaient le manoir.
Ils frappaient souvent Lambo, car il était légèrement plus gamin qui les autres gardiens - il avait été élevé dans une riche famille, après tout -, et que, apparemment, ça les amusait de voir 'sa tronche pathétique de chialeur' pleine d'ecchymoses. D'une certaine manière, ils respectaient Gokudera comme s'il était le leader de leur bande, et donc, dès que ce dernier insultait Yamamoto, chose qu'il faisait depuis leur rencontre, des années auparavant, les machos suivaient le mouvement, et insultaient le baseballeur. Mais voilà, Gokudera, bien que méchant avec le sportif, ne cherchait pas à le blesser, c'était juste l'habitude. Ces pauvres imbéciles, en revanche, eux, ne connaissant pas le mot 'subtilité', avaient fini par blesser, aigrir le Minis qui avait fini par se refermer presque entièrement, s'ouvrant seulement aux compagnons des gardiens.
Toutes ces blessures, surtout les physiques, finissaient tôt ou tard chez Ryohei, qui, malgré ses extrêmes cris, emporterait un secret important dans sa tombe, silencieux à jamais. Mais après quelques mois à voir, à devoir endurer les larmes, les inquiétudes, les froncements de sourcils marquant un souci évident qui ne trouverait jamais un quelconque orateur, Ryohei lui-même avait fini blessé. Blessé de voir ces personnes, sa famille, succomber sous les coups incessants des nouveaux extrêmement lourd.
C'est lorsqu'il banda l'épaule de Gokudera, qui s'était 'totalement par hasard' mis en travers de la route d'un bâton qui avait pour cible son meilleur ami, qu'il lança les prémices aux couleurs écarlates de leurs mains. L'argenté insultant d'une myriade d'injures – sans réelle volonté de blesser – la façon de soigner qui s'apparentait plus à de la boxe qu'à de la médecine de Ryohei, ce dernier répondit : « Je dois extrêmement désinfecter la blessure avant de la soigner à l'extrême. »
C'était anodin. Ca l'était vraiment. Mais pour une raison qui échappait à la logique, cette extrême phrase, alors qu'elle n'était que l'un des nombreux cris du sportif, tourbillonna dans la tête de l'artificier. Les jours passant, la phrase, revisitée encore et encore par l'imagination de Gokudera, mua un certain Minis possédant des cicatrices qui éclaboussaient son visage l'approuvera sans aucun doute : s'ils ne voulaient plus de problèmes, s'ils voulaient être 'soignés', il ne fallait pas seulement appliquer de faibles sparadrap. Ils devaient éradiquer le problème à la source. Ils devaient se débarrasser des gêneurs.
L'idée se répandit vite à travers le groupe de sept. Au début, il fallait l'avouer, elle n'avait pas plu à tout le monde. Il n'y en avait que quelques un d'entre eux qui n'avaient aucune objection à l'égard de l'évocation de possible meurtre qu'ils osaient songer à commettre. Mais tôt ou tard, les esprits encore innocents au sang, aux cris, et à la vision de la mort caressant de son doux souffle les âmes des anciens vivants, furent tintés d'un rouge vermillon, qui se ternit en brun boueux, cassant, comme les restes d'une peinture forte sur une peau fragile.
Ils avaient tué.
Du nouveau, du déjà vu, qu'importe. Ce qui était fait avait été fait, et, aussi effrayant que ç'aurait pu paraître, la disparition des gêneurs leur avait grandement allégé la vie.
Et voilà que Giotto, fortement poussé et encouragé par leurs 'propriétaires', ramenait une nouvelle menace potentielle. Un gêneur très probable qui demanderait plus de travail, plus d'ingéniosité à éradiquer les gardiens pourraient faire plus attention à la vie du nouveau, vu qu'il était le protégé de leur boss, désormais. Ils devraient prendre des pincettes.
Hibari jeta un regard froid à la silhouette qu'il découvrait, logée, coincée, accrochée à la chaleur de la paume du blond. Il s'accorda un petit instant de surprise lorsqu'il détailla les épaules frêles, le corps amaigri et le teint pâle, malade de l'autre Minis. Qui irait acheter ça ? Qui voudrait d'un 'animal' malade et faible ? Il ne comprenait vraiment pas le parrain. Il leva les yeux vers ceux de l'humain, cherchant son approbation. Une fois reçue, il s'approcha un peu plus du nouveau venu, tonfas sortis. Mais pour une fois, ce n'était pas dans le but de mordre quelqu'un à mort… enfin pas tout de suite.
Il plaça son arme contre le visage du petit brun, cherchant à le réveiller – qui dormait en arrivant pour la première fois dans sa nouvelle maison ? -, mais il n'eut qu'un long frisson fiévreux en réponse. Il eut beau essayer de lui dire 'debout herbivore', ledit herbivore ne semblait pas vouloir ouvrir les yeux de sitôt. Il avait même essayé de rajouter sa fameuse phrase qui avait terrifié tant de gens, mais…rien. Rien du tout.
Son intérêt, déjà peu prononcé, s'effondra d'autant plus à la vision d'un être faible, d'un herbivore dans toute sa splendeur, se blottissant dans la main d'un humain, à la recherche d'une chaleur qui quittait irrémédiablement son corps sous forme de grosses gouttes de sueur. Il se retourna, le manteau sur ses épaules virevoltant derrière telle une cape. Il avait d'autres choses à faire, tenter de mordre à mort un ananas, par exemple. Si jamais l'herbivore s'avérait être une nuisance, il serait supprimé, comme tous les autres.
Les autres, presque à tour de rôle, s'approchèrent de Giotto pour observer le nouveau, celui avec qui ils devraient vivre durant une durée indéterminée. Magie, coïncidence, destin, ou tout simplement la voix bien trop bruyante de Ryohei, Sawada Tsunayoshi ouvrit les yeux lorsque le boxeur hurla d'extrême bon cœur sa question : « Pourquoi ne se réveille-t-il pas à l'extrême ? C'est extrêmement frustrant à l'extrême. »
C'est là qu'il grogna, le bruit, l'agitation, l'atmosphère étrange du lieu dans lequel il dormait ayant déclenché sa curiosité, sa méfiance, son appréhension. Il avait froid, il voulait retourner dans la chaleur inconnue. Pourtant, il resta éveillé. Plus encore lentement, trébuchant, il se mit sur ses pieds, son équilibre qui n'avait jamais été des meilleurs lui faisant défaut. Tout tournait dans sa tête, le décor, les meubles qu'il ne reconnaissait pas et les voix s'entremêlant, créant des bouillies de notes prédigérées.
Il n'eut pas l'occasion d'essayer de distinguer les formes, les sons et les couleurs une seconde de plus deux poignes aussi soudaines que violentes lui saisirent les bras, avant de le secouer dans tous les sens. Les voix, qui étaient alors multiples, furent absorbées par un bruit tonitruant, assourdissant. Était-ce quelqu'un, ou était-ce une explosion dans les alentours ?
La personne le lâcha, et il retomba mollement sur ce coussin moelleux et dur à la fois dont il ne connaissait pas l'origine. Son esprit recommençait à s'échapper dans le monde de l'inconscience, du délire de la fièvre, alors que son corps luttait contre cette température, et contre grand froid qui rendait ses membres inutiles.
« Mais… c'est un squelette à l'extrême ! Et il est extrêmement brûlant ! Il est en extrême super mauvais état à l'extrême. » S'exclama bruyamment Ryohei, levant le nez vers la large stature de Giotto, qui acquiesçait, l'air ennuyé et penaud. « Il va devoir extrêmement passer plusieurs heures à l'infirmerie ! »
Se mordant un peu l'intérieur de la joue, Giotto expliqua, la frustration qu'il avait ressentie plus tôt transparaissant parfois dans sa voix, que le vendeur semblait ne pas trop s'occuper de lui, alors que les autres Minis semblaient en assez bonne santé physique. Il expliqua aussi d'autres petits faits, comme par exemple la dissipation et l'excitation anormale des Minis en cage. Mais, peut-être était-ce simplement l'espoir de se faire acheter ? Souvent, les petites créatures, alors qu'elles avaient les mêmes besoins que les humains – manger, dormir, jouer, ainsi que le plein air – étaient recluses dans le magasin, enfermée, condamnées à ne voir les nuages qu'à travers une fenêtre terne, vide de couleurs. Alors peut-être que cette cage d'où Sawada Tsunayoshi venait, était rarement mise à l'air libre.
Alaude et Hibari s'échangèrent des regards, leurs instincts de justiciers s'étant réveillés au petit discours sentimental de Giotto. Attention leurs instincts s'étaient réveillés, ils ne s'étaient pas attendris. Si leurs cœurs étaient seulement dirigés par le besoin de justice, il état impossible aux carnivores de s'attendrir sur quoi ou qui que ce soit, bien que les petits animaux – oisillons et autres hérissons – avaient réussi à se mettre au sommet de la pyramide des choses les moins enclins à se faire mordre à mort par le duo des dangereux policiers.
Eh bien, eux qui étaient en pénurie de travail, voilà que pour une fois le travail venait à eux, et non pas le contraire.
Tsunayoshi avait été emmené à l'infirmerie, pour que Knuckle et Ryohei puissent vérifier l'état complet de santé du brun. Giotto, lui, ne comprenant pas grand-chose aux spéculations des médecins, s'en retourna signer ses nombreux – bien trop nombreux – papiers. Il n'était pas d'une grande utilité, là-bas. Il commençait seulement à réaliser ce qu'il venait de faire il avait adopté un petit être sans même savoir qui il était, sans connaître son caractère. Le pauvre Minis lui-même ne semblait pas encore au courant qu'il avait été acheté, lorsqu'il s'était réveillé plus tôt, il n'avait pas vraiment capté son entourage.
Il se doutait bien, quelque part, que le brun n'avait pas seulement de la fièvre. Il était bien trop maigre et pâle pour être en bonne santé. Soupirant face à la charge des nouveaux problèmes qui se rajouteraient sans aucun doute sur ses épaules à cause de l'arrivée de Sawada Tsunayoshi, il saisit sa plume, et commença à lire les piles de dossiers et autres lettres concernant les prochaines réunions, agréables comme désagréables.
Il espérait que ce petit qu'ils venaient d'adopter s'entendrait bien avec ses pairs : ces derniers s'avéraient souvent très excentrique. En fait, non. Ils étaient toujours excentrique, qu'ils le veuillent ou non, c'était gravé dans leurs gênes, écrit dans leurs passés. Ils ne connaissaient pas le parcours de vie de la majorité des Minis qui vivaient sous leur toit. Mais comme G. le disait souvent : qu'importe le passé, c'était ce qu'il se passait maintenant qui importait. Et il était bien placé pour le dire.
Un petit sourire croisé à un froncement de sourcil se peignit sur son visage, alors qu'il songeait de nouveau à sa rencontre avec G., à la naissance de leur amitié. Voilà où passaient ses heures de papiers à signer dans ses souvenirs, parfois à sourire bêtement pour la plus naïve des choses, ou encore parfois à grogner en se rappelant les moments sombres qu'ils avaient traversé. C'est là qu'il tomba sur une lettre qui le tira à la réalité sur l'enveloppe se trouvait le sceau d'une famille qui n'était encore jamais rentrée en contact avec lui auparavant, mais dont il avait déjà entendu parler. Si ça n'avait été que ça, ce n'aurait pas été un problème, mais il s'avérait que cette famille n'était pas connue qu'en bien.
Grommelant face à la tâche qui se révélait devant lui, il déplaça les piles de papiers sur la petite table à côté de son bureau prévue à cet effet, et sortit une feuille vierge d'une farde. Il ne réfléchit pas longtemps à ce qu'il devait écrire. En fait, il ne fit même pas attention à ses constructions de phrases un peu boiteuse. Cette lettre était destinée à l'un de ses alliés et amis, un très bon ami. Il le convoqua à une réunion, urgente, où il était invité à se rendre dans les plus brefs délais.
Il apposa sa signature, très officielle, en bas de l'écrit, et insuffla sa flamme à l'intérieur du cachet des Vongola surplombant le texte. Il referma l'enveloppe et se leva, sortant d'un pas pressé pour interpeller l'un des domestiques, pour qu'il apporte cette lettre à la poste le plus vite possible. Une fois cela fait, il chercha ses gardiens une réunion s'imposait avec eux aussi.
Ryohei regardait son humain s'affairer autour du nouveau, lui demandant parfois un extrême coup de main pour soigner ce qui était extrêmement trop petit pour ses extrêmes grandes mains. Il espérait vraiment qu'il s'en aille bientôt, qu'ils puissent 'tester' le brun à leur façon. Pour une fois, ils ne comptaient pas tuer le nouveau directement. Si Giotto l'avait choisi lui, alors qu'il était en extrême mauvais état, il devait bien y avoir une raison. Alors, ils lui avaient accordé une chance. Il devait passer le test qu'ils lui avaient préparé.
Afin qu'il puisse avertir les autres, le carnivore attendait patiemment en dehors de la pièce, sur le dos de son canari, que Ryohei vienne le prévenir que la voie était libre, il pourrait ainsi aller chercher les autres qui étaient non loin, dans la pièce d'à côté. Entre les pattes d'Hibird se trouvait un panier en osier plutôt grand pour un si petit animal, mais assez réduit et léger pour qu'il puisse le porter c'était là-dedans que les autres monteraient pour qu'ils soient emmenés à l'infirmerie.
Le temps se faisait long combien de temps Knuckle comptait rester à l'intérieur ? Ne pouvait-il pas déléguer la tâche à son Minis ? Il était tout aussi compétent, parfois un peu plus extrême, mais tout aussi compétent. Enfin, pour le moment, ce n'était pas le fait que Ryohei puisse s'en occuper lui-même, c'était surtout qu'ils avaient besoin de lui pour ouvrir l'infirmerie, annoncer que tout irait bien.
Un courant d'air caressa les joues d'Hibari, dont la patience commençait à s'effriter. Il cligna des yeux et ne put que remarquer la cape de Giotto s'engouffrer à travers l'encadrement de la porte, d'un pas pressé. Quelques minutes après, il ressortit, le prêtre sur les talons. Rapidement, la silhouette de Ryohei se dessina près de l'autre porte, la porte prévue pour les Minis, enfoncée dans le mur. Il fit de grands gestes stupides pour indiquer au carnivore que la voie était libre, alors que n'importe quelle personne dotée d'un cerveau aurait pu le deviner rien que par sa présence.
Hibird déploya ses ailes, et ils s'en allèrent chercher les autres.
Certains d'entre eux étaient arrivés dans la famiglia avant même qu'ils aient acquis ce manoir, avant que la notoriété des Vongola ne devienne aussi important qu'elle l'était aujourd'hui. Ainsi, lorsque le bâtiment fut construit, des passages pour les Minis avaient eux aussi été prévus dans les plans sur chaque mur se trouvait une passerelle, un chemin que les Minis pouvaient emprunter. Parfois, ces passerelles étaient un peu plus larges, pour laisser place à un escalier qui les menait beaucoup plus haut, pour qu'ils puissent traverser un pont, et ainsi se rendre à l'autre mur.
Autant cette pensée était touchante, autant ils n'utilisaient que très peu toutes ces constructions tous montaient les boîtes-armes, qui étaient plus souvent utilisées comme animaux de compagnie que comme 'arme'. Les passerelles étaient bien utiles pour ne pas se faire écraser par un domestique, mais déjà pour un humain, parcourir les couloirs du manoir pouvait relever des kilomètres. Traverser le bâtiment pour un Minis relevait presque de l'impossible, ou alors cela s'apparentait plus à un voyage initiatique qu'un trajet, par exemple, de la chambre à la cuisine.
Rapidement, le Hibird Air Line revint, battant rapidement des ailes, tous les Minis Vongola chargés à bord du panier. Ils furent déposés devant l'infirmerie. Le test pouvait enfin commencer Ryohei venait de diminuer la fièvre du brun à grands coups de flamme du soleil.
Malheureusement, leur jugement se ferait hâtif, et serait donc erroné.
Lorsque Tsunayoshi ouvrit les yeux, il se sentit étrangement léger. Pourtant, rien n'avait vraiment changé il était toujours dans la cage, dans son carton délabré, brutalisé par les moqueries. Mais un drôle de sentiment lui chatouillait l'estomac, semblant essayer de lui chuchoter quelque chose à l'oreille, sans y parvenir. Qu'était-ce ? Avait-il oublié quelque chose ? Il parcourut son carton des yeux, alors qu'il en connaissait les moindres recoins par cœur. Était-il différent ? Il ne dégageait pas le même sentiment de désespoir et de démontrait pas autant sa médiocrité qu'avant. Quelque chose avait changé, mais il ne savait pas quoi.
Il se concentra, fouillant ses souvenirs hasardeux à la recherche de la réponse qu'il attendait. Il voulait savoir ce qu'il oubliait. Mais il eut beau chercher, il ne trouva rien. Pas que ça l'étonna il était bien trop stupide – tout le monde le savait, et en riait – pour découvrir quoi que ce soit. Un long soupir s'échappa du plus profond de son cœur. Il aurait dû rester avec ses parents, ce jour-là. Il l'avait senti, en plus, que c'était une mauvaise idée de se rendre sur la place à ce moment-là.
Cela faisait tellement longtemps qu'il en avait du mal à se souvenir de leurs visages. Mais il espérait leur bonheur, qu'importe le lieu où ils se trouvaient. Il souhaitait réellement que sa douce maman aime toujours autant préparer des repas, riant toujours pour un oui ou pour un non. Et il souriait en pensant à son père, un papa gâteau toujours un peu absent, mais avec beaucoup d'amour à revendre, parfois même avec un peu trop de force. Ah ! Son dos gémissait encore parfois lorsqu'il parcourait ses souvenirs.
Pourtant, lorsqu'il en avait parlé à Mochida, avant qu'il ne soit acheté, et même avant qu'il ne décide de faire de lui leur tête de turc, ce dernier lui avait renvoyé un regard confus, perturbé, comportant déjà les prémices des moqueries à venir. Il n'avait jamais compris pourquoi le garçon ne l'avait jamais cru, ni pourquoi personne ne s'était rallié à sa cause. C'est en étirant son dos malmené qu'il se décida à sortir, à vagabonder dans les rues, sans se faire remarquer, bien sûr. Enfin, il aurait aimé croire qu'au fil des ans, sa furtivité s'était améliorée, mais le nombre de coups physique et moraux qu'il recevait quotidiennement démontraient l'un de ses nombreux échecs cuisants. Il plissa les yeux lorsque la lumière l'attaqua un peu trop brutalement, le temps de s'y habituer.
Personne.
Pas âme qui vive dans la cage. Pas même un bruit, un cri, un rire, des éclats de voix indiquant la présence de personnes. Etrange. Inquiétant, aussi bien qu'il préférait se tenir à l'écart de tous ces Minis qui parsemaient leur hameau de bonne fortune, les voir tous, sans la moindre exception, disparaître en moins d'une nuit était largement suffisant pour que Tsuna sente ses cheveux se hérisser sur sa tête.
Il arriva sur la place, la peur rampant doucement sous sa peau, faisant chemin vers son petit cœur qui battait à tout rompre. Ici aussi, c'était désert. En revanche, une miette particulièrement large dépassait des copeaux et du sable, rappelant l'estomac du brun à l'ordre. Tsunayoshi humecta ses lèvres asséchées par la faim et l'appréhension. Cela faisait longtemps, qu'il n'avait plus eu de repas aussi prometteur que celui-là. Il n'était même pas sûr que son estomac arrive à engloutir le tout, tant il mangeait peu.
Ni une, ni deux, il ne se posa aucune question qui aurait pu s'avérer pertinente – que faisait un tel morceau là ? Pourquoi personne ne l'avait-il pris? Pourquoi ne voyait-il toujours personne ? – et s'avança vers le centre de la place, pour s'assurer que ce morceau était réel, pour le saisir, le frôler, se dire qu'il aurait enfin de quoi combler son estomac. Il ne savait évidemment pas que le test que Chrome venait de commencer, et celui de Mukuro aussi, par la même occasion.
Ses mains tremblaient presque, le mélange de la peur qui s'accrochait à son cœur et de l'excitation qui dansait en son sein ne l'aidait en rien. Mais toute bonne chose devait rapidement voir sa fin arriver. Cette fin ramena d'abord Tsunayoshi à la réalité, lorsqu'il entendit des bruits de pas, légers, presque hésitants. Il se retourna au ralentit, espérant ne pas se retrouver face à l'un de ses harceleurs, ou l'une des filles qui savaient si bien le faire sentir plus petit qu'il ne l'était déjà. C'était une jeune fille à la silhouette aussi maigre que la sienne. L'un de ses yeux était masqué par un cache-œil décoré d'une tête de mort. Bien que le motif ne le rassure en rien, il se surprit à dévorer l'inconnue des yeux : elle ne lui semblait pas hostile, et son œil mauve l'observait avec curiosité. Elle ne portait aucune haine contre lui dans son cœur. Il savait qu'il était jugé, évalué, mais il n'avait pas encore été jeté sous le titre de Tsunaze. Peut-être pourrait-il se lier d'amitié avec elle ? Il l'espérait vraiment.
Ce fut la petite voix de cette mystérieuse jeune fille qui brisa le charme. « H-Heu… J-Je ne suis pas venue à… à temps pour prendre de la nourriture… » Elle jeta un regard désespéré, coupable à l'une des maisonnettes érigées sur la droite, comme pour s'assurer auprès de quelqu'un qu'elle devait vraiment achever son propos. « T-Tu crois que tu pourrais m'en donner… ? »
Si ça n'avait pas été dans ces conditions, il se serait plutôt émerveillé de la voix angélique de la personne devant lui, mais en l'occurrence, ce qu'elle lui demandait l'avait refroidi tout d'un coup. Il aurait bien voulu partager, mais… il avait bien l'impression que ce n'était pas une moitié de morceau qu'elle souhaitait, mais bien son entièreté. Un énorme débat commença en son for intérieur : devait-il ou ne devait-il pas donner sa pitance à l'inconnue ? Ce serait son vrai premier bon repas depuis des mois, mais là encore, ce serait probablement le sien aussi.
Après les quelques secondes d'hésitation qui firent froncer des sourcils une ombre bien dissimulée dans les illusions, il tendit doucement, cœur tremblant, la miette à la jeune fille. Sa gentillesse le perdrait, il en était sûr. Mais soit. Il avait vécu jusqu'ici sans manger à sa faim, quelques jours de plus ou de moins ne changeraient pas grand chose.
La jeune fille prit le morceau entre les mains, fit une rapide courbette et s'en alla aussi discrètement qu'elle était venue. Pauvre Tsuna, qui non seulement commençait à perdre tout espoir de recouvrer un peu de chair sur ses os faibles, mais qui en plus venait de rater les tests de Dokuro Chrome et Rokudo Mukuro. Il avait pris trop de temps à dévisager la jeune fille, et ce regard avait été mal jugé.
.
Et voilà qu'il se retrouvait seul, sur la place, à chercher de la nourriture. Encore. Dès qu'il se crut seul, son estomac protesta péniblement de ce qu'il venait de faire. Pourquoi n'avait-il pas gardé ce morceau ? Pourquoi ne l'avait-il pas caché ? Au moins, il ne serait pas là, à s'écorcher les mains avec du sable et des copeaux pour trouver de quoi se mettre sous la dent. Il avait faim ! Pourquoi devait-il être aussi stupide ?!
Bien que son esprit ne regrette en rien d'avoir donné la miette, un air amer se dessina sur ses traits. Il aurait tout de même dû essayer de négocier au moins un petit quelque chose. Il soupira une fois encore depuis le début de sa fouille, et se releva. Quitte à ne rien manger, autant retourner chez lui et attendre que la journée passe. Même s'il n'y avait personne dans les alentours, il était sûr et certain que quelque chose ou quelqu'un finirait par lui tomber dessus.
Et il avait raison à peine fût-il engagé sur le chemin du retour qu'un autre inconnu entra dans son champ de vision. Un nouveau de plus ? L'idée lui semblait très étrange, après tout, aujourd'hui était supposé être un jour de vente- Ah. Voilà ce qu'il avait oublié. La vente. Sa liberté potentielle. Son humeur descendit d'un cran, un nuage remplit de pensées noires virevoltant avec joie et grâce dans ses pensées. Il n'était vraiment qu'un Tsunaze.
« Yo ! » Il fut une fois encore ramené à la raison grâce à la voix joviale – et distante – d'un garçon qui semblait avoir son âge. Mais bon sang, qu'est-ce qu'il était grand ! Il lui bégaya une réponse maladroite, plus trop habitué à se faire saluer de manière conforme, et essaya de se soustraire à l'inconnu, préférant se reposer chez lui, et éviter de s'embarrasser davantage. Mais il n'en eut pas l'occasion. « Tu veux jouer au catchball avec moi ? »
Il leva péniblement les yeux vers le grand gaillard à la chevelure noire et aux yeux bruns. D'un côté il aurait bien voulu lui répondre à la négative, mais d'un autre côté, sa conscience l'empêchait de refuser quoi que ce soit. C'est donc avec un ton hésitant qu'il lui répondit : « P-Pourquoi pas… Hahaha…. »
Alors que le garçon lui souriait de toutes ses dents, le brun ne put s'empêcher de remarquer un détail frappant quant aux traits du nouveau venu. Ils semblaient forcés. Ou plutôt, peint. Comme s'il s'était entraîné des années et des années à mettre un masque aux couleurs frivoles et joyeuses pour cacher son véritable visage. Tsunayoshi ne comprenait pas. D'habitude, ces gens-là étaient de ceux qui avaient tout pour eux le charisme, le physique, le sport, la personnalité,… et pourtant ce noir de jais-…
« HIIIIIIIIIIIIIIIIE ! »
Une balle vola brutalement en sa direction, manquant de peu, très peu – beaucoup trop peu – sa tête. Il n'avait pas pu identifier quoi que ce soit d'autre qu'une traînée floue secouant avec une vigueur monstrueuse ses indomptables cheveux. Il pouvait en être certain si entre cette balle et sa trajectoire, il y avait eu sa tête, sa tête aurait explosé. Littéralement.
Une sueur froide lui congela le sang lorsqu'il se retourna pour voir ce qu'était cette chose. Dans les nombreux cartons derrière lui était apparu un trou du même diamètre que la balle, nettement percés sur chacun d'entre eux, laissant apercevoir la cage au loin. Oh… le propriétaire ne serait pas content de voir ça. Pas content du tout. Inconsciemment, il songea aux personnes qu'il aurait pu y avoir dans ces maisons. Et si quelqu'un avait été blessé ? Même s'il ne les aimait pas beaucoup, et qu'eux semblaient l'adorer lorsque le besoin de se passer les nerfs se faisait sentir, il déglutit, et demanda : « Les gars ? Tout le monde va bien ? »
La seule réponse qu'il eut fut : « Putain de merde de connerie de pute, fait chier. »
La voix venait de pas trop loin. En fait, elle venait de l'un des cartons troués. Il n'avait pas pris le temps d'identifier la voix. Tout ce qu'enregistra son cerveau furent les jurons qui avaient été poussés avec une colère clairement palpable. Son corps tout entier y réagit. L'un de ses harceleurs n'était pas content, et lui, Sawada Tsunayoshi, était dans les parages, qui plus est avec un nouveau potentiellement dangereux, mais pas si méchant.
Mieux valait lui éviter le dur supplice que d'être appelé 'ami de Tsunaze'. Il attrapa le poignet du sportif, et courut jusque chez lui, lâchant le nouveau quelque part sur le trajet, ne s'attendant pas à ce que ce dernier continue de le suivre.
Il arriva pantelant chez lui, tout en sueur, certain d'avoir réveillé tout le monde dans la cage, malgré le manque cruel de vie qui se faisait ressentir entre les barreaux. Au moins, il était arrivé à bon port et, avec de la chance, il aurait quelques heures de répit en tête à tête avec son estomac gémissant à tout rompre – pourquoi avait-il jeté son opportunité de le faire taire par la fenêtre, déjà ?
Il expira longuement pour essayer de reprendre sa respiration, se parlant à lui-même, convaincu d'être seul. Grave erreur. « Au moins, les gars-…
- Pourquoi tu m'as amené ici, haha ~ ? » Tsunayoshi fit brusquement volte-face, laissant la fin de sa phrase en suspens. L'autre l'avait suivi ? Mais c'était impossible, enfin… qui suivrait Dame-Tsuna ? C'était insensé. Le choc difficilement avalé, il commença à jouer avec ses doigts, embarrassé. Voilà qu'il se faisait passer pour un pitre. C'était la raison exacte pour laquelle il ne voulait pas jouer au catchball, ou même s'attarder sur la place. « B-Ben heu… I-Il y a l-la bande d-des gars qui… heu-… »
Il fut interrompu par un 'c'est bon, j'ai compris.' froid et sec. Un ton qui se trouvait à l'opposé du caractère du garçon. Ses yeux s'étaient étrécis, mi-clos, des yeux de tueur prêts à relâcher toute la haine qu'ils avaient gardé en eux depuis des années. Tsunayoshi ne savait pas ce qui avait mis l'inconnu dans cet état-là, mais il avait peur. Son corps avait commencé à trembler de tous ses os. « Si tu cherches les membres de ton groupe », avait commencé le sportif, « tu es mal parti. Ils ont tous été vendus. Ils n'ont pas voulu de toi. »
Ces mots eurent l'effet d'un seau d'eau froide sur le brun. Tous vendus ? Sans exception ? Ca voulait dire qu'il avait vraiment complètement raté la vente ? Il ne restait plus que lui ? Il ne savait pas exactement si c'était une bonne chose ou pas. D'un côté, ça marquait le début de quelque chose mais… à voir la position offensive que prenait le garçon en face de lui, il ne savait pas si ce 'quelque' chose était bien ou non.
Une petite voix lui cria d'aller sur la droite, et vite. D'instinct, il y obéît et évita ainsi un rapide coup de poing venant du nouveau.
Yamamoto ne tenta pas de le frapper une seconde fois, l'effet de surprise était passé, et il n'avait agi que sous le coup de l'énervement. Ce nouveau, Sawada Tsunayoshi, n'était pas plus différent des autres. C'est du moins ce qu'il avait pu déduire de son visage qui était 'wah', et de son expression qui signifiait clairement que 'viouuu bam !'. Non, il n'avait plus son gang pour le défendre à présent.
Il laisserait Gokudera le supprimer.
« Qu'en est-il du prototype, monsieur ? »
Le scientifique eut un large sourire qui fit frissonner de peur – bien qu'il ne soit qu'un Minis - les humains présents dans la pièce. Le prototype allait parfaitement bien. Tout ce qu'il lui manquait était quelqu'un. Ou plutôt quelque chose. Il se frotta la joue, souriant un peu plus en sentant l'entaille à jamais inscrite dans sa peau.
Oui, il se vengerait, et reprendrait ce qui lui appartenait. Cependant, avant ça, il devait tout de même conduire quelque tests, son trésor ne pouvait quand même pas risquer d'être endommagé, n'est-ce pas ?
Il se tourna vers une cage remplie de Minis de tout les âges, et ordonna à ses subordonnés d'en saisir un au hasard, sans ressentir la moindre once de pitié pour ces êtres qui étaient pourtant de la même race que lui.
Hibari était retourné dans la cage faite d'illusion pour tester le nouveau, mais lorsqu'il arriva dans la maisonnette, le brun s'était déjà endormi, recroquevillé et tremblant. Un vulgaire herbivore. Il ne s'attarda pas plus longtemps, et tourna des talons. Il ne voulait pas de lui.
De plus, cette cage l'énervait : la flamme de la brume qu'elle dégageait lui donnait envie d'écorcher vif un certain illusionniste. Et pour pouvoir assouvir ce désir, il devait d'abord trouver Lambo, qui était probablement en train de piquer un somme dans une des maisonnettes carton.
Et en effet, le Minis était bel et bien en train de se reposer, dissimulé dans l'ombre d'une illusion, mais ne semblant pas vraiment dérangé par ce fait. Hibari l'appela une fois. Le bovin de répondit pas, toujours endormi. Ce fut donc énervé par ce manque de respect envers le justicier de la paix que ce dernier le réveilla à l'aide d'un grand coup de tonfa sur la tête. Aussitôt, des couinements de douleur parvinrent aux oreilles du noir de jais, qui fut tenté de lever les yeux au ciel : il n'y avait pas été si fort que ça, bon sang, il lui avait même fait un traitement de faveur, par rapport au reste des herbivores étrangers à la famiglia. « Hn. C'est ton tour, herbivore. »
Lambo fit la moue, et grommela mille et un faits pour lesquels il devait être appelé 'le magnifissime Lambo-sama', mais finit par se rendre, le dos vouté par l'ennui et la faim, voir le brun pour le tester
.
Tsunayoshi ouvrit doucement les yeux, ne sachant plus trop quand ni pourquoi il s'était endormi. Dès que ce garçon qui avait voulu jouer au catchball avec lui lui avait tourné le dos, il était tombé au sol, sur les fesses, suant de la peur qu'il venait d'avoir – il avait failli se faire frapper ! – et avait commencé à se dire que rien ne changerait jamais. Il ne serait que Tsunaze, et à jamais Tsunaze le rejeté, l'inutile, le boulet, le dernier à être choisi, le premier à être moqué. Ce devait être à ce moment-là qu'il s'était endormi, tombé dans ses rêves, et autres morceaux de souvenirs dont il ne se souvenait plus. Pas qu'il retienne ses rêves, généralement.
Il soupira, s'étendant sur les copeaux, se demandant quand exactement il serait acheté, et s'il y avait quelqu'un, une seule personne, dans ce monde qui voudrait d'un Minis tel que lui. Et ses sombres pensées revinrent à la charge, lui rappelant ô combien il était minable, et qu'il aurait mieux fait de ne pas exister. Mais il n'avait même pas le courage de supprimer son existence, ou plutôt, il espérait avec un peu trop d'entrain que son existence parviendrait finalement à trouver ami, famille et amour. Un long soupir se détacha de sa gorge, alors que sa propre vision des choses commençait sérieusement à l'irriter. Une lumière orange vacilla dans ses yeux, sa volonté de trouver quelqu'un qui le considérerait comme un être vivant à part entière se renouvelant par la colère de se sentir plus petit qu'il ne l'était.
Lambo choisit ce moment précis pour arriver un très mauvais moment. Il avait décidé de tester l'humilité du nouveau, mais… disons qu'il n'avait pas employé le vocabulaire approprié à la circonstance. Surtout dans l'état où se trouvait Tsuna. « Hey, Tsunaze, qu'est ce qu- »
Il n'eut pas l'occasion de terminer. Sa voix s'était éteinte dans sa gorge dès que des yeux oranges sanguin s'étaient posés sur lui, lui décochant un regard fatal, brûlant de manière radicale tout le courage que le bovin aurait pu avoir. Un monstre. Un affreux monstre qui cherchait à le manger tout cru, et à lui voler ses bonbons. Voilà ce que Lambo, tout de même en pleine puberté, avait vu.
Il ne comprenait pas ce garçon d'apparence si frêle, à la stature si petite soulignée par ses cheveux désordonnés derrière lesquels il se cachait était définitivement quelqu'un de faible. Alors pourquoi maintenant, alors qu'il donnait l'impression qu'il se casserait au moindre coup, sa crinière lui donnait une prestance de lion, ses yeux crépusculaires ne montraient aucune hésitation, prouvaient une volonté irréprochable, une envie sans nom d'accomplir tout ce qu'il souhaitait. Lambo déglutit, et commença à reculer, doucement.
Tant pis pour l'humilité. Ce type lui faisait peur. Il semblait prêt à le frapper sans même y penser une seconde fois. Lambo tourna des talons, et s'enfuit le plus rapidement possible. Il ne connaissait pas les intentions du nouveau, mais une chose était sûre. Il était dangereux.
Au même moment, toutes les personnes présentes dans la pièce furent secouées par un puissant frisson. Une vague impression les balaya, à la fois chaude, chaleureuse, mais également puissante, terriblement puissante, et inconnue... Ca ne pouvait pas venir du nouveau, n'est-ce pas ? C'était impossible il était bien trop faible pour ça. Pour ressentir une telle chaleur, un sentiment de protection et de danger imminent en même temps, ç'aurait demandé quelqu'un possédant au moins le potentiel de Giotto. Le gloussement nerveux d'appréhension si typique de Mukuro s'éleva dans la pièce, depuis la haute étagère sur laquelle ils se trouvaient, lui et le reste des Minis, lorsqu'ils n'étaient pas dans la cage. Hibari sentit sa gorge s'assécher un opposant digne de ce nom se serait-il enfin révélé au grand jour ? Des tics nerveux faisaient convulser ses doigts vers ses tonfas, mais il se retint, préférant attendre la suite des événements.
Ryohei était aux premières loges, tout comme Lambo, pour ressentir cette aura. Alors que ses bras tremblaient sous cette pression dérangeante et accueillante à la fois, il vit leur jeune compagnon courir vers lui, les larmes aux yeux, visiblement tout aussi renversé que lui quant à ce qu'ils ressentaient. Ce… ne pouvait pas être le fruit d'un malade... Il était bien trop mal en point. Et pourtant… il reconnaissait dans cette aura une petite partie de sa flamme du soleil, renvoyée contre lui, consumée en même temps que l'autre flamme d'origine inconnue qui générait cette étrange impression.
Il saisit Lambo, qui pleurnichait toujours, par les épaules, et lui demanda ce qui n'allait pas. Sa réponse annula toute envie de faire passer son test au nouveau. « Un monstre… C-C-C'est un monstre ! J-Je veux p-pas de lui ici, i-il fait t-trop peur ! » Plus de larmes coulèrent le long de ses joues, le regard que Tsunayoshi lui avait envoyé avait été bien plus dévastateur que quiconque aurait pu l'imaginer.
C'est ainsi, par un malheureux concours de circonstance, que le brun signa son arrêt de mort. Tous avaient décidé de leur jugement, sauf Gokudera, qui serait à l'encontre de son adhésion qu'importe ce qu'il se passait, et leur jugement était celui-ci : le brun serait une nuisance pour la famiglia. Ou un danger.
Les deux firent leur rapport à l'argenté, qui avait reçu ceux des autres, bien caché depuis le début – bien qu'il ait failli se faire tuer par la balle que Yamamoto avait envoyé un peu plus tôt, ce qui l'avait fait jurer – et il acquiesça. Très bien. Il était temps qu'il rentre en jeu. Il prit la flasque que lui avait remise Ryohei en main, elle contenait un poison mortel dont les effets ne se décelaient qu'avec beaucoup de patience – un jour ou deux environ -, et qui tuait la victime au bout de quelques heures seulement, sous le coup d'une fièvre atroce, qui le brûlerait à petit feu. Bien, il était temps qu'il se rende auprès de Sawada Tsunayoshi
Ce dernier, inconscient du danger qui s'approchait de lui, ferma les yeux, ne comprenant toujours pas ce qu'il s'était passé quelques minutes avant. Pourquoi le garçon s'était-il enfui ? Il n'avait pourtant rien fait. Et le fait que quelqu'un s'enfuie devant lui, c'était une première. Il ne comprenait vraiment pas pourquoi ni comment c'était possible. Les flammes de Ryohei ayant été complètement dépensée d'un simple regard – sans qu'il le sache -, doucement, sa fièvre revint à la charge, faisant remonter une chaleur glaciale le long de ses jambes, qui le faisait trembler de froid. Il plaqua ses doigts, qui commençaient eux aussi à s'engourdir, sur son front, qui était d'une étrange chaleur. Il ne comprit pas que c'était sa fièvre, juste que ses doigts semblaient à jamais froids et que son front tentait désespérément de les réchauffer.
C'est à grand peine qu'il ouvrit les yeux pour observer une nouvelle silhouette qui venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte – combien de nouveau y avait-il exactement, aujourd'hui ? – s'il avait été d'état, il aurait bien crié, mais il peinait à garder les yeux ouverts. Le garçon avait une chevelure argentée, et des yeux qui auraient charmé beaucoup de filles, si ce n'était pour l'effrayante lumière qui les faisait briller. Ses bras et ses doigts étaient parsemés d'accessoires indiquant très clairement – du moins pour Tsuna – que c'était un délinquant, et qu'il n'avait probablement pas été dans une cage avant ça. Les Minis avec des accessoires étaient rarement issus de cages.
« Hey ducon. T'as soif ? »
Tsunayoshi fronça des sourcils, sans comprendre pourquoi il se soucierait de son état. Mais, maintenant qu'il y réfléchissait, il se rendait compte que, certes, le garçon lui faisait peur, mais que d'un autre côté, il lui était un peu familier. Peut-être était-ce la silhouette ? Il ne semblait pas vraiment méchant, et, luttant contre lui-même pour ne pas s'endormir, il acquiesça, sentant que sa gorge était assez sèche.
Alors qu'il essayait de se relever sans trop y arriver, l'inconnu s'approcha et passa une main derrière sa nuque pour le soutenir. Il sortit quelque chose de sa poche, Tsuna, qui était pris dans les va-et-vient entre la conscience et l'inconscience, remarqua du coin de l'œil une flasque sur laquelle se trouvait un dessin plutôt cliché de tête de mort.
Du poison ? Pour quoi faire ?
Gokudera le toisa, approchant le liquide des lèvres du brun. Dès qu'il l'aurait en bouche, il lui pincerait le nez pour le forcer à boire. La fièvre revenait déjà… tant mieux. Il pouvait un peu baisser sa garde. Il versa le poison dans la bouche du malade, et leva sa main pour la placer sur sa bouche, et pincer ses narines en même temps, mais n'eut pas le temps de rentrer en contact avec les lèvres du brun que ce dernier avait déjà avalé le liquide.
Était-il vraiment aussi malade que ça ? Pour ne pas voir ou même goûter que cette chose était du poison ? Mais c'était bon, à présent, le brun mourrait d'ici quelques heures, sans que personne n'ait rien remarqué. Il se leva, laissant le corps du plus petit s'écrouler au sol, transpirant. Il se frotta la main sur son pantalon, enlevant la sueur qui s'était créée sur sa paume, et se retourna prêt à passer la porte.
« A-Attends… »
Giotto, alors bien occupé à relater les faits et gestes dérangeants de la famiglia qui l'avait contactée, s'arrêta soudain au beau milieu de son discours, déconcentré par un élément extérieur. Son esprit était soudainement revenu à Tsunayoshi, et un sentiment bien trop connu de danger mêlé à l'Hyper Intuition l'avertit qu'il allait se passer quelque chose avec son Minis. Si ça n'avait été que ça, il aurait envoyé Knuckle sur le champ, mais son intuition semblait osciller, lui dire d'aller voir ce qui n'allait pas, et, en même temps, lui disait de poursuivre, que c'était quelque chose dont ils se remettraient, que ce n'était pas important.
Ce fut G. qui le ramena à la réalité, d'un haussement de sourcil accompagné d'un ton frustré, mais inquiet. « Gio'. Je te jure que si tu as encore oublié ce que tu voulais dire, comme la dernière fois, je t'étripe. » Le roux savait son ami souvent dans les nuages. Tellement dans les nuages qu'il en oubliait même sa phrase au beau milieu de celle-ci. Néanmoins, il pouvait dire qu'ici, le blond était perturbé par quelque chose. Mais il gardait sa fierté, malgré la confiance qui régnait entre les gardiens, et n'avait pas envie de leur montrer à tous qu'il était bien trop protecteur lorsque le sujet touchait Giotto… même s'ils le savaient tous.
Le blond secoua la tête, lança un rapide coup d'oeil vers G. pour le rassurer, et se tourna ensuite vers son gardien du soleil. « Knuckle. J'aimerais que tu retournes à l'infirmerie le plus rapidement possible, et que tu fasses un examen médical à Tsunayoshi sur le champ. Le plus vite possible, aussi. » Il ignora son intuition, qui se lamentait de ce choix qui allait à l'encontre de ce qu'elle disait, mais qui le félicitait pour sa prise de position judicieuse en même temps.
Le prêtre acquiesça et prit congé, se dirigeant bruyamment vers l'infirmerie, criant que c'était une extrême urgence à tout va.
Le groupe, bien en hauteur sur leur étagère, attendait avec impatience le moment où Gokudera leur annoncerait que sa partie du travail s'était bien déroulée, pour que Mukuro puisse lever l'illusion, et eux, s'en aller en douce. Mais un petit quelque chose chamboula leurs plans : la voix bien trop puissante de Knuckle, qui se rapprochait bien trop rapidement d'eux. L'illusionniste, analysant la situation, décida qu'il valait mieux que ce soit lui qui se présente devant Knuckle, de peur que les autres ne fournissent une excuse peu valable… le tournoi de sumo de Ryohei, les explications logiques sans onomatopées de Yamamoto, Hibari qui éviterait la question, Lambo qui n'aurait même pas essayé de cacher la vérité, Chrome qui ne saurait pas gérer la situation seule, par exemple. Mais lui, il savait mentir, c'était donc son rôle tout désigné. « Ma petite Chrome ? »
La jeune fille leva son œil vers lui, curieuse, et en même temps, inquiète de savoir ce qui allait se passer. Knuckle-san arrivait bien trop vite vers eux, et si jamais il découvrait le meurtre qu'ils étaient en train de commettre, elle ne savait pas ce qu'il adviendrait d'eux. « Saurais-tu maintenir les illusions à ma place ? Je vais essayer de retenir notre cher ami du soleil, kufufu ~ » Elle acquiesça, et prépara ses flammes, commençant à les muer en murs qui ressemblaient exactement à ceux qu'avait créés Mukuro.
Malheureusement, cette dernière ne maîtrisait pas aussi bien les illusions que son frère -… son frère d'armes, bien sûr… -, et les murs devinrent impalpables si on le souhaitait, on aurait très bien pu passer à travers.
.
« A-Attends. » S'essouffla Tsuna, se relevant avec peine.
Gokudera lui jeta un regard par-dessus l'épaule avant de renifler dédaigneusement et de s'en aller. Mais le brun finit par réussir à se mettre sur ses deux pieds, et le suivit. Le Vongola, énervé de cette ténacité – ne pouvait-il pas mourir sans déranger son monde ? – se retourna, bras croisés, près du mur de la cage. « Quoi. »
Le brun inspira un grand coup, comme prêt à faire une tirade longue de deux heures, mais il sentit quelque chose dans le bas de son estomac lui crier de courir vers l'argenté et d'attraper son bras. Il fronça des sourcils, avant de rester muet de surprise, lorsque Gokudera, fidèle à lui-même, allait poser son dos sur le mur pour ne pas qu'il ait à se fatiguer trop longtemps à l'écouter, mais qu'il passa à travers à la place.
Il se précipita, et fit comme la voix à l'intérieur de lui avait demandé. Il saisit le bras de l'artificier, qui était perdu entre surprise de la chute, et grognement du contact. Juste à ce moment, la porte s'ouvrit brusquement, claquante, la voix bruyante de Knuckle dérangeant la concentration de Chrome, qui perdit contrôle des illusions qu'elle maintenait.
Les illusions s'évanouirent, et, sur la table, seul un Tsuna allongé sur la table, maintenant un Gokudera dont les pieds se balançaient au-dessus du vide, était visible.
