Mot de l'auteur : Le prochain chapitre de Le Silence arrive bientôt, il est en cours de correction (fic' de Mary Anna). J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre de Passer de la lumière à l'ombre :3
Réponse à la review de Sirius x Severus : À la base, un couple Sirius/Severus ne faisait pas partie de mes plans, mais ce ne serait pas forcément une mauvaise idée, effectivement, donc c'est à voir. En tout cas j'y réfléchis sérieusement ! Si j'avais mis Severus et Sirius, c'est parce que Severus est le « protecteur » de Seren et que je comptais faire en sorte que Sirius sorte avec elle. Mais… je suis en train de réviser mon idée suite à ta review )
Chapitre 1
La cage
Seren toucha de l'index les barreaux argentés qui avaient été mis à sa fenêtre. Texture dure et froide peu amène. Elle reporta son regard vide de toute expression vers la bibliothèque qu'Albus avait faite construire pour elle à l'autre bout de la pièce.
Le cliquetis de la serrure retentit. Premier bruit de la matinée. Les yeux de l'adolescente se posèrent sur Severus Rogue avec dégoût.
- Que faites-vous ici ? siffla-t-elle. Apporter le petit-déjeuner à une prisonnière est-ce une action digne de votre grandeur ?
Les dents du professeur de potions grincèrent et il posa avec précipitation le plateau sur la table de nuit, manquant de renverser le bol de lait. Elle laissa échapper un ricanement moqueur.
- Vous êtes franchement maladroit. Je comprends pourquoi vous évitez de m'apporter ma nourriture, vous auriez peur de tout faire tomber !
- Seren…
La jeune femme souffla du nez avec une rancœur visible.
- Je ne comprends toujours pas pourquoi vous.
- Pourquoi moi ? C'est-à-dire ?
- Nous nous détestons cordialement, alors pourquoi Albus vous a-t-il demandé de me surveiller ? Il aurait pu me confier aux Weasley, aux Longbottom, à Minerva, à Filius… Mais non, c'est tombé sur VOUS !
Severus claqua la porte dans un froissement vexé de robes sombres. Seren ouvrit de grands yeux étonnés puis décida qu'elle n'avait pas à s'inquiéter des humeurs d'un sous-fifre et s'empara de sa tasse de lait froid pour aller s'installer devant sa cheminée où elle se mit à lire la fin du livre qu'elle avait entamé la veille.
La porte s'ouvrit avec douceur à midi, laissant passer une femme aux cheveux grisonnant qui offrit à l'adolescente un sourire joyeux.
- Alors, où en étions-nous hier ? demanda Minerva McGonagal, les yeux pétillants de malice.
Elle déposa le plateau du déjeuner sur ses genoux et se servit une tasse de thé fumant tout en attendant la réponse de Seren qui mit quelques secondes à venir. Elle referma son livre en prenant son temps, puis leva les yeux vers celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie malgré leur différence d'âge.
- Tu me parlais du procès de Barty Croupton Junior.
Le visage de Minerva s'assombrit.
- Il a osé dire « Je n'ai pas de fils ». Un père ne peut pas dire ça ! Même si son unique enfant a commis des actions impardonnables, il reste son fils ! Cet homme me donne la nausée.
- C'est un homme, Minerva. Cette guerre est un conflit construit sur le besoin de pouvoir des hommes et leur nécessité de montrer qu'ils sont les meilleurs. Ils jouent à « Qui a la plus grande ? ». Regarde : Voldemort, Dumbledore, Harry Potter. Tous des hommes, même si le dernier est plus une larve qu'autre chose pour le moment.
Le professeur de Métamorphose éclata de rire.
- Si les sorciers t'entendaient traiter leur sauveur de larve !
- Je peux bien dire ce que je veux, c'est moi qui aies fait tout le travail ! Lui est arrivé à la toute fin et il a droit à tous les honneurs tandis que je me retrouve enfermée dans cette cage dorée comme un animal !
La vieille femme pinça les lèvres, se sentant coupable tout à coup de l'enfermement de Seren.
- Je ne te reproche rien, Minerva, ne t'inquiète pas ! J'en veux surtout à Voldemort et à Harry Potter en fait. Si ce Potter n'avait pas détruit Voldemort, je serais encore libre de courir où bon me semble, mais maintenant que je ne suis plus utile parce que nous entrons dans un temps de paix, on préfère me reléguer dans un trou paumé pour m'oublier. Je ne sers plus à rien.
L'aigreur que recelait la voix de la jeune femme crispa automatiquement les muscles de l'animagus. Minerva savait que malgré ses paroles, Seren en voulait essentiellement à Dumbledore pour la situation dans laquelle elle se retrouvait. Son existence cachée durant des années ne devait jamais être révélée. Arme sans prix et sans limite ou presque, personne ne devait apprendre qui elle était. Pour les sorciers, elle devait rester de l'ordre du mythe.
La porte s'ouvrit à nouveau avec violence face à un Severus furieux.
- J'ai dit que les visites étaient interdites ! s'exclama-t-il en fixant le professeur de Métamorphose avec colère. Allez-vous-en ! Tout de suite !
- Parce que maintenant je ne dois plus voir personne ? Je suis enfermée, je ne peux aller nulle part ! Et ça ne te suffit pas ? Tu veux me couper du monde ? Me rendre docile comme un animal de compagnie ? Personne ne devrait avoir à subir ça ! Et surtout pas MOI ! Après tout ce que j'ai fait pour vous, pour toi… tu n'avais pas le droit, Severus ! Alors sors d'ici immédiatement !
Une force invisible poussa Severus vers la sortie et l'assomma contre la porte. Seren se détendit d'un coup et se précipita vers le corps inanimé.
- Non, non, réveille-toi, je suis désolée !
Minerva posa une main réconfortante sur l'avant-bras de l'adolescente qui sursauta violemment.
- Je ne sais faire que de mauvaises choses. Je ne sais même pas guérir quelqu'un, Minerva ! Je suis un être mauvais. Ma vue se brouille à la vue d'un livre sur les sorts de guérison. Même quand je tente de soigner à la manière moldue, mes mains se mettent à trembler et je ne suis plus capable de quoi que ce soit. Minerva, pourquoi suis-je comme ça ? Pourquoi ? Ne suis-je donc née que pour commettre des meurtres ou pour torturer les gens ?
- Seren, tu es juste à bout à force d'être enfermée. Dors un peu, tu iras mieux demain.
- NON ! Tu sais que j'ai raison ! Je suis une arme, pas quelqu'un de secourable ! Je suis mauvaise, mauvaise, mauvaise. Dumbledore me garde ici parce qu'il sait que Voldemort n'est pas mort. Quand il refera surface, je serai à nouveau là. En première ligne. À protéger leur putain de sauveur dans l'ombre ! Qui pourrait me faire confiance si mon existence était révélée ? Minerva, ouvre les yeux ! Personne ne veut de moi. Même pas Severus. Même pas Dumbledore, je ne suis qu'un objet pour lui. Il n'y a que toi, que toi…
Ses mains se crispèrent après un hoquet convulsif. Ses paupières fermées cachaient deux orbes d'un bleu vif destructeur.
- Sors, Minerva. J'ai besoin d'être seule.
- Ne casse pas tout, d'accord ?
Seren ne répondit pas. L'animagus fit léviter le corps du maître des potions dans l'escalier qui descendait, puis ferma la porte à clef. Quand le bruit de ses pas se fut estompé, l'adolescente se jeta sur une chaise et la balança contre un mur avec un hurlement de rage.
- Potter détestable ! Bébé voleur de liberté ! Je te souhaite tout le malheur du monde dans ta vie !
La table sembla soudainement emportée dans un tourbillon de feuilles vierges volantes. Le dictionnaire des runes fut projeté sur le livre de Seren avant de rencontrer brutalement le mur opposé.
La transe rageuse de la jeune femme prit fin lorsque des larmes apparurent aux coins de ses yeux. Elles roulèrent lentement jusqu'à sa bouche où une fine langue les happa afin qu'il ne reste aucune trace de son chagrin.
- Quitte à n'être qu'une arme, je serai la meilleure. Potter, tu ne vaux rien à côté de moi. J'aurais pu tuer Voldemort un million de fois. Mais j'avais l'ordre de ne pas le toucher parce que tu étais l'Elu. Misérable bambin chanceux. J'aurais dû n'en faire qu'à ma tête. Le jour où tu te retrouveras face à moi, je te conseille de fuir. Et loin.
