Merci pour vos retours !
Voici le deuxième chapitre !
Enjoy ! :)
2.
- Killian !
Il se redressa en voyant Emma sortir. Il commença à marcher vers le parc, la fuyant, mais elle le rattrapa et le retint par l'avant-bras.
- Killian. Laisse-moi t'expliquer.
- Non Swan ! Comment ?! Comment as-tu pu me faire ça ?!
- J'ai voulu te le dire, plus d'une fois, mais…
- Mais quoi ?!
- Mais je n'ai pas réussi !
- Pas réussi ?! PAS RÉUSSI ?! cria-t-il.
Emma se mordit la lèvre inférieure devant sa réaction. Elle s'était imaginée ce moment plus d'une fois, mais jamais, oh grand jamais, elle n'avait pensé qu'il réagirait de cette façon.
- Pas réussi… répéta-t-il abasourdi.
Il lui tourna le dos et commença à faire les cent pas en se passant la main dans les cheveux.
- Tu étais de l'autre côté de l'Atlantique quand j'ai appris que j'étais enceinte ! s'écria-t-elle.
Il lui fit face et la saisit par les épaules, la perçant de ses yeux océan.
- Et alors ?! Je serais revenu ! La minute où tu me l'aurais dit !
- Justement !
- Justement ?!
- Je ne voulais pas que tu abandonnes ta vie ni tes rêves.
- J'aurais tout abandonné pour toi Emma. Tu étais ma vie. Tu étais mon rêve.
Emma déglutit, les larmes aux yeux.
- Je ne pouvais pas te faire ça… murmura-t-elle.
- Tu aurais dû. Tu aurais vraiment dû.
- Non. Et je ne regrette pas ma décision.
Elle était sincère, véritablement sincère et il le lut sur son visage. Il soupira, sans jamais la lâcher des yeux.
- Je suis désolée Killian…
- Moi aussi. Réellement.
Une larme coula sur la joue de la jeune femme, ce qui fit totalement perdre pied à Killian. Il prit son visage entre ses mains et l'embrassa férocement. Elle répondit à son baiser avec ardeur. Leurs lèvres se retrouvaient avec une facilité extraordinaire, comme si elles s'étaient quittées la veille. Leurs langues dansèrent l'une contre l'autre une valse qu'elles ne connaissaient que trop bien.
Elle mit ses mains sur ses joues, sentant sa barbe lui piquer les doigts, et continua de l'embrasser avec une passion débordante alors qu'il enserrait sa taille, collant son corps au sien.
Dieu, ce qu'il lui avait manqué.
Ils rompirent leur baiser à bout de souffle et il posa son front contre le sien, en fermant les yeux. Ils reprirent doucement leur respiration, puis se regardèrent.
- Je suis tellement, tellement, tellement désolée… chuchota-t-elle.
Il hocha imperceptiblement la tête.
- Ce travail… Mon travail, susurra-t-il contre sa bouche, n'avait pas d'importance. Tu avais de l'importance.
- Peut-être, souffla-t-elle, mais je n'avais pas le droit de te voler ça… Tu devais t'accomplir, faire ce qui te plaisait…
- Être avec toi et… et notre fille m'aurait suffi…
- Non, murmura-t-elle, et tu le sais.
Il déglutit.
- Ça m'aurait suffi Emma. Tu aurais du avoir confiance en moi. En nous.
- J'avais confiance…
- Pas suffisamment il faut croire…
Elle déglutit.
- Je n'avais pas le droit de te voler ça… dit-elle doucement.
Il la regarda les yeux brillants.
- Mais me priver de l'enfance de ma fille, oui ?
Emma eut l'impression d'avoir reçu un coup de poing dans le ventre ; non c'était bien pire : comme si des milliers de lames transperçaient sa peau de part en part.
Elle rompit alors leur étreinte, s'échappant de ses bras qui lui avaient tant manqué et recula d'un pas, ne sachant que répondre.
- Comment… Comment s'appelle-t-elle… ?
- Mia, articula-t-elle péniblement.
Une foule de sentiments contradictoires envahissait Killian : la tristesse, la déception, la rancœur et la colère ; mais aussi la joie et le bonheur.
- Que lui as-tu dit… ? Sur moi ?
- Que son père était un grand médecin qui sauvait de nombreuses vies…
- Comment as-tu su que j'avais été diplômé… ?
- Je n'en ai jamais douté.
- C'est tout ce que tu lui as dit ?
- Non.
Il l'interrogea du regard.
- Je lui ai aussi dit que tu étais l'amour de ma vie, qu'on s'était aimé plus que tout, mais que tu avais dû partir. Et que tu l'aimais elle aussi, très fort.
Killian hocha la tête plusieurs fois sans rien dire, puis s'humecta les lèvres en observant celles d'Emma.
Malgré la peine qu'il ressentait, il n'arrivait pas à éprouver un quelconque sentiment de rancœur à l'égard d'Emma. Même si cela faisait quatre ans qu'ils n'étaient plus ensemble, il avait l'impression qu'ils ne s'étaient jamais quittés.
- Tu… veux la rencontrer ?
Killian déglutit et se gratta derrière l'oreille, confus.
- Oui… Mais… Elle ?
- Bien sûr qu'elle veut te rencontrer.
Il acquiesça d'un signe de tête, peu convaincu et suivit la jeune femme qui retourna vers l'hôpital sans attendre. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte de la chambre, Emma se tourna vers Killian. Il était pâle et ses mains tremblaient.
- Je… Je ne peux pas Emma. Je suis désolé.
Sans lui donner l'opportunité de faire quoi que ce soit pour le retenir, il s'enfuit en courant, la laissant pantelante sur le pas de la porte.
Elle décida de ne pas partir à sa suite, comprenant qu'il lui fallait sans doute du temps pour s'accoutumer à l'idée qu'il était père. Ce qui était tout à fait compréhensible.
Elle prit sur elle-même lorsqu'elle entra dans la chambre de sa fille, un grand sourire aux lèvres.
Killian erra sans but une bonne partie de la journée. Il ne retourna dans son appartement que le soir, et claqua violemment la porte. Milah sortit de la cuisine et le regarda interloquée. Elle fronça les sourcils en voyant les yeux sombres de Killian. Elle posa ses mains sur ses hanches et le regarda en colère.
- Où étais-tu ? demanda-t-elle inquisitrice.
- À l'hôpital.
Il enleva sa veste et l'accrocha avec rage sur le porte-manteau de l'entrée.
- Ton jour de repos ?
- Oui, fit-il d'une voix froide.
- Qu'est-ce que tu y faisais ?
- Mon travail Milah.
Elle était sur le point de lui poser une tonne de questions pour savoir la vérité, mais elle n'en eut pas l'occasion. Killian la saisit par la taille et écrasa brutalement ses lèvres sur les siennes, l'embrassant avec vigueur.
Son estomac se serra, tout comme son cœur, lorsqu'il se rendit compte que la passion qui l'avait enflammé tout à l'heure avec Emma était ici éteinte.
- Tout va bien ? murmura Milah d'une petite voix.
Il ouvrit les yeux et déposa de nouveau un léger baiser sur ses lèvres.
- Oui.
- Tu es sûr ?
- Oui. Je suis juste fatigué et tu m'as manqué.
Milah ne répondit rien, lisant dans ses yeux qu'il ne lui disait pas tout, mais elle n'insista pas et il en profita pour se précipiter sous la douche.
L'eau chaude lui brûla le corps, mais il ne baissa pas la température. Il ferma les yeux et appuya ses mains sur le mur devant lui, essayant de rationnaliser ce qui était en train de lui arriver.
Emma était de retour à Boston.
Emma était de retour dans sa vie.
Emma avait une fille.
Sa fille.
Emma avait voulu bien faire en lui cachant la vérité, mais elle s'était totalement trompée : son métier n'était pas sa vie, elle l'était.
Enfin, elle l'avait été…
Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il était père. L'était-il d'ailleurs réellement ? Il n'avait jamais été là pour cette petite fille, que ce soit pour ses premiers mots ou ses premiers pas, il ne l'avait jamais réconfortée non plus, ni raconté d'histoire, rien.
Il n'était pas père, et cette simple idée lui retournait les entrailles, parce qu'il voulait l'être. Il le voulait du fond du cœur.
Mais la vie semblait vouloir lui offrir une nouvelle chance, alors sa décision était prise : il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour devenir un bon père, celui qui manquait à sa petite fille.
Il sortit de la douche, se sécha et se coucha sans demander son reste.
Milah le rejoignit quelques minutes plus tard, pensant qu'il ne perdait rien pour attendre et qu'ils auraient une discussion le lendemain. Elle savait pertinemment que lorsque ses yeux bleus étaient éteints comme ils l'étaient ce soir, ce n'était pas la peine de tenter d'avoir une explication avec lui.
Emma dormait profondément lorsqu'elle entendit une petite voix :
- Maman ?
- Oui ? dit Emma d'une voix endormie.
- Je veux Sven.
Emma se frotta les yeux et se força à sourire à sa fille.
- Il est à la maison mon cœur.
- Mais je le veux. Il a peur tout seul.
- Je vais appeler Elsa pour lui demander de l'amener.
- Non, il aura peur d'elle. Il veut toi.
Emma prit la main de sa fille dans la sienne.
- Si je dois aller le chercher ça veut dire que tu vas rester toute seule… Et je n'ai pas envie de te laisser.
- Je veux Sven… murmura Mia les yeux brillants.
- Alors je vais chercher Sven… Mais tu seras courageuse sans moi ?
La fillette hocha la tête exagérément. Elle avait peur de rester seule dans cet endroit, mais elle avait encore plus peur sans sa peluche préférée.
Emma se leva de son fauteuil en inspirant profondément, regarda l'heure sur son portable indiquant huit heures du matin et déposa un baiser sur le front de sa fille.
- Je me dépêche. Si tu as besoin de quelque chose, tu appuies ici.
- Oui…
Emma sortit de la chambre, les épaules lourdes et le cœur serré. Elle n'aimait pas quitter sa fille et la laisser toute seule. Mais elle savait que si Mia n'avait pas son renne en peluche dans l'heure, elle risquait de craquer et de pleurer toutes les larmes de son corps. Chose qu'elle n'avait pas faite depuis son entrée à l'hôpital. Le courage de sa fille la surprenait énormément. Elle croisa une infirmière blonde et lui expliqua la situation. La jeune femme compréhensive lui promit de veiller sur sa fille le temps de son absence.
Emma sortit de l'hôpital et respira l'air frais matinal à plein poumons. Elle héla un taxi, étant donné qu'elle n'avait plus de voiture et lui indiqua la direction à prendre. Elle se précipita dans leur petite maison et courut presque dans la chambre de sa fille. Elle chercha dans tous les recoins de la pièce, mais dut se rendre bien vite à l'évidence : la peluche n'était pas là. Elle se retint d'éclater en sanglots et continua inlassablement ses recherches, les étendant à toutes les autres pièces de la maison, en vain. Lorsqu'elle entra dans sa chambre et vit son lit, elle eut une envie folle de s'y jeter dedans et de dormir jusqu'au lendemain. Elle était tellement sur les nerfs qu'elle en était exténuée. Il faut dire aussi qu'elle avait mal dormi depuis deux jours, se réveillant incessamment chaque nuit la boule au ventre.
Elle se laissa tomber mollement sur son lit et essaya de se souvenir de la dernière fois qu'elle avait vu Sven : dans les bras de sa fille alors qu'elles rentraient du cinéma.
- Oh non ! lâcha-t-elle en sortant de la maison et en prenant Olaf au passage.
La peluche devait être dans sa voiture… qui était à la casse. Elle demanda au chauffeur de l'y amener rapidement. Par chance, celle-ci ouvrait à l'aube, et le gérant lui indiqua l'endroit où se trouvait sa petite voiture jaune. Elle trouva rapidement les restes de son véhicule qui ne ressemblait presque plus à rien puisqu'il avait fallu désincarcérer Mia. Emma frissonna et regarda à l'intérieur à la recherche de Sven. Son visage se décomposa quand elle se rendit compte qu'il n'y était pas.
Mia allait être anéantie. Elle aimait tellement cette peluche. C'était Anna qui la lui avait offerte quand elle était née et depuis elle ne s'en séparait jamais.
Le conducteur du taxi ramena Emma à l'hôpital. Cette dernière avait des sueurs froides, rien qu'à l'idée d'apprendre la nouvelle à sa fille.
Elle entra dans le bâtiment à reculons, présageant le pire. Elle se dit que peut-être elle pourrait demander à Anna le magasin où elle avait acheté le renne afin d'en prendre un nouveau pour Mia.
Lorsqu'elle entra dans la chambre, elle fut surprise d'entendre le rire de sa fille et de voir Killian assis à sa place.
Le visage de la petite s'illumina quand elle repéra sa mère.
- Mamannnn ! Regardeeeee !
Et elle agita devant son visage la peluche en forme de renne.
La tension s'échappa aussitôt des épaules d'Emma.
Elle s'approcha de sa fille, en souriant sincèrement.
- Regarde ce que moi j'ai trouvé et qui était triste tout seul à la maison.
- Olaf ! s'exclama la petite fille en serrant le bonhomme de neige contre elle.
Emma échangea un regard avec Killian qui lui sourit timidement.
- Maman, maman, regarde ! Killian il a soigné Sven.
La fillette désigna le ventre de la peluche qui était recousu avec un mince fil bleu.
- Vraiment ? demanda Emma.
- Oui ! Lui aussi il a eu mal mais Killian l'a sauvé. C'est un super docteur. C'est lui qui m'a soigné aussi. Il est super fort !
Emma ne put retenir un sourire devant l'enthousiasme de sa fille, et elle remarqua que Killian en faisait autant.
- Il l'est, dit Emma, tu lui as dit merci ?
- Merci Killian !
Il ne répondit rien et se contenta de sourire.
- Sven a été très courageux, mais il était effrayé sans toi, dit Killian en souriant.
- Mais oui, tout seul il a peur, c'est un trouillard.
Killian rit doucement.
- Heureusement que tu es là.
- Oui ! Et Olaf aussi. Même si des fois ils se fâchent, ils s'aiment quand même.
- Mia, est-ce que tu pourrais faire quelque chose pour moi ? demanda soudainement Killian d'une voix sérieuse.
- Oui.
- Est-ce que tu peux essayer de tousser ?
La petite fille toussota mais fit la grimace.
- Ça fait mal… dit-elle d'une voix larmoyante.
Killian se leva et souleva son t-shirt de quelques centimètres. Il observa le thorax de la fillette où apparaissaient des fils bleus suite à l'opération. La restructuration était parfaitement faite et commençait même à cicatriser.
- C'est normal, fit-il doucement, comme Sven il va falloir te reposer encore pour guérir parfaitement. Tu es une petite fille très courageuse, ta maman peut être fière de toi.
Il leva les yeux vers Emma qui se mordait la lèvre inférieure et se triturait les doigts.
- Oui, s'exclama Emma.
- On finit la partie maintenant ? demanda la petite fille.
Emma fronça les sourcils et remarqua alors la présence de cartes à jouer sur la tablette posée devant sa fille.
- Killian a certainement du travail Mia…
- Oh… lâcha la petite déçue.
- J'ai encore cinq minutes, fit Killian.
Mia sourit jusqu'aux oreilles.
- Tu joues avec nous maman ?
Emma hocha la tête en signe d'acquiescement et tira une chaise pour se joindre à la partie.
Le bipeur de Killian les sortit tous les trois de leur petite bulle. Cela faisait maintenant bien une heure qu'ils jouaient aux cartes, riant et s'amusant comme une vraie petite famille. Ce qu'ils étaient finalement. Ils n'avaient pas vu le temps passer.
Killian se leva, suivi d'Emma.
- Le devoir m'appelle, dit-il en regardant la petite fille. Occupe-toi bien de Sven little love.
- Oui ! Tu reviendras me voir ?
- Oui.
- Promis ?
- Promis.
Les yeux de Mia s'illuminèrent en entendant la réponse de Killian et un immense sourire apparut sur son visage.
Il rencontra le regard d'Emma qui sortit à sa suite en refermant la porte derrière elle, laissant Mia jouer avec ses peluches.
- Killian… commença-t-elle.
- Elle est merveilleuse Emma. Tu as fait un sacré bon boulot…
Emma évita de croiser le regard de Killian.
- Merci, dit-elle dans un souffle.
- Pourquoi ?
Elle releva les yeux et les planta dans les siens.
- De l'avoir sauvée, de m'avoir sauvée… Pour tout. Merci, du fond du cœur.
Un sourire en coin apparut sur son visage et il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Elle frissonna à ce contact.
- Je suis content de l'avoir rencontrée.
- Elle t'adore déjà on dirait…
- C'est la blouse qui fait ça, répondit-il en faisant un clin d'œil.
- Je ne pense pas…
- Il faut que je file, je passerai demain.
- D'accord.
Il faillit s'avancer vers elle, mais se retint au dernier moment. Elle ouvrit la porte de la chambre et lui lança un dernier regard.
- Et Emma…
- Oui ?
- Repose-toi, tu es morte de fatigue love.
Elle ne répondit rien et entra dans la pièce pour rejoindre sa fille. Elle s'était endormie en serrant contre elle ses deux peluches. Emma s'assit à côté d'elle, l'observa un moment et s'assoupit à son tour.
Le reste de la journée passa à une allure folle. Emma et Mia jouèrent une bonne partie de l'après-midi, puis elles regardèrent un dessin animé et dînèrent. Et la petite fille tomba dans le pays des rêves très rapidement. Emma également.
Septembre 2005
Emma monta le premier étage de la résidence, puis le second tout en suivant les indications fléchées. Elle vérifia une nouvelle fois sur sa feuille d'assignation le numéro de sa chambre : 206. Elle croisa un grand nombre de personnes, mais ne reconnut malheureusement aucun visage familier. De nombreux étudiants la saluaient et lui souriaient, elle leur répondait avec un petit sourire poli.
Lorsqu'enfin elle arriva devant la porte de la chambre 206, elle lâcha une petite exclamation de joie. Le campus était immense et elle avait dû le traverser à pied avec son imposant et lourd sac à dos. Elle n'en pouvait plus et souhaitait plus que tout autre chose le poser par terre.
Elle se demanda si elle devait frapper avant d'entrer, car il était inscrit sur le papier qu'elle aurait une colocataire du nom de Ruby Scarlett, et elle ne voulait pas la déranger ou la surprendre. Prenant son courage à deux mains, elle décida de pénétrer dans la pièce sans prévenir ; après tout, c'était désormais aussi sa chambre. Elle ouvrit la porte, entra et lâcha lourdement son sac à ses pieds.
Elle inspecta la chambre d'un regard et fronça les sourcils : il n'y avait pas deux lits, mais trois.
Avait-elle deux colocataires ?
Pourtant elle avait spécifiquement précisé sur le site de l'université qu'elle n'en voulait qu'une, voire même pas du tout. Emma était sociable, mais aimait aussi se retrouver seule.
Elle observa de nouveau la pièce avec une attention particulière : deux des lits étaient défaits témoignant ainsi qu'ils étaient déjà occupés, et un sac de sport était posé sur le troisième. Elle s'approcha de ce dernier et remarqua sur la table de nuit un exemplaire des Misérables de Victor Hugo ainsi qu'un livre sur l'anatomie humaine. Elle se tourna vers le sac et se pencha vers lui, car elle crut y voir une étiquette avec un nom inscrit dessus.
Alors qu'elle déchiffrait le nom, la porte s'ouvrit.
- Killian Jones ? dit Emma surprise
- C'est moi, lui répondit une voix d'homme dans son dos.
Elle se tourna vers lui et ses yeux s'agrandirent malgré elle lorsqu'elle vit qui lui avait répondu : un jeune homme grand et musclé, avec des cheveux sombre en bataille, des yeux à se damner et un sourire ravageur.
Elle le dévisagea malgré elle des pieds à la tête. Jamais encore elle n'avait rencontré un homme aussi beau. C'était plus que déstabilisant. Il vint vers elle, un sourire aux lèvres. Ses yeux pétillants la scrutaient d'un air amusé.
- Et tu es ? demanda-t-il d'une voix chaleureuse.
Emma nota qu'il avait un accent irlandais (pouvait-il être plus parfait ?) et elle cligna plusieurs fois des yeux, envoûté par son regard, avant de répondre :
- Visiblement dans la mauvaise chambre.
- Il semblerait.
Il tendit sa main vers elle en disant « Killian Jones ». Elle hésita quelques secondes, puis la serra doucement en murmurant « Emma Swan ». Dès l'instant où leurs doigts se touchèrent, ils furent tous les deux parcourut d'un puissant frisson, étrange et grisant, qui se répandit dans tout leur corps. Emma retira rapidement sa main et sortit sa feuille de sa poche en suivant du doigt la ligne indiquant le numéro de sa chambre.
- Bâtiment A, étage 2, chambre 206. C'est bien la chambre 206, non ?
- Oui love, mais ici c'est le bâtiment B.
Emma releva les yeux vers lui et retint sa respiration en le voyant si près d'elle. Ses paupières papillonnèrent malgré elle et semblèrent battre aussi vite que son cœur.
- Alors je… vais partir à la recherche de ce bâtiment A…, articula-t-elle lentement.
Il humecta ses lèvres tout en plantant son regard azur dans ses yeux émeraude.
- Je peux t'accompagner si tu veux.
- Non ! répondit-elle précipitamment.
Il arqua un sourcil, et elle se reprit :
- Enfin, je veux dire, je… je vais bien finir par trouver. Et tu as sans doute d'autres choses plus importantes à faire.
Elle n'attendit pas sa réponse, et le contourna. Elle saisit la poignée de son sac et tenta de le soulever rapidement, mais elle avait oublié à quel point il était lourd, tant et si bien qu'elle se fit mal au dos et lâcha un juron. Elle voulut réitérer son geste, mais la main de Killian se saisit de son sac avant elle et il le plaça sur son dos d'un mouvement leste, en lui souriant gentiment.
- Allez, suis-moi Swan.
Elle hocha la tête et partit à sa suite en se mordant la lèvre inférieure alors qu'il lui expliquait qu'ils se trouvaient ici dans la résidence des deuxièmes années et à l'étage réservé aux garçons. Ils sortirent de l'édifice et ils entrèrent dans celui situé juste à côté. Emma se sentit idiote de ne pas avoir vu la grande pancarte indiquant « Résidence A ».
Ils croisèrent de nombreuses filles dans le couloir, qui dévoraient littéralement Killian des yeux, se pâmant presque devant lui. Ce dernier ne sembla même pas le remarquer et ne cessait de sourire à Emma, tout en lui racontant qu'il s'était lui aussi trompé de bâtiment lors de son premier jour à l'université. La jeune fille ne lui répondait rien et se contentait de lui sourire, en espérant ne pas se noyer dans ses yeux océan.
- Voilà, dit-il en s'arrêtant devant la porte de la chambre.
Emma frappa cette fois-ci, mais comme personne ne répondit, elle entra. Elle était définitivement dans la bonne chambre : il n'y avait que deux lits, répartis dans les coins opposés de la pièce. Celui près de la fenêtre était libre et Killian y déposa le sac d'Emma. Le second était recouvert d'une montagne de vêtements, appartenant sans nul doute à sa colocataire.
Killian s'avança vers la fenêtre et lâcha une exclamation de surprise.
- Quelle chance ! Tu peux voir la rivière de ta chambre !
Emma se plaça à côté de lui, leurs épaules se frôlèrent, mais ils n'y prêtèrent pas attention, se disant que le sang qui battait à leurs tempes avec une vitesse ahurissante était le fruit de leur imagination. Emma fut subjuguée par la vue : l'eau s'écoulait lentement le long de la ville où se dressaient des arbres verdoyants et des building imposants. Elle connaissait bien la rivière Charles puisque ses parents habitaient de l'autre côté de la rive, mais elle ne l'avait jamais vue de haut. Elle avait l'impression de la redécouvrir complètement.
Killian se détourna du paysage et regarda Emma qui finit par tourner la tête vers lui.
- Merci ! s'exclama-t-elle alors avec entrain. Pour le sac et de m'avoir accompagnée.
- Tout le plaisir est pour moi, dit-il un sourire charmeur aux lèvres.
Il se dirigea vers la porte, suivi d'Emma. Il se tourna vers elle juste avant de l'atteindre et la regarda intensément.
- Enchanté d'avoir fait ta connaissance.
- Moi aussi.
- Bienvenue à l'université Swan ! s'exclama-t-il joyeusement.
Elle le remercia d'un sourire, faisant tout pour cacher qu'elle était déstabilisée.
- Et trompe-toi de chambre quand tu veux love, dit-il en faisant un clin d'œil, à bientôt j'espère.
- À bientôt Killian.
Elle ferma la porte derrière lui et posa une main sur sa poitrine : son cœur battait à tout rompre. Elle prit de longues inspirations afin de tenter de se calmer.
L'année commence bien, pensa-t-elle.
