Et voici la suite !

Assistant

Partie 2 : Récupérer l'assistant

Le ventre d'Hanji grogna lourdement. Elle avait faim, elle le savait, mais ce traité sur l'alchimie était tellement intéressant. Elle ne parvenait pas à le lâcher. Elle était dessus depuis deux jours, et n'avait guère avancé que de quatre cents pages sur les mille cinq de ce bouquin. Mais elle voulait le finir vite : il y avait cette théorie qu'elle voulait absolument mettre en pratique, mais elle avait besoin avant toute chose de finir cet ouvrage. Desfois qu'il contienne des informations capitales sur son expérience prochaine, par exemple, ou d'autres méthodes expérimentales conseillées dans ce cas.

Elle lut encore une bonne centaine de page quand elle sentit le grognement de son ventre se transformer en douleur. Elle avait du mal à se concentrer, et sa tête tournait un peu. Pour se calmer, elle alluma une cigarette, attrapant une vieille tasse de café comme cendrier de fortune.

Mais rien ne venait à elle, et elle fronça les sourcils. Ça faisait bien plus de vingt-quatre heures qu'elle n'avait pas mangé, elle en était certaine. Où était donc son assistant ? Elle lança un grognement qui ressemblait vaguement à « Moblit ! », mais seul l'écho entre les pierres froides lui répondit.

Maintenant qu'elle y pensait, il y avait quelque chose de plus vide dans la maison depuis quelques temps. Un fond sonore qui n'était plus là. C'était pour ça, pensa-t-elle, qu'elle s'était sentie étrange aujourd'hui au lever. Elle avait comme d'habitude sorti les mains avant la tête de son lit, enfilé ses lunettes avant même une culotte et avait repris sa lecture exactement où elle l'avait arrêtée. Mais elle se souvenait avoir dû relire deux fois le même passage pour le comprendre, et si c'est la veille qu'elle avait lu trois cents pages, aujourd'hui ne l'avait faite avancer dans sa lecture que de deux cents pages. Enfin, elle disait aujourd'hui mais elle n'avait aucune notion de l'heure qu'il pouvait être, ni même de la date.

Elle se releva, et ses jambes lui firent mal. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas défoulée un petit peu. Levi, son meilleur ami, lui manquait un peu dans ces périodes de grandes lectures. Elle n'avait plus personne à embêter, et jamais rien ne la comblait de joie autant que de le voir râler. C'était étrange, qu'elle ne remarque qu'il lui manquait que maintenant. La présence de Moblit, silencieuse et attentionnée était confortable, et elle avait eu l'impression d'être de retour dans ses années les plus jeunes, quand Erwin s'occupait d'elle au foyer, alors qu'elle était toujours la tête dans les nuages.

Elle se demanda pourquoi Moblit n'était plus là. Est-ce qu'il lui avait dit quelque chose à ce sujet ? Elle fronça les sourcils, remontant dans sa mémoire, mais tout était flou. Soudain, elle n'avait plus faim du tout mais seulement sommeil. À peine levée elle se recoucha au sol, et ferma les yeux. Au moins, elle s'endormit vite.

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Moblit se sentait revivre. Le soleil le réveilla doucement, et ses draps sentaient le propre. Il prit le temps d'étirer son dos comme un chat, et de bâiller allègrement. Il regarda l'heure. Il était tout juste onze heures. Ainsi, il s'était réveillé le matin. Il reprenait enfin un rythme ordinaire d'étudiant en vacances, et la thèse sur son ordinateur avait bien avancé. Finalement, il décida de rester entre ses draps encore un peu. Sa fenêtre ouverte de la veille faisait entrer chez lui l'odeur de sa campagne natale, et il remerciait le ciel de la présence de sa mère, en bas, du parfum de lilas et du bruit des casseroles.

Cela faisait combien de temps, franchement, qu'il n'avait pas autant profité de ces choses simples ?

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Du souvenir revenu brutalement ou de la faim tiraillant son estomac, Hanji ne saurait dire ce qui la réveilla.

Je peux partir ? Je ne reviendrai pas. Je rentre chez moi.

Elle l'avait laissé filer. Ça n'était juste pas possible. Elle ne pouvait pas avoir fait ça. Elle descendit les escaliers, manquant plusieurs fois de tomber. Arrivée à la cuisine, elle fit simplement couler du café. Elle avait faim. Elle contempla ses placards, et par pure flemme de faire cuire quoi que ce soit, attrapa juste une pomme. C'était plein de vitamines, d'eau et de fibres. Tout ce qu'il faut, quoi.

Elle récupéra son livre. Elle lut la première ligne de son nouveau paragraphe. Puis la deuxième. Attendez, « celle-ci » ? Mais « celle-ci » laquelle ? Elle relut la première ligne, et reprit. Elle ne comprenait toujours pas. Les mots, dans son crâne, ne s'assemblaient pas pour faire sens, ils se mélangeaient et s'entre-découpaient comme des os fracturés que l'on recollerait n'importe où sur un squelette mutilé, un cadavre exquis ou un puzzle que l'on offrirait à un enfant daltonien abruti mélangeant les pièces et des dessins et autres choses, poupées et voitures gonflables, vêtements, livre ou couverture de bois, bois le vin, et le sang du christ se débarrasse de la souillure comme les tâches sur la nappe de grand-mère.

Elle fronça les sourcils, encore. Il fallait que Moblit Berner revienne, et maintenant. Il était son assistant, après tout, et sa présence à ses côtés était essentielle. Mais elle l'avait laissé partir – nous ne dirons pas en son âme et conscience parce qu'elle était tout de même en train de lire – et cela allait être difficile de le reprendre. Pourquoi ses assistants fuyaient-ils toujours ?

Elle se rendit sur le site de l'Université, prête à poster une nouvelle demande d'assistant. Elle devrait peut-être recontacter le précédent ? Elle gémit à cette idée. Tout cela lui paraissait bien ennuyeux. Ce qu'elle voulait, c'était que Moblit revienne. Et au vu de comme il était parti, un simple mail ne suffirait pas.

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« Moblit ! Moblit, tu peux descendre ? »

L'homme retira ses écouteurs, et tendit l'oreille. Il lui semblait avoir entendu une voix. L'appel se réitéra.

« Descends ! »

Il sauvegarda son document et coupa définitivement la musique qui jouait dans l'ordinateur. D'un pas traînant il quitta sa chambre pour rejoindre le rez-de-chaussée où sa mère l'attendait. Sa mère, et Hanji Zoé. Aussitôt qu'il l'eut aperçue, il fit volte-face pour remonter les escaliers. Son comportement était des plus immatures, il en avait conscience, mais il ne voulait pas la revoir.

« Attends ! »

Il s'immobilisa quelques secondes à peine, et cela suffit à Hanji pour courir jusqu'à lui et attraper le col de sa chemise.

« Madame, vous voudriez bien nous monter quelque chose à boire, s'il-vous-plaît ? »

Elle n'attendit pas la réponse de la mère et monta les escaliers en traînant Moblit derrière elle. Il ouvrit la porte de sa chambre, et elle s'assit d'office sur son lit une place. Il voulut renfiler ses écouteurs mais elle ferma l'ordinateur sur le bureau.

« Tu sais que j'ai galéré à te trouver ? C'est pas l'adresse de ton dossier. »

Il ne répondit pas. Il n'avait rien à dire.

« C'est ici que t'as grandi, alors ? C'est plutôt cool, je trouve. C'est calme, et en même temps pas trop loin de Paris. Tu reviens souvent ici ?

—Vous voulez bien arrêter ? »

Elle se tendit. Et dire qu'elle avait réussi à lui faire abandonner le vouvoiement. Se faire renvoyer à ce statut de supérieure la gênait, sans qu'elle sache exactement pourquoi.

« Quoi ? Si t'es pas disposé à parler, il faut bien que je fasse la conversation en attendant. Écoute, je sais que j'ai pas été cool, mais …

—Mais quoi ?

—Mais je sais pas faire ! Enfin, mince, t'as bien vu, je sais déjà pas gérer mes relations avec moi-même, alors avec les autres …

—C'est supposé être une excuse ? Vous vous rendez compte de comment vous vous comportez, au moins ?

—Bah non. »

Moblit eut un mouvement de recul. Il ne s'était pas attendu à ça. Elle ressemblait à une enfant, quand elle regardait ses pieds.

« Je sais pas faire ça. Alors dis-moi, sérieusement.

—C'est pas d'un assistant dont vous avez besoin, Madame, c'est d'un cuisinier. Alors merci, mais j'ai autre chose à faire de a vie que de jouer à la garderie. »

Hanji se mordit la lèvre. Elle se doutait bien qu'il avait raison. Depuis qu'il était parti elle avait à peine avalé quelques pommes et des pâtes, une fois. Son ventre émit un gargouillement sinistre, et il soupira. Il se leva de sa chaise, et alla vers la porte.

« Vous voulez manger quoi ? »

Elle jura mentalement, et se redressa d'un coup. Sa tête tournait un peu, mais elle tenait encore debout.

« Laisse. Je vais m'en occuper. »

Déterminée, elle ouvrit la porte, croisant la mère de Moblit et rejoignit la cuisine en quelques enjambées. Elle fouilla les placards, sous l'œil attentif de Moblit. Il fallait l'avouer, elle était un peu perdue. Quoiqu'elle aie vécu seule longtemps, elle ne savait toujours pas se repérer dans une cuisine. Elle se décida pour une casserole qui avait l'air de taille moyenne et un paquet de riz. Elle mit la casserole sur le feu, et la fixa intensément. Elle oubliait une chose fondamentale, elle le savait. Voyons … Elle essaya de se rappeler les paroles d'Erwin … Quand on fait des pâtes ou du riz, il ne faut pas oublier le sel. Fière de sa mémoire, elle prit le sel et en mit dans la casserole. Si elle se souvenait bien, le sel était utiliser pour faire baisser le point d'ébullition de l'eau. Elle se frappa le crâne. Mais oui ! L'eau !

Moblit laissa échapper un rire, sans même le vouloir. Elle était touchante, perdue à la simple idée de faire cuire du riz. Il décida de la taquiner, juste un peu.

« Et vous allez juste manger ça ? Du riz ?

—Ça cale bien.

—Mais ça n'est pas équilibré. »

Elle fronça les sourcils. Elle avait besoin de glucides, de lipides, de protéines, de vitamines A, C et D, de fer, de calcium, d'acide folique, de magnésium, de zinc et de sodium. Le riz lui apportait des glucides, des protéines végétales, et des lipides. Restait donc … les vitamines, les minéraux, le calcium et l'acide folique. Beaucoup trop de choses. Elle se remémora ses cours de nutrition, mais cela faisait beaucoup trop de choses à manger ! Elle entendit le rire de Moblit et se retourna vers lui, un peu interloquée. Qu'est-ce qui pouvait bien être drôle ?

« Ça n'est pas la peine de faire le tour des éléments dont on a besoin. Pensez à un repas normal. »

Elle tenta de penser.

« Des pâtes ?

—D'accord. Des pâtes à quoi ?

—Bah à l'eau.

—Vous croyez qu'on eut vivre toute sa vie en ne mangeant que des pâtes à l'eau ?

—Non.

—Alors ça n'est pas équilibré. »

Elle soupira. Elle ne savait pas quoi faire.

« Bon, on va dire qu'il y a, grosso-modo, six grandes catégories de nourriture : les fruits et légumes, les viandes, les céréales, les poissons, les produits laitiers et les féculents. Une alimentation équilibrée se construit équitablement autour de ces catégories. »

Elle acquiesça, prenant en note tout ce qu'il pouvait lui dire. Il lui semblait avoir déjà entendu un discours similaire, mais elle n'y avait jamais vraiment prêté attention. Si c'était important en ce moment, c'était parce que Moblit le disait.

« Là, qu'est-ce que vous avez pour l'instant ?

—Céréales. »

Ça, au moins, elle le savait. Elle sursauta en entendant un pschitt venir des plaques de cuisson, et vit l'eau bouillir avec une certaine consternation. Elle devait mettre le riz dedans, c'est bien ça ? Elle alla pour attraper la casserole, mais une main la retint.

« Vous allez vous brûler. Considérez que c'est une expérience. C'est tout aussi dangereux. »

Elle faillit répliquer que les expériences n'avaient rien de dangereux si on prêtait un peu attention et qu'on connaissait ces adorables molécules qui ne demandaient qu'à être comprises et aimées. Mais la cuisine, elle ne la connaissait pas. Elle saisit le sachet de riz et le renversa dans l'eau, avant d'être arrêtée dans son geste par Moblit.

« Vous voulez faire à manger pour une colonie ou quoi ? »

Elle fit non de la tête, en regardant la quantité de riz mise à cuire. Il y avait à peine de quoi remplir une bonne assiette.

« Le riz absorbe l'eau, Hanji. »

Elle fit un bond et le montra du doigt.

« Ah ! Tu m'as appelée Hanji ! »

Il soupira.

« Donc, vous avez les céréales. Qu'est-ce qu'il vous manque ? »

Au moins, elle avait une bonne mémoire, et elle répondit sans hésitation.

« Fruits et légumes, poissons, viandes, féculents et produits laitiers.

—Bien, et donc ?

—Et donc ça fera quelque chose de pas bon !

—Vous n'êtes pas obligée de mettre tout à la fois en un seul repas.

—Alors on va mettre … du poisson ?

—Pourquoi pas ? »

Joyeuse, elle ouvrit le frigidaire, pour n'y trouver aucun poisson d'aucune sorte. Elle fut sévèrement déçue.

« Mais y a pas de poisson.

—Alors pas de poisson. La cuisine, ça se fait avec ce qu'on a. »

Elle hocha tristement la tête. Elle regarda dans le frigo et en sortit une plaquette de blancs de poulet.

« Et ça, c'est bien, non ? »

Il acquiesça, les yeux fermés, avant de les rouvrir pour la voir mettre les blancs avec le riz. Il leva les yeux au ciel. Quel âge avait-elle, au juste ? Mais il ne pouvait pas s'empêcher de la trouver adorable. Il retira les blancs, et elle le regarda comme s'il venait de tuer son enfant sous ses yeux.

« Mais t'avais dit que c'était bien !

—Mais tu ne peux pas faire cuire ça comme ça, Hanji ! Il faudrait plutôt … »

Elle décrocha de ses paroles. Il l'avait tutoyée à nouveau, et ça la faisait exulter de joie. C'était un plaisir simple et indéniable. Elle fut ramenée à la réalité par une main sur sa tête.

« Tu m'écoutes, oui ?

—Oui oui. Donc il faudrait plutôt … »

Il soupira encore. Il se doutait bien qu'elle n'avait rien entendu. Elle avait eu ce regard un peu fou, de quand elle s'enfonçait en elle-même, coupant ses liens avec le monde d'ici. Il n'arrivait pas à lui en vouloir, pour autant.

« Les faire cuire à la poêle, Hanji. »

Elle acquiesça, et sortit un poêle, pour la mettre sur le feu et poser les blancs dedans. Moblit les retira, lui ordonna de les couper et de mettre de la matière grasse dans la poêle avant de tout faire cramer. Ça risquait d'être compliqué.

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Quand, finalement, le repas fut prêt, Hanji s'écroula sur la table de la cuisine. C'était tellement compliqué. Comment les gens étaient-ils supposés faire ça tous les jours, rien que pour se sustenter ? Cruauté céleste, voici ton expression la plus sincère. À côté, elle remarqua Moblit, qui avait l'air tout à fait en forme, mais peut-être un peu las. Elle avait voulu lui prouver qu'elle pouvait se débrouiller seule, mais ça n'avait pas été très concluant. Moblit déposa son assiette devant elle, et elle se jeta presque dessus. Le goût de la viande la surprit un peu.

« Mais c'est super bon ! Je savais pas que je cuisinais si bien ! C'est délicieux !

—Non. »

Elle eut une moue d'animal contrarié. Elle avait tout de même un sens du goût.

« C'est bon parce que tu avais faim. De plus, tu n'aurais rien fait seule. »

Elle aurait voulu le contredire, mais elle savait bien qu'il avait raison. Elle avala la dernière bouchée, constatant que Moblit avait à peine commencé. Elle avait vraiment faim, alors. Elle se sentait bien, mais elle avait un peu sommeil.

« Mais ça n'est pas mauvais non plus. »

Elle se laissa sourire d'un sourire plus calme et posé que d'ordinaire.

« Dis, j'ferai des efforts. Tu veux bien revenir ? »

Moblit ouvrit la bouche. Il devait refuser, il ne voulait pas recommencer. Il sortit un son informe, et rien ne lui répondit. Hanji s'était simplement endormie sur la table. Et, comme cela n'engageait en réalité pas à grand-chose, Moblit laissa son envie parler.

« Oui. »

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Finalement, quand elle s'était réveillée, il lui avait avoué avoir accepté de revenir chez elle. Elle lui avait littéralement sauté dans les bras, et Moblit avait fait son sac pour la troisième fois en un mois. Ils avaient quitté la mère et le père de Moblit à grands cris, et étaient finalement de retour dans la maison parisienne.

Étrangement, nota Moblit, le niveau de bazar n'avait pas tant monté, et quand il avait commencé à remettre de l'ordre, Hanji l'avait aidée avec beaucoup d'énergie – et peu de compétences.

Cela faisait à présent plus de deux semaines qu'ils étaient ici, et les choses avaient changé. Hanji ne savait toujours pas vraiment faire la cuisine, mais elle mettait de l'eau à bouillir sans problème, et était un peu plus attentive au brun. Elle passait encore des heures entières enfermée dans des connaissances à accumuler, et avançait rapidement dans son travail. Comme elle était plus à l'écoute il lui arrivait, souvent, d'aider Moblit à comprendre tel théorème ou telle réaction chimique et parfois même ils discutaient. De sciences, le plus souvent, quand Hanji s'emportait en grands élans de paroles continues, ou d'autres choses plus calmes, comme la famille de Moblit, Erwin ou Levi.

Au regard de ces conversations, Hanji se sentait un peu étrange. Ça n'était pas le genre de choses qui lui arrivait en règle générale, de discuter de tout et de rien. Moblit était comme qui dirait son premier ami, ou plutôt le premier ami qu'elle se faisait. Ça faisait tourner des relents de joie dans son ventre et elle était toute excitée à cette idée.

Ceci était tellement nouveau pour elle qu'elle ne remarquait pas vraiment, non, que son comportement n'était pas toujours amical. Elle-même ne pouvait pas noter comment elle le regardait, qu'elle le touchait trop, et qu'elle aimait ça. Un ami, c'était une inconnue de plus à l'équation de sa vie, dont elle n'avait jamais vraiment trouvé la valeur exacte. Mais ça devait être ça, non ?

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Moblit ferma la porte derrière lui, en soupirant. Il avait plu toute la matinée d lourdes pluies d'été et le trottoir était encore humide, l'air lourd et le ciel bas. Il avait du mal à avancer à cause de la chaleur, mais un poids en oins pesait sur ses épaules. La présence d'Hanji, tout au long de ces deux semaines avait été douce à son humeur, mais lourde à son cœur.

Il se doutait qu'elle ne s'en rendait même pas compte. Il avait toujours été une personne plutôt renfermée, et avait un peu de mal à appréhender les relations, d'où le nombre réduit de ses proches. Il n'avait été amoureux que deux fois dans sa vie et ça s'était toujours mal terminé. C'est pourquoi il avait du mal, vraiment, à admettre ses sentiments. Mais ses lèvres se pincèrent rien qu'à l'image d'Hanji à l'arrière de son crâne. Il était définitivement en train de tomber amoureux d'elle.

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Voilà, j'avais hésité à couper là ou juste un peu plus tard, mais comme ça, ça me paraît bien.

À plus !