Coucou !

Un immense merci à toutes/tous pour vos reviews, follows, favorites ! Ca fait chaud au cœur ! Voici le deuxième chapitre, qui prépare les évènements qui vont bouleverser la vie de Berk !

Le chapitre trois arrivera probablement mercredi, peut-être avant…

Merci donc à Sissi1789, Dark-Estos84, au guest mystère ) , à Oh Little Moutess (j'aime bien ton pseudo, ça vient d'où ?), Lydia et Nomie Paquette.

Bonne lecture ! (et je reprécise, il y a du spoiler un peu partout, alors ceux qui n'ont pas vu Dragons 2, gardez ma fic de côté pour après :D )

Harold vit les nuages de fumée avant même d'atteindre le village. Son cœur se mit à battre plus vite, son sang battait sourdement à ses oreilles, et Krokmou accéléra, obligeant le jeune Viking à s'aplatir sur son dos. Le ciel bleu céda la place à un ciel obscurci par une épaisse fumée noire qui lui envahit les poumons et le fit tousser. Ses yeux se mirent à piquer et il dut les plisser pour essayer d'apercevoir quelque chose.

Berk était en flammes.

Il eut l'impression d'avoir reçu un coup de massue. Vu du ciel, le village n'était plus qu'un tas de ruines calcinées, ravagées par de hautes flammes destructrices. Il n'y avait pas un bruit, on entendait seulement le crépitement de l'incendie. Sans même attendre une directive d'Harold, Krokmou se dirigea vers le haut du village, vers leur maison. Aucun habitant n'était visible, où étaient-ils tous ? Harold se mit à espérer qu'ils aient trouvé refuge plus loin sur l'île, qu'ils soient tous sains et saufs, mais c'est alors qu'un cri inhumain déchira le silence. Harold eut l'impression que son cœur s'était décroché et était tombé, traversant ses pieds pour être engouffré par le sol. Le cri provenait de sa maison.

_Astrid ! hurla-t-il.

_Harold, aides moi !

L'horreur le paralysa pendant quelques secondes. La voix de la jeune femme provenait de l'intérieur de la maison, qui était devenu un véritable brasier dont les flammes étaient si hautes qu'elles disparaissaient dans l'épaisse fumée qui dominait le village.

Harold bondit à terre une fois que Krokmou fut suffisamment près du sol, et se précipita vers la maison.

_Astrid ! Astrid !

_Aides moi !

Un nouveau cri de douleur lui glaça le sang. La chaleur qui se dégageait de l'incendie était insupportable, pourtant Harold ne ressentait plus rien, si ce n'était une profonde terreur et un besoin viscéral d'entrer, de sortir Astrid de là. Il voulut se précipiter vers la porte, mais Krokmou grogna et se plaça entre lui et la maison pour l'éloigner.

_Krokmou, qu'est-ce que tu fais ! Laisses moi ! Je dois sauver Astrid ! hurla Harold en essayant de contourner son dragon, ses yeux fixés sur la maison, comme hypnotisés par le flammes, comme si une seconde d'inattention pourrait sceller le sort d'Astrid.

Il avait l'impression de perdre la raison, de plus pouvoir réfléchir ou penser, tout ce qu'il voyait et entendait, c'était sa maison en flammes dont était prisonnière la personne la plus importante au monde à ses yeux.

Krokmou secoua la tête en grondant et se jeta sur Harold pour lui attraper le bras dans sa gueule afin de l'éloigner résolument de la maison.

_Non ! hurla le jeune Viking en se débattant, Non ! Astrid ! Je dois sauver… je dois… Astrid !

Il ne sentait même pas les larmes qui roulaient dans ses joues, les mots s'entrechoquaient, incapables de former une phrase sensée, le silence qui répondait à ses hurlements était terrifiant. Un craquement se fit entendre et la maison s'écroula.

Le monde s'arrêta. Le sol semblait s'être effondré sous ses jambes. L'air semblait avoir déserté son monde.

_Noooooon !

Harold ouvrit les yeux et bondit, la respiration haletante, le visage recouvert de sueur, la nuque douloureuse… Il regarda autour de lui, sans comprendre, puis une vague de soulagement le submergea. C'était un cauchemar, un vulgaire cauchemar.

_Harold ?

Il sursauta et son regard se posa sur Astrid. Allongée, elle sourit faiblement en tournant la tête vers lui.

_Astrid ! s'écria-t-il en l'aidant à s'assoir pour aussitôt la serrer contre lui.

Il avait l'impression d'avoir été pris dans une tempête, ses sentiments étaient sans dessus dessous, il était encore bouleversé par son cauchemar, soulagé qu'il ne s'agisse que d'un cauchemar, encore choqué par l'accouchement, terrifié à l'idée de perdre Astrid, soulagé de la voir consciente… Il avait envie de rire tout en se sentant sur le point d'éclater en sanglots. Il prit le parti de refouler le tout, Astrid avait besoin de lui.

_Comment te sens-tu ? Veux-tu que j'aille chercher Gothi ? demanda-t-il en la relâchant avec douceur, ses yeux scrutant son visage à la recherche du moindre signe indiquant qu'elle ait besoin de soins supplémentaires.

Astrid fronça les sourcils et grimaça.

_Je me sens… Epuisée… Et c'est comme si… Comme si je m'étais faite écraser par un troupeau de yaks…Et…

Dans un geste purement instinctif, ses mains se posèrent sur son ventre, ne rencontrant que du vide. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur, et tout lui revint. La perte des eaux, la douleur de plus en plus insurmontable, les visages inquiets de sa mère et de sa belle-mère. Les hurlements inhumains qui paraissaient si étrangers et qui pourtant s'étaient échappés de ses lèvres.

_Harold… murmura-t-elle, son regard s'emplissant de larmes.

_Hey, tout va bien… répondit-il en lui caressant la joue avec douceur, Notre fille va bien…

Elle sembla ne pas y croire et le dévisagea avec l'air d'une personne dont le rêve le plus fou venait de se réaliser. Incrédule, fébrile, effrayée.

_Notre…fille ?

Harold, ému, sourit en hochant la tête. Il se leva et sortit de la chambre pour revenir quelque secondes plus tard avec un nourrisson dans les bras, Krokmou sur les talons. Le dragon n'avait de cesse d'observer la fillette et ne l'avait presque pas quittée du regard depuis sa naissance. Harold tendit l'enfant à Astrid, qui hésita avant de la saisir avec précaution pour la caler délicatement dans ses bras. Les larmes s'échappèrent de ses yeux.

_Notre fille… souffla-t-elle en contemplant la petite fille avec ravissement.

Harold sentit une nouvelle bouffée d'émotion à la vision d'Astrid et de leur enfant. Il était émerveillé par ce tableau, il n'arrivait pas à croire qu'il était aussi chanceux.

_Combien de temps est-ce que je suis restée inconsciente ?

_Nous sommes au matin du deuxième jour…

Astrid acquiesça. Elle ne se souvenait pas de grand-chose sur la naissance en elle-même, la sensation de devenir mère sans avoir assisté au moment où elle le devenait était profondément déstabilisante. Elle retourna à sa contemplation. La fillette bailla sans se réveiller pour autant.

_Elle est magnifique… dit-elle avec tendresse.

Harold s'installa sur le bord du lit, à côté d'Astrid, et ils contemplèrent leur fille avec un amour qu'ils n'avaient encore jamais ressenti jusque-là.

_Je t'aime Harold… murmura-t-elle.

Le jeune Viking sourit. Astrid n'était pas la plus démonstrative dans leur couple, mais ça rendait chaque déclaration d'autant plus précieuse. Il passa un bras autour de ses épaules et lui déposa un baiser sur le front.

_Je t'aime aussi, plus que tout…

Krokmou, assis de l'autre côté du lit, grogna et envoya valdinguer un bouclier au sol avec sa queue tout en conservant un air impassible. Astrid et Harold éclatèrent de rire.

_On t'aime aussi, mon vieux ! s'exclama Harold.

Le dragon sembla satisfait et posa sa tête sur le matelas sans les quitter du regard. Un regard qu'Harold ne connaissait que trop bien. Un regard d'amour, un regard possessif, un regard chargé d'instinct protecteur.

Il revit Krokmou prendre son bras dans sa gueule pour l'éloigner de la maison en flammes. Harold eut l'impression que sa gorge se serrait, il eut du mal à déglutir, secoua la tête et serra un peu plus Astrid contre lui. Ce n'était qu'un cauchemar…

_Notre fille est une ogresse !

Astrid se laissa tomber près d'Harold, dont la forme endormie réagit à peine sous les épaisses couvertures qui le recouvraient. Astrid grogna et tira d'un coup sur l'ensemble, dévoilant un Harold torse nu et roulé en boule. Il sursauta dès que l'air frais entra un contact avec sa peau, et leva une tête ensommeillée.

_Que… Que se passe.. Quoi… Que…

Astrid aurait ri si elle n'était pas aussi épuisée ou contrariée. Mais elle l'était, alors elle lui mit un coup de poing dans l'épaule.

_Debout, chef de mon cœur !

_Je… Que… Sommeil… marmonna Harold, avant de se rouler à nouveau en boule.

Astrid poussa un soupir de frustration et le secoua.

_Debout ! Je devrais être celle qui dort vu le nombre de fois où j'ai dû me lever pour nourrir NOTRE fille ! Mais non, Monsieur le Chef n'entend rien, pourtant elle est à quoi… Un demi-bras de notre lit !

Harold comprit qu'il ne servait à rien d'essayer de dormir un peu plus. Il s'assit et se frotta les yeux. Astrid avait toujours trouvé ça adorable, mais lorsqu'il la regarda, elle s'efforça de garder un air impassible.

_Je sais… Je suis désolé… Mais à ma décharge, je ne peux pas faire grand-chose pour la nourrir si tu vois ce que je veux dire…

Il semblait aussi sincère qu'épuisé. De larges cernes creusaient son regard et Astrid le sentait s'agiter dans son sommeil. Son expression féroce céda la place à un air soucieux. Elle posa une main sur sa joue rugueuse et sonda son regard fatigué.

_Harold, qu'est-ce qu'il y a ? Tu dors ces derniers temps, quelque chose te tracasse ?

L'espace d'un instant, le jeune Viking considéra l'idée de tout lui raconter. Que chaque nuit était peuplée de cauchemars depuis quelques jours, depuis dix jours précisément, depuis la naissance de leur fille. Il revivait inlassablement ce songe terrifiant dans lequel Berk était en proie aux flammes et dans lequel il était incapable de sauver Astrid. Puis il revivait la naissance, le visage grisâtre d'Astrid et ses cris de douleur. Lorsqu'il rêvait, son sommeil était profond et rien ne pourrait l'éveiller. Il restait prisonnier de ses cauchemars jusqu'à ce que son corps ne se réveille par lui-même.

_Je suis fatigué… fut sa seule réponse.

Astrid ne parut pas convaincue. Elle se mordilla la lèvre, et entreprit de tresser une mèche des cheveux d'Harold.

_Je sais que la naissance…n'a pas été, disons… simple pour toi… dit-elle.

Harold déglutit à nouveau en repensant à ce jour à la fois maudit et béni.

_Je… J'aurais pu te perdre… dit-il d'une voix plus rauque que la moyenne.

_Mais tu ne m'as pas perdue et nous n'avons pas perdu notre fille ! répliqua-t-elle.

_Je sais… je sais…

_Concentres toi sur le positif ! renchérit-elle en finissant la tresse avant de se lever du lit.

Harold voulut l'attraper par la taille mais elle se déroba en riant.

_Le jour est levé, et sais-tu quel jour on est ? demanda-t-elle, les poings sur les hanches.

_Hmmm… Le jour où nous restons au lit à faire des choses… disons des choses ? demanda Harold avec un sourire suggestif.

Astrid haussa les sourcils mais ses joues rougirent.

_Rappelles moi de te frapper pour ce que tu viens de dire, maugréa-t-elle.

_A ton service !

_Nous sommes le jour où je vais pouvoir voler de nouveau avec Tempête !

Son visage s'était éclairé d'une joie sans retenue. Sa bonne humeur était contagieuse et Harold sentit le poids de ses mauvais rêves s'alléger quelque peu. Il saisit sa prothèse et entreprit de l'attacher.

Astrid se mit à faire les cent pas devant le lit en agitant ses mains dans tous les sens alors qu'elle parlait à toute vitesse.

_Gothi a dit que je pouvais remonter dès aujourd'hui, bien sûr, je commencerais par de petits vols, mais d'ici quelques semaines, je serais à nouveau apte pour les patrouilles ! Les patrouilles ne prennent que quelques heures par jour, ma mère et ta mère se relaieront pour garder notre petite loutre…

_Loutre ? répéta Harold, amusé.

_Tant qu'elle n'a pas de prénom, je l'appellerais comme je veux ! répliqua Astrid, tête haute.

Les Vikings de Berk avaient une tradition ancestrale qui consistait à nommer les nouveaux nés à la première pleine lune qui suivrait leur naissance. Ils considéraient qu'ainsi, Mani, le dieu de la Lune, apporterait une vie prospère au jeune enfant. La prochaine pleine lune aurait lieu dans quelques jours et ils ne s'étaient toujours pas mis d'accord.

_Tu sais que Rustik a proposé Rustika comme prénom ?

Ils éclatèrent de rire.

_Et tu as répondu quoi ?

_Qu'il en était hors de question, il a dit que de toutes façons, ce n'était qu'un stupide bébé…

_Mon poing dans la figure a dû lui manquer, gronda Astrid, ses yeux lançant des éclairs, tandis qu'Harold pouffait de rire en se levant à son tour.

Il la prit dans ses bras et l'embrassa.

_En revanche Varek a demandé à pouvoir jouer les baby-sitters de temps en temps, et j'aurais juré que les jumeaux étaient jaloux !

Astrid sourit avec amusement. Ils étaient les premiers du groupe à avoir un enfant, Rustik était fiancé, Kognedur n'allait pas tarder à se fiancer, mais personne n'était allé aussi loin qu'Harold et Astrid.

_Ils devront faire la queue avec Tempête et Krokmou alors !

Leurs dragons respectifs s'étaient montrés extrêmement protecteurs et attachés à la nouvelle venue. Dès qu'elle pleurait, ils débarquaient en trombe dans la maison, prêts à calciner qui osait contrarier la fillette. Jusqu'à ce qu'Astrid se fâche à la énième porte d'entrée brisée par leur débarquement intempestif. Depuis, les deux dragons semblaient prendre sur eux et patientaient sagement lorsque les pleurs du nouveau-né résonnaient dans la maison.

Ils déjeunèrent à tour de rôle, l'un puis l'autre prenant la petite fille dans ses bras. Harold babillait en riant de la voir sourire de toutes ses gencives, ses petits poings battant l'air avec enthousiasme. Elle ressemblait déjà tellement à Astrid, mais il était fier de constater qu'elle avait hérité de ses yeux verts. Sa fille était la plus belle création de l'univers. Avec son épouse. Et Krokmou.

_Les enfants ? Vous êtes là ?

La porte d'entrée claqua et Val apparut dans la pièce. Elle chercha aussitôt sa petite-fille du regard avant de se précipiter devant elle avec des exclamations enchantées. Harold échangea un regard amusé avec Astrid.

_Oh mais regardez-moi ces petits poings, je me souviens quand tu étais petit Harold tu serrais fort tes petits poings autour de mes cheveux et tu tirais en riant… Oooh quelle merveille, ooooh tu souris ma petite chérie…

_Hum… Bonjour maman…

Val se redressa soudain et les regarda comme si elle les voyait pour la première fois.

_Oh par Odin, j'oubliais, bonjour les enfants ! Vous pouvez y aller, et prenez votre temps !

Sans comprendre comment, ils se retrouvèrent devant la porte de leur maison qui se referma sous leur nez.

_Heu… Je rêve où on vient de se faire mettre dehors par ma mère ? demanda Harold, en fixant la porte avec de grands yeux ronds.

_On dirait bien… Dire que je pensais que ma mère serait pire…

Harold frissonna. L'hiver était en avance, les habitants étaient inquiets, ils n'avaient pas eu le temps de finir les récoltes avant les premières gelées, et ils craignaient que les navires ne soient bloqués prématurément par les glaces, les empêchant de se fournir en denrées de première nécessité sur l'île la plus proche, qui était à six jours de mer. Krokmou se dandinait derrière eux tandis qu'ils s'éloignaient de la maison.

_Je t'accompagne à l'arène !

_Mais tu n'as pas des auditions dans la grande salle ? s'étonna Astrid en serrant sa fourrure autour d'elle.

_Gueulfor recevra les premiers venus, je le rejoindrai après !

Astrid sourit, se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur sa joue.

_Merci…

Ils n'avaient pas atteint l'arène qu'une ombre les survola avant de s'abattre sur eux, sur Astrid plus particulièrement. Elle éclata de rire en roulant au sol tandis que Tempête la léchait allégrement.

_Moi aussi je suis contente de te voir ma grande… Brave fille… Laisses moi me relever, arrêtes, arrêtes, pouah tu as une haleine terrible pour une fille !

Harold ne put s'empêcher de rire lorsque la jeune femme se releva, dégoulinante d'une bave malodorante. Astrid fronça les sourcils et lui bondit dessus en se frottant contre lui, partageant ainsi la salive visqueuse de la dragonne. Harold réussit à se détacher avec peine.

_Astrid ! Je dois recevoir les habitants de Berk après ! Je ne peux pas y aller dans cet état ! protesta-t-il en s'étranglant à moitié de rire.

Krokmou le renifla et se détourna avec une mine écoeurée pour se diriger vers l'arène.

_Bien sûr, snobes moi, toi qui a la bave la plus puante de Berk ! lui lança Harold en se secouant.

Sans se retourner, Krokmou agita la queue qui faucha les jambes du jeune Viking qui se retrouva par terre. Astrid lui adressa un sourire brillant et lui tendit la main pour l'aider à se relever.

Lorsqu'ils arrivèrent dans l'arène, leurs amis stoppèrent leurs activités pour les regarder des pieds à la tête, sourcils levés.

_Vous sortez du bain ? demanda Rustik.

_Vu l'odeur, je dirais plutôt qu'ils ont roulé dans de la bave de dragon ! dit Kognedur en plissant le nez avec dégoût.

_Ils sentent toujours meilleurs que toi, remarqua Kranedur, l'air de rien.

Sa sœur lui mit une tape derrière la tête. Ils roulaient bientôt sur le sol en essayant de s'arracher les cheveux.

_Tu ne devrais pas être à la grande salle ? demanda Varek en les ignorant.

Harold haussa les épaules.

_Gueulfor commence pour moi, je le rejoindrai après…

_Si tu en as marre d'être chef, je peux prendre ta place ! lança Rustik en bombant fièrement le torse.

Astrid leva les yeux au ciel et entreprit d'aller prendre une selle. Harold avait eu du mal à se faire à son nouveau rôle, la succession avait été si brutale qu'il n'avait guère eut le temps de prendre le recul nécessaire. Mais Val et Gueulfor étaient là pour le seconder dans cette lourde tâche, qu'il prenait très à cœur.

_C'est gentil Rustik, mais non merci ! répondit Harold en se juchant sur Krokmou.

Rustik ouvrit la bouche pour répliquer, mais il fut interrompu par un cri de joie.

_C'est parti ! hurla Astrid en s'élevant dans les airs à grande vitesse.

Le vent dans les cheveux, elle ferma les yeux et savoura la sensation de liberté que lui procurait le fait de voler. Harold l'imita et la rejoignit très vite dans les cieux. Leurs amis et dragons ne devinrent rapidement que de minuscules points mouvants.

Astrid éclata de rire et leva les bras au ciel. Harold aimait la voir ainsi, heureuse, libérée. Deux ans après la fuite de Drogo, ils commençaient à savourer pleinement leur bonheur, comme si l'ombre de leur ennemi s'estompait avec le temps.

_Ok, Krokmou, à nous de faire le spectacle !

Le dragon ronronna avec ravissement et se mit à plonger en piquet tandis qu'Harold, d'une manœuvre de sa prothèse, se détachait et se laissait tomber dans le vide dans une parallèle presque parfaite de la trajectoire du dragon. Harold poussa un hurlement de joie en étendant les bras pour stabiliser sa chute. Il se sentait si léger, son corps ne comptait plus, sa prothèse ne comptait plus, il volait et c'était merveilleux. Krokmou se remit à l'horizontale et à quelques mètres à peine de la mer, Harold reprit sa position sur le dragon qui frôla les premières vagues avant de s'élever vers les cieux, où Astrid et Tempête tournoyaient et slalomaient joyeusement entre les nuages.

_On fait la course, suggéra-t-elle.

Harold eut un sourire ravi.

_Avec plaisir, ça fait bien longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de te battre…encore…

Astrid poussa une exclamation scandalisée et ils s'élancèrent dans une course effrénée. Tempête et Krokmou se lançaient des regards et grognements de défi tandis que leurs cavaliers les encourageaient.

Mais alors que Tempête fonçait tête baissée, Krokmou ralentit soudain et regarda frénétiquement autour de lui. Inquiet, Harold scanna les alentours du regard.

_Que se passe-t-il mon vieux ? Qu'est-ce que tu as vu ?

Ses yeux s'écarquillèrent. Au loin devant eux, là où habituellement l'horizon était si lisse que le ciel et la mer se confondaient parfois, un mur blanc semblait s'être élevé et avançait sur la mer en direction des premières îles, lesquelles devançaient Berk.

_Astrid ! Attends !

Alertée, la jeune femme jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et vit que Krokmou et Harold s'étaient arrêtés. Elle suivit leur regard et retint son souffle.

_Tempête, demi-tour ! s'écria-t-elle.

La dragonne obtempéra.

_Qu'est-ce que c'est ? cria-t-elle en rejoignant Harold.

_Une tempête de neige, mais ce n'est pas normal, pas aussi tôt…

_C'est déjà arrivé, fit remarquer Astrid, en faisant référence aux premières semaines de cohabitation avec les dragons, lorsque ceux-ci effrayaient encore tellement le bétail qu'il ne produisait plus de lait.

_Pas comme ça, mais avec trois mois d'avance, nous devons vite prévenir le village !