Glee ne m'appartient pas bien sûr
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En espérant que ce chapitre vous plaise
Point de vue Quinn
La neige est tombée sur New-York, assourdissant les bruits de la ville. Le caoutchouc des pneus ne rencontre plus l'asphalte dans un ronronnement désagréable tout comme les talons pressés qui ne percutent plus le trottoir. La grosse pomme est devenue une boule de coton, brumeuse et engourdie.
Personne ne semble profiter de la vue, les rares courageux qui s'aventurent dehors courent et pestent quand ils manquent de tomber à cause d'une plaque de verglas invisible.
N'y a-t-il que moi pour m'émerveiller devant ce manteau blanc ? Pour m'extasier à l'écoute des craquement que produisent mes pas ? Sont-ils trop vieux pour ne pas ressentir cette magie ? Peut-être est-ce moi qui n'ai pas suffisamment grandi. Pourtant, il faut que je sois une adulte aujourd'hui. Aujourd'hui je n'ai plus le droit de faire l'enfant, de fuir en espérant oublier, en espérant qu'il n'y ai pas de conséquences.
Sans que j'y pense ma promenade mène à Central Park. Je soupire. Ce n'était pas ma destination initiale et je me déteste. Les détours ne me mèneront nul part. Le parc dort. J'aimerais être aussi paisible que lui, que cette tension qui augmente à mesure que les minutes s'égrènent disparaisse. Je ne sais plus ce que je fais là. Je me souviens qu'une tornade brune m'ait tiré du lit ce matin, m'insultant copieusement dans sa langue aux accents espagnols. En moins d'une heure je m'étais retrouvée devant ma résidence universitaire, attendant le taxi qui m'amènerait à la gare. Une heure et demie plus tard, New-York s'offrait à moi dans une cacophonie de cris de joie, de pleurs, d'injures dues aux valises mal réceptionnées, de klaxon, de bruits de courses effrénées, de bousculades, de rires, d'histoires inventées palliant l'impatience d'enfants. La ville bougeait, je restais figée. A cet instant, dans cette gare noire de monde et pleine de vie j'ai détesté Santana et haï Brittany. Sans elle sa petite amie n'aurait jamais eu l'audace de me bousculer, sans elle je serais dans l'amphithéâtre à écouter Mr Scott commenter A street car named desire par Tennesse Williams, sans elle je ne serais pas obliger de me confronter à la réalité.
« Ecoute Q, tu ne nous laisse pas le choix. On voit bien que tu ne vas pas bien. J'effleure à peine Britt' que tes yeux deviennent humides. Il faut que t'y ailles, ça fait des mois que tu aurais du te pointer là-bas. Tu es une Fabray, mierda ! Alors bouge ton cul plein de vergetures et va la voir. J'en ai ma claque d'avoir une loque comme meilleure amie, je me sens coupable d'être heureuse ! Et s'il y a un truc que je ne te laisserais pas foutre en l'air c'est ma relation avec Brittany. Elle est super triste de te voir comme ça, et je déteste cette situation. Tu comprends ? C'est pour toi que je fais ça, c'est pour nous. L'Unholy Trinity est prête à accueillir une pièce rapportée. Faut que tu te réveilles, je sais que tu as toujours aimé fuir, mais là c'est plus possible. Tu ressemble plus à rien, je sais pas ce qui s'est passé mais faut que tu trouves une solution, faut que ça cesse. Alors tu trouves le hobbit,peu importe ce que tu as fait tu t'excuses, elle te pardonnera, elle le fait toujours et tout rentrera dans l'ordre. Bonne chance ! »
Les derniers mots de Satan avant qu'elle ne me jette dans le train. Si seulement elle savait comme elle a raison. Comme leur amour me désespère, comme j'aimerais être à leur place, comme j'aimerais entendre des mots doux chuchotés à mon oreille, sentir des bras fins autour de ma taille, perdre la tête sous des caresses et des baisers. Je vis en enfer depuis leur emménagement, j'essaie de rester forte et fière mais le masque se fissure, mon château de carte s'effondre. Leur couple me détruit, me rappelle sans cesse que je suis pas capable d'aimer ou d'être aimée. Sauf cette nuit là, dans ses bras je me suis sentie à ma place. Il n'y a pas eu que du sexe entre deux adolescentes ivres. Si j'ai essayé de m'en convaincre, Brittana à balayé tous mes arguments. Je les envie et j'en crève.
Si seulement elle savait comme elle a tord. Cette fois Rachel ne me pardonnera pas. Je lui ai pris ce qu'elle avait de plus cher pour m'enfuir comme une voleuse.
Une larme mouille mes lèvres et j'hésite à m'asseoir sur un banc et y rester jusqu'à ce soir. Je pourrais alors rentrer et lui dire qu'elle n'était pas là, que personne ne savait où elle habitait. Cette excuse ne conviendrait pas et s'ensuivrait une longue dispute où je me défendrais avec toute la mauvaise foi dont je suis capable.
Deux heures passent et je suis toujours ici. J'ai froid mais je n'arrive pas à me résoudre à quitter le parc. Les New Directions sont venus ici, elle a chanté ici.
Trois hommes m'ont abordée. Une partie de moi est flattée. J'aime plaire, c'est dans ma nature. J'aime qu'on me remarque et que l'on me désire. Une autre est inquiète et lasse. Cela fait cinq mois que rien ni personne ne m'atteint. Cinq longs mois durant lesquels j'ai repoussé chaque avance, homme ou femme. San dit que ma peau a dû prendre la poussière à force de ne jamais être touchée. Elle ne peut pas comprendre, elle ne ressent pas cette boule au ventre devant chaque sourire qui lui est adressé. Elle a sa blonde, elle est sûre d'elle et bien dans sa peau. Je n'ai qu'un souvenir teinté de dégoût pour moi même.
Si tu te dégonfles, arrange- toi pour bien être cachée. Je ne compte pas te louper.
J'aime les messages de Santana, ils sont toujours concis mais plein de sens.
Un prospectus virevolte devant moi, je plisse les yeux dans le but de lire les inscriptions. Ma colonne verticale est parcourue de frissons si je ne déchiffre pas dans le détail, les lettres NYADA se détachent clairement. Peut-être est ce un signe ?
Rachel, je suis désolée. Non, trop bref au vu de ma faute. Rachel, je sais que je ne suis pas une bonne personne. Je comprendrai que tu ne veuilles plus entendre parler de moi, mais je te demande juste de m'écouter. J'ai paniqué cette nuit là. Tu étais là, endormie, on venait de passer une soirée incroyable, d'abord la victoire puis nous. Je ne regrette pas. Toi tu peux, mais sache que je ne regrette en aucun cas cet accident. Tu m'as rendue spéciale, je n'étais plus Quinn Fabray Cheerleader, mais Quinn, ta Quinn. Je t'ai complètement appartenu cette nuit là. C'est aussi pour ça que je suis partie, j'ai eu peur. Je venais de découvrir ma faiblesse, et une Fabray n'a pas de faiblesses. Je ne sais pas si tu me pardonneras un jour et tu serais en ton bon droit. Je sais ce que cela fait de perdre sa virginité à cause de l'alcool, mon absence a dû être terrible. Je me sens coupable. Je veux dire, je suis capable de sentiments et je me sens mal par rapport à tout ça. Surtout que je ne regrette vraiment pas, je ne me suis jamais sentie aussi vivante et aimé qu'avec toi. Si elle comprend quelque chose à ce que tu racontes Fabray il faudra lui décerner une médaille. Je n'ai pas le temps de réfléchir plus. Les portes de la prestigieuse école se dressent devant moi et je sais que si j'attends, je ferais demi-tour. Sans me laisser le temps d'hésiter, j'entre dans l'établissement.
Une fourmilière ne serait pas plus active. Des étudiants courent dans tous les sens, le froufrou des tutus se mêle aux sons de vocalises. Difficilement, je parviens à intercepter un élève et lui demande s'il connaît Rachel Berry. A son nom, ses yeux brillent puis s'assombrissent et je réalise qu'elle a déjà ravagé des cœurs. Sans doute n'est il pas l'élu pourtant il est beau garçon. Un espoir grandit dans ma poitrine, se pourrait-il qu'elle non plus n'ai pas eu d'autres aventures après moi ?Il m'indique vaguement la salle de danse au deuxième étage. Cependant, il se ravise quelques secondes plus tard mais le brouhaha m'empêche de l'entendre tandis que la foule nous éloigne l'un de l'autre. Résolue, je mets de côté mon appréhension et gravit lentement les marches menant au deuxième étage.
Le couloir est vaste mais un panneau raffiné indique la direction de la salle de répétition. Tout est luxe et grandeur. Rachel doit être dans son élément.
Rachel, je comprendrais si tu ne veux plus entendre parler de moi mais j'aimerais que tu m'écoutes une dernière fois. Je t'en supplie Rachel, il faut que l'on parle et pour une fois je suis là tu vois. Je ne fuis pas, je veux assumer. Alors permets moi de m'expliquer...
Le reste meurt avant que je n'ai le temps de le penser. La porte de la salle est entrouverte. Des gémissements en sortent. Des gémissements de plaisir, rien à voir avec la douleur causée par une chorégraphie complexe. Je ferme les yeux alors que des sueurs froides coulent le long de mes tempes. Il faut que je sache. Doucement je m'approche et ouvre un peu plus.
Pour ne l'avoir aimer qu'une fois, je reconnaîtrais son corps entre milles. Ses longs cheveux bruns qui bougent selon ses attaques. Ses hanches qui se soulèvent, ses muscles qui se contractent en fonction de la force qu'elle met dans ses mouvements. Je ne veux même pas savoir qui est l'heureuse élue. Mon masque se fissure et les larmes tombent sur le parquet.
Elle m'a aperçut dans le miroir. Ses yeux s'agrandissent de surprise.
Après ce qui me semble une éternité, je retrouve l'usage de mes jambes, je cours, je fuis, encore. Je dévale les escaliers à une vitesse impressionnante. Il faut que je sorte de cet endroit de malheur. J'étouffe. Ce que j'ai pu être stupide. Pourquoi m'aurait-elle attendue ? Je ne lui ai jamais fait que du mal, elle ne m'a jamais aimé, cette nuit était une erreur, n'avait aucune espèce d'importance à ses yeux. Je courre toujours plus vite, j'ai un point sur le côté mais je ne veux pas m'arrêter, je ne peux pas.
Soudain je m'effondre, je rejoins le banc qui a été mon abri plus tôt dans la journée. Ce banc que je n'aurais jamais dû quitter. Je me sens sale et idiote tandis que la colère s'insinue lentement en moi. Qui est cette pimbêche qui a osé me prendre ma Rachel ? Ma mâchoire se serre et je ne donnerais pas cher de la peau de cette fille si elle était en face de moi. Pour une fois que j'avais ouvert les yeux, pour une fois que j'avais trouvé ce qui me rendrais heureuse, pour une fois que je ne jouais pas, il a fallut qu'une danseuse se mette en travers de ma route. Bien sûr je savais que Rachel ne me tomberais pas dans les bras, j'avais juste espéré qu'elle soit célibataire. Qu'on me donne une chance de la conquérir.
Une main se pose sur mon épaule. Je me retourne vivement prête à congédier cet inconnu quand je la reconnais. Elle est là devant moi, le visage rougis par le froid et par la course. Essoufflée elle me fait comprendre par des gestes qu'elle voudrait me parler, mais dans un café.
Perdue et tel un automate je la suis. Peut-être est ce l'autre fille l'erreur en fin de compte ?
