Je dormais recroquevillée sur moi-même lorsque que l'un d'eux vint me voir.

Il était plutôt grand, vers les 1 mètre 80 et possédait une chevelure noir corbeaux qui partait dans tous les sens, lui donnant un air mal coiffé et enfantin. Ses yeux bleus comme la nuit me regardaient avec timidité et répulsion. Analysant cela, je lui retournai un regard hargneux qui le fit un instant reculer d'un pas.

- Hum, commença-t-il avec gène, M. Spielberg passera te voir dans une heure pour t'injecter un nouveau produit qu'il a créé et qu'il voudrait tester.

- Tu es nouveau, je me trompe? lui demandai-je avec un sourire narquois.

Pendant un instant, il sembla étonné de ma question puis hocha la tête de haut en bas en signe d'affirmation.

- Qu'est-ce qui t'a amené ici? le questionnai-je curieuse de savoir la raison de sa présence dans ce laboratoire alors qu'il avait l'air plutôt sympathique, mais j'étais la première à savoir que les apparences étaient souvent trompeuses.

Il soupira puis consentit à me répondre avec le plus de sincérité possible.

- Tu sais, je ne suis pas là par plaisir. Je trouve atroce de te garder prisonnière ici alors que tu es une innocente qui ne mérite aucunement un tel traitement. Je ne sais pas pourquoi tu es là, ni pourquoi c'est toi en particulier, mais ce que je sais, c'est que si je suis ici, ce n'est ni par plaisir, ni par devoir. Je le fais parce que ma fiancée est morte à cause d'eux et que plus on est proche de ses ennemies, mieux c'est. Je veux tous les tuer pour la venger et quand ça sera fait, alors je pourrai partir l'âme en paix, m'expliqua-t-il avec douleur et une haine sans nom à l'égard de ces hommes qui ne méritent que ça.

- Je suis désolée, soufflai-je attristé qu'un garçon de son âge subisse ça.

- Ce n'est pas de ta faute, me répondit-il en haussant les épaules.

- Quel âge as-tu? dis-je souhaitant changer de sujet.

- Je vais faire 22 ans dans un mois, et toi? fit-il en me lançant un regard curieux.

- J'ai 26 ans depuis longtemps, lui dis-je.

Il parût un instant décontenancé par ma réponse puis partit après m'avoir sourit avec compassion.

Je me demandai bien pourquoi sa fiancée avait été tuée par eux. Qu'avait-elle fait ou que ne voulait-elle pas faire? Moi qui pensais être leur seule victime et bien je m'étais trompée. Mais depuis combien de temps celle-ci était morte?

Je soufflai un moment de dépit puis me dis que la lumière du jour me manquait et que cela faisait longtemps que la chaleur du soleil ne m'avait pas effleuré la peau.

Tellement de temps perdu à cause d'eux. Je les haïssais du plus profond de mon être, ce n'était que des pourritures qui allaient bientôt mourir pour tout le mal qu'ils avaient causé!

Après cette pensée qui me fit pendant un court instant sourire, j'entendis les pas reconnaissable du pire d'entre eux: Mr. Spielberg.

- Alors Nouka, comment vas-tu par une si belle journée? s'exclama-t-il en souriant heureux.

- Ne m'appelle plus jamais comme ça! criai-je avec répugnance.

- Bien, je vois que ton caractère n'a toujours pas changé avec le temps, bien... Nous allons commencer, m'informa-t-il avec impatience.

Il sortit une seringue de sa poche puis l'approcha de moi avec fébrilité. Le liquide qu'elle contenait me laissa perplexe avant de reprendre mes esprits et de me reculer rapidement de lui. Je sentis malheureusement mon dos heurter avec force le mur en pierre qui me coupa net la respiration. Pendant ce temps, il s'était approché de moi avant de planter férocement la seringue dans mon bras puis partit, me laissant là, gisante sur le sol.

Qu'allait-il m'arriver? Qu'était-il censé se passer? La réponse arriva malheureusement pour moi trop vite puisqu'un feu apparût, léchant l'intérieur de mon corps avec avidité, me provoquant une torture que personne ne pouvait imaginer. Je hurlai de douleur, me tortillant dans tous les sens, priant le ciel pour que cette douleur s'arrête mais rien n'y faisait, celle-ci persistait avec plus de force. Je songeai alors que je n'avais même pas eu le temps de me venger de ces années de souffrance et de captivité. Mais pourtant, ce qui m'importait le plus à ce moment-là, c'était mourir. La seule façon d'arrêter ce feu, c'était de mourir.

Il me semblait que des mois étaient passés, des mois de souffrances, pourtant, j'appris que seulement trois jours s'étaient écoulés avant que la douleur ne cesse définitivement.

Je restai pendant un long moment inerte, recroquevillée sur moi-même, ne me nourrissant plus, avant de recevoir la visite de cet homme qui m'avait parût gentil lors de notre rencontre.

- Oh mon dieu, qu'est-ce qu'il s'est passé!? me demanda-t-il en me secouant, s'inquiétant de mon état.

Pourtant, la seule chose qui m'importait à ce moment-là, c'était le fait que j'ignorais son prénom.

- Comment t'appelles-tu? lui demandai-je d'une voix qui m'était jusqu'alors inconnue, une voix douce et envoûtante qui surprit mon interlocuteur.

- Vladimir, me souffla-t-il doucement. Il me libéra lentement de mes chaînes avant de me prendre dans ses bras en un semblant de réconfort, me susurrant inlassablement que tout allait bien maintenant.

Moi, je me laissai lentement bercer par ses chuchotis avant de prendre une grande bouffée d'air frais, heureuse d'être libérée. Grave erreur. Une odeur étourdissante m'envahit, recouvrant celles nauséabondes de la cave. Je fus pendant un instant décontenancée avant de comprendre que cette odeur provenait de Vladimir. Je n'avais même pas remarquée que mes sens étaient plus développés, m'offrant une meilleure vue ainsi qu'un meilleur odorat. J'entendais ses battements de coeur, cherchant vainement les miens qui avaient apparemment disparus. Ce son produisait une mélodie qui m'envoûtait.

La chaleur de son corps disparut ce qui me fit ouvrir les yeux. Vladimir me parlait pourtant, tout ce qui m'intéressait, c'était sa carotide qui s'offrait à moi comme une boîte de chocolat qui vous narguait sur la table, posée devant vous. Alors, ni tenant plus, je me jetai sur lui avant de planter sauvagement mes dents dans sa peau tendre pour le vidai de son sang. Aspirant les dernières gouttes de cet élixir de vie, je le jetai par terre sans ménagement. J'étais folle, comme une droguée en manque. J'en voulais plus. Prenant conscience qu'il n'y avait plus rien, je me calmai, reprenant un temps soit peu mes esprits avant de me rendre compte que j'avais tué Vladimir.

Les jours passèrent, se ressemblant tous. Je me balançais d'avant en arrière, me répétant furieusement que j'étais devenue un monstre assoiffée de sang. Plus rien n'avait d'importance, ma même cette brûlure dans ma gorge. Seul ma culpabilité et le souvenir de Vladirmir ne me quittaient plus. Qu'avais-je donc fait? Qu'étais-je devenue? Je voulais pleurer mais aucune perle salée ne voulait sortir et dans le même temps, me libérée.

Je n'avais reçu aucune visite et c'était tant mieux. Les dégâts auraient été atroces.

Mais cela ne pouvait pas durer éternellement alors, M. Spielberg vint me rendre visite quelques jours plus tard, tenant à être informé de mon état.

- Alors Nouka, comment te portes-tu? me demanda-t-il avec bonheur.

Pour simple réponse, je laissai échapper un grognement tout droit sorti de ma gorge qui l'effraya pendant une petite seconde avant de reprendre une allure sûre. Oh je n'étais pas sotte, ses battements de coeur ne me trompaient pas. Je l'effrayais et j'adorais ça. Alors, usant de mon nouveau pouvoir, je m'approchai de lui d'une démarche féline n'étant plus retenue par quoi que ce soit. Je le regardai droit dans les yeux, accélérant de ce fait son rythme cardiaque puis, en lui tournant autour comme un prédateur tourne autour de sa proie, je murmurai doucement:

- Tu as peur? C'est bien parce que tu as raison, continuai-je.

Je laissai échappé un rire sadique qui le fit instantanément reculer. Ce geste m'excita et avant même qu'il ne cligne des yeux, je lui sautai dessus. Son sang n'était pas aussi bon que celui de Vladimir mais avait au moins le pouvoir d'éteindre cette brûlure dans ma gorge qui était devenue insoutenable.

Je le relâchai comme-ci j'avais été brûlée et lui lançai un regard dégoûtée avant d'enjamber son corps pour me diriger vers la porte.

- Voilà ce que je suis devenue par ta faute. Tes expériences douteuses m'ont transformée en monstre et tu en as payé le prix, crachai-je avec tout le mépris que je ressentais même si je savais que personne ne pouvait m'entendre.

Je tirai la porte avec force, ne m'étonnant guère du fait que je l'avais carrément arrachée et traversai la sortie en souriant avec nostalgie. L'ancienne douce et gentille Anouska n'était plus