Merci beaucoup pour cette accueil, pour la peine voilà la suite^^

pour le moment il n'y a pas de dialogues, mais les deux premiers chapitres servent à placer l'histoire


Une hôtesse de l'air s'arrêta à son niveau pour lui demander si elle avait besoin de quelque chose, poliment, elle lui répondit que non. Puis, elle tourna la tête de nouveau vers sa gauche, regardant les nuages au travers de l'hublot de cet avion qui l'a ramené dans son pays. Vers son père. Ne l'ayant pas vu depuis trois ans, Ziva devrait être heureuse de le revoir, sauf qu'elle aurait préféré que ça soit dans d'autres circonstances et non parce que Vance avait décidé de mettre un terme à sa mission de liaison avec le ncis.

Elle aimait son boulot, ses collègues, sa vie en Amérique, et bien qu'elle savait qu'un jour ou l'autre tout ceci lui serait enlevé, Ziva se contentait de profiter du moment présent, refusant de penser que la fin serait si proche. Retour à la case départ. Une fois de retour à Tel-aviv, nul doute que son père lui confierait - comme au bon vieux temps - des missions aussi périlleuses les une que les autres, des missions digne de la tueuse qu'elle était voici trois ans de ça. Avait-elle seulement eu déjà le choix de devenir cette personne là?

Il est clair que non. Ziva n'avait jamais discuté un ordre, encore moins lorsqu'il provenait de son père. En bonne fille disciplinée elle exécutait son bon vouloir, sans se poser de question comme un parfait petit soldat fidèle et dévoué. Pour ne pas déroger à la règle, Ziva savait qu'une fois le pied posé en Israel, elle redeviendra ce soldat, cette tueuse que son père avait tant voulu qu'elle devienne. Par devoir. Pour rendre service à son pays.

« Je t'ai posé la question avant, Mcgee! »

« Sur un plan technique on était en parfaite synchronisation... mais vu que mes parents m'ont élevé comme un gentleman et que les tiens ont fait de toi une tueuse... »

Une tueuse. Avait-elle envie de redevenir cette personne là? En fait la véritable question, la question fondamentale était de savoir si elle pourrait redevenir cette personne après tout ce qu'elle avait vécu en Amérique. Après tout ce qu'elle avait appris et vécu avec eux... Avec lui.

Tony, cet homme sexiste, puéril, aux blagues salaces avait su réveiller en elle le pire comme le meilleur, mais aussi étrange que ça le soit, elle s'était tout de suite pris d'affection pour lui. Pourtant, ils étaient si différents, si radicalement opposés... Sauf que le mélange avait plutôt bien fonctionné, elle était devenue son alter-ego, que ce soit sur un plan professionnel ou amical, et l'inverse était également vrai. Toujours présents l'un pour l'autre, ils s'étaient réconfortés et aidés mutuellement en cas de crise, sachant toujours expertiser la faiblesse ou la douleur de l'autre. Se comprenant. S'acceptant. Sans jamais se juger.

Il lui aurait été facile de lui dire : tu vois je te l'ais dis, je savais que Jenny avait des problèmes. A quoi bon remuer le couteau dans le plaie, comme si Tony n'avait pas eu suffisamment conscience d'être en partie responsable de la catastrophe. Lui dire ce qu'il savait en définitif n'aurait servi, sauf à l'accabler davantage, ce Ziva ne voulait pas, déjà qu'elle se faisait suffisamment du soucis dans l'avenir pour lui. Elle espérait sincèrement que Tony puisse se pardonner, qu'il puisse faire l'impasse tout ça et continue son chemin. Mais il y avait un décalage entre ce qu'elle souhaitait et ce qu'il risquait de se passer. Bien que d'apparences, il se montrait comme quelqu'un de fort, Ziva avait su détecter en lui des failles, une vulnérabilité inhérente qu'il se donnait un mal fou à camoufler. Par peur de ses dévoiler? Car c'est un signe de faiblesse? Certainement une combinaison des deux. Il ne fallait pas se fier à cette image frivole que Tony laissait transparaître, car finalement ce n'était pas qu'un jeu, mais peut être un moyen de se protéger. Faire semblant que les critiques, les reproches ne l'atteignaient pas, alors qu'au contraire, il faisait preuve d'une extrême empathie et d'une sensibilité insoupçonnée.

Alors oui, elle avait du soucis à se faire pour lui. Tony n'était pas seulement son partenaire, mais également son ami et, depuis peu, son amant. A partir de quand n'avait-elle plus seulement éprouvé de l'amitié? C'était peut être le résultat de trois années à travailler avec lui, à risquer leurs vies quotidiennement, à se sortir mutuellement de situations compliquées et inextricables. Qu'il franchisse le cap était-il si inévitable que ça? Ziva aimait penser que non, coucher avec ses collègues n'étant pas une de ses habitudes! Alors qu'avec lui.... elle ne l'avait jamais imaginé autrement que comme un ami, un très proche ami. En fait, elle n'avait jamais su ce qu'elle voulait ou attendait de lui. La jalousie qu'elle ressentait lorsqu'il sortait avec Jeanne était toute justifiée pour Ziva: cette femme lui volait son partenaire, point barre, normal qu'elle la détestait. Et puis...

« Tu as déjà entendu parler des âmes soeurs ? » lui avait-elle demandé voici quelques semaines de ça.

« Gros tube dans les années 70 ? Un style disco ? Chante un peu, je trouverai. »

« Tu ne trouveras jamais. »

Une question dont elle aurait aimé une réponse sincère, sauf que Tony – fidèle à lui même – avait préféré jouer la carte de l'humour. Bon sang ce qu'il pouvait être énervant parfois! Elle aurait mieux fait de se taire... d'ailleurs pourquoi le lui avoir demandé? C'était peut être bien parce que l'enquête en cours concernait un couple séparé depuis dix ans qui, en dépit du temps passé, n'avait jamais cessé de s'aimer. Ziva s'était ainsi légitimement demandé si l'amour pouvait résister à une telle épreuve, s'il était possible d'aimer une seule personne toute sa vie. Elle aurait tant voulu son avis sur le sujet, surtout qu'il venait de sortir d'une relation sérieuse – une première pour lui.

Elle aurait aimé savoir tant d'autres choses...

Auraient-ils eu le droit à plus qu'une nuit passée ensemble s'ils n'avaient pas été contraint de se séparer? Un 'nous' entre eux aurait-il pu exister? Malheureusement, Ziva ne le saura jamais... Se contentant de saisir l'instant présent, sans se poser de questions sur la moralité de son attitude qui aurait pu facilement la faire passer pour une fille facile, Ziva avait répondu favorablement à la proposition de Tony car finalement elle espérait peut être en son for intérieur qu'il fasse cette proposition. Qu'il lui montre enfin à l'affection qu'il éprouvait pour elle mais dont il se gardait bien de ne pas montrer. Après tout, il n'y avait plus rien entre eux pour entraver le franchissement de cette étape. C'était peut être ça le hic....

Pour ne pas rendre encore plus difficile leur séparation, Ziva avait feint dormir lorsque Tony s'était réveillé aux aurores. Elle avait alors lutté pour contrer son envie irrépressible de le retenir pour ne pas qu'il embarque sur ce porte-avion.

Finalement, Ziva avait déjà la réponse à sa question. Leur couple était destiné à ne vivre qu'une nuit. Le bonheur n'est pas fait pout tout le monde, surtout pas pour elle.

L'avion amorça sa descente, Ziva enclencha sa ceinture et ferma les yeux, pas de crispation, mais pour tenter de chasser l'image de Tony qui ne quittait pas ses yeux.