Pardon pour les fans.

Laissez moi vos reviews.

Requiem pour un Sannin.

La pluie encore et toujours elle. Le regard de Tsunade se perdit sur les immeubles de Konoha. Elle n'avait pas mit un pied dehors depuis que Gamabunta avait ramené son corps inerte, froid et déchiqueté. Ses jambes faiblirent devant la vision d'horreur qui la submergeait à nouveau. Un profond dégoût, pour la vie et pour elle-même qui l'avait envoyé à la mort, lui vint aux lèvres. Non. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui elle devait être forte pour lui. Aujourd'hui on mettait en terre un équipier, un ami, un amour, un héros. La main de son assistante se posa délicatement sur son épaule :

« C'est l'heure »

Autrement dit, l'heure de lui dire adieu définitivement, l'heure où ses regrets et ses remords n'avaient plus lieu d'être. La jeune femme aida la Godaime de Konoha à se mettre debout. Elle hésita sur la démarche à tenir.

« Vas-y, j'ai quelque chose à faire avant de venir »

« Bien »

***

Le corps, son corps était entouré par le tissu mortuaire blanc sous les regards baignés de larmes de l'assemblée réunie.

La pluie s'était arrêtée et la cérémonie allait débuter. Le temps n'était pas à la paix et encore moins au chagrin. Après la guerre, ils pleureraient tous leur disparus. Là, maintenant, il y avait tant de chose à faire, tant de gens à sauver, que le retard de la Godaime parut presque indécent à certain.

Les murmures s'élevèrent de l'arrière de la foule en noire. Tous s'écartèrent pour laisser passer une magnifique femme en kimono rouge sang. Les longues manches cachaient ses mains que l'on pouvait deviner tremblantes, ses longs cheveux dansaient dans le vent glissant impunément sur sa poitrine que cachait maladroitement le décolleté. Un serpent blanc aux yeux brillant et mauve ornait le pan tombant sur sa cuisse gauche tandis qu'un crapaud orange et fier demeurait impénétrable sur son sein droit.

Ils l'avaient vu ensemble quand ils étaient tous les trois en mission soit plus de trente ans en arrière. Orochimaru avait sourit devant ce vêtement, Jiraiya avait supplié Tsunade de le porter et avait même proposé de l'acheter. Elle avait soupiré et les avait frappé pour cette complicité lubrique que l'un faisait naître chez l'autre. Finalement, elle avait acheté ce kimono en y laissant toutes ses économies sans jamais oser le mettre ou le dire à ses coéquipiers. Trente ans plus tard, elle n'aurait jamais cru le porter.

Les regards désapprobateurs et furieux se faisaient lourds dans son dos mais elle n'en avait que faire. Elle était la dernière. La dernière de leur équipe si admirée et pourtant si singulière. Une équipe détruite par le monde et la folie qui l'entoure. Oui, elle en était consciente à présent, le monde et la folie avaient fait d'eux des gens extraordinaires comblant leurs faiblesses par cette détermination face à chacune de leurs peurs. La légende s'achevait ici, avec lui, avec eux…sans elle.

Elle s'avança le pas hésitant, dévoilant sa cuisse droite et laiteuse à chaque pas. Le visage accablé de douleur, le teint pâle, le regard baissé, elle se stoppa devant ce qui était le corps de cet homme qu'elle avait si souvent frappé et qu'elle avait tant aimé et qui ne serait plus, plus jamais.

****

Elle avait dit et redit tant de fois les mots pour le repos des âmes de ces guerriers…

L'assemblée attendait. L'attendait. Elle n'y arrivait pas. Ces mots n'avaient plus de sens. Elle n'avait pas plus de discours de réconfort pour la populace que pour elle-même.

Mais elle était Godaime Hokage. La Godaime Hokage du village caché de Konoha.

Sa voix s'éleva enfin, forte et grave. Un chant. Un chant dans une langue disparue, des sonorités d'orients, des syllabes chaudes, un ton mélancolique et entraînant comme autant de tourbillons. Le même requiem qu'il avait chanté pour son disciple 19 ans auparavant. Un requiem pour un grand homme.

Ne pleurez pas mes amis, ne pleurez pas sur mon corps,

Sèches tes larmes ma femme, sèches tes larmes mon fils,

Je m'en vais rejoindre ceux qui comme moi ont laissé famille et ami.

Ce chant était pour eux. Pour celui qui avait cru en elle et pour celui qui l'avait poussé au-delà de ses propres capacités. Les paroles étaient pour eux deux. Eux qui avaient su la protéger malgré elle, qui l'avaient blessé aussi, ceux qui avaient été sa famille…

Je vous quitte le cœur empli de fierté,

Je vous quitte pour mieux vous retrouvez.

Si mon sacrifice…

Sa voix s'étrangla. Ses larmes, faiblesses de femmes, coulaient sans retenue aucune. Elle osa lever les yeux mais dû se résoudre à les baisser à nouveau. Cette chose froide et inerte ne pouvait être lui…ce cadavre. Lui était sourire, mesquinerie, blagues grivoises, lui était…vivant.

Une autre voix s'éleva alors brisant le lourd silence. Une main forte et douce se posa sur son épaule. Elle leva les yeux vers Naruto qui fixait intensément le défunt, entamant des paroles qu'elle croyait perdue au fond de sa propre mémoire.

Si mon sacrifice a pu prolonger vos vies,

Si mon glaive, mon courage et mon sang ont suffi,

Alors je m'en vais le cœur léger, l'esprit apaisé.

Ne pleurez plus ma femme, ne pleurez plus ma fille,

Ne pleurez plus sur moi mes amis,

Nous nous reverrons,

Nous nous retrouverons.

L'assemblée resta silencieuse.

Il resserra la femme contre lui pour apaiser ses larmes.

« Ce vieux pervers aurait sûrement apprécié » glissa-t-il en désignant le kimono.

***

« Il est tant Tsunade sama »

Elle se réveilla. On lui tendait une torche. Sa main s'avança mais elle ne put prendre l'objet.

« Pas…pas comme ça…je ne peux pas. »

Elle se tourna vers le blond qui eut un rictus.

« Comme tu voudras Baa chan…FUUTON, Le Vent Divin ! »

Elle sourit les larmes aux yeux.

« KATON, appela-t-elle, Boule de feu Suprême ! »

Le vent d'abord léger, vint du nord comme attiré depuis le Mont des Grenouilles. Il se mêla aux flammes. Elles jaillirent, danseuses écarlates et brûlantes, dévorant la dépouille.

Le brasier fut si intense que beaucoup reculèrent mais les deux blonds regardèrent les immenses flammèches de lumières consumer le corps jusqu'à la cendre.

***

La dernière flamme éteinte, elle se tourna vers le village. L'assemblée s'était depuis longtemps dissoute la laissant seule avec le dernier disciple du Sannin.

« Le village t'attend Hokage sama »

« Tu fais dans la politesse maintenant », taquina-t-elle tristement.

« Profites-en, demain est un autre jour »

« …Oui un autre jour… »

***