C'est ainsi que nous arrivâmes au Capitole. Vicky nous laissa aux soins de nos « stylistes ». Après mettre fait martyriser, tirer les cheveux, râper la peau, couper les ongles et épiler, le styliste s'occupa finalement de ma tenue. Il se prénommait Luka, il était blanc comme la mort et avait des cheveux noirs, qui faisait ressortir encore d'avantage ses yeux arc-en-ciel. Il n'ouvrit la bouche que pour me poser quelques questions, montrant ses dents colorés en noir.
- Alors, ton nom, Butcher, c'est parce que vous êtes boucher dans la famille, c'est ça ? demanda-t-il sur le ton de la plaisanterie.
- Oui, je manie le couteau à viande mieux que personne dans le district 10.
Le sourire stupide qui flottait sur ses lèvres disparut enfin. Bien. J'esquissais un sourire.
- Et bien, changeons alors nos habitudes. Au lieu d'habituel cow-boy, que dirais tu de tenue de boucher ?
- C'est selon vos désirs. Mais je crains que la tenue de boucher soit plus ... sanglante.
- Et bien soit. Pourquoi pas.
Luka se mit au travail. Il finit par me présenter une robe blanche, longue et droite, style impérial. La ceinture et les accessoires étaient rouges, d'un rouge sang. Après m'avoir presque forcé à l'enfilé, il réussit à me relever les cheveux et mis une broche pour cacher les mèches rebelles qui dépassaient. Sur la tête, il me pose une sorte de serre-tête rouge qui ressemblait fort à une toque de boucher. Lorsque je sortis enfin pour rejoindre mon frère, j'eus le souffle coupé. Il rayonnait dans son costume 3 pièces blancs. Seul la cravate, les gants et le ruban du haut de forme était de rouge aussi sanglant que le mien. Il était beau, il était rayonnant. J'ai imprimé cette image dans ma rétine afin de garder à jamais cette image de lui. Il se mit à sourire et me dit que j'étais radieuse. J'hochai simplement la tête. Les stylistes s'extasièrent sur leur propre travail, se félicitant d'avoir pu nous accorder, et que nous formions un jolie couple.
- Nous sommes jumeaux, lançais-je, cassante.
- Bien sûr, je veux dire, vous formez un magnifique duo, répondit Luka
Ils nous firent ensuite descendre, pour nous préparer à parader. Nous montâmes sur le char, et juste avant que les chevaux soit lancés, Luka et la styliste de Keir nous encouragèrent.
- Et ne vous inquiétez pas, votre ressemblance est frappante, comme si vous étiez deux faces d'une même pièce.
Keir me pris alors la main, me sourit, et les chevaux furent lancés. Les autres costumes étaient d'un ridicule sans nom, avec toutes ces couleurs, ces fanfreluches. Je fus finalement bien heureuse de mon styliste et de son style épuré. Nous traversâmes la cour, sous les applaudissement des spectateurs avant de faire demi-tour devant le président Snow.
Mon frère semblait attirer les ovations de la foule comme une fleure à l'odeur suave attire les papillons, tandis que sur le retour, j'entendais les cris de d'admiration sur notre passage. Bien, au moins, mon frère avait du succès, et ainsi les sponsors lui seraient d'avantages favorables. La parade terminée, Vickey nous ramena directement dans nos appartements. De là, elle nous expliqua le concept des entrainements, ainsi que de la note, qui nous servira à attirer, une fois de plus, les sponsors. Le lendemain commença alors les entrainements. Les tributs des premiers district étaient les premiers arrivées et ceux qui s'entrainaient le plus, et le plus intensément. J'arrivai avec Keir, bien sûr, tous se retournèrent. Je savais que nous formions un duo atypique, de plus mon frère était particulièrement beau, et les filles se retournaient toujours sur son passage.
Keir était un merveilleux cuisinier, mais j'avoue que je n'étais pas sur que ce talent soit utile dans l'arène. Il me sembla alors qu'entrainer notre endurance serait ce qu'il y avait de plus profitable. Nous étions au stand de cardio à courir sur des tapis de courses depuis une bonne heure lorsque Keir me lança un coup de coude. Je me retournai alors vers lui, inquiète.
- Tout va bien ? Tu tiens bien le rythme ?
- Oui, ne t'inquiète pas sœurette ! Je voulais juste te faire remarquer quelque chose, tu vois le tribut du district huit ? me chuchota-il.
- Ce gamin ? dis-je dans un souffle un peu dédaigneux.
Je tournai la tête pour suivre le regard de Keir. Il s'agissait d'un adolescent un peu chétif, un poil plus petit que mon frère. Ses longs cheveux noirs étaient gominés ce qui lui donnait un petit côté bad-boy.
- Ohh gamin tout de suite, il doit avoir 15 ans.
- Où tu veux en venir ?
- Juste qu'il n'arrête pas de te regarder depuis qu'il est arrivé, me dit-il d'un ton insoucieux avant de retourner à son exercice comme si de rien était.
Je restais là, pantois pendant quelques secondes. Je regardai de nouveau en direction du tribut. Nos regards se croisèrent. Soudain, je sentis mon ventre se tordre légèrement. Ah. Quel cynisme. Je détournai mon regarde et me concentrai de nouveau pleinement à l'exercice. Je ne devais penser qu'à une chose, une seule : protéger Keir.
La semaine d'entraînement touchait à sa fin. Le temps était venu d'être jugé. Durand la semaine, j'ai affiné mon entrainement aux couteaux. Depuis la mort de Papa, je devais avec Keir protéger la boutique, je me suis alors mise aux maniements de couteaux, et pas seulement pour couper la viande. Durand la semaine, d'autre évènements plus ou moins futiles eurent lieu. Mais j'avouerai avec difficulté que le plus notable fut ma conversation avec le tribut du district 8. Elle eut lieu le 5ème jour, à l'heure du déjeuner, tandis que Keir était parti aux toilettes.
- Hey ! Salut Maka, alors ... hum ... comment se passe ton entrainement ? me demanda-t-il en s'asseyant à côté de moi.
Je ne lui jetai qu'un bref regard avant de répondre à sa question d'un ton plutôt sec, j'imagine.
- Bien.
- Hem... Et sinon, c'est ton frère qui est avec toi ?
- Écoute, je ne sais même pas comment tu t'appelles et je m'en fiche. Dans quelques jours je serait obligé de te tuer, alors autant rendre ça plus facile et évitons de tisser un lien, quel qu'il soit.
- Tu as tort, je ne suis pas ton ennemi. Si je suis là, c'est aussi parce que je veux former une alliance avec toi.
- Vraiment ?
Je le regardai d'un air perplexe. Et à présent que je l'écoutais plus attentivement, je remarquai que ses yeux me fuyaient, comme s'il était gêné.
- Oui. J... Je n'ai personne qui m'attend au district 8. Et, je suis sûr que tu peux gagner ce Hunger Games.
- Je ne veux pas gagner ce stupide jeu, c'est Keir qui dois survivre.
- Je sais.
- Pardon ?
- Je vois comment tu le regarde.
- ... C'est mon frère jumeau, il est tout ce que j'ai.
- Et tu es tout ce qu'il a, pourquoi est-ce qu'il aurait plus de raison de vivre que toi ?
- Parce que si je le perds, je perds la raison.
- Je suis sûr que tu te trompe, tu es la personne la plus forte que j'ai eu l'occasion de rencontré.
J'allais lui rétorqué que l'on ne se parlait que depuis cinq minutes lorsque Keir revint des toilettes. Le tribut du district 8 se leva, et juste avant de disparaitre de la cafétéria me glissa un nom, le sien.
- Gabriele.
Keir se remit à sa place. Il me regarda d'un air amusé.
- Pourquoi tu souris comme ça, Frérot ? dis-je dans un soupir.
- Oh non pour rien, je remarque juste que tu as les joues légèrement rosies après lui avoir parlé.
Hmpf. N'importe quoi. J'étais parfaitement normale. Certes je me sentais bizarre, mais cela ne signifiait rien. Au contraire, j'avais de quoi le détester cordialement, il venait après tout de me dire implicitement que mon frère n'avait aucune chance de survivre. Chose que je ne pouvais tolérer. Pourtant, je ne le détestais pas. Pourtant, j'avais envie de lui reparlais. Mais je devais l'oublier. Dans les jours qui allaient suivre, je n'aurais qu'un seul but, et la Mort serait ma compagne.
J'attendais seule que vienne mon tour, assise sur une table de la cafétéria. Keir venait de partir pour sa session d'entrainement privé et je me sentais terriblement anxieuse pour lui. J'espérai que tout se passait bien, du moins, le mieux possible. Au bout d'une quinzaine de minutes, mon nom fut appelé. J'entrai dans une salle d'entrainement aux mures nus. Il y avait une table pour seul mobilier, et quelques rangements où étaient entreposés des armes. Les jurés n'étaient pas encore totalement lassé par ce défilement de tributs, et ils semblaient aptes à juger ma performance.
- Je vous en prie, mademoiselle Butcher, montrez-nous vos talents.
Je me dirigeai vers la table, et choisis deux couteaux de bouchers, bien affutés. Ils connaissaient nos armes de prédilection.
Les éventuels tributs n'avaient pas le droit de s'entrainer, même si certains districts outrepassait cet interdit. Pour éviter des ennuies avec les autorités, j'avais donc commencé à apprendre le maniement des lames comme s'il s'agissait d'une danse. N'ayant pas une force de frappe extraordinaire, j'avais basé tout mon entrainement sur la vitesse et la précision.
Je me plaçai au centre de la pièce avec mes deux couteaux, fermai les yeux et commençai à compter le tempo d'une musique sur laquelle je m'étais beaucoup entrainé beaucoup. J'aurais voulu voir la tête d'incompréhension des juges, mais je devais me concentrais. Je pris une grande inspiration et fit mon premier pas.
