A peine ce second chapitre finit, j'ai une envie insatiable de le partager avec vous. Alors le voici. Bonne lecture mes fidèles lectrices.

L'éternelle Flooe.

Le silence des amants.

Chapitre 2.

« La vie la plus heureuse finit avant la mort. »

L'eau chaude détendait mes muscles et soulageait mes courbatures. Aucun autre son venait casser le mutisme de mon appartement. Ou plutôt l'appartement de ma cousine, qui m'hébergeait généreusement. J'avais trouvé refuge chez Alice, ma précieuse cousine. Elle partageait sa vie avec un brillant avocat, avec qui elle cherchait actuellement une maison, après quoi je me retrouverais à la rue. Ils n'habitaient pas encore ensemble, leur relation était récente, mais si passionnelle qu'ils projetaient déjà un mariage et une petite tête blonde. Absurde erreur. J'essayais en vain de faire comprendre à Alice qu'un mariage trop rapide était vouée à l'échec. Mais ils s'aimaient si fort, disait-elle.

- Bellaaaaaaaaaaaa ! S'égosilla une voix cristalline provenant de la cuisine.

J'enfilais alors rapidement une serviette autour de mon corps dégoulinant et passais une tête dans l'entrebâillement de la porte. Alice se tenait devant moi avec un regard plein de malice.

- Qu'as tu encore fait Alice Swan ? Sermonnais-je.

- Jasper a trouvé une maison ! Elle est fantastique, une grande façade blanche, un immense jardin, cinq chambres, trois salles de bains, une terrasse spectaculaire qui donne sur les collines, aucun vis à vis, aucun voisin. C'est la maison de mes rêves, c'est ma maison ! Elle sautillait littéralement sur place et ses yeux brillaient si fort que des étincelles venaient me chatouiller les joues. Un sourire contagieux brisa mon visage. Et tu sais le meilleur ? Il m'a demandé de devenir Madame Hale, je vais être sa femme, tu entends ? Sa femme !

Mon visage tomba et mon cœur s'émietta. Alice ma si innocente cousine allait se marier alors que mon mariage sombrait à feu lent et douloureux.

- Alice, c'est trop tôt. Tu le connais à peine ce Jasper. Je suis assez bien placée pour te dire qu'épouser un homme au trop forte ambition est périlleux. Et ton Jasper, il est bien trop attaché à sa carrière pour ton bien. Regarde moi et …

- C'est bon, tu as fini ? Je comprends bien que c'est difficile pour toi, devoir abandonner sa maison, ses habitudes, son mari. J'ai conscience que c'est dur et je serais toujours la première à te soutenir quel que soit tes choix. Alors s'il te plait, soutient moi dans les miens. J'aime Jasper tout comme tu aimes Edward et je ne m'attends pas à une vie facile. Je sais que son métier sera peut-être une difficulté pour notre couple, mais j'ai tout autant d'ambition qu'il n'en a ! Alors, fait moi le plaisir de sourire et d'être heureuse pour moi.

Sa tirade me cloua le bec. Elle avait raison, ça faisait une semaine que j'avais demandé le divorce et je devenais imbuvable. Je devais me faire à l'idée qu'un couple pouvait vivre heureux et sans complication. Je devais me faire à l'idée qu'ils puissent s'aimer plus que moi et Edward, s'aimer mieux.

- Donc Jasper organise un dîner avec tous nos proches, tu en feras partie donc, pour annoncer nos fiançailles et faire sa demande devant nos familles. Il a invité son frère et sa compagne, Rosalie ainsi que des amis du barrot et Edward. Elle attendit une réaction de ma part, mais je ne cillais pas, je connaissais l'amitié qui liait Jasper et Edward. Ta présence m'ait indispensable, tu es la seule famille proche qu'il me reste … Elle s'apprêta à devoir me supplier.

- Je serai là, Alice.

- Vraiment ? Je hochais positivement la tête. Je t'aime tellement Bella ! Elle sauta dans mes bras alors que j'agrippais toujours la serviette qui me couvrait.

L'annonce du mariage ne resta pas secrète bien longtemps. Le dîner de fiançailles était prévu pour ce soir. Je n'avais pas revue Edward depuis « l'incident » et ma demande de divorce prématurée et alors que le revoir devrait me rendre anxieuse, mon esprit était tourné vers tout autre chose. Les préparations du dîner qu'Alice m'avait confié. Un bon restaurant. Le Per-se serait parfait. Une liste d'invité triée sur le volet. Jasper s'en chargeait. Elle m'avait aussi assignée au rôle de témoin, je devrais donc ouvrir le dîner avec un discours. Discours sur lequel j'avais beaucoup travaillé. Mais le point qui m'inquiétait le plus était la tâche qu'Alice m'avait attribuée et pas des moindres. « Trouve toi une tenue qui fera tellement halluciner Edward qu'il te suppliera de bien vouloir tout quitter pour partir à l'autre bout du monde avec lui et de lui faire une ribambelle d'enfant ! » à côté de ça elle m'avait lancé une liasse de billet vert et quelques adresses où je pourrais trouver la perle rare.

C'est comme ça que je me retrouvais sur la cinquième avenue, avec ma précieuse amie Angela qui trépignait d'impatience à l'idée d'essayer une robe de toutes ces grandes enseignes. Je n'avais pas d'idée arrêtée sur le style de robe que je devrais acheter et c'est pourquoi j'avais convié Angela à m'accompagner. Elle avait des goûts très sur et une sensibilité cachée pour la sensualité des tissus. Je me laissais donc aller en confiance dans ses bras d'experte.

Angela commença à se déconfire devant ma moue désolée. Et alors qu'elle désespérait à me faire entrer dans une énième boutique, une vitrine attira mon attention. Tel un seul homme, Angela et moi nous dirigeâmes vers la longue silhouette drapée. La robe était tout bonnement sculpturale. Une silhouette agilement coupé en une cascade vermillon.

- C'est celle-là. Murmurâmes en chœur.

L'essayage ne nous rendit que plus interdite. La coupe était parfaite, presque taillée sur moi, pour moi. La fine crêpe de soie mélangée caressait mes jambes en deux pans éblouissant qui chatouillaient mes chevilles alors que le bustier s'ajustait parfaitement à ma poitrine. Une petite vendeuse s'approcha de nous, des dollars pleins les yeux.

- C'est un modèle unique. Le créateur a vraiment fait un travail exceptionnel avec cette robe. Beaucoup de nos clientes en sont folles, elle est un peu comme la gourmandise qu'on se refuse, excellente et envoutante mais onéreuse. Sourit-elle gentiment.

Elle s'effaça dans l'arrière boutique et revins avec en main une paire de chaussure spectaculaire. C'était de sublimes escarpins en délicate dentelle noire pointillée avec une superposition de Tulle. Elle me fit gentiment chausser les sandales. Un silence émerveillé embauma la boutique. Je ressemblais étrangement à une nymphe.

- Oh Bella, tu es magnifique … Il ne peut revenir que des étoiles pleins les yeux et la langue chatouillant les genoux !

- C'est une histoire de cœur ? Je vous conseille l'ignorance … Un homme ne sera vraiment satisfait que quand l'objet de tous ses désirs lui filera entre les doigts. Faîtes le tourner, ne satisfaisait pas ses attentes. Entrez dans un jeu de séduction … malsain. Glissa subtilement la vendeuse. Jusqu'à preuve du contraire c'est ce qui marche le mieux avec les hommes.

Le dîner des fiançailles approchait trop rapidement. Je n'avais pas échappée à la mâchoire acérée de modeuse qu'était Alice. Elle savait si prendre : « Déjà que tu ne m'a pas laissée t'habiller pour ton mariage, je pense avoir mon mot à dire pour le mien. » Mais elle n'avait pas fait que donner son avis. Oh non. Elle m'avait maquillée, coiffée et m'avait dicté l'attitude à adopter lors du dîner. Froide et distance, je devrais être.

La robe semblait m'aller encore mieux que la vieille et mon choix avait beaucoup plu à Alice qui me fustigeait de vouloir lui piquer la vedette. Mais je n'avais pas besoin de l'attention de toute l'assistance. Non, seulement celle d'Edward et Alice le savait mieux que personne. Alors que j'attendais qu'Alice finisse de se préparer, mes yeux se perdirent sur mon annulaire gauche désespérément vide. Il manquait la bague que le fougueux jeune homme de la fac m'avait offerte le jour de la remise des diplômes. Ce jour avait été irrémédiablement le plus beau de mon existence. Et ce soir j'allais devoir affronter le cadavre de la passion qui nous avait tant animé.

- Bella, je sais que ce n'est pas facile pour toi. Cinq ans de ta vie, tu pensais qu'il serait le bon, mais tant d'autres hommes peuvent te satisfaire tellement mieux qu'il ne le fera jamais. Murmura ma jeune et belle cousine qui resplendissait dans une somptueuse robe cocktail bleu roi.

- Tu ne comprends pas Alice, c'est lui, je le sais. Je l'ai su à l'instant même où je l'ai vu, ce seras toujours lui. Aujourd'hui, je sais aussi que nous n'étions pas fait l'un pour l'autre comme je l'ai longtemps cru, mais ça reste lui. Hier, aujourd'hui, demain … Lui.

Alice avait été la seule et la première à me soutenir quand j'avais annoncé notre décision de s'unir cinq années plus tôt au clan Swan. Et maintenant elle était la première à m'épauler dans la démarche du divorce. Je savais qu'elle ne comprenait ni ma décision de rompre, ni mon choix d'engager une procédure de divorce si rapidement. Elle savait ce qu'il m'en coûterait et elle restait. Les parents d'Alice s'étaient déchirés dans un divorce douloureux. Sa mère de nature romantique et souriante était tombée dans la spirale infernal qu'était l'alcool alors que son père, sérieux dignitaire venait d'épouser une très jeune héritière volage.

- Bella, penses-tu qu'il est trop tôt pour que je te mette à la table des célibataires ? Demanda un peu plus sérieusement ma cousine.

- Tu te moques de moi Alice ? Je refuse d'être à la table des célibataires ! Il en est hors de question et puis quoi encore ? Une pancarte « Prochainement divorcée, recherche père de mes enfants. », c'est inconcevable, tu m'entends Alice Marie Swan ? C'est hors de question, même pas envisageable ...

Comment avais-je pu vraiment penser un seul instant qu'Alice prendrait compte de mon avis ? J'aurais pu encore accepter la table des célibataires avec cinq autres célibataires misogyne ou déprimé, mais Alice avait eu la subtilité de mettre Edward à cette même table. C'est comme ça que je me retrouvais en face d'un juriste sortant tout juste de la faculté et de la puberté par la même occasion. Son nom m'échappait encore. A ses côtés une tout aussi jeune fille dévisageait ouvertement Edward, un filet de bave sous le menton. A ma gauche Edward avait le regard rivé sur ses mains alors qu'à ma droite le cousin de Jasper, Alec, fixait singulièrement mes jambes. Sans adresser aucun mot à aucun de mes voisins, je décidais qu'il était temps pour moi de prononcer mon discours.

Je me plantais donc au milieu de la piste de danse qui avait été grossièrement aménagée dans le centre de la salle. Quelque sifflement et applaudissement dirigèrent l'attention de l'assemblée vers moi. Alice et Jasper se tenaient dans les bras l'un de l'autre. Ils étaient amoureux. Autant que je l'avais été. Je cherchais un instant le papier qui contenait les quelques phrases que je devais dire, mais je ne trouvais rien. En regardant vers ma table, je vis Edward le papier à la main. Et je lus sur ses magnifiques lèvres « Tu n'as pas besoin de ça Bella, je le sais. » Il n'avait rien perdu de son arrogance. Je toussotais nerveusement pour introduire le discours qui je le pensais, je le savais, m'exclurait entièrement de l'échelle sociale jusqu'à la nuit des temps.

- Bonsoir …. Huum, pour les personnes qui ne me connaissent pas encore, je suis Isabella, la cousine de l'infatigable Alice. Tous d'abord je souhaite bien du courage au futur époux qui se lance dans une épopée d'où il ne sortira pas indemne, d'où il ne sortira pas tout court. Souris-je nerveusement. Alice est une femme débordante de vie, d'énergie, de parole, mais surtout débordante d'amour. Elle ne connait pas les mots tristesse, morosité et routine. Non, Alice est imprévisible. D'une imprévisibilité appréciable, rassure toi Jasper. Un jour chanteuse, l'autre comptable. Un jour brune, l'autre blonde. L'assemblée souriait devant le portrait fait de ma cousine. Alice m'a gentiment demandé de ne faire que la liste de ses qualités. Une nouvelle fois le public sourit. Mais je n'aurais pu faire autrement, d'abord parce que j'ai une peur bleue de la vengeance qu'assouvirait mon agréable cousine sur moi, mais aussi parce que je ne lui connais que des qualités. Sa vivacité, sa franchise, sa brutalité, ses injures, son impétuosité, sa force, ses cris, son rire d'otarie, tout ça n'est que le meilleur d'Alice. Malgré sa force extérieure, elle est très certainement la personne la plus sensible du monde. Alors Jasper, en tant qu'époux tu te devras de l'honorer chaques jours comme si c'était le dernier que vous passiez ensemble, de la protéger envers et contre tous, d'entretenir la flamme de votre amour jusqu'à la nuit des temps et de servir ce mariage comme aucun autre homme ne l'aura fait avant toi. Mes yeux se noyèrent dans l'océan émeraude de mon voisin de table. Une unique larme dévala ma joue, mais si quelqu'un aurait pu voir sous ma couche de vêtement, il aurait vu tous les pores de ma peau saigner à vif et mon cœur se déchirer un peu plus profondément encore. Je te confis ma cousine, ma seule véritable famille. Sers là et protège là plus longtemps que la vie ne vous l'offrira. Aime là de toute ton âme. Je te laisse une partie de moi, un partie de mon cœur, n'en fait pas n'importe quoi.

Toute l'assemblée se déchira dans un tonnerre d'applaudissement, alors qu'Alice se jetait sans ménagement dans mes bras. Ses larmes barbouillant son maquillage précieux. Elle s'éloigna, chancelante, pour grappiller au coup de son futur époux. Jasper m'étreint timidement dans ses bras et je lui chuchotais à l'oreille, pour que ma cousine n'en sache rien.

- Si tu fais couler sur son visage une seule larme qui n'en soit pas une de joie, je me promets et te promets que je viendrais avec la force de cent hommes te briser les rotules pour ensuite te couper ton appareil à bébé comme l'aurait fait un père pour sa fille. Tu m'as bien comprise ?

Je savais qu'une Swan n'était pas bonne à mettre en colère, mais Jasper ne se laissa pas démonter devant ma menace, au contraire sans déglutir il me répondit du tac au tac. C'était définitivement un homme fait pour Alice

- Si un jour je fais du mal à Alice, je me laisserais bien volontiers démembrer et je demanderais même à ce que l'on te restitue mon « appareil à bébé » dans un paquet.

Contente de la réponse qu'il m'avait offerte, je fondis sur mon verre de champagne et sortis du prestigieux restaurant pour enfin apaiser la brulure de mes poumons. J'aspirais une grande bouffée de nicotine qui ranima l'engourdissement de mes poumons. J'avais commencé à fumer quand la présence d'Edward au domicile conjugal était devenue accidentel, tout d'abords pour combler le vide de notre immense maison et aussi parce que je connaissais l'aversion de mon mari pour la cigarette et ce qu'elle provoquait. Je relâchais une longue trainée de fumée, revivifiant quelque peu mon corps pétrifié par la température ambiante. J'aspirais une dernière bouffée de ma précieuse cigarette et lançais négligemment le mégot à mes pieds. Le mégot fut engloutis par les roues de voiture.

Je restais encore un instant sur ce trottoir à regarder les passants. Il avait cette femme, petite et dodue, ficelée dans un cardigan d'été qui souriait comme une enfant devant un marchand de glace. Elle poussait une poussette double où deux mômes s'égosillaient, mais leur mère gardait ce sourire béa. Malgré les poches violacées sous ses yeux qui trahissaient sa fatigue, malgré la transformation de son corps après un accouchement qui fut doublement douloureux, malgré ses deux enfants qui lui puisaient toute réserve de vie, malgré tout elle était plus heureuse qu'aucune autre. Elle n'avait ni besoin de la gloire que m'apportait Edward, ni d'une robe de grand couturier, ni d'une maison extraordinairement grande et belle si elle restait sempiternellement vide. Moi non plus d'ailleurs, je n'avais pas besoin de tout ça. Qui avait besoin d'autant pour être heureux ?

- Et bien Bella, tu es devenue une vraie petite femme ! Siffla l'homme devant moi, qui sortait tout juste d'un taxi.

Au son de cette voix si familière, sans aucune hésitation je me jetais dans ses bras puissants. Il resserra chaleureusement ses biceps sur ma taille et notre étreinte me réchauffa le cœur. Ses mains puissantes se refermèrent sur mes hanches et il me fit tourner. Tourner jusqu'à ce qu'un réel sourire fende mon visage, jusqu'à ce que mon corps s'imprègne du sien, jusqu'à ce que je trouve ma place, là, ici, dans ses bras herculéens. Il me reposa à terre sans détacher mon corps du sien.

J'en profitais pour détailler son visage qui avait tellement changé. Je me souvenais d'un grand gaillard mal dans sa peau. A l'époque, il se distinguait des autres adolescents par sa carrure de lutteur, ses grands yeux bleus perdus et son humour potache. Je me souvenais comme s'il s'agissait de la veille, la façon dont nos adieux avait été fait dans ce grand aéroport où une quinzaine d'autres hommes faisaient leurs adieux. J'avais cru ne jamais le revoir. Des centaines de questions me brulèrent les neurones, mais je me suffisais de sa simple présence, de son odeur, de son cœur contre le mien. C'était lui le premier, vrai grand amour de ma vie.

Annexe :

Robe de Bella pour le dîner de fiançailles : www. net-a-porter/ product / 181523 (enlever les espaces.)

Robe cocktail d'Alice : www. net-a-porter/ product / 310060 (enlever les espaces.)

Et voilà ce second chapitre. Qu'en avez-vous pensé ? Qui peut-être ce mystérieux jeune homme qui s'avère être le premier grand amour de Bella ? Dans quelle circonstance on-t-il pu se quitter ? Je vous laisse réfléchir ! N'oubliez pas les reviews qui me boosteront !

Votre dévouée Flooe.