Fandom : Kuroko no Basuke
Titre : Le prince
Disclaimer : Les personnages de Kuroko no Basuke ne m'appartiennent pas, à mon grand désespoir… Ils appartiennent donc à Tadatoshi Fujimaki. Même Akashi et Aomine… ? Oui… ? Bon, tant pis, j'aurai essayé…
Rating : M, donc interdit aux mineurs (oh oui, résolument interdit aux mineurs !)
Genre : Euh…
Pairing : Alors ça…
Remerciements : Je tiens à remercier chaleureusement Riddikuluss avec qui j'ai trouvé l'idée de base qui a donné naissance à cette fanfic. Je la remercie également pour être ma beta-lectrice. Elle écrit également, alors je vous conseille de jeter un coup d'œil à son travail, ça vaut le détour !
KKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKK
Chapitre 1
Une peau douce sur sa joue. Un parfum de camomille à ses narines. Un soupir léger contre ses lèvres entrouvertes. D'autres lèvres qui s'approchent, encore. Encore … Qui touchent les siennes, doucement, les saluant amicalement, avant de revenir à l'assaut franchement. Une langue mutine qui vient taquiner le bout de la sienne, amusée …
« Ah…
- Mettez-vous à l'aise, Votre Altesse, susurra cette voix féminine et chaleureuse.
- Ambre … »
Le jeune prince soupira, lui accordant par là toute sa confiance pour la suite. Il étira ses membres, replia les jambes et la jeune femme à ses côtés en profita pour glisser ses mains sous sa chemise de nuit en satin brodée de fils d'or. Le prince frémit au contact de ses doigts sur la peau fine et si chatouilleuse de son ventre. Il ne put retenir un gémissement et gigota. Il reçut en retour un petit baiser sur la joue.
« Vous êtes si chatouilleux, mon prince … »
Il leva les yeux et la regarda. Lorsqu'il vit ceux en amande couleur caramel se plisser de rire, il sourit malicieusement, avant de tenter une fuite, en vain : il se fit rattraper en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, et la poigne ferme de deux bras autour de sa taille le ramena à sa place.
« Arrête … Arrête !
- Vous l'avez cherché, Votre Altesse. Acceptez votre châtiment ! S'exclama-t-elle joyeusement, avant de plonger ses doigts sur le ventre de nouveau caché par le satin brodé d'or, et de le masser.
- Arrête … Je t'en supplie ! »
Le prince, d'ordinaire si calme, effacé, voire distant, avait accepté de partager son plus grand secret avec Ambre, sa courtisane : il craignait les chatouilles plus que tout au monde !
Ils remuèrent, chahutèrent longuement dans le vaste lit du prince, ce dernier ne pouvait le moins du monde rester stoïque devant les chatouilles adroites d'Ambre. Car Ambre était adroite. Même pour les chatouilles. Les rires montèrent jusqu'au lustre magnifique du plafond, les ombres de leur corps se dessinèrent sur les murs, au gré de l'éclairage dansant des bougies dont la lueur virevoltait de joie. Peut-être animées de la même joie que celle incarnée par les deux êtres de la vaste chambre princière richement décorée, mais cela, nul ne le sait.
Mais petit à petit, les rires se changèrent en soupirs, les ombres ondulèrent de plus en plus lascivement puis se tassèrent alors que les deux corps s'affaissèrent dans le grand lit à baldaquin. Le prince, se faisant maintenant farouchement embrasser par sa courtisane, ferma les yeux et passa ses mains dans ce qu'elle avait peut-être de plus beau : ses longs cheveux blonds comme les blés. Elle soupira lorsqu'ils durent séparer leur bouche pour respirer enfin. Cela élança une certaine envie chez le prince, qui gémit et l'enlaça à la taille. Il connaissait cette sensation, pour l'avoir déjà éprouvée et il savait que ce n'était pas le désir farouche et immédiat du plaisir charnel. C'était autre chose …
Il regarda leurs doigts s'entremêler presque amoureusement avant de l'appeler doucement :
« Ambre…
- Oui, Votre Altesse ?
- Je … Je n'en ai pas trop envie, ce soir … Je dois sans doute être un peu fatigué.
- Sans doute, Votre Altesse, approuva-t-elle en l'époustouflant par la vision des longs fils d'or qu'elle fit virevolter d'un revers de main. Après tout, vous avez passé une bonne partie de la journée avec votre précepteur, à étudier la philosophie.
- J'aime ça, dit-il comme pour se justifier.
- Ce n'est pas un reproche, Votre Altesse, bien au contraire. Cependant, nous nous sommes ennuyées sans vous, en cette longue journée d'hiver.
- Je suis pourtant quelqu'un d'ennuyeux. Si l'on ajoute à cela ma petite santé …
- Votre Altesse ! S'exclama-t-elle alors en faisant les gros yeux. Je vous ai déjà interdit de parler comme cela ! Vous avez énormément de qualités ! Vous êtes un vrai gentilhomme, doux et aimant.
- Cela ne suffit malheureusement pas …
- Vous avez toujours été très discret, préférant l'ombre à la lumière …
- J'aimerais simplement que l'on oublie jusqu'à mon existence afin que je puisse rester ici. Ici, avec vous toutes.
- Vous êtes très attaché à Saint-Germain.
- Je m'y sens bien, avoua-t-il tranquillement.
- Oserai-je vous rappeler, Votre Altesse, que vous avez renvoyé tout le personnel et les courtisans que vous ne jugiez pas nécessaire ?
- Je ne le regrette pas le moins du monde. Ma vie est bien plus calme ainsi et c'est ce que j'aime. Tous ces gens qui se pressent dès mon lever, qui ne cessent de suivre chacun de mes pas, pour obtenir des privilèges … Tout ceci est si vain … Soupira-t-il.
- Votre Altesse … Murmura-t-elle d'un ton mélancolique. Vous êtes si jeune …
- Tu n'as que quinze ans ... Lui fit-il remarquer, vexé, en arquant un sourcil.
- Ne vous emportez pas, Votre Altesse … Vous savez combien je suis taquine … » Lui dit-elle en déposant un baiser sur sa joue.
Gardant ses yeux aigues-marines ouverts, le prince la laissa cueillir ses lèvres de sa fine bouche rosée.
« De quoi avez-vous envie, Votre Altesse ?
- De ça. C'est très bien. De plus, il fait froid. »
Ambre émit un petit roucoulement joyeux avant de se pencher plus en avant afin d'embrasser tendrement le prince, tout en laissant ses mains se glisser sous sa chemise de nuit pour lui caresser le torse et le ventre. Collée au prince, elle ronronnait littéralement. Il tourna la tête et déposa un baiser sur son front.
« Votre Altesse me fera-t-elle l'honneur d'accepter ce modeste présent?
- Lequel ?
- Ceci, Votre Altesse. »
La jeune femme, qui jusqu'à présent, était inclinée face au prince en une révérence, se redressa et se dirigea vers une commode en noyer massif du salon princier. D'une main, elle se saisit d'une cassette décorée d'or et d'argent, puis revint en face du prince. De sa main libre, elle se saisit du brocart métallisé émeraude de sa robe longue et s'inclina de nouveau profondément, sa queue-de-cheval dévalant l'une de ses épaules.
Le prince prit la cassette et l'ouvrit. A l'intérieur se trouvait une fine chaîne en or ainsi qu'un pendentif. De l'index, il souleva le bijou afin de mieux l'admirer.
Un petit chat taillé dans une pierre de couleur verte. Le jeune homme l'approcha de ses yeux afin de s'assurer d'avoir correctement identifié ce bijou.
« Il … Il s'agit d'une pierre que l'on appelle le jade, Votre Altesse. Elle me vient d'Orient. Il est dit, dans ces contrées lointaines, que les chats en pierre de jade portent chance. Il s'agit là d'un modeste cadeau, indigne de votre rang, mais …
- Je l'accepte. »
La jeune femme, surprise, se retint de relever la tête impoliment. Ce qui fut d'autant plus difficile quand une autre femme, présente depuis le début de la scène et assise sur un divan de velours, pouffa de rire.
« Ambre … Soupira mentalement le prince. Je te remercie pour ce cadeau, dit-il ensuite à voix haute à la jolie créature penchée en avant. Tu peux te relever, Jade. Pourrais-tu m'attacher ce collier autour du cou, s'il te plaît ? »
Celle-ci aurait voulu rester dans cette position aussi longtemps qu'il aurait été nécessaire pour que sa rougeur quitte son visage, mais les ordres du prince ne se discutaient pas. Elle se redressa alors et détourna la tête, le feu aux joues, se contentant de jeter de brefs coups d'œil à la nuque pâle du prince afin d'attacher la chaîne en or. Ambre se mordait la lèvre pour ne pas éclater de rire, mais son hilarité ne faisait aucun doute, ce qui embarrassa encore plus la seconde femme. Le prince sourit, attendri, et toucha la pierre de jade en forme de chat qui pendait maintenant à son cou.
« C'est un très beau présent, Jade. Ainsi, je penserai à toi chaque jour, même lorsque nous serons séparés », lui dit-il en se retournant pour la regarder.
Enfin, admirer serait le terme plus adéquat. Ce qu'il ne pouvait faire, d'ailleurs, car elle avait détourné la tête, gênée par les remerciements du prince. Le sourire de ce dernier s'élargit et d'un geste doux, il lui prit le menton entre deux doigts, passa délicatement son pouce sur sa lèvre inférieure et put alors plonger dans les yeux de jade.
Littéralement.
Elle avait de magnifiques prunelles menthe à l'eau, assombris chacune par une volée de cils longs et épais. Deux mèches de la même couleur s'échappaient de sa coiffe française ornée de perles de nacre pour encadrer son visage patricien, accompagnées par une longue queue de cheval. Le nez était droit, les lèvres fines, la peau d'ivoire. Le corsage et la robe longue étaient tous deux constitués de brocart métallisé émeraude ; le dessous de jupe assorti aux dessus de manches, en soie damassée blanche, ressortait de manière éclatante. Oui, Jade était une jeune femme de toute beauté, provenant de la haute noblesse et le faisant savoir par sa droite stature et son air un peu pincé. Lorsque celui-ci n'était pas en proie à un rougissement intense … Comme maintenant.
« C'est un très beau présent », lui répéta le prince en allant s'asseoir sur le divan. Qu'en dis-tu, Ambre ? »
Celle-ci délaissa son tambour à broder pour se concentrer sur le prince et la seconde courtisane.
« J'en dis, Votre Altesse, avec tout le respect que je vous dois, que vous devriez répondre à cette déclaration d'amour sincère et enflammée.
- Je le pense aussi.
- De … de quoi parles-tu donc, Ambre ? Demanda Jade, qui était à la peine pour aligner deux mots correctement.
- Tu offres à Son Altesse une pierre portant ton prénom. Je suppose que cela doit avoir une signification … Intime ? Fit mine de s'interroger la courtisane blonde.
- Tu sais trouver les mots justes, affirma le prince. D'ailleurs, ton ouvrage avance, Ambre ?
- Vous … Vous méprenez, Votre Altesse ! Ce … Ce cadeau est simplement un porte-bonheur …
- Je tenais absolument à broder sur votre mouchoir vos initiales. Il sera bientôt prêt, lui répondit Ambre en se remettant à l'ouvrage.
- Un … un porte-bonheur pour que Dieu vous protège et que votre santé s'améliore ! Ajouta précipitamment la courtisane aux yeux verts.
- Jade… L'interrompit le prince. Je te ferai demander à l'heure du coucher. Tu viendras me retirer cette chaîne.
- Votre Altesse …
-Ainsi, je pourrais te rassurer sur mes sentiments. »
La courtisane aux yeux menthe à l'eau crut qu'elle allait mourir. D'une crise d'apoplexie ?
« Votre Altesse, faites attention, Jade va mourir de bonheur, prévint Ambre avec un sourire mais sans quitter des yeux son tambour à broder.
- Il n'y a pas de raison à cela. Ce ne sera pas la première fois qu'elle viendra me réchauffer une nuit d'hiver.
- Ou de printemps. Ou d'été. Ou d'automne », ajouta Ambre en lâchant un petit rire, voyant Jade se décomposer encore plus. Mais changeons de sujet. Jade, nous aimerions que tu nous enchantes avec le clavecin du prince.
- Votre Altesse … Demanda-t-elle en jetant un coup d'œil au prince.
- Enchante-moi, Jade, lui dit simplement le prince en lui désignant l'instrument d'une main.
- Bien, Votre Altesse », répondit-elle en inspirant un grand coup afin d'évacuer son embarras.
La courtisane toute de vert vêtue prit ses besicles en écaille de tortue et les mit sur son nez, puis se dirigea vers le clavecin et s'assit sur la banquette.
« Que voudriez-vous entendre, Votre Altesse ? Demanda-t-elle.
- Du Monteverdi », déclara le prince après un instant de réflexion.
Il posa la tête sur l'épaule d'Ambre et observa Jade chercher un morceau correspondant dans les partitions.
Il ferma les yeux lorsque les premières notes de musique se firent entendre.
Et il sourit.
