Confrontation

Point de vue de Bella

-C'est hors de question ! M'exclamai-je. Je n'irai pas à Forks.

-Bella soit raisonnable. (C'était mon oncle qui parlait.) Il est tant que tu te confrontes au monde qui est le tient.

-Le monde dans lequel je vis me convient très bien. Merci.

-Tu m'as parfaitement compris, il soupira, Bella tu es consciente que mis à part Damien, Kelsi, Mickaël et Jonathan tu n'as aucune vie sociale, j'allais répliquer, mais il ne m'en laissa pas le temps. Toi et moi nous savons que c'est la vérité tu passes la plupart de ton temps ici et...

-C'est normal j'y habite ! Le coupai-je.

-Et quand tu sors de ta chambre c'est pour aller dans la forêt. La journée tu joues du piano, tu étudies, tu écris ou tu restes dans la bibliothèque pour lire. La nuit tu vas dans les bois pour observer les étoiles. Quand Kelsi t'emmène magasiner c'est en te tirant par les cheveux, c'est impossible de te sortir d'ici sinon tu piques une crise ou tu inventes n'importe quel prétexte pour t'éviter de venir.

J'étais impressionnée, jamais je ne l'avais entendu parler aussi longtemps. Mais malheureusement pour moi il ne s'arrêta pas là.

-Dis-moi Bella, combien de personnes connais-tu à part tes coéquipiers, Abigaël, Jebédiat et moi-même ?

-Personne, avouai-je. Il m'avait piégé comme toujours.

-Tu sais ce que tu es devenue.

-Non mais tu vas me le dire.

-Une misanthrope, une Hermite.

-Je te remercie du compliment.

-Je ne plaisante pas Bella. Tu te coupes du monde réel, tu t'enfermes dans ta bulle. Il est temps pour toi de sortir, de découvrir d'autre personne de faire des rencontres. Et peut-être... il se gratta la gorge. Houlà ! Généralement quand il faisait ça, ça ne sentait pas bon pour moi.

-Quoi ?

-Eh ! bien trouver quelqu'un à ton goût.

Voilà on y était ! Le fameux sujet tabou. Mon oncle cherchait désespérément quelqu'un qui pourrait me plaire. Je vous épargne toutes les soirées où il m'a obligé à venir pour que je puisse trouver le prince charmant. Bref monsieur jouait L'entremetteur. Je le regardai furieuse. Comment ose-t-il remettre ça sur le tapis, alors qu'on en avait déjà discuté des millions de fois et que pour moi c'était clair, je ne voulais pas qu'il se mêle de ma vie privée.

-On en a déjà parlé il me semble.

-Quel âge as-tu, Bella ?

Sa question me prit au dépourvu.

-Tu le sais, je te rappelle.

-Bella.

-Dix-sept ans, il soupira.

-Bon d'accord cinquante-sept ans.

Je suis sûre que vous êtes en train de vous dire qu'à cet âge là je suis censée être vieille, majeur, vaccinée et que mon oncle ne devrait plus s'occuper de ma vie. En fait j'ai peut-être cinquante-sept ans, mais en apparence j'en ai dix-sept. Vous avez compris, je suis immortelle. Et comme toute bonne immortelle qui se respecte j'ai arrêté l'école il y a vingt ans. Cela parait surprenant mais c'est vrai. À mes dix-sept ans j'ai atteint ma maturité, je me suis figée dans le temps. Après avoir passé mon bac, j'ai été dans différentes universités, ce qui m'a permis d'étudier beaucoup de domaines différents : les lettres, les arts, le droit, j'ai même passé le diplôme de médecine (sans jamais pratiquer bien sûr). À trente ans j'ai arrêté et pendant une dizaine d'années j'ai voyagé. Puis je suis revenue ici à la villa Diane, la maison de mon oncle. Depuis je suis là, attendant quelque chose que je ne connais pas encore. La solitude ne me gêne pas au contraire, je dois dire que j'aime plutôt ça. Je ne vois même pas pourquoi mon oncle m'embête pour ça. Mes tergiversions ne m'avaient pris que quelques secondes et mon oncle me fixait toujours. N'en pouvant plus je brisais le silence.

-Je ne vois pas ce que mon âge vient faire là dedans ?

-C'est simple n'ayant que cinquante-sept ans tu as toute la vie devant toi et même bien plus. Pourquoi tu t'obstines à rester ici, alors qu'étant à moitié humaine tu as plein d'expérience à vivre ? Vraiment je me le demande ?

-Je...il m'interrompit.

-Bella vivre ici n'est pas bon pour toi, ce n'est pas sain de rester enfermée.

-Je sais, tu n'arrêtes pas de me le répéter. Mais je pourrai te retourner la même chose. Quand tu n'es pas à Paris ou à Sydney tu restes ici, enfermé dans ton bureau, alors tu peux te taire.

-Bella ! S'exaspéra-t-il, ce n'est pas la même chose toi tu es jeune tu es belle, moi j'atteins bientôt mes deux cent vingt et un ans (j'ai oublié de préciser que mon oncle aussi est immortel) et j'ai beau être un vampire je me fatigue, peut-être pas physiquement mais mentalement si. De plus je suis comme toutes les vieilles personnes de ce monde, j'aimerais un jour avoir des petits enfants, si je puis les appeler comme ça vu que je suis ton oncle et pas ton père.

Je le regardai horrifiée, là c'était le pompon. Je me dirigeais vers la porte quand mon oncle m'interpella.

-Bella où vas-tu ?

-Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué je quitte cette pièce, j'en ai assez entendu !

-Tu restes ici jeune fille on n'a pas fini cette conversation.

-Au contraire elle est terminée.

Je posai ma main sur la poignée pour sortir le plus théâtralement possible, quand j'entendis un cliquetis et vis une forme qui repartait. Je me retournais, c'était mon oncle, il jouait avec la clef, clef qui s'était trouvée deux secondes auparavant dans la serrure de la porte de son bureau. J'enrageai, j'essayais d'ouvrir la porte mais rien n'y faisait même ma force vampirique n'y pouvait rien. J'avais oublié qu'il avait renforcé toutes les portes de la maison, à cause justement de ma puissance que j'avais parfois du mal à contrôler.

-Laisse-moi sortir s'il te plaît ! Lui dis-je.

-Non, répondit-il simplement.

-Tu sais, je ne peux peut-être pas défoncer la porte, mais je peux m'occuper de la serrure.

-Fais donc, mais c'est toi qui t'arrangeras avec le serrurier. Allez viens t'asseoir de toute façon tu n'as pas le choix, à contrecœur je retournai m'asseoir dans mon fauteuil. C'est bien, tu commences à être obéissante, Je grognais. Bon reprenons. Comme je le disais avant que tu m'interrompes, j'ai l'intention d'avoir des petits enfants ici un jour.

Restons zen. Je respirais un bon coup et lui lançai.

-Tu ne sais même pas si je peux en avoir.

-Bah c'est sûr que s'il n'y a pas de père tu ne risques pas d'en avoir.Arghhhhhh ! De toute façon la question n'est pas là. Ton billet d'avion est sur le confiturier dans l'entrée. Jebédiat te conduira demain matin à l'aéroport. Bref tu n'as plus qu'à préparer tes valises, à dire au revoir à tout le monde et appeler Georgianna pour qu'elle sache si tu veux qu'ils viennent te chercher à Seattle demain.

-Je n'irai pas.

-Tu ne discute pas.

-Pourquoi je devrais y aller ?

-Il me semble, avoir donné mes raisons. Je ne veux plus que tu vives en autarcie.

-Cela je l'ai compris, mais donne-moi en d'autres.

-Je n'ai pas à me justifier, tu iras un point c'est tout.

-Mais qu'est-ce que je vais faire toute la journée ? De plus je ne connais même pas Jacques et Georgianna.

-Eh ! bien justement tu apprendras, pour ce qui est de tes journées tu iras au lycée.

-QUOI ? !

-Bella enfin, tu as dix-sept ans, à cet âge là, tu es censée être au lycée. De toute façon pour toi ce ne sont pas les cours les plus importants, mais plutôt la vie en communauté.

-Pff !

-Bien as-tu d'autres questions ?

-Oui, pourquoi Forks et pas une ville moins paumée.

-D'une part, parce que Jacques et Georgianna sont des lointains parents à nous et qu'il m'a semblé plus simple de te confier à eux plutôt qu'à des inconnus même si pour toi ce sont quand même des inconnus. D'autres part, euh...

-Oui ?

-Non rien, laisse tomber.

Il avait hésité, ce qui était très rare chez lui. Deux hypothèses apparurent devant moi, soit il disait la vérité et n'avait rien d'autre à rajouter, soit il mentait et me cachait quelque chose. J'étais septique pour la première, la deuxième me semblait déjà plus probable. Récapitulons, mon oncle voulait m'envoyer à Forks, car premièrement il trouvait que j'étais asociale et deuxièmement il voulait absolument que je trouve un compagnon. En ce qui concernait la première option, je ne trouvais rien qu'il puisse me cacher, il avait été franc. Pour la seconde c'était différent. De part ma nature je ne pouvais avoir d'affinité avec des humains. J'étais trop dangereuse. Moins que les vampires certes mais dangereuse quand même. Je ne pouvais donc que trouver mon futur « mari » dans la gente masculine des vampires et des personnes de même statut que moi. Une réponse vint alors à moi.

-Mon oncle ?

-Oui Bella. Dans ses yeux topaze je pouvais apercevoir une lueur d'inquiétude, il espérait que je ne découvre pas ce qu'il me cachait. C'était certain. Il n'y aurait pas de vampires à Forks par hasard ?

-Mais non que vas-tu t'imaginer. Ouais j'avais un gros doute là-dessus. Si en arrivant dans ma future ville d'accueil je trouvais quoi que ce soit de fantastique, des elfes, des loups-garous, des sorciers ou des vampires il allait m'entendre. Bien ma belle ce n'est pas que tu me déranges, mais il serait temps de faire tes bagages.

-Je suis vraiment obligée.

-Oui.

-Tu sais, je peux faire des efforts, je sortirais plus souvent, je ferais les magasins.

-Non, Bella ma décision est irrévocable.

-Aucune échappatoire ?

-Non.

Je soupirai résignée. Mon tuteur était très têtu comme moi, opposer des contre arguments ne servirait à rien. Bref j'étais condamnée à quitter Phoenix et à habiter à Forks. Je me levais de mon fauteuil et d'un pas traînant, je quittais la pièce. Pour la première fois en dix ans je ne savais pas de quoi mon lendemain serait fait.