Note : OS écrit pendant la nuit du fof du 5/12, thème Serpillère. J'avais pas d'idée quand on m'a suggéré de faire quelques chose dans la lignée de ce que j'avais écrit pour le thème "toilette" dans une précédente nuit. Donc voilà !

Même si c'est léger il y a toujours un peu d'angst quand on parle du Docteur et de ses compagnons... Je ne sais écrire que des trucs à la con sur Doctor Who x) et oui, Donna était et reste mon compagnon préféré. Aussi, j'ai galéré pour écrire les dialogues parce que je n'ai jamais regardé la série en français. J'espère que ça ira !

Bonne lecture


Dans le TARDIS, il n'est rien d'acquis (il faut savoir se battre)

Rose n'avait posé aucun problème avec ça. Elle était jeune après tout, à peine sorti de l'adolescence, et à en croire l'état de sa chambre, elle partageait au moins cette tendance avec le Docteur.

Martha déjà avait été plus difficile, mais pour un médecin ça n'avait rien d'étonnant. Il parvenait quand même à détourner son attention du problème la plupart du temps.

Et puis était arrivé Donna.

« Oye, spaceman, j'ai une question… » déclara-t-elle un jour d'une voix calme et charmante, ce qui ne présageait rien de bon. Le Docteur était occupé comme souvent à bricolé les entrailles de son TARDIS bien aimé, mais il fit tout de même une pause pour écouter sa compagne. Mieux valait être attentif à ce qu'elle lui disait aux risques de le regretter plus tard, car elle avait tendance à prendre ses silence indifférents pour des approbations. Pour se venger de son manque d'attention, à n'en pas douter.

« Les Seigneurs du Temps, tout puissant et grandiose et génialissime qu'ils soient, ont besoin de manger comme les gens banals et normaux n'est-ce-pas ?

-Euh, oui… » répondit-il, incertain. Même sans le ton bien trop mielleux pour être honnête, la question sentait le roussi : elle en connaissait parfaitement la réponse puisqu'elle l'obligeait à leur payer le restaurant dans presque toutes les planètes qu'ils visitaient (quand ils avaient le temps de faire du tourisme au lieu de courir dans tous les sens).

« Et si je ne me trompe pas ils doivent absorber de la nourriture physique, consistantes, pas des rayons gammas ou l'énergie de l'univers ou de l'eau de je-ne-sais-plus quelle cascade, je me trompe? »

Il hocha la tête, craignant la suite.

« Nourriture qui doit donc être préparé, notamment dans une pièce prévue à cet effet qu'on appelle généralement un cuisine, oui ? »

Aïe.

« Ah, oui, je vois ce quoi il s'agit. En fait…

-Répondez à la question.

-C'est juste que…

-La question ! »

Debout sur le pont, pencher vers la console ouverte pour fusille le Docteur sur regard, les poings sur les hanches et un pli de sourcil parvenant à exprimer à la fois une menace subtile, une exaspération grandissante et un plaisir malsain, Donna faisait, honnêtement, très très peur.

« Oui ? » lâcha-t-il finalement d'une petite voix. Elle le regarda encore fixement pendant quelques secondes, un sourire peu avenant aux lèvres. Avant d'exploser.

« Alors je suis sûr que vous pourrez facilement me dire QUI A LAISSER DANS LA CUISINE UNE RECONSTITUTION DE L'ATTAQUE DE PEARL HARBOR COMPOSE EXCLUSIVEMENT DE CEREAL ET DE COQUILLES D'ŒUF. »

Il ne put que rester muet et vaguement admiratif tandis qu'elle poursuivait ses accusations sans reprendre une seule fois son souffle :

« Vous n'avez pas été foutu capable de mettre de l'ordre dans cette cuisine UNE SEULE FOIS. Ni dans le reste de cette boite de conserve d'ailleurs ! Est-ce que vous savez que l'on peut laissez des messages dans la poussière sur la plupart de vos meubles ? Et pendant qu'on y est QUEL BESOIN avez-vous de réduire des coquilles d'œuf en morceau après les avoir cassé une première fois ? Et surtout QUEL GENRE DE PLAT DEMANDE LA QUANTITE D'ŒUF D'UNE ANNEE DE LA PONTE D'UNE POULE SOUS STEROIDE ? »

Il ouvrit la bouche mais elle le coupa immédiatement :

« Ne répondez pas, je ne veux pas savoir. En tout cas, il va falloir que ça change. »

Ce n'était pas bon signe du tout. Le Docteur allait protester, prêt à répliquer, argumenter, se battre s'il le fallait pour défendre le peu d'autorité qu'il lui restait, quand une chose horriblement froide et humide s'écrasa subitement sur son visage et ses cheveux, l'étouffant momentanément sous le regard impassible de sa tortionnaire.

Elle lui avait balancé une serpillère à la tronche !

« Je veux que la cuisine soit nettoyé. Et la salle de bain. Votre chambre vous faites ce que vous voulez, si dormir dans le bordel d'un adolescent de 14 vous convient c'est votre problème. Pour le reste, je veux que ce soit ni-ckel. Au boulot ! »

Le Docteur considéra un moment la protestation, voire la révolter. Après tout il était encore chez lui dans le TARDIS, et c'était lui le Seigneur du Temps, le Docteur, il avait 800 ans de plus qu'elle enfin, c'était ridicule !

« Quelque chose à ajouter ? »

Il se redressa d'un bond comme un garçon prit en faute et retint de justesse un « Non m'dame rien m'dame » qui lui aurait fait beaucoup trop plaisir. Il prit quelque secondes pour se lamenter sur son triste sort d'opprimer avant de sortir de son trou en bougonnant, serpillère à la main.

« Comme si on avait le temps de faire le ménage… je sauve des gens moi, j'ai autre chose à faire…

-Pas pour les trois prochaines heures ! »

.

Pendant un temps, le TARDIS fur irréprochable et ne manqua pas de faire savoir à son Docteur que cela lui faisait très plaisir. Donna avait de moins en moins besoin de le menacer à coup de serpillère, et tout était bien.

.

« Euh… Docteur ? »

Le Docteur était différent et c'était le même, en même temps. Il releva ses lunettes de protection sur son large front pour s'adresser à Rory qui hésitait, comme toujours quand il avait une question à poser qui le ferait potentiellement passer pour un idiot. Le Docteur était un peu triste, en fait, que Rory juge ainsi l'intérêt qu'il pourrait porter à ses interrogations. Il devait le faire se sentir un peu inadéquat, parfois, et pourtant il adorait que le jeune homme soit curieux et désireux d'écouter ses explications tordues.

« Un problème ?

-Non je… je voulais juste savoir si vous gardiez une serpillère quelque part ? Amy a eu un… accident, dans la cuisine. »

Et c'était étrange, parce que quelques mois plus tôt il n'aurait rien eu à répondre à cela. A ce jour il ne savait toujours où Donna avait trouvé cette serpillère justement, si elle l'avait déterré d'un placard obscur ou si elle l'avait tout simplement acheté lors de l'un de leurs escapades. Il avait toujours eu l'intention de lui demander mais…

« Il y a tout ce qu'il faut dans le placard à côté de la cuisine, la porte qui ressemble à un sas de sous-marin. »

Rory avait déjà tourné les talons avec un sourire de remerciement quand le Docteur l'arrêta :

« En fait… Laissez ça, je vais le ferais moi-même plus tard. Le TARDIS a besoin d'un coup de nettoyage de toute façon.

-Ah, euh, d'accord. On pourra vous filez un coup de main. Si vous voulez.

-Merci Rory. »

C'était étrange, ce qu'ils laissaient derrière eux. Un par un, ils venaient et repartaient, toujours en ayant l'impression d'être remplacé, et oublier. Mais il restait toujours quelque chose. Il remit subitement ses goggles sur son nez et se replongea dans ses réparations. Le TARDIS murmurait autour de lui, douce et réconfortante.

« Je ne pleure pas » marmonna-t-il en dévissant furieusement une vis avec un vrai tournevis pour une fois. Il dut s'arrêter pourtant, la vue trouble et les lunettes embuées.

« Je ne pleure pas. »

Elle continua de chanter.