Titre original : The siren call of the braid in the middle row

Auteur : In2lalaland

Traductrice : Mifibou

Chapitre 2

Tout l'avantage d'être une personne à chat, du point de vue de Wufei, était qu'on n'avait pas à le sortir. (Et Wufei n'aimait pas vraiment faire des ballades et il n'était absolument pas une personne à chien.) C'est pourquoi il se sentait un peu trahi alors qu'il baissait le regard sur un énorme Saint Bernard qui pour le moment faisait sa petite affaire sur le trottoir couvert de neige. Les yeux tombant du chien semblaient se moquer de lui sachant que, en tant que porteur de la laisse, c'était son problème. Les yeux tombant étaient bien trop près pour son bien-être, selon l'opinion de Wufei. En particulier en considérant que Wufei ne faisait pas parti des plus grandes personnes ayant marché sur Terre, le chien avait sa tête à hauteur de sa poitrine (au moins quand il était assis).

A côté de ce chien inutilement grand, une masse laide de poils et de peau ridée était allongée sur le sol. La laideur était en fait son chat (avec lequel il avait commencé à se demander s'il était vraiment une personne à chat). Pourquoi le chat aimait les suivre lui et le chien pendant ces sorties était au-delà de la compréhension. Pourquoi il possédait cette chose était aussi un mystère. Le chat s'était juste montré un jour quand il était en train de se rendre en classe. Ça l'avait suivi, pas seulement à l'université, mais aussi dans le bâtiment. Cela l'aurait probablement suivi jusque dans l'amphi s'il ne l'avait pas jeté (plusieurs fois). Malheureusement pour lui, le chat l'avait attendu dehors et l'avait suivi jusque chez lui. Wufei avait essayé de le chasser (plusieurs fois) mais ça n'arrêtait pas de revenir jusqu'à ce que Wufei admette sa défaite et arrête de le rejeter.

Heureusement, le chien était en fait –PAS- son chien. Il appartenait à sa voisine Mme Stevens. Pourquoi quelqu'un d'aussi âgé que Mme Stevens, qui pouvait à peine faire le tour de son propre appartement, avait pris un Saint Bernard était un autre mystère que Wufei n'allait pas essayer de résoudre. Ça ne le sauverait pas de ces promenades, et ça ne le sauverait pas non plus du ramassage des crottes du chien.

Avec un mouvement expérimenté du sac plastique dans sa main il fit le désagréable travail et se déplaça le long de la route habituelle. Le chien flânait paresseusement près de lui et le chat répugnant suivait de près à quelques pas. Et c'était vraiment un très moche chat. Sa fourrure grise était éparse en plis disgracieux et sa queue était étrangement courte, comme si quelqu'un la lui avait coupée il y a des années. La tête du chat était seulement équipée d'une oreille et avait un strabisme au niveau de l'œil gauche. C'était vraiment le chat le plus laid que Wufei avait jamais vu.

Wufei soupira avec soulagement quand il vit l'immeuble apparaître au loin. Il n'était vraiment pas une personne à chien et il ne pouvait plus attendre de rendre la bête baveuse à sa propriétaire.

Il avait été informé lorsqu'il avait pris en charge la sortie du chien que « Teddy avait un léger problème de glande. » Teddy le chien monstrueux bavait en fait comme les chutes du Niagara.

« Un léger problème de glande, mon cul, » marmonna Wufei alors qu'il donnait à la laisse un coup sec pour arrêter le chien une fois encore de baver sur ses chaussures. Il considéra sérieusement la possibilité de les désinfecter en rentrant à la maison. Il accéléra ses pas pour le reste de la route et mena à la fois le chat et le chien à travers la porte, dans les escaliers et finalement, à l'appartement porte 35.

La porte s'ouvrit et une vieille femme portant une robe de chambre en soie rose et des mules assorties lui sourit.

« Oh, Rentre donc Wofi. As-tu fait une belle promenade ? »

Chang Wufei, qui avait accepté depuis longtemps de ne jamais entendre son nom prononcé correctement par la vieille femme, sourit et lui répondit que oui, cela avait une jolie promenade, et oui Teddy avait fait pot-pot comme un grand garçon. Après avoir décliné plusieurs offres de thé et de cookies il promit de revenir bientôt pour voir les nouvelles photos du dernier concours de chien de Teddy. Encore quelques minutes de civilités et Wufei put finalement rentrer à son propre appartement. Après quelques secondes de 'Purée où ai-je pu mettre les clés' il arriva à ouvrir sa porte. Le sale chat couru à l'intérieur comme s'il s'attendait à ce que l'humain le laisse dehors à la moindre occasion. Mais l'homme ne lança même pas un regard au chat. Il avait plus important à faire.

Les yeux de Wufei furent fixés sur leur but aussitôt que la porte d'entrée se ferma derrière lui. Avec des pas déterminés il se dirigea à travers son appartement (ce qui était un exploit si on considérait que son salon/cuisine/entrée n'était en fait pas si grand). Avant d'atteindre son but il laissa ses gants, chapeau, et manteau sur le sol. Avec un grognement d'effort il quitta ses baskets et s'écroula sur son canapé avec un gémissement de satisfaction. Il adorait vraiment son divan. Il l'avait retiré d'une benne deux ans auparavant et ne l'avait jamais regretté. D'un autre côté il était d'un absolu mauvais goût. Couvert d'énormes fleurs vert fluo et quelque de bizarre comme des abeilles souriantes. Il avait dû laver les coussins cinq fois pour enlever l'odeur écœurante. C'était comme si quelqu'un était mort dessus et avait commencé à se décomposer avant que l'on s'en rende compte. Mais, raisonnait Wufei, c'était une si bonne place pour mourir qu'il ne regretterait pas de le faire lui-même.

Il fut bientôt rejoins sur le canapé par le chat moche qui prit sa place habituelle sur son torse. Il grimaça alors que le froid et mouillé corps s'installait sur lui, mais il ne protesta pas. Retirant prudemment son téléphone portable de son jean (Le chat moche avait d'effrayantes griffes que Wufei ne voulait pas dans son visage) il mit l'alarme pour s'éveiller dans 45 minutes afin d'être debout à temps avant d'aller travailler. Après avoir posé son portable sur le sol (il ne pouvait pas atteindre la table basse sans bouger le chat), il leva le bras et commença à tirer la couverture. Wufei passa ses pieds dessous avant de mettre la grande couverture sur lui de la tête aux pieds. Le chat moche cligna des yeux de surprise quand le monde devint soudainement entouré par un matériau de couleur marron. Il y avait un peu de lumière qui passait quand même, mais c'était quand même assez sombre et isolé.

« Bien, ce n'était pas si mal, n'est-ce pas ? C'est comme notre propre grotte secrète. » Il murmura au chat moche. La seule réponse fut un gros bâillement et un petit réarrangement de ses pattes arrière. Wufei leva le bras et caressa son dos. Il sourit joyeusement quand il commença à ronronner de contentement. « Bonne nuit Chat moche. »

Notes de l'auteur : Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?