Hey, voilà le deuxième chapitre! :)
ShikaeshiYuukito : J'espère bien que l'histoire a l'air travaillée, j'ai jamais fait autant de recherche pour un travail d'écriture ;) Je sais que mon Sherlock est un peu plus doux que l'original, je le fais pas exprès, tout devient doux quand il passe sous ma plume *soupir* C'est un vrai problème, je sais :/ Désolée si c'est désagréable en soi ^^'
Un peu plus d'action dans ce chapitre-ci :)
Et je ne détiens toujours rien *soupir*
Quand Sherlock Holmes est plongé dans une affaire, il ne mange pas, ne dort pas, tolère à peine le thé dans son organisme, et pourrait vendre son âme pour une cigarette. Mais quand le brillant détective est plongé dans une affaire difficile, ce n'est qu'une question d'heures avant qu'il se transforme en un infernal amas de frustration qui finit par faire quitter leur appartement à son colocataire et ami.
Cela faisait une heure que John Watson errait dans les rues de Londres, mais seulement quelques minutes qu'il avait réussi à calmer la douleur qui palpitait dans sa poitrine. Sherlock, noyé par la frustration, ne mesurait plus la portée des mots qu'il disait. Et faire remarquer à l'ancien soldat qu'il ne lui était d'aucune utilité était la preuve d'un manque de délicatesse flagrant.
John savait, au fond, que Sherlock ne pensait pas ce qu'il disait, qu'il ne voulait pas prononcer ces mots, et sûrement pas sur ce ton. Mais il ne pouvait pas empêcher son cœur de se serrer en y repensant.
'Tu ne m'es utile en rien, je n'ai pas besoin de toi! Je n'ai besoin de personne!'
Le docteur s'arrêta, tête baissée, poings serrés, sous la pluie qui recommençait à tomber. Très vite, ce furent des trombes d'eau qui glissèrent sur lui, imbibant ses cheveux, coulant dans son cou et le long de ses bras, sur ses poings qui se desserraient. La fraicheur apaisa un peu la douleur de John, qui reprit sa marche lente.
Pendant ce temps, à Baker Street, Sherlock Holmes relisait les rapports d'autopsie des cinq victimes du Destin. Sans surprise, toutes étaient mortes d'asphyxie suite à l'ingestion d'une quantité mortelle de baies de belladone. Sur la photographie de l'un des corps, un détail attira le regard du détective : un tatouage en forme de triangle sur le talon de l'une des victimes. Malheureusement, les clichés des autres corps ne laissaient pas apparaitre la plante des pieds.
"Il faut que je sache si le tatouage a été fait ante- ou post-mortem", marmonna-t-il. "John!"
Seul le silence répondit à son appel.
"John?", répéta-t-il d'une voix plus douce.
Et le silence, toujours. Oppressant, il semblait l'étouffer, rouler autour de lui, se coucher sur sa poitrine, et vouloir l'étrangler. Le chat du silence était furieux contre Sherlock, et le griffa au visage, ce qui sembla le faire revenir sur terre.
"John est parti…", réalisa-t-il.
Lui revinrent alors les mots crachés plus tôt. Les yeux écarquillés, le détective prit conscience de ce qu'il avait dit, et laisserait bien le Silence lui arracher le cœur de ses griffes acérées.
Mais Sherlock ne pouvait pas se permettre de courir après John maintenant. John allait revenir. John revenait toujours.
Attrapant son manteau au crochet, dans l'entrée, le détective descendit l'escalier, se précipita sous la pluie battante et monta dans le premier taxi qu'il parvint à stopper pour se rendre à Scotland Yard.
C'est sous la lumière fatiguée des lampadaires que la silhouette solitaire de John Watson étendait son ombre livide, ce sont dans des ruelles si étroites qu'on ne peut y passer à deux de front que l'ancien soldat promenait la tristesse de son âme. Prenant une grande inspiration, il regarda l'heure, soupira, et prit la décision de pardonner à Sherlock sa perte de sang-froid et son manque de délicatesse. Estimant qu'il devrait pouvoir rejoindre Baker Street aux alentours de minuit, John fit demi-tour et reprit sa marche d'un pas plus rapide.
Un raclement, sur sa droite, le fit passer en mode 'soldat'. En un instant, il était aplati contre le mur sale de la ruelle, tous les sens en éveil, pestant intérieurement d'avoir laissé son arme à l'appartement. De l'allée adjacente se mirent à fuser des cris, et John prit le risque d'y jeter un coup d'œil : un homme, vêtu d'une longue cape noire, se dressait de toute sa hauteur au-dessus d'une jeune femme, allongée à plat ventre sur le sol, qui tentait de s'enfuir en rampant. Sa robe de soirée était imbibée d'eau de pluie, et ses cheveux blonds, en bataille, trainaient dans l'immonde boue de la ruelle. Les longs cheveux noirs de l'homme masquaient son visage, le rendant impossible à identifier de l'endroit d'où John se tenait, mais il sentait flotter autour de lui une sorte d'aura négative. Cet homme tout entier sentait le danger, la peur, le sang. Et la corde qu'il venait de sortir de sous sa cape ne faisait rien pour arranger les choses.
John saisit son portable et composa un numéro. Il savait quoi faire.
Dès son arrivée à Scotland Yard, Sherlock demanda à pouvoir examiner les corps des cinq victimes. On lui dit qu'ils avaient été déplacés à la morgue de Saint Bart, et il monta avec Lestrade dans un nouveau taxi.
Sur place, Molly les attendait. Elle avait sorti les cinq corps et les avait préparés lorsqu'elle avait reçu le coup de fil de Sherlock.
Enfilant une paire de gants, le détective s'approcha du premier corps, celui dont il avait vu la photographie intégrale et qui présentait un triangle sous le talon droit. Il passa ensuite au second corps, et de celui-là aux trois suivants, découvrant à chaque fois la même marque triangulaire sous le même talon.
Extatique, il fit part de sa découverte à Lestrade, qui jura entre ses dents, insultant l'intelligence de leur légiste. Mais Sherlock ne l'écoutait plus. C'était là, à ce moment précis, qu'il avait besoin de l'avis de John, qu'il avait besoin que son génie soit éclairé par la façon simple dont le docteur savait exposer les choses. Il faillit lui envoyer un message, mais se ravisa, préférant lui laisser le temps de réfléchir, et se tourna vers Molly.
"Les tatouages ont-ils été fait ante- ou post-mortem?"
La jeune femme s'approcha timidement du corps le plus proche et analysa son talon droit.
"Post-mortem. L'encre est très vive, ce qui veut dire que le travail a été fait récemment, mais il n'y a aucun signe qui indique un saignement ou une irritation de la peau."
"Merci, Molly", marmonna Sherlock d'un air absent.
Le tatouage n'était donc pas un lien entre les victimes, mais bien une piste jusqu'au meurtrier. Il préleva un peu d'encre sous la peau de l'un des talons avant de poursuivre son inspection des corps.
Si c'était bien la belladone qui avait causé la mort dans chaque cas, les meurtriers n'avaient pas été tendres avec leurs proies avant de les achever. Les cinq corps étaient couverts de contusions, de brûlures causées par la friction de cordes, de profondes plaies et coupures. Chacun semblait avoir été affaibli avant d'être tué, mais la seule femme du lot semblait avoir moins souffert.
"La troisième victime a cédé plus rapidement que les autres, mais ils ont tout de même attendu deux jours avant de livrer son corps à la famille, peut-être pour suivre un certain schéma, une sorte de rituel."
Lestrade jeta à Sherlock un regard interrogateur.
"Tu penses", commença-t-il, "que ce serait un genre de sacrifice religieux?"
"Peut-être. Quel était le train de vie des victimes?"
"Tous de milieux plus qu'aisés. D'après les proches, ils menaient leur vie à un train d'enfer."
"Il faut interroger les familles, voir s'il y a des bars, des discothèques, des salles de jeux qu'ils fréquentaient de manière régulière, et trouver celui qu'ils ont en commun avant que – "
Le détective fut coupé par la sonnerie du téléphone de Lestrade, qui sonda toutes ses poches avant de le trouver, et décrocha pile avant la dernière sonnerie.
"Détective Inspecteur Greg Lestrade, j'éc – John!"
Sherlock se figea en entendant le nom de son colocataire.
"Lentement, John, je cherche de quoi noter."
Il saisit une feuille et un stylo sur le bureau de Molly et se mit à écrire à toute vitesse.
"D'accord, John… Dix minutes… Ne fais rien de stupide!"
"Lestrade?"
"A dix minutes d'ici, dans une ruelle. Un homme est en train d'agresser une jeune femme en robe de soirée. Il vient de lui lier les mains."
"Allons-y."
John Watson est loin d'être stupide, mais c'est un homme bon – trop bon. Lestrade pouvait bien dire tout ce qu'il voulait, il ne laisserait pas mourir cette femme, et il allait suivre l'homme qui l'emmenait et faire son possible pour la sauver. Ou, du moins, pour gagner du temps avant l'arrivée des renforts.
Il suivit le long des ruelles l'homme à la cape noire qui avait jeté la jeune fille, ligotée, sur son épaule, envoyant régulièrement un message à Lestrade pour le tenir au courant de sa position.
L'homme, malgré son fardeau, avançait à grands pas, et John peinait à le suivre en restant à couvert et en envoyant message après message. Les dix minutes étaient écoulées, Lestrade ne devait plus être très loin, et l'ancien soldat faisait son possible pour garder le rythme. Après un énième virage, l'homme passa une petite porte de bois sombre qui se referma sur lui avec un bruit sec.
Envoyant un dernier message, John se laissa aller contre le mur, hésitant à attendre les renforts. Lorsque des cris commencèrent à fuser de l'intérieur de l'immeuble, il prit sa décision, et enfonça la porte.
La pièce où il entra était plongée dans l'obscurité. Refermant la porte derrière lui, tous les sens en éveil, John se mit à avancer prudemment vers le rai de lumière qui filtrait sous la porte en face de lui. Il venait d'atteindre la dite porte lorsque les cris cessèrent. Il se figea, le cœur battant. Des voix commencèrent alors à s'élever, très calmes, comme si les personnes rassemblées dans la pièce avaient une agréable conversation autour d'une tasse de thé.
'Psychopathes', pensa John.
Ces hommes venaient de malmener un autre être humain et leur conscience ne semblait pas les troubler le moins du monde. L'ancien soldat se prit à réellement regretter d'avoir laissé son arme à Baker Street.
'Sherlock…'
John espérait que Lestrade n'emmènerait pas le détective avec lui dans ce guêpier. D'abord parce qu'il ignorait à quel point leurs opposants étaient dangereux, et ensuite parce qu'il ne voulait pas que son colocataire et ami soit blessé – encore. Il préférait Sherlock sain et sauf.
Vingt minutes depuis le coup de fil à Lestrade. Dans le silence de la pièce, le 'bip' émis par son portable résonna comme un coup de tonnerre. Dans l'autre pièce, les voix se turent, la porte s'ouvrit brusquement, et John eut juste le temps de voir deux grands yeux noirs remplis de haine lui jeter un regard méprisant avant qu'une lourde masse s'abatte sur son crâne. La douleur le transperça de part en part, et le monde ne fut plus que ténèbres.
Dans la voiture de police banalisée, Sherlock ne tenait plus en place. John était seul, dans une sordide ruelle londonienne, avec un potentiel tueur en série et sa victime. John était à nouveau en danger, en première ligne, et lui étais assis, impuissant, dans une voiture qui ne roulait pas assez vite à son gout.
"Lestrade, ça fait déjà un quart d'heure!"
"Je sais, Sherlock! Pas la peine de hurler, on y est! On continue à pied."
Le détective suivit les policiers au travers des ruelles. Lorsqu'ils eurent atteint la porte indiquée par John, Sherlock remarqua l'absence de ce dernier. Il sortit son portable.
"Où es-tu? – SH"
La ruelle était silencieuse. Lestrade était en grande discussion avec Donovan, et les autres policiers attendaient impatiemment les ordres, sous la pluie qui ne s'arrêtait toujours pas. Sherlock perdait patience. Et l'impatience le poussait en général très rapidement à devenir infernal.
Pour s'empêcher de hurler, le détective se mis à fouiller son palais mental pour retrouver les symbolismes du triangle, en particulier équilatéral. John avait parlé de Franc Maçonnerie. Dans cet ordre, le triangle équilatéral était lié à la terre en tant qu'élément, et représentait la Sainte Trinité. En règle générale, le triangle était un symbole de stabilité. Mais pourquoi lier la mythologie et la Franc Maçonnerie? Et si seule la première était importante? Dans ce cas, le triangle serait juste un symbole de leur triade. Leurs surnoms étaient ceux des Moires grecques : Le Fileur, Le Réparateur et L'Implacable. Au départ, L'Implacable travaillait seul, puis il avait recruté les deux autres, par analogie à la mythologie romaine. Les trois hommes semblaient mêler les deux traditions antiques. Mais le tatouage? Était-ce une sorte de signature, ou…
Sherlock fut sorti de sa réflexion par Lestrade, qui lui ordonnait de rester à couvert pendant qu'ils entraient. La porte fut enfoncée, et le flot d'hommes en armes s'infiltra dans le bâtiment. Le détective se glissa au milieu d'eux.
La première pièce était plongée dans l'obscurité, et complètement vide. Ils défoncèrent la seconde porte et entrèrent dans une pièce carrée, dénuée de tout meuble à l'exception d'une chaise à laquelle était attaché le corps inerte du Docteur John Watson.
Vous allez me détester... moi aussi, je déteste les cliffhanger...
Je vous promets que je ne le ferai plus *sourire angélique*
Alors ne me détestez pas trop vite, hein? :p
Et n'oubliez pas de me laisser votre avis! :)
See you soon!
~Layla
