Chapitre 2

Les oiseaux chantaient sur le rebord de la fenêtre, à l'étage. Un chant mélodieux annonçant une bonne journée. Le ciel était dégagé et encore rosé par l'aurore matinale. Le soleil commençait de pointer le bout de son nez, laissant ses rayons se perdre dans la grande chevelure blonde. Des reflets dorés éblouirent la pièce. Deux yeux ardoises tentèrent de s'ouvrirent. Ils s'embrumèrent un instant, laissant tout objet et toute vision flous avant de devenir net. La jeune blonde s'étira. Elle avait de la route aujourd'hui et le temps s'annonçait parfait. Elle se leva et se posta à la fenêtre, une mésange bleu trônait sur le rebord. Cela devait être elle qui chantait pensa Emma. Celle-i regarda le petit oiseau qui semblait la dévisagé tout autant. Puis, dans le plus grand des silence, la mésange prit son envole au loin. Emma la suivit du regard jusqu'à ce que celui-ci soit arrêté devant l'horloge.

Il était vrai que l'horloge ne fonctionnait pas le jour de son arrivé à Storybrooke mais cela devait être un problème mécanique. "Emma, c'est grâce à toi que l'horloge marche, la malédiction s'affaiblit depuis que tu es à Storybrooke" lui avait dis Henry. Henry, son petit garçon. L'être qu'elle avait abandonné. Il allait lui manquer, au fond. Emma tant voulu l'arracher aux mains de Regina, pourtant elle était persuadée que le maire était une bonne mère. Pourquoi avait-elle cette impression ?

Six sonneries retentirent. Six heures du matin. Il fallait qu'Emma se dépêche, Mary Margaret n'allait pas tarder à se lever pour aller travailler en tant qu'enseignante. Dans une demi heure tout au plus. Emma avait bien compris que sa jeune amie se levait tôt pour être à Sept et quart au Granny's, voir David, l'homme pour lequel elle craquait, ne serait-ce que pour cinq minutes. La blonde leur souhaitaient vraiment de finir ensemble.

La blonde lança un dernier regard sur la petite ville pourtant vaste. C'était si paisible, cela changeait bien du trafic et des buildings de Boston. Tout semblait authentique ici et non superficiel. Elle aimait le calme que dégageait la nature. Elle aurait voulu rester peut-être plus longtemps, à Boston, personne ne l'attendait. Ici, elle avait Henry. La blonde s'efforça de ne plus penser à l'enfant. Elle prit une douche plutôt rapide. A la sortie, elle prit un débardeur blanc et un slim noir. Elle s'assied sur son lit et enfila une paire de bottines. Elle se maquilla à la va vite puis peigna ses jolies cheveux. Elle prit ensuite sa veste en cuir rouge et se la passa. Toutes ses affaires - quatre à cinq cartons - avaient été chargé la veille, il ne lui restait plus qu'à quitter le petit appartement. La blonde prit son trousseau de clefs pauvres comportant trois clefs, celle de sa voiture, celle de l'appartement et celle du bureau du shérif. Elle descendit.

Mary Margaret dormait à point fermé dans son lit, en bas. La lumière étant filtrée par les rideaux blancs derrière le lit. Emma la regarda dormir quelques minutes. Un petit sourire était dessiné sur le visage de l'enseignante. Elle rayonnait, son si beau visage. Ses cheveux bruns comme l'ébène, ses lèvres roses tirant sur le rouge sang, et son teint pâle. C'était vrai qu'elle avait un air de Blanche Neige admit le Shérif. Emma sourit. "Tu vas être en retard pour ton Prince si tu paraisses encore " lui murmura t-elle. La jeune femme se dirigea ensuite vers la table près de l'entrée. Après un long soupire, elle déposa le double des clefs de l'appartement. Elle dégrafa ensuite l'étoile étincelante qui brillait à son Jean. Elle la prit dans ses mains et la regarda un instant. Elle sentit qu'elle regretterait se travail qui pourtant était bien paradoxale à sa vie d'ancienne voleuse et détenue de prison. Emma déposa l'étoile à cotés des clefs. Elle tendit la main en direction de la poignée. La tourna puis s'arrêta.

- Au revoir Mary Margaret.

Emma ferma la porte et descendit les escaliers. Une fois dehors elle se dirigea vers sa coccinelle. Elle roula jusqu'au Granny's Diner, il lui fallait quelque chose dans le ventre avant de prendre la route. Arrivée devant le petit restaurant, Emma se gara. Elle poussa pour la dernière fois la porte qui tinta de sa cloche. Le restaurant était encore calme et vide. Tant mieux. Elle se dirigea au bar, en face de la jeune Ruby.

- Salut Emma, un chocolat à la cannelle ? Demanda la jeune fille.

- Hum, oui. Merci Ruby. Remercia Emma.

- Tout de suite ! Répondit enjouée Ruby.

Emma ne put s'empêcher de détailler Ruby du regard. D'après Henry,elle était le petit Chaperon Rouge croisé du Méchant Loup. Elle était les deux personnages en même temps. Et Granny était la grand-mère du Chaperon Rouge. Emma trouvait toute cette histoire absurde.

Elle ne savait pas, pourquoi elle devait fuir Regina. Elle eut un flash. L'image de Regina se posta à ses yeux un instant. Ses yeux noisettes qui croisaient les siens. Ce regard qu'elles avaient eu. Elle se souvint aussi de la fois où elle avait sauver la femme d'un incendie à la mairie. Regina l'avait supplié de la sortir de là, alors qu'elle aurait pu la laisser flamber par haine. Mais quelque chose l'en avait empêché. Ce sentiment qui lui faisait peur, pensait la blonde.

Emma but son chocolat à une grande vitesse. Elle ne devait plus traîner. Il fallait qu'elle parte maintenant. C'était l'heure. Elle déposa un billet sur le comptoir et prit le chemin de la porte. Elle ouvrit la porte dans un dernier tintement de cloche. Elle fit virevolter ses cheveux et se tourna vers les Lucas, lui adressant un chaleureux signe de main.

- Prenez soin de vous Swan. Fit Granny en encerclant d'un bras, une épaule de sa petite fille.

Swan se dirigea déterminée vers sa coccinelle jaune. Elle l'ouvrit et se mit au volant. Le moteur vibra. Un sourire satisfait, Emma démarra. De toutes les routes menant aux limites de la ville, inconsciemment, Emma prit celle qui passait par la rue du manoir du maire. Elle ne s'en rendit compte que lorsqu'elle vit la demeure se dresser. Elle s'arrêta un instant. Regardant d'abord à la fenêtre de son fils qu'elle abandonnerait encore. Pauvre Gamin. Elle n'était vraiment pas une bonne mère. Regina l'était. Pourquoi tout la ramenait à Regina ? Pourquoi le maire ? Pourquoi elle ? Emma regarda le manoir consciencieusement. Tout le monde dormait encore. Storybrooke dormait encore. Mary Margaret. Henry. Et sûrement Regina. La blonde tenta de voir la brune bouger au-de-là d'une fenêtre. Rien. Niet. Pourquoi sentait-elle un pincement ? Elle redémarra par peur encore une fois.

Au loin se dessinait les limites de la ville. Leaving Storybrooke était inscrit sur un panneau. Emma regarda attentivement ce panneau et appuya légèrement sur la pédale d'accélérateur. Les deux roues avant traversèrent la limite imaginaire. Puis très vite suivit par les roues arrières. La voiture s'éloigna au loin des campagnes, direction Boston.

Au même instant que la coccinelle dépassa la ligne pour s'éloigner, Regina fut réveillée en sursaut, les yeux grand ouvert, en hurlant haletante "SWAN".