Hey salut !
Un grand merci à Farway, Manon et Welva pour leurs adorables reviews !
Et un grand merci à vous pour vos lectures et vos nombreux abonnements !
Je vous laisse sans plus tarder avec le premier chapitre. On commence donc avec Lucy !
Bonne lecture !
Pour les notes habituelles :
- Lucy Weasley, 28 ans. Assistante du Procureur au Ministère de la Magie.
- Tristan Capet, 38 ans. Membre de la famille Royale Sorcière française et Duc de Brocéliande. Marié à Junie Capet, anciennement Beauregard, et meilleure amie de Victoire. Père de Clovis, 9 ans Charles, 8 ans et Louise, 5 ans.
- Victoire Reinhard, anciennement Weasley, 35 ans. Dirige avec son mari Reinhard Travels mais au moment de l'intrigue mère au foyer, journaliste et bénévole auprès des âmes perdues de sa famille. Mariée à Adam Reinhard (voilà, je viens de vous spoiler You belong with me and I can't go on without you… tant pis pour vous !). Mère de Jules, 14 ans Olivia, 10 ans Gaspard, 7 ans et Eliott, 5 ans.
- Alix Simon, 26 ans. Moldue assistante de l'assistant du Premier Ministre Français. Sa sœur Romane est née-moldue.
Pour d'autres information, voici l'arbre généalogique d'après moi, en février 2033 : file/d/1gPH1aGEcYc3rQoqETwVwF9dNf9jd-Syp/view?usp=sharing
Pour tout ce qui concerne la vie en France, je me suis largement inspirée de ce site : .fr/ bien que j'aie remanié beaucoup de choses pour servir cette fanfiction. Mais ce site reste une mine d'or alors je partage :)
PS : si les liens ne s'affichent pas convenablement, j'en suis navrée... allez faire un tour sur hpfanfiction si besoin (où je suis Charliz !)
Chapitre 2 : De zéro à deux heures après la Coupure - Lucy
« On dirait que… On dirait qu'il n'y a plus de magie… » réalisa Lucy avec l'impression de dire la plus grosse ânerie de tous les temps.
- Pff ! N'importe quoi !
- Tu vois une autre explication ?
- Bah non là, je ne vois rien du tout ! Mais il y a forcément une raison ! S'ils pouvaient commencer par allumer la lumière, qu'on puisse sortir de ces toilettes qui puent la mort ! bougonna Rose.
- Attends, je crois que je l'ai pris… AH ! »
Lucy farfouilla au fond de son sac à main et tomba rapidement sur son smartphone. Elle ne le prenait habituellement jamais lorsqu'elle venait au travail. Mais aujourd'hui, c'était l'anniversaire de sa mère et dans sa condition de moldue, c'était le seul moyen qui lui permette d'entrer en contact avec elle. Elle avait prévu de profiter d'un moment de creux dans sa journée… Il aurait ce jour-là une tout autre fonction. Rose lâcha un juron en se prenant, d'un seul coup, la lumière de l'écran dans le visage.
« Bon, ce n'est pas grand-chose mais c'est déjà ça. J'ai pas énormément de batterie par contre…
- Ils ne vont pas nous laisser dans le noir jusqu'à ce soir de toute manière. Allez, sortons de ce trou à rat. »
Sentant sa cousine nouer son bras au sien, Lucy poussa la porte sur les ténèbres de l'Atrium. Des chuchotements résonnaient au milieu des gémissements et des plaintes criées contre la maintenance. Et aucune source de lumière à l'horizon.
Aucune, excepté celle du portable de Lucy.
« Hey, toi ! Comment tu fais ça ?! » cria une voix alors qu'une grosse main velue surgissait de l'ombre pour lui saisir l'épaule. « Donne nous ça !
- Lâche ma cousine, sale fils de Cognard ! » hurla à son tour Rose en tentant d'arracher Grosse Main Velue du corps de Lucy.
Aussitôt, des corps se rapprochèrent d'elle, des visages apparurent dans le faisceau de lumière en vociférant des insultes et des sorts inefficaces, des mains tentèrent de lui arracher son smartphone alors que Rose et Lucy faisaient leur possible pour se défendre en se tenant solidement l'une à l'autre pour ne pas se perdre dans la cohue.
« Eteins ça, petite. » souffla un homme qui venait de se faufiler et la saisir par le poignet qui maintenait son smartphone. « Eteins ça si tu veux sortir de là. »
Ne réfléchissant plus, elle actionna le bouton de veille et se fit tirer vivement à travers la foule par la main de l'homme, Rose peinant à maintenir sa prise pour la suivre. Quelqu'un avait attrapé une mèche de ses cheveux et Lucy lâcha un gémissement avec l'impression qu'on lui avait arraché une partie du cuir chevelu.
Ils ne mirent qu'une seconde à s'éloigner de leurs agresseurs et Lucy n'avait jamais eu le cœur qui battait aussi vite.
« Merci… souffla-t-elle à leur interlocuteur mystère.
- Evite de rallumer ton engin si tu tiens à la vie. Les gens deviennent fous quand ils sont menacés de mort.
- Hey c'est bon, tenta de tempérer Rose. On ne va pas mourir parce que la lumière est éteinte ! Les agents de maintenance vont faire le nécessaire et je pourrais me faire tous ces…
- Ah bon ? Tu as une solution toi ?
- Pour rallumer la lumière ?
- Mais… tu es stupide ? Vous êtes qui vous deux ?
- Rose et Lucy Weasley ! »
Lucy se représenta très nettement l'expression hautaine que Rose prenait à chaque fois qu'elle disait son nom. Sans doute un reste des très mauvaises habitudes qu'elle avait prise à Poudlard qui avait pris une toute autre profondeur suite à son ascension chez les Harpies.
Plutôt que les habituelles questions qui suivaient généralement – « Weasley… comme LES Weasley ? », l'homme éclata de rire.
« Eh bien voilà ! Les descendants de nos chers héros nationaux vont nous sauver !
- Euh bah… En fait, j'ai été adoptée…
- Et moi bah… Mon père est le seul Weasley à n'avoir jamais fait partie de l'Ordre du Phenix…
- Génial, j'aurais peut-être dû vous laisser au milieu des sauvages et aller aider de vrais Weasley.
- C'est bon pas besoin de paniquer…
- Mais si Rose ! finit par exploser Lucy devant l'aveuglement désespéré de sa cousine. Tu as bien vu qu'on ne pouvait plus faire de magie avec nos baguettes ! Même un simple lumos ne marche plus !
- Oui mais c'est rien, c'est juste une coupure… de magie ?
- Tu as déjà vu une coupure de magie toi ?
- Beh, non.
- Tu en as déjà entendu parler ?
- Non plus, non.
- Bon, alors admets que c'est quand même préoccupant tout ça…
- Ouais d'accord. Et d'ailleurs, vous êtes qui vous ?
- Ernie Macmillan. J'étais à Poudlard avec vos parents.
- Ah. Et vous savez comment nous faire sortir de là ?
- Beh, non. »
Le silence se réinstalla au milieu du brouhaha qui ne cessait d'augmenter en décibel, en même temps que la panique. Lucy souffla pour se ressaisir et lista :
- Bon, les portes du Ministère c'est… Le transplanage, mais sans baguette on peut oublier. L'entrée des visiteurs par la vieille cabine téléphonique. Les cheminées, mais si les baguettes ne marchent plus, je pense que la poudre de cheminette non plus. Et sinon…
- Les toilettes publiques, compléta Ernie.
- Oui voilà. Bon il y a peut-être une autre option, un escalier utilisé par les équipes de maintenance ou les elfes de maison qui s'occupent du ménage.
- Déjà pour les elfes, c'est sûr que non puisqu'ils transplanent.
- Certes, bon. Bah les équipes de maintenance magique alors. Vous connaissez un technicien ?
- Non…
- Non. »
Et puis elles entendirent Ernie s'éclaircirent la gorge et clamer d'une voix forte qui couvrait à peine le brouhaha envahissant.
« Est-ce qu'il y a un technicien de la maintenance magique ici ! » puis plus fort encore. « S'il vous plait ! Nous avons besoin d'un technicien de la maintenance magique ! »
Une voix aigüe répondit à l'appel et ils luttèrent durant de longues minutes pour guider la personne jusqu'à eux, au son de la voix d'Ernie. Enfin, Lucy palpa l'épaule d'un homme à peine plus grand qu'elle.
« Comment vous appelez vous ? commença Ernie.
- Tiberius Fripemine, je… travaille à la maintenance du Ministère.
- Et vous ne pouvez pas réparer la lumière ? s'impatienta Rose.
- Beh, non. Ma baguette ne marche plus. »
Lucy et Ernie soupirèrent d'une même voix.
« Et est ce qu'il y a des escaliers cachés ? Pour vous lorsque les ascenseurs ou les cheminées sont en panne. Ou de secours.
- Beh, non. On en a jamais eu besoin.
- Bon, on est bien dans la mouise de Scrout. » conclut Ernie avec un détachement effarant.
Le silence reprit place un instant.
« Vous voulez dire qu'on n'a JAMAIS prévu une coupure de magie ? explosa soudainement Rose.
- Beh, non. Y'en a jamais eu, des… coupures de magie. Couina le pauvre Tiberius.
- Mais on n'est pas bloqués dans le ministère quand même !
- Je crois bien que si, commençait à réellement paniquer Lucy.
- Mais on peut essayer de… grimper par les cheminées.
- Elles ne débouchent nulle part. C'est un dérivé de téléportation, contredit Tiberius.
- Bon et la vieille cabine téléphonique. On la pète et on sort !
- Et comment tu veux faire ça ? s'impatienta Ernie.
- Avec un… Ah bah non, pas un sort. Ou comment Arthur appelle ça… une cerpeuse ? Cerpouse ?
- Une perceuse ? devina Lucy.
- Oui, c'est ça ! Le truc qui perce les murs.
- Et où tu veux trouver ça, Rose ?
- Bah, au Service de Détournement de l'Artisanat Moldu.
- Mais c'est au niveau 6 ! Tu te rends bien compte que si nos baguettes ne marchent plus, si la lumière ne marche plus, les ascenseurs non plus ne marchent plus !
- Ouais bah trouve une solution toute seule alors ! s'énerva la rouquine.
- Non, non, mais c'est bien ça ! C'est intelligent ! s'extasia Ernie. Tiberius, est ce que vous utilisez du matériel pour la maintenance… Des cordes ou…
- Non, on utilise que nos baguettes mais ma baguette ne marche plus… on peut peut-être demander à Demelza, c'est la cheffe du service. »
- Et elle est où Demelza ? soupira de nouveau Ernie.
- Beh…
- On peut prendre des ceintures sinon, tenta Lucy.
- Mais, réfléchi ! cassa Rose de son ton impérial. Imaginons que les plafonds soient d'une taille standard partout donc deux mètres cinquante, même si je pencherais plus pour trois mètres minimums. Les ceintures font… un mètre en moyenne. Donc 3x6… Il nous faudrait dix-huit ceintures pour arriver au niveau 6 !
- Ou un peu moins si on s'arrête à chaque niveau.
- Ce n'est pas bête du tout. »
De nouveau, la voix d'Ernie s'éleva, lançant un appel aux ceintures, en cuir de Dragon de préférence pour la solidité.
Ils réussirent à en récupérer cinq et Lucy entreprit de les assembler en une chaine qui lui paraissait encore trop courtes. Mais ils n'avaient pas mieux… A tâtons, ils entreprirent de rejoindre les portes des ascenseurs, chacun se tenant par la main.
o
« Et si les ascenseurs redémarrent d'un coup ?
- On meure, Rose.
- Ah. »
Le claquement de leurs pas résonnait en rythme avec le cliquetis des ceintures en cuir de Dragon dans le tunnel de l'ascenseur.
« Et sinon, tu ne pouvais pas utiliser ton portable pour appeler des secours moldus ? Ils doivent bien avoir le matériel pour nous sortir d'ici eux, non ?
- On est sous terre, Rose. Je ne capte aucun réseau.
- Ah. »
Lucy sourit dans l'obscurité en songeant que, bien que sa mère soit issue de parents moldus, Rose avait grandi dans un environnement essentiellement sorcier et devait actuellement se creuser les méninges pour se souvenir de ce qu'était du « réseau » et pourquoi on ne pouvait pas s'en servir sous terre. Elle voulut la charrier, mais l'angoisse empêchant sa créativité de formuler une boutade amusante la contraint à abandonner.
Au Ministère de la Magie, les ascenseurs se déplaçaient aussi bien à l'horizontal qu'à la verticale, ce qui leur laissait une petite distance à parcourir à pied avant de rejoindre l'une des fosses. Marchant en tête son smartphone à la main pour les guider, Lucy observait attentivement le tunnel. Si sur les premiers mètres, ce dernier était habillé du même carrelage noir et démodé que dans l'atrium, ils marchaient à présent sur la roche nue dans laquelle le Ministère avait été creusé, des centaines d'années plus tôt. Outre le fait qu'il faisait froid à en congeler des glaces, la pierre était blanche et plutôt lisse au sol et au plafond, les parois de chaque côté étaient creusées d'alvéoles. Songeuse, Lucy marqua un arrêt et s'accroupie pour observer la roche de plus près. Elle n'aurait su en dire le nom mais une chose était sûre : elle était friable.
Et comme si les fondations du Ministère n'avaient attendues que le moment où Lucy comprenait qu'il était extrêmement dangereux de rester en ces lieux, des craquements retentirent, sinistres.
« Woah ! s'exclama Rose. C'était quoi ça ?
- Je pense que les fondations du Ministère reposaient essentiellement, comme beaucoup de constructions sorcières, sur la Magie. Et que la composition rocheuse n'est pas forcément prête à soutenir neufs niveaux souterrains comme elle le fait actuellement.
- Tu veux dire que… ça pourrait s'écrouler ?
- Oui.
- Ok, je ne suis plus du tout rassurée.
- On va se dépêcher de trouver une sortie, d'évacuer tout le monde et tout ira bien » coupa court Ernie.
Ils se remirent en marche dans un silence plus pesant encore. Rose glissa sa main tremblante dans celle de sa cousine.
« Lucy… S'il n'y a plus de Magie pour supporter les constructions sorcières, tu penses que Poudlard… »
Lucy resserra ses doigts autour de ceux de Rose, un profond malaise l'envahissant. Elle songea au château majestueux construit il y avait de ça plus de mille ans. Elle songea au charme du pont de bois tordu, aux tours s'élevant bien plus haut que celles des châteaux moldus, à la Grande Salle qui surplombait le Lac Noir, en équilibre sur la roche volcanique de l'Ecosse. Et elle pensa à sa cousine qui venait de lui annoncer sa grossesse.
« Je suis certaine qu'il va bien, Rose… que tout le monde à Poudlard va bien ! » s'exclama-t-elle avec un ton qu'elle voulut convaincant.
Mais bien sûr, tous les trois avaient été à Poudlard. Son architecture unique n'était possible que par la magie et sans magie…
« Ernie, tu as des enfants ? tenta Lucy dans un ultime effort de remonter le moral des troupes.
- Oui, un garçon. Theodore. Il a eu dix-sept ans en Octobre. »
Donc il devait être en sixième année à Poudlard. Raté…
« On y arrive ! souffla-t-elle de soulagement en apercevant l'extrémité de la fosse.
- Vous entendez ? »
Oui, ils entendaient tous les gémissements et les conversations se répercutant sur les parois friables. D'un même mouvement, ils se jetèrent tous les quatre à genoux pour pencher la tête au-dessus du puit. La faible lumière du smartphone ne leur permettait pas d'apercevoir le fond mais deux autres faisceaux lumineux balayaient les parois à divers niveaux. Apparemment, Lucy n'était pas la seule à avoir un appareil moldu sur elle et les quelques personnes qui se trouvaient dans les niveaux inférieurs avaient dû comprendre qu'ils tenaient ici leur seule issue.
Un cri aigu déchira les murs alors que d'autres voix tentaient de le couvrir et que les faisceaux lumineux s'orientaient vers la source. Avec horreur, Lucy avisa la cabine d'ascenseur bloquée en travers du conduit, au niveau du quatrième ou du cinquième niveau. Un homme était en équilibre entre l'ouverture et l'entrée d'un tunnel, tenant un corps immobile contre lui alors que d'autres bras émergeaient du tunnel pour le récupérer.
« Ça va plus bas ? tenta Rose
- Aussi bien que vous là-haut, j'imagine ! répondit une voix d'homme, ironique.
- Rose ? »
Sa cousine eut un mouvement de recul et jura dans sa moustache. Elles avaient toutes les deux reconnu cette voix. Le cri aigu résonna de nouveau une poignée de secondes.
« Rose ! Tu m'entends ? » reprit la voix d'Hermione lorsque ce dernier s'apaisa. « Tu vas bien ? »
Lucy échangea un regard avec sa cousine et, comprenant bien que celle-ci ne comptait absolument pas répondre, décida de changer de sujet.
En même temps, ce n'était pas vraiment le moment pour une réconciliation mère-fille.
« Est qu'il y a des blessés ? cria-t-elle à son tour.
- On a deux personnes ici qui étaient dans l'ascenseur ! répondit une voix d'homme. Mais ça va, pas d'urgence ! On a encore une personne dans l'ascenseur à sortir.
- Et est-ce qu'il y a quelqu'un au niveau 6 qui nous entende ? »
Le silence répondit.
« Bon, je vais devoir descendre au niveau 6 » informa Lucy pour mobiliser les troupes qui, dans leur situation, avaient tout à gagner à les aider. « On a fait une corde grâce à des ceintures, mais on en a pas assez. Alors il va falloir que tout le monde s'applique à trouver des ceintures, de préférence en cuir de Dragon, si on veut sortir d'ici. »
Des acquiescements suivirent son annonce. La jeune Weasley se redressa, attrapa la corde artisanale qu'ils avaient fabriquée et jura dans le vide.
« Pourquoi tu dis « je vais descendre » ? Je descends avec toi ! s'insurgea sa cousine.
- Il n'en est pas question, Rose ! A cause de ta… condition. »
Cette dernière se braqua, tenta de protester mais finit par abdiquer.
« Toi, tu restes bien sagement ici et tu éclaires autant que possible ma descente. Ernie, tu vas pouvoir me soutenir tout seul ?
- Avec tes quoi… 45 kilos à tout casser ? ça devrait aller. Essaie de ne pas lâcher les ceintures, n'est-ce pas.
- Je vais essayer. » rit-elle blanc.
Tenant d'une main leur corde de fortune, s'appuyant de l'autre contre le mur, Lucy analysa les parois de la fosse. Comme pour le tunnel, elles étaient truffées d'alvéoles mais la roche était tout aussi friable. Elles ne constituaient pas des prises fiables mais ça lui permettrait d'éviter de se fatiguer trop vite en tirant trop sur ses bras. Un nouveau craquement la tira de sa rêverie et lui rappela que de toute manière, elle n'avait pas trop le choix.
« Pfffff ! souffla-t-elle en remuant les bras, déjà tremblante. J'suis pas allée à Gryffondor moi… »
Puis, dans un élan de courage, elle attrapa à deux mains la corde de cuir et bascula en arrière. Elle descendit un pied, puis l'autre, retint un gémissement. Le cuir lui brulait les mains, ses doigts s'engourdissaient, sa tête lui tournait. Les encouragements de Rose et Ernie lui parvenaient de très loin et elle prit conscience qu'elle ne s'était jamais autant réjouie de la mort de Dragon. Comme elle l'avait présagé, au bout de deux mètres, la prise sur laquelle reposait son pied droit céda et elle se sentit basculée en arrière avec un gémissement affolé… avant de sentir deux bras la ceinturer et la tirer dans le tunnel du niveau 1. C'était moins une.
Lucy avança à son rythme, prenant le temps de respirer à chaque niveau, d'attacher de nouvelles ceintures à celles qu'ils avaient déjà réunie. Elle insulta plusieurs fois les traditionalistes de s'entêter à porter des robes et donc de ne pas avoir de ceintures. Elle regretta également à chaque instant de ne pas faire plus de sport. Ces derniers mois d'ailleurs, elle gardait plutôt les enfants de Victoire pendant que Victoire partait courir. Mauvais rôle.
Au premier niveau, ils n'avaient pas de source de lumière ce qui rendit l'exercice plus compliqué. Au deuxième niveau, une petite femme revêche brandit au-dessus d'elle une minuscule lampe torche attachée à un trousseau de clé dont le faisceau lumineux clignotait irrégulièrement. Au troisième, elle tenta de savoir si son père était présent mais appris avec un mélange de désespoir et de soulagement qu'il n'était pas présent au Ministère au moment de la coupure. Elle avait espéré qu'il l'empêche de risquer sa vie ainsi mais sans son aide, elle dût se résigner à continuer sa descente.
L'ascenseur était toujours coincé juste en dessous du cinquième niveau. Posant les deux pieds sur la surface en métal, elle sauta dans le tunnel.
« Plus qu'un ! » s'encouragea-t-elle mentalement.
Alors qu'elle reprenait son souffle et que, comme à tous les niveaux, on l'assaillait de questions, son attention fut attirée par des gémissements s'élevant de la cabine en équilibre au-dessus du vide.
« Il reste quelqu'un là-dedans ?! Paniqua-t-elle en se laissant tomber à genoux pour regarder plus bas.
- Oui, on n'arrive pas à l'approcher, elle refuse de sortir. »
Dans la faible luminosité, Lucy avisa une petite fille d'environ dix ans aux cheveux crépus terrée dans un coin. Les genoux rabattus sur sa poitrine, elle la fixait droit dans les yeux avec une telle intensité qu'un instant, la jeune Weasley en perdit ses moyens.
« Hey salut toi » souffla-t-elle à l'enfant.
La fillette au visage rond parla. Une question, trois mots, Lucy en saisit deux suffisamment pour comprendre qu'elle ne parlait que le français. Et ayant une mère française, elle le maitrisait, bien qu'avec les conflits post-divorces, elle n'avait pas eu beaucoup d'occasion d'exercer la langue.
« Tu parles français ? Je m'appelle Lucy. Et toi ?
- Camille, répondit-elle d'une voix tremblante, trahissant ses sanglots.
- C'est toi qui a crié tout à l'heure ? c'est parce que tu as peur ? »
- Oui, mit-elle quelques secondes à répondre.
- Et bien Camille, je vais te dire un secret : on a tous peur ici. On a tous envie de sortir, comme toi. Mais pour sortir d'ici, tu dois commencer par sortir de cet ascenseur et me rejoindre ici. Tu comprends ? Tu crois que tu peux nous aider ? »
L'enfant plongea le visage entre ses bras, le corps secoué de sanglots puis, finalement se releva en faisant grincer dangereusement l'habitacle. Lucy se pencha au maximum pour attraper la fillette sous les aisselles et avec l'aide des autres personnes piégées, la souleva pour la faire atterrir à ses côtés.
Puis dans la seconde, comme si la cabine était maintenue jusqu'alors par une force magique qui lorsque Camille fut à l'abri, s'estompa subitement, l'ascenseur glissa dans un grincement métallique et, après quelques ricochets contre les parois, s'écrasa au fond du puit. Assise dos contre la paroi du niveau cinq, Lucy tentait vainement de retrouver son souffle. Ses doigts étaient engourdis, ses paumes brulées par le frottement du cuir, ses bras écorchés à de multiples endroits. Ses épaules, son dos et son abdomen la faisait terriblement souffrir et elle devinait que son jean était déchiré au niveau des genoux.
Au moins, elle avait eu la présence d'esprit de mettre des baskets ce matin-là !
« Ça va en bas ? cria la voix lointaine de Rose.
- Ouais, ouais ça va… Je prends juste une petite pause…
- Comme tu veux mais dépêche-toi, ça commence à craquer sérieux par ici ! »
Lucy allait lui renvoyer une remarque cinglante lorsque la petite fille qu'elle venait de secourir s'assit à côté d'elle, glissant sa main dans la sienne.
« Il y a quelqu'un par ici ? »
Une lumière suffisamment proche pour laisser deviner qu'elle provenait du niveau juste en dessous illumina la cavité et, reconnaissant la voix, Lucy se pencha vivement pour essayer d'apercevoir son oncle.
« Harry ! C'est toi ? la devança la voix de sa tante.
- Hermione ! Tout va bien là-dessous ?
- Ça va ! Ron ?
- Tout le monde va bien ici.
- Harry ! les coupa finalement Lucy, voyant ici l'occasion d'éviter une descente supplémentaire. Est-ce que vous avez accès aux objets confisqués par le Service de Détournement de l'Artisanat Moldu ?
- Oui, oui, on est en train de faire un inventaire mais à part des lampes torches, on n'a rien de très utiles…
- Est-ce que vous avez une perceuse… ou quelque chose capable de faire des trous quelque part ? Rose et Ernie Macmillan attendent au niveau 0. Tout le monde est bloqué là-haut. Il nous faudrait quelque chose pour ouvrir la vieille cabine téléphonique et sortir.
- Très bien oui… on regarde ça. »
Soulagement.
Elle n'aurait pas besoin d'atteindre le niveau six et de faire croire qu'elle était courageuse, déterminée… Non, en fait, elle ne voulait pas faire croire qu'elle était folle et mourir dans une position stupide et douloureuse.
Son oncle était un héros national : c'était son travail de sauver le monde.
Soufflant et essayant de retrouver vainement son souffle alors que la fillette serait son petit corps tremblant contre elle, Lucy songea à sa situation. Tressailli lors d'un nouveau craquement. Chercha sa baguette dans sa poche et retint un gémissement en prenant conscience que ce geste automatique était à présent d'une inutilité pathétique.
Elle se sentie nue, impuissante.
Elle se sentie proche de la fin. De la mort.
Quel suspens ! Qu'en avez-vous pensé ? Qu'imaginez-vous pour la suite ?
Pour les intéressés, je rappelle et/ou j'informe que vous pouvez retrouver Lucy dans :
- Twelve Years of Lucy
- L'année la plus chaude de tous les temps (uniquement sur hpfanfiction pour le moment)
; tout nouvellement Rose dans : Weasley tu n'es pas. (de même)
; et enfin, Rose et Lucy en fond dans : Technicolor World !
Je voulais également vous proposer quelque chose (à voir si ça marche bien, à voir si j'arrive à gérer aussi x) ).
Etant donné que le fait de poster pour moi et de laisser des reviews pour vous est un échange qui s'arrête trop vite, je voulais vous proposer de vous faire des cadeaux si vous le souhaitiez !
Une review = une fanfiction (OS ou plus longue, qui sait...) héhé !
Moi, ça me challengerait grave et puis c'est drole je trouve !
Alors voilà, je vous propose de m'envoyer vos demandes (avec votre pseudo) (ou pas) sur charliz . hpf gmail . com (bien sûr, enlevez les espaces et remplacer le , ne soyez pas bêtes!) avec :
- un thème (ou pas)
- des persos (ou pas)
Par contre, j'indique un petit warning : je n'écrirais ni Lemon, ni sur un univers que je ne connais pas (logique).
Voilà voilà ! Haha !
Bon bah écoutez, j'espère vous retrouver vite en review ! Haha !
Pleins de bisous et à dans une semaine pour PSF !
