Hello tout le monde
Me revoilà déjà. Ce texte refuse de me laisser tranquille et il est déjà plus long que ce que j'avais imaginé au départ. Enfin, on ne se refait pas.
Je voulais remercier Kaelyan, Julindy, Nanthana, Eleb, Hanae et notre invité Teddy pour leurs reviews, je souffre avec vous !
J'ai remarqué quelques fautes et typos dans le chapitre précédant, je vais aller corriger cela dès que j'aurai terminé cette histoire. Dans deux chapitres, je pense.
Je vous laisse vous torturer avec notre idiot et sa culpabilité, moi je vais écrire la suite.
Bonne lecture
Steve resta seul avec Rhodey. Le silence n'était brisé que par la discussion entre Shuri et Okoye dans la pièce à côté. Elles parlaient à voix basse mais sa super ouïe lui permettait de les entendre comme si elles étaient à côté de lui.
Parfois il maudissait les capacités que lui avaient apportées le sérum. A cet instant, il n'avait pas besoin d'entendre leur peine et leur douleur. La sienne, couplée à un profond sentiment de culpabilité, menaçait déjà de le submerger. Et percevoir le désarroi qu'emettait Rhodey n'aidait pas.
Après cinq minutes d'attente, Steve était déjà au bord de l'explosion. Il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il bouge, qu'il ai un but, un objectif. Natasha était partie pour tenter de joindre leurs alliés et il devrait au moins attendre son retour et ses informations avant de décider de la suite des opérations.
"Steve."
C'était Bucky, dans son oreillette. Son rythme cardiaque doubla et il porta la main à l'appareil.
"Tout va bien ?"
"Oui, aucun problème. Les wakandais sont un peuple courageux. Nous ne rencontrons que des gens prêt à aider. "
"Bien. Continue à surveiller les alentours. J'attends Natasha, ainsi que Okoye et Shuri, et nous prendrons une décision."
Pendant quelques secondes, la ligne resta silencieuse, puis Bucky reprit la parole à voix basse :
"Stevie, tu es seul ?"
Il leva les yeux vers Rhodey.
"Non."
"Bien. Je sais que ca ne va pas te plaire et que c'est contre ta nature, mais tu vas te taire et m'écouter. Tu n'es pas responsable, tu -"
"Bucky."
"Tais-toi, bordel. Tu n'es pas responsable. Tu as fait de ton mieux, nous avons tous fait de notre mieux. Parfois, on ne peut pas gagner et je refuse de te voir te torturer pendant des mois à cause de ça. "
Il devait y avoir quelque chose sur son visage, car Rhodey s'éloigna à ce moment. Steve chuchota :
"Mais c'est moi qui -"
"C'est toi rien du tout ! Tu as toujours pris toute la misère du monde sur tes épaules, Steve, même lorsque tu faisais moins d'un mètre et quinze kilos. Tu te souviens de la petite Vicky ?"
"Je ne vois pas le rapport. Elle …"
"Moi je le vois. Tu t'en souviens ?"
"Oui. je n'ai pas pu -"
"Elle est tombé d'un arbre alors que tu étais a plusieurs dizaines de mètres en train de dessiner. Tu n'étais pas responsable d'elle, ni de la surveiller. Tu lui tournais le dos, espèce d'idiot. Et quand elle a crié, il était déjà trop tard, personne n'aurait pu la rattraper. Mais toi, tu es resté à côté d'elle le temps qu'on aille chercher les secours, tu lui as parlé et tu lui a montré tes dessins, tu l'as même accompagné chez le docteur pour qu'il puisse mettre sa jambe dans le platre. Je me souviens qu'elle ne voulait plus te lâcher la main. Et qu'elle t'a suivi partout, tout le reste de l'été. Tu ne l'as pas sauvé de sa chute, Stevie. Tu ne le pouvais pas, mais ce que tu as fait ensuite, c'était tout aussi admirable."
"Bucky."
"Ferme la ! Tu vas recommencer tu m'entends ? Tu vas accompagner et aider ceux qui en ont besoin, comme Vicky. Tu ne pourras pas empêcher qu'il souffrent mais tu vas faire tout ce qui est en ton pouvoir pour alléger leur douleur au maximum. Parce que c'est la personne que tu es et que tu es incapable de penser à toi, quand d'autres sont dans le besoin. Tu t'occupes du monde et moi, je m'occupe de toi. Compris ?"
La gorge serrée, Steve répondit :
"Compris."
"Bien. Je vais rejoindre Rocket - d'ailleurs un raton-laveur qui parle, dans quel monde vivons-nous ? - contacte moi dès que tu as du nouveau."
Et il coupa la ligne, laissant Steve seul avec ses pensées. Heureusement que son petit ami était là, il ne savait pas s'il aurait supporté de continuer sans lui, pas avec le poids de l'échec qui menaçait de le clouer au sol.
Ces idées noires étaient en train de l'envahir quand Shuri et Okoye apparurent sur le pas de la yeux étaient rouges mais elles avaient toutes deux des expressions déterminées sur le visage. Ce fut la plus jeune qui parla :
"Je vais devoir prendre la parole devant notre peuple. Le plus tôt sera le mieux, mais je veux vous voir, avec vos compagnons avant. Pouvez vous rassembler tout le monde dans le laboratoire principal ?"
"Bien entendu. Laissez moi cinq minutes."
Il avait enfin quelque chose de concret à faire. Il trouva Rhodey dans la salle suivante et l'envoya prévenir Bruce. Il contacta ensuite Bucky qui se mit immédiatement en chemin. Puis, il se mit à la recherche de Natasha.
Il la trouva sur une des terrasses donnant sur la ville, une main sur la rambarde. Il s'appuya à côté d'elle, tournant le dos à la cité.
"Tu as réussi à les joindre ?"
"J'ai eu Clint. Je ne sais pas par quel miracle, mais Laura et les enfants vont bien. Il retourne chez lui afin de vérifier que tout est en ordre avant de nous rejoindre. Je dois le recontacter quand nous aurons décidé de notre destination."
C'était une bonne nouvelle. Steve savait à quel point l'archer et sa famille comptait pour Natasha. Qu'ils soient tous sains et sauf était réélement un petit miracle. Pourtant le visage de l'ex-espionne était fermé. Le reste des nouvelles ne serait pas aussi bon.
"Hill ? Fury ?"
Elle secoua la tête.
"Aucun des deux."
"Une chance pour que ton moyen de les contacter soit déconnecté ou qu'ils les ai changé ?"
"Aucun. J'ai utilisé la ligne d'urgence. Si l'un d'entre eux était vivant, ils auraient répondu."
Perdre Hill ou Fury aurait été un coup dur, mais leur disparition conjointe leur coupait l'accès à des ressources dont ils avaient un besoin vital. Sans compter qu'ils s'étaient côtoyés pendant des années.
Ils restèrent silencieux après cela, mais il espérait que sa présence apporterait un peu de soutien à Nat. Hill était son amie et Fury avait, par certains côtés, représenté une figure paternelle pour l'ex-espionne russe.
Quand il vit Bucky apparaitre sur le pas de la porte, il posa une main sur l'épaule de Nat et lui dit :
"La nouvelle souveraine du Wakanda nous attend, tu nous rejoins ?"
Elle leva les yeux vers lui, triste mais déterminée, comme eux tous.
"Ca va aller. Je te suis."
Sur le trajet vers le laboratoire, ils trouvèrent Rhodey qui revenait de l'hopital.
"Banner préfère rester là-bas afin d'aider. Il a dit que de toute façon, il vous faisait confiance pour prendre la meilleur décision. Il nous suivra quoi que nous fassions."
Steve n'était pas certain que le laisser choisir soit une bonne idée, mais ils devaient avancer.
"Ok. Nous le tiendrons au courant."
Ils entrèrent dans le laboratoire où se trouvait Shuri, accompagnée de sa mère, d'Okoye et de plusieurs Dora Milaje. La jeune femme semblait encore très pale, mais il était évident que la présence de l'ancienne reine l'aidait beaucoup.
Steve s'approcha et inclina la tête devant les femmes rassemblées. Toutes les regardaient avec une forme de sérénité qu'il leur enviait. Il se sentait tellement perdu et ses sentiments étaient en conflits perpétuels les uns avec les autres.
"Je sais que nous ne vous avons apporté que le deuil et la ruine, je m'en excuse."
"T'Challa …. et le Wakanda ont décidés d'ouvrir leurs portes. Ce n'est pas une décision que nous regrettons. Nous faisons partie du monde et nous vivrons notre deuil avec le reste de l'humanité, au lieu de le faire enfermé derrière nos barrières. Nous ne sommes pas à plaindre."
Il ne pouvait que saluer tant de courage.
"Acceptez quand même mes plus sincères condoléances pour vos pertes. Pour T'Challa. Je ne l'ai cotoyé que peu de temps, mais ce qu'il a fait pour moi, ce que vous m'avez rendu, je ne pourrai jamais vous remercier assez pour cela."
Les yeux de Shuri se tournèrent vers Bucky, derrière lui.
"Vous ne nous devez rien. Je n'ai fait que réparer une injustice et permettre de réunir deux personnes qui le méritent."
Il inclina à nouveau la tête. Il n'était pas certain de cette dernière affirmation, pas pour lui en tout cas, mais ce pays se relèverait, avec une telle personne à sa tête cela ne faisait aucun doute.
Shuri reprit la parole :
"Malheureusement, mon peuple souffre et je ne suis pas certaine qu'ils soient tous capables de voir ce que je vois. De comprendre que nous aurions tout autant souffert, même si cette bataille avait eu lieu a des milliers de kilomètres du Wakanda. Je ne peux pas vous offrir l'hospitalité, pas dans les conditions actuelles. Tant que la cérémonie du combat rituel n'aura pas eu lieu, je ne suis pas la dirigeante officielle de ce pays. "
"Nous allons partir alors. Mais si jamais vous avez besoin de nous, n'hésitez pas à nous contacter. "
"Je peux vous fournir plusieurs navettes et des armes si vous le souhaitez, bien entendu le bras de Loup Blanc lui appartient, ainsi que les boucliers que mon frère vous a offert. Je peux également vous équiper de moyens de communication plus sophistiqués que vos actuels. Je regrette de ne pas pouvoir faire plus. T'Challa aurait …."
Sa voix craqua à cet instant, et Okoye posa une main de réconfort sur le dos de la jeune fille pendant que sa mère lui caressait l'épaule.
Bucky prit la parole derrière lui :
"Il a toujours été fier de toi. Cela s'entendait dans chacun de ses mots, c'est toi qui a fabriqué ceci," il leva sa main gauche, " et c'est toi qui ma fait redevenir qui j'étais. Pleure ton frère, mais ne crois pas un seul instant qu'il aurait été déçu de tes choix. "
Il s'approcha de la future reine et Steve se rendit compte à cet instant d'à quel point elle était jeune. Son petit ami se pencha à l'oreille de Shuri et lui murmura quelques mots. Les larmes apparurent dans ses yeux, mais elle les retint, releva la tête et parla d'une voix plus assurée :
"Tout sera prêt dans une heure. "
Quand leur petit groupe quitta le labo, Rhodey posa la question que tout le monde attendait :
"Alors, nous allons où ?"
La réponse était tellement évidente que personne ne la discuta :
"A la maison, on retourne au complexe Stark."
ooOoo
Comme Shuri l'avait promis, ils avaient embarqué une heure plus tard. N'ayant que Natasha capable de piloter, ils avaient fait le choix de repartir avec le Quinjet avec lequel ils étaient arrivés.
L'atmosphère dans le véhicule était tendue. Aucun d'entre eux n'avait dormi depuis quarante-huit heures et la fatigue se faisait sentir. Pourtant seul Bruce s'était endormi, allongé sur un des fauteuils du cockpit, après avoir échangé quelques mots à voix basse avec Natasha.
Steve savait qu'elle avait souffert de la disparition du docteur, même si elle l'avait caché aussi bien que toutes ses autres blessures. Il espérait que son retour lui permettrait d'oublier un peu de cette douleur. Leur première rencontre, la veille, avait été extrêmement tendue, mais cela semblait s'être légèrement arrangé.
Rocket et Rhodey étaient en train de discuter armes et amélioration dans le fond de l'appareil. Le raton-laveur semblait être un ingénieur en armement et il démontait / remontait des pièces détachées qu'il avait trouvées dans les coffres au dessus de lui. Steve supposait qu'il resterait avec eux le temps que Thor ou ses amis, qui étaient partis poursuivre Thanos, reviennent, s'ils revenaient un jour.
Bucky était installé sur un des sièges qui longeait le flanc du Quinjet. Il le regardait faire les cent pas dans l'appareil avec une inquiétude croissante. Cela faisait une heure qu'ils avaient decollé et le trajet devrait durer une partie de la nuit. Il savait qu'il devrait se reposer un peu, essayer de dormir, mais il était incapable de se poser.
La culpabilité, la peur que quiconque découvre ce qu'il avait fait, menaçaient de l'étouffer. Il n'avait qu'une envie, c'était de rejoindre Bucky, de s'asseoir à côté de lui et de laisser sa présence effacer toutes ces pensées négatives. Mais il ne méritait pas le moindre soulagement. Les gens qui avaient perdu un proche à cause de lui n'en aurait aucun, il leur avait pris quelqu'un qu'ils aimaient, quelqu'un qui leur était peut-être aussi vital que Bucky l'était pour lui. Non il n'avait pas le droit d'oublier, il devait garder cette souffrance vive et présente. Pour ne pas oublier.
"Steve, viens t'asseoir, tu me donnes le tournis."
La voix de son petit ami était lasse mais ferme. Steve jeta un coup d'oeil dans sa direction. Il avait les jambes tendues devant lui et la tête posée sur la paroi de l'appareil. Ses yeux étaient à moitié fermés mais ils suivaient chacun de ses gestes.
Steve continuait à se déplacer dans l'espace réduit du Quinjet. Il devait trouver quelque chose à faire, n'importe quoi. Il alluma un des ordinateurs de l'appareil et se mit à regarder les dernières informations disponibles. Le monde était encore en train de s'interroger sur ce qui s'était passé, plusieurs chefs d'états avaient disparus et les théories les plus folles commençaient à se répandre sur internet. Ils devraient probablement faire une annonce dès qu'ils seraient de retour à New York. Ce qu'ils diraient était encore un mystère, mais ils ne pouvaient laisser le reste du monde dans l'ignorance.
Il éteignit l'écran moins de cinq minutes après l'avoir allumé et reprit son trajet entre le cockpit et l'arrière du véhicule. La voix de Bucky ressemblait plus à un grognement lorsqu'il parla la seconde fois :
'"Pose ton cul Rogers, ou c'est moi qui vais le faire pour toi."
Sa réplique sortit sans même qu'il y réflechisse, leurs chamailleries aussi naturelles que le fait de respirer :
"J'aimerai bien te voir essayer."
Bucky ouvrit les yeux .
"Tu crois que j'en suis incapable parce que tu ne fais plus cinquante kilos tout mouillé ? Je te connais par coeur, depuis des années, je sais tous tes points faible et je n'aurai aucun remord à me servir de chacun d'entre eux. Maintenant, tu poses ton immense carcasse et tu prends un peu de repos."
Steve s'arrêta devant son petit ami. Il avait raison, il devrait se reposer un peu, il aurait besoin de toutes ses forces une fois arrivé à destination. Il serait incapable de dormir, pas avec la tempête de sentiments qui avait pris place dans son crane, mais il pourrait au moins laisser son corps souffler un peu.
Il regarda quelques secondes la place à côté de Bucky, mais fit demi-tour et s'installa en face de lui. Ce dernier se redressa et se pencha vers lui, les bras croisés sur ses propres genoux , il semblait en colère :
"A quoi tu joues, Rogers ?"
"Je me repose, Buck."
"De là-bas ? "
Ils avaient toujours été proches, même avant que leur relations devienne celle qu'elle était actuellement : constament ensemble, continuellement à se toucher, s'asseoir l'un à côté de l'autre, un bras autour d'une épaule, un genou pressé contre une cuisse… La place de Steve était, par défaut, à côté de Bucky.
"Tu l'as dit toi même, nous avons besoin de nous reposer."
Steve baissa le regard, mais il vit quand même la peine et l'incompréhension apparaître dans les yeux de son petit ami. Il croisa les bras sur sa poitrine et ferma les paupières.
Bucky était beaucoup moins assuré quand il recommença à parler:
"Stevie, quel est le problème ?"
Si seulement il pouvait lui dire. Ils s'étaient toujours tout raconté et garder le secret de ce qu'il avait fait était plus douloureux que ce qu'il s'était imaginé. Mais il ne pouvait pas le perdre, ce serait la goutte d'eau de trop. Son petit ami avait raison, le monde avait besoin de lui et lui, il avait besoin de Bucky. Il serait incapable de fonctionner sans lui. Mais d'un autre côté, il ne pouvait pas accepter le réconfort que l'autre homme lui offrait, pas pour le moment :
"Il n'y a aucun problème."
"A part le fait que tu restes le plus éloigné possible de moi et que tu refuses le moindre contact depuis que nous sommes sortis de cette forêt, tu veux dire ?"
Steve grimaça. Bien entendu que Bucky avait remarqué. Il remarquait toujours tout, surtout quand cela touchait le blond. Incapable de faire face à ce qu'il savait trouver sur le visage de son petit ami, il garda les yeux fermés.
"Tu t'imagines des choses, j'essaie de me reposer."
"Bien ! Mais si tu crois que cette discussion est terminée, tu te fourres le doigt dans l'oeil. Tu vas m'expliquer ce qui te dérange, que tu le veuilles ou non."
Et c'était bien le problème.
