Voilà la suite. Les premiers chapitres vont venir vite, mais la suite sera moins aisée.
Bonne Lecture ....
Charlie Swan était un chef de police très occupé en ce matin du 2 Août 2002. Peut être un peu trop pour un chef de police d'une petite ville comme Forks. Et en effet, son empressement n'avait aucun rapport avec cette petite bourgade de l'Etat de Washington. Charlie Swan avait accepté de prendre en charge une étudiante étrangère, française plus précisément. Il devait aller la chercher ce jour même. Le programme qu'il l'avait contacté, Erasmus s'il avait bonne mémoire, ne l'avait pas vraiment renseigné sur la jeune fille. Les seuls renseignements qu'il avait eut se résumaient à : jeune fille de 16 ans, surdouée à l'école, répondant au nom de Camille Sayan, nationalité française, et quand il avait voulut avoir une photo, au moins pour pouvoir la reconnaitre, ils lui avaient dit qu'il ne la manquerait pas. Ce dernier détail l'étonnait, mais bon c'était un fait commun, étranges étaient les français.
Il gara donc sa voiture de fonction au parking de l'aéroport de Port Angeles. C'était une belle journée ensoleillée, et il sourit doucement à la douce caresse du soleil sur ses bras. Charlie se dirigea vers les grandes portes de cet ancien bâtiment, il faisait frais à l'intérieur, la climatisation avait encore frappé. Le vol ayant du retard il dut patienter quelque temps, mais bientôt il vit le flot de passagers se presser de l'autre coté des barrages de sécurité. Les voyageurs passaient au compte goutte, il eut donc tout loisir de les observer attentivement. Il sut tout de suite qui elle était, l'organisme avait raison, elle ne passait pas inaperçue. Grande, dans les une mètre quatre-vingt, ce qui était assez rare, mince, élancée, une peau tannée qui rappelait la couleur du miel au soleil, des longues boucles dorées, un visage fin, et des yeux qui lui mangeaient presque la face. Des yeux violets. C'était la première fois qu'il en voyait, et pourtant il était sur qu'il ne s'agissait pas de lentilles. Autre fait étonnant, malgré sa taille, sa finesse la faisait paraître fragile. Et pourtant, elle avait sur les épaules un de ces gros sacs à dos militaires, qu'on ne voit portés que par des commandos. Elle avança vers lui alors qu'il lui faisait signe. L'image de fragilité qu'elle transportait s'effondra. Elle se mouvait avec tant de grâce qu'on avait le sentiment qu'elle était en harmonie avec ce qui l'entourait, et cela donnait aussi une impression de dangerosité, de félinité quoique perturbante venant d'une personne aussi jeune.
Elle était maintenant à un pas de lui, et lui tendait la main, un sourire éblouissant flirtant avec ses lèvres. Il lui serra la main, presque dans un état second, avant de ressaisir. Il se présenta d'une voix sure, il en fut heureux, et lui répondit d'une voix douce et veloutée. Elle avait un accent français assez soutenu qu'il trouvait charmant. Ils se dirigèrent ensemble vers la voiture, tout en parlant de choses et d'autres. Une fois installés, ils continuèrent leur discussion, mais sur des sujets un peu plus personnels.
« -Alors, Camille dis moi, qu'est ce qui t'a poussé à vouloir venir étudier aux US ?
-Hum, et bien, premièrement pour améliorer mon anglais, faire de nouvelles expériences que j'espère enrichissantes, et … »Ewilan n'avait pas discuté avec un 'terrien' depuis fort longtemps, elle avait oublié leur curiosité naturelle.
« -Oui ?
-Oui, excusez moi, en fait mes parents sont morts il y a quelques années de cela, et même si j'ai réussit à passer à autre chose, le climat dans mon ancien lycée est assez pesant. Alors comme il ne me reste qu'une année à passer avant de pouvoir changer définitivement, j'ai décidé de la passer à l'étranger.
-Oh, je suis vraiment navré pour tes parents, je ne savais pas…
-Ne le soyez pas, vous ne pouviez pas savoir, et le fait d'en parler ne m'apporte maintenant qu'une douce nostalgie. On m'a dit que vous aviez une fille ?
-Oui, c'est exact, elle s'appelle Bella a un an de plus que toi. Même si vous allez vous retrouver dans la même classe.
-Parlez moi d'elle, s'il vous plait, j'ai vraiment hâte de la connaitre.
-Et bien, elle est assez petite, des longs cheveux bruns et bouclés, et elle a des grands yeux couleur chocolat. » Avec un petit sourire il rajouta, «, et elle est d'une maladresse incroyable. Je crois que c'est la seule personne que je connais qui soit capable de trébucher sur un sol complètement plat !
-Je vois, et sinon, qu'est ce qu'elle aime ? Quel est son genre de musique, de livre ? Excusez ma curiosité, mais je suis vraiment impatiente de la rencontrer.
-Je comprends, ne t'en fait pas. Sinon, ce qu'elle aime ? Il faut que tu sache qu'elle ne vit avec moi que depuis l'année dernière à peine, avant elle habitait à Phoenix, avec sa mère. Mais bon, une chose est sure je peux te dire qu'elle est follement amoureuse de son copain, Edward Cullen. C'est un des fils du médecin de Forks, Carlisle Cullen. Sinon, elle n'aime guère randonner, faire une activité physique en général, plus du genre tranquille à la maison. Comme livre, elle aime la littérature classique dans le genre de Jane Austen, Emilie Brönte, et autres. Par contre, si tu es impatiente de la rencontrer, il va falloir être patiente. Elle est partie deux semaines en vacances en Alaska, avec les Cullen. Elle ne rentre que dans quelques jours.
-Ce n'est pas grave, je saurais l'être. »
Et c'est sur ces paroles que se clôtura la conversation. Pendant le reste du voyage Charlie se concentra sur la route, un léger sourire jouant sur ses lèvres. Ewilan (ou Camille) se contenta de regarder, à travers la vitre de la portière, le paysage qui défilait. Ce qu'elle n'aurait pas donné pour être dehors, ici à défaut d'être chez elle, à courir à travers les bois, au lieu d'être dans cette voiture qui polluait l'air environnent. Elle réfléchit à ce que Charlie lui avait apprit sur sa fille, Bella. Elle doutait fortement, malgré ce qu'elle avait dit, qu'elles s'entendent bien. Ewilan avait l'habitude de bouger, d'être en plein air, et s'il y avait une chose avec laquelle elle avait du mal, c'était bien les gens qui ne savaient pas aligner trois pas sans trébucher. Il lui faudrait être patiente effectivement. Elle sentit un sourire revenir sur ses lèvres tandis que le paysage devenait de moins en moins humanisé et plus la 'verdure ' devenait présente. Elle ne savait si c'était à cause de son statu de dessinatrice, de presque frontalière ou tout simplement à son statu d'alvariene, mais elle sentait comme un lien entre la nature et son âme. Comme si elle dépérissait dès que la nature venait à manquer.
C'est sur ces méditations, que Charlie gara la voiture devant le porche de la maison. Alors qu'elle en descendit pour prendre son sac, Ewilan en profita pour admirer la maison dans laquelle elle allait vivre pendant la prochaine année. Elle semblait être classique pour les gens d'ici. Il ne servait à rien de dire qu'elle était loin de tous les standards alvariens. Sans le savoir elle eut les mêmes pensées que Bella avant elle, en se disant que Charlie n'était vraiment pas encombrant, tandis qu'il la laissait seule dans sa nouvelle chambre. Cette dernière n'était pas grande, mais cela lui suffisait amplement. Après tout, une chambre n'était pas un lieu où on passait la majorité du temps, donc bon. Cela ne lui prit que peu de temps de ranger ses affaires. Une fois ses occupations finies, elle descendit voir Charlie. Il était devant la télévision, à voir ce qui s'apparentait, d'après ses souvenirs à un match de baseball. Etant donné que le baseball n'était pas très populaire en France, elle ne l'avait visionné que peu de fois, avant de partir pour Gwendalavir. Elle s'assit donc à ses cotés sur le canapé et entreprit avec son aide à en apprendre les règles. Etant une élève très rapide et douée, elle ne mit que quelque minute pour tout assimiler, et commença à faire des commentaires avec Charlie sur la façon de jouer des joueurs, etc.… Autant, la conversation dans la voiture ne les avait pas énormément rapprochés, autant celle-ci donna lieu à une complicité naissante. La nuit venue, ils grignotèrent rapidement quelque chose et se dirent bonne nuit.
Plusieurs heures passèrent sans que Camille puisse s'endormir. Elle avait en effet du mal à se faire à cette nuit pleine de bruits, qui différait tellement des nuits calmes et étoilées qu'il y avait en Gwendalavir. Au bout de maints et maints roulements dans son lit, elle finit par tenter de joindre son frère malgré la barrière des mondes. Etant donné que son pouvoir avait considérablement évolué depuis qu'elle avait essayé pour la première fois, elle se dit pourquoi pas. Au bout de plusieurs minutes, elle perçut un « moui ?» ensommeillé dans sa tête. Elle faillit en pleurer de soulagement, elle avait toujours la possibilité de joindre sa famille ! Et, se dit-elle avec un temps d'arrêt, d'après la voix ensommeillée de frère, elle aurait peut être dut attendre la journée pour essayer, il n'y avait pas de décalage horaire entre les mondes après tout. Tant pis pour les regrets, elle avait son frère, elle n'allait pas le lâcher. Elle lui répondit donc, et discuta avec lui jusqu'à ce que le sommeil la prenne, peu de temps après.
Les jours qui suivirent son arrivée furent paisibles. Sa complicité avec Charlie atteignait chaque jour un nouveau stade, il ne fallut que peu de temps pour qu'ils soient très amis, et bien que ce n'était pas une relation père fille qui les liait, l'affection et le souci de l'autre y étaient très présents. Ewilan prenait petit à petit l'habitude de vivre sur Terre, et avait de plus en plus de facilité à cacher ses origines alvarienes. Elle avait quand même arrêtait de compter le nombre de fois où elle avait retenue des réflexions telle que « Par le sang des figés » ou encore « Par Merwin », cela aurait fait tâche dans le paysage.
Bella revenait le lendemain dans l'après midi. Inutile de dire que Charlie était excité comme une puce. Du moins pour les yeux attentifs de Camille. Un observateur normal l'aurait trouvé un peu plus énervé que d'habitude, mais rien de bien méchant. Camille trouvait cela mignon de voir un père excité autant par le retour de sa fille adorée. Après tout, si elle jouait ici le rôle d'une orpheline, la réalité n'en était pas très éloignée. Malgré le retour de ses parents, et surtout après les évènements liants Eléna et son père, elle conservait une relation amicale avec eux, un peu comme celle qu'elle avait avec Charlie, mais rien de parental. Elle n'avait pas le lien presque fusionnel qu'unissait souvent une mère à sa fille. C'est donc avec un grand sourire, qu'elle passa la journée à aider Charlie, pour ranger la maison, préparer un bon repas pour le retour de Bella. Doutant, et avec justesse, des capacités culinaires de Charlie, elle prit en main le repas et entreprit de faire un mélange alvarien/terrien. Apres tout s'ils lui demandaient quoi que ce soit, elle pourrait facilement le faire passer pour de la cuisine française. Le grand jour finit par arriver, et avec lui, un Charlie plus excité encore même si jusque là elle doutait fortement cela possible. Environ une heure avant la date prévue de son arrivée, ne supportant plus l'attitude de Charlie, même si elle la trouvait adorable, elle sortie faire un tour. Elle trouva rapidement un coin tranquille, à l'orée des bois. Elle y entreprit de se relaxer, d'ouvrir comme elle en avait l'habitude son esprit au monde merveilleux de l'Imagination. Elle laissa sa conscience se balader à son grés dans les spires, y monter le plus haut possible sans fournir un effort particulier. Elle ne voulait pas repousser les limites de son don, ou du moins essayer. Non, elle voulait seulement se relaxer dans un monde remplit de couleurs et de possibilités infinies. Elle n'avait eu le loisir de dessiner depuis son arrivée sur Terre, donc renouer avec les spires lui fit du bien, un bien fou. Trop tôt à son gout, elle entendit Charlie l'appeler, lui disant que Bella venait d'appeler disant qu'ils seraient là dans un petit quart d'heure. Respirant profondément une dernière fois, elle se leva avec souplesse et se dirigea tranquillement vers la maison en contre bas. Camille avait le sentiment que la soirée allait être longue, très longue. Retrouvant un Charlie étrangement calme, elle s'assit sur le canapé du salon, et attendit en sa compagnie. Le silence, toute fois non pesant, fut brisé par le bruis d'une voiture se garant dans l'allée. Charlie se leva tel un ressort et se dirigea à grandes enjambées vers là porte, puis sous le porche à la rencontre des nouveaux venus. Ewilan, quant à elle prit son temps pour se lever et aller les saluer. Quand elle sortit, la première chose qu'elle vit fut un couple, ou plutôt une des moitiés du couple étant donnée que l'autre était enfouie dans les bras de Charlie. Ce fut donc sur ce fameux Edward que ses yeux se posèrent en premier lieu. Il était charmant, à tomber il fallait le dire. Grand, élancé, des cheveux cuivres dans tous les sens, une peau pale, des yeux dorés, un physique que certaines diraient de rêve. Pourtant pour Ewilan, il était beau, mais pour elle Salim le valait largement, et Liven. Liven. L'homme qui l'avait fait douter de son amour pour Salim, l'homme qu'elle avait perdu après l'avoir trouvé suite au départ de Salim. Elle l'avait aimé, peut être même plus que Salim, mais il lui avait été arraché par la dernière guerre qui avait eu lieu en Gwendalavir. Une guerre menée contre les derniers des Raïs. Elle n'avait put le sauver, alors qu'il tombait pour la sauver elle-même.
S'arrachant à ces malheureuses pensées, elle poursuivit son observation de ce qui se déroulait sous ses yeux. Edward regardait d'un œil attendrit Bella engloutie par les bras aimants de son père. Ewilan ne se troublait pas qu'il n'ait pas repérer sa présence, après tout elle savait être silencieuse quand elle le voulait, grâce aux enseignements combinés de Siam et d'Ellana. Elle se fit donc remarquer pas un discret raclement de gorge. Elle fut, par contre, grandement étonnée par la vitesse à laquelle Edward tourna ses yeux vers elle, ahurit comme s'il aurait du l'entendre. Quand il vrilla ses yeux aux siens, elle sentit une sorte de picotement au creux de sa nuque, et une présence toucher son esprit. Elle réagit alors à la vitesse de l'éclair, et barricada son esprit et de toutes intrusions possibles, sans toute fois ne rien laisser paraître. Pour se donner contenance, elle descendit doucement les marches jusqu'à atteindre Charlie et sa fille, mais tout en restant un peu en retrait pour ne pas interférer dans leur moment bien à eux. Après quelques minutes de plus, Charlie laissa partir sa fille, presque à regret. Camille pu alors l'examiner entièrement. Elle ressemblait bien à la description que Charlie avait fait d'elle. Petite, mince dans le genre molle, blanche pour quelque venant de Phoenix, un air fragile qui disait bien, attention je risque de tomber à tout moment. Ewilan dissimula un sourire et lui tendit chaleureusement la main tout en se présentant. Bella avait l'air quelque peu ébahie par son apparence, mais bon Ewilan savait que même dans Gwendalavir les yeux violets étaient rares, et que ce n'était pas dans des petites villes des US, qu'on a l'habitude de voir des jeunes filles dépassant les un mètre quatre-vingt. Elle ne se formalisa pas de voir qu'Edward lui fit un simple signe de tête en guise de bonjour, il n'avait pas l'air très tactile comme personne sauf avec sa copine. Alors qu'ils rentraient tous à l'intérieur, le temps s'était considérablement couvert ces derniers jours, Bella posait des questions de toutes sortes sur la France aux quelles Ewilan s'efforçait de répondre au mieux. Après tout elle n'avait pas mis un pied en France depuis quelques années, mais avait prit le temps de s'informer au mieux de la situation actuelle. Edward pendant ce temps répondait aux questions de Charlie sur leur séjour en Alaska. Au bout d'une petite heure, Edward annonça qu'il devait renter chez lui, et Bella l'accompagna jusqu'à sa voiture. Pendant ce temps Ewilan aida Charlie à mettre la table, et à sortir et finir de préparer le diner. Ils mangèrent à travers une conversation animée, discutant allégrement des vacances de Bella en Alaska, de la rentrée qui se profilée, des futures études envisagées, de sujets banals en fait. 'En fin de compte la journée ne s'est pas si mal passée' pensa Camille en se couchant.
Les jours continuèrent de passer, permettant à une routine de s'installer. Bella passant la majorité des jours avec son petit-ami, sauf quelque rares jours qu'elle passait soit en compagnie de Charlie, soit avec des amis à elle de Forks, ou à La Push, ce qu'Ewilan apprit être la réserve indienne du coin. Au fil des jours, Ewilan appris à connaitre Bella plus en détails, et à se rendre compte que malgré tous les efforts qu'elle pouvait fournir, elles ne seraient certainement jamais amies. Bella était tout simplement trop molle, ou du moins pas assez énergique dans la vie de tous les jours pour Ewilan. Sauf bien sur quand il s'agissait de son cher Edward, alors là, il fallait la voir ! Energique comme une puce, même pire… Bien sûr, Ewilan ne restait pas cloîtrée chez les Swann toute la journée, elle sortait souvent avec Bella quand elle allait voir ses amis de Forks. Elle avait fait la connaissance d'Angela, de Ben, de Jessica et de Mike. Un groupe de jeunes qui d'après elle représentait exactement la jeunesse actuelle de la Terre, si différente de la jeunesse alvariene. Ils étaient tellement immatures, mais aussi tellement naïf que d'une certaine façon elle les enviait. Elle s'était aussi aperçue des regards que la population masculine lui lançait, mais elle n'avait que faire. A travers le mois d'Août, Ewilan avait réussit à disparaitre dans les bois pour continuer son entrainement au sabre et autres armes, mais aussi pour dessiner.
Et c'est ainsi qu'un beau matin la rentrée arriva.
