Cela semblait être une lettre. Elle se dit que ça devait être une lettre d'une de ses nombreuses prétendantes. Peut-être qu'elle lui disait qu'elle le quittait ce qui expliquerait pourquoi il pleurait. Non, Drago n'était pas du genre à pleurer pour une fille. Elle déroula le morceau de papier et en commença la lecture. Ses yeux s'agrandirent au fur et à mesure qu'elle lisait. Quand elle eut finit, elle releva la tête pour regarder dans la direction qu'avait prit Malefoy. Elle regarda de nouveau la lettre. Il faut que j'aille montrer cette lettre à Dumbledore se dit-elle. Elle réfléchit un instant. Non je ne peux pas faire ça, se serait trop risqué pour lui. Elle fut elle-même surprise de penser à protéger ce petit arrogant de Malefoy. Elle décida de réfléchir calmement avant de faire quoi que se soit. Elle retourna avec ses amis et la journée se termina ainsi. Le lendemain, en se levant elle regarda par la fenêtre et vit Malefoy prêt du lac. Visiblement il cherchait quelque chose. Sa lettre se dit-elle. Elle s'habilla et descendit pour le déjeuner. Pendant la journée elle croisa plusieurs fois Drago. Il semblait inquiet, et il y avait de quoi, cette lettre était très compromettante pour lui. Le soir, Hermione réfléchit longuement dans sa chambre. Elle pourrait se servir de cette missive pour le faire chanter, où même en parler à Harry et Ron pour qu'ils lui mènent la vie aussi dur que le blondinet leur menait. Mais soudain elle entendit la voix de son père résonner dans sa tête. « Qu'importe ce qu'a pu te faire ton pire ennemi, tu ne dois pas te rabaisser à être aussi cruel que lui ». Elle secoua la tête, prit sa veste et se dirigea vers le dortoir des serpentards. Au moment où elle arrivait, Crabbe et Goyle sortaient. Elle attendit qu'ils soient partis et se glissa rapidement derrière le portrait du chevalier qui gardait la porte du dortoir. Il s'insurgea contre cette étrangère qui rentrait sans même annoncer le mot de passe, mais elle n'y prêta pas attention. Heureusement pour elle, la salle commune était vide, tout le monde devait être partit dîner. Elle regarda la salle aux couleurs de la maison et frissonna devant ce manque de chaleur. Elle entendit du vacarme à l'étage alors elle monta le plus discrètement possible. Elle aperçut Malefoy par l'entrebâillement de la porte, il était en train de retourner toutes ses affaires. Elle poussa la porte et resta un instant à le regarder. Il ne la remarqua que quand elle prit la parole.

Hermione : C'est ça que tu cherches Malefoy ?

Il aperçut la lettre dans ses mains et vint vers elle furieux.

Drago : De quel droit tu fouilles dans mes affaires, sale fouineuse !

Il lui arracha la lettre des mains et lui lança un regard assassin.

Hermione : Je l'ai trouvé prêt du lac !

Il continua à lui lancer son regard de tueur.

Drago : Ca t'a plu de me voir chercher partout !

Hermione : Non, je...

Drago : Comment es-tu rentré ici d'abord ? Les gryffondors n'ont pas le droit de pénétrer dans la maison Serpentard et encore moins les sangs de bourbe.

Alors là s'en était trop, elle lui ramenait sa lettre et il continuait à l'insulter. Son sang ne fit qu'un tour et elle lui balança :

Hermione : Je ne suis peut-être qu'une sang de bourbe, mais au moins j'ai la conscience tranquille moi ! Peux-tu en dire autant monsieur le Mangemort ?

Il la regarda avec des yeux plus furieux qu'auparavant. Elle l'avait lu, cette sotte avait lu sa lettre. Il s'approcha de l'endroit où elle était. Elle paniqua à l'idée qu'il s'approche si dangereusement d'elle. Mais il se contenta simplement de fermer la porte. Il se retourna face à elle.

Drago : Je ne suis pas un Mangemort !

Hermione : Non, mais d'ici un mois tu le seras.

Drago : Tu n'aurais pas dû lire cette lettre Granger. Tu ne sais pas à quoi tu t'exposes !

Hermione sentit la peur lui courir le long du dos.

Hermione : Qu'est-ce que tu vas faire ? Me tuer ? Comme ça tu vas pouvoir rapporter à papa Malefoy que tu as été un bon mangemort et que tu as commencé par éliminer une sang de bourbe.

Drago : Je ne suis pas ce que tu crois... Je ne suis pas un mangemort et je ne veux pas le devenir.

Elle le regarda un moment, étonnée de cette révélation.

Hermione : Mais je croyais que...

Drago : Que quoi ? Que mon seul but dans la vie était de rejoindre les rangs de Voldemort ?

Elle frissonna en entendant ce nom.

Hermione : Mais alors cette lettre ?

Drago : Mon père dit que je dois être fier que le maître des ténèbres m'ait choisit pour être à ses côtés et que je dois prendre la cérémonie d'intronisation comme une deuxième naissance, il pense que je suis heureux de cette nouvelle, mais il se trompe.

Hermione : Pourquoi tu ne lui dis pas que tu ne veux pas faire partit de leur clan ?

Il émit un rire moqueur.

Drago : Tu crois qu'il suffit que j'aille voir mon père et que je lui dise que je ne veux pas devenir comme lui pour qu'il me laisse en paix ? Tu vis dans quel monde Granger ? Que crois-tu que fait le maître des ténèbres à ceux qui refusent de le rejoindre ?

Elle ne sut que répondre. Il la regarda en secouant la tête.

Drago : Tu n'en as aucune idée pas vraie ? Seule une sorcière élevée par des sales moldus peut penser que tout s'arrange en parlant !

Elle sentit les larmes lui venir aux yeux en entendant Malefoy traiter ses parents de sales moldus. Elle le regarda et lui hurla dessus.

Hermione : Tu sais quoi je m'en fiche de ce qu'ils feront de toi ! A mes yeux tu es déjà l'un des leur de toute façon.

Elle sortit et claqua la porte avant de se mettre à courir pour s'assurer qu'il ne la suivait pas. Elle se dépêcha de passer le portrait et courut en direction de la tour de gryffondor non sans bousculer Pansy au passage. Celle-ci lui hurla des injures qu'Hermione n'entendit même pas tellement elle était en colère contre Malefoy. Elle s'écroula de tout son long sur son lit et pleura longuement. A un moment ses larmes s'arrêtèrent d'elles-mêmes. Elle se demanda alors pourquoi elle avait prit la remarque de Malefoy autant à cœur. Il avait pourtant traité de nombreuses fois ses parents de moldus. Oui mais aujourd'hui, ses parents n'étaient plus là et parler d'eux le lui rappelait. Elle sécha ses larmes en entendant la voix de Harry et Ron. Elle entendit frapper à sa porte puis Harry la poussa timidement.

Harry : Hermione tu es là ?

Il rentra et vit son amie se lever.

Harry : Est-ce que tout va bien ?

Hermione : Oui pourquoi ?

Harry : Tu n'es pas venue manger ce soir. D'ailleurs tu sautes beaucoup de repas depuis la rentrée je trouve.

Hermione : Oh je n'ai pas très faim c'est tout.

Ron : Ma mère dit toujours qu'il faut manger même quand on n'a pas faim.

Harry : Il a raison, tu as perdu trop de poids depuis l'année dernière.

Hermione : Je vous assure que tout va bien.

Harry s'approcha d'elle.

Harry : Tu aurais des raisons de ne pas aller bien tu sais...

Elle lui sourit tristement.

Hermione : A quoi bon m'apitoyer sur mon sort ?

Harry : C'est quand même dur ce qui t'es arrivé...

Ron : Mais elle a raison, il faut remonter sur le cheval dés qu'on en tombe... ou un truc comme ça... enfin je t'ai apporter quelques trucs à grignoter, alors s'il te plait mange, je ne voudrais pas que tu finisse comme ces mannequins moldus qui ont l'air de gobelins...

Elle lui sourit et prit la nourriture que son ami lui tendait.

Hermione : Merci...

Ils lui firent un sourire et sortirent pour rejoindre la salle commune. Hermione posa les gâteaux sur la table et se regarda dans la glace. L'idée de ressembler à un gobelin l'effrayait. Pourtant elle n'avait rien à voir avec ces créatures. Hermione Granger avait beaucoup changé depuis sa première année à Poudlard. Petite et maigre au départ, elle était devenue aujourd'hui une magnifique jeune fille bien proportionnée qui n'avait rien à envier à toutes les autres sorcières. De plus son intelligence la plaçait encore bien plus au-dessus d'elles. Mais c'était peut-être ça qui faisait fuir les garçons de Poudlard. Qu'importe, se dit-elle, quand je sortirai d'ici je trouverai un homme charmant et peu m'importe qu'il soit moldu ou non. L'idée de rencontrer quelqu'un lui fit à nouveau penser à ses parents. Ils n'auraient jamais la chance de la voir se marier. Ils ne la verraient même pas diplômer. Ces pensées la firent de nouveau sombrer dans le chagrin. Elle s'allongea sur le lit et s'endormit tout habillée encore une fois, sans même avoir toucher aux victuailles de Ron. Le lendemain, elle se réveilla en sursaut et se dépêcha de se préparer car elle était en retard. Bien sûre, ce matin là commençait encore par un cours de potions. Elle arriva aux cachots avec 10 minutes de retard. Rogue lui enleva 15 points et l'humilia devant tout le monde en lui faisant remarquer qu'elle avait à peine eu le temps de fermer sa robe. Elle alla s'asseoir à côté de Malefoy et ne lui jeta pas même un regard. En revanche, lui la dévisagea avec des yeux de rapaces. Il n'avait pas eu le temps de demander à cette petite vipère si elle envisageait de tout révéler à ses camarades. Mais elle ne lui en laissa pas l'occasion car elle partit toute suite après le cours. Pendant plusieurs jours, il essaya de la trouver pour la menacer de lui faire du mal si jamais elle répétait le contenu de la lettre de Lucius Malefoy. Il réussit à la coincer dans un couloir lors d'un déjeuner. Il la tira derrière un mur où il était caché. Elle se débattit puis vit que c'était lui.

Hermione : Tu es devenu fou Malefoy ?!

Drago : Chut ! Ecoute il faut que je m'assure que tu n'as rien dit à propos de ma lettre !

Elle le dévisagea un instant et constata que son visage était différent. Il avait peur, ça se sentait. Elle sourit ironiquement devant cette fouine.

Hermione : Oh, Drago Malefoy craint que l'école entière sache qu'il est un futur mangemort.

Il l'attrapa et la plaqua contre le mur avec de la colère dans les yeux.

Drago : Ecoute-moi bien Granger ! Je ne suis pas un mangemort, je te l'ai déjà dit !

Hermione : Alors pourquoi as-tu aussi peur que je dise ce que je sais aux autres ?

Drago : Tu sais combien d'élèves sont déjà des mangemorts ? Et tu sais combien rêvent de devenir des aurors ? Si ces derniers pensent que je fais partit des mangemorts il n'hésiteront pas à me traquer dés que j'aurai passé la porte de cette école. Et si les mangemorts apprennent que je ne suis pas dans leur camp, ils n'attendront même pas que je sois sorti pour me faire la peau !

Il relâcha son étreinte et se tourna, avant de la regarder de nouveau.

Drago : Si quelqu'un découvre le contenu de cette lettre, je suis perdu. Je ne veux pas qu'on me prenne pour l'un d'eux !

Elle le regarda sentant le désespoir qu'il dégageait. Il était vraiment terrorisé. Il attendit qu'elle dise quelque chose, et sans savoir pourquoi, elle lui répondit.

Hermione : Je ne dirai rien... tu as ma parole...

Il partit après avoir entendu ce qu'il voulait. Elle le regarda s'éloigner et se dit qu'elle était vraiment stupide de le protéger. Pourquoi faisait-elle ça ? Elle reprit sa respiration et se dirigea à son tour vers la grande salle. Le soir, quand elle se retrouva seule de sa chambre, elle repensa à Malefoy. Elle ne pouvait s'empêcher de revoir cette lueur dans ses yeux : la peur. C'était vraiment la première fois qu'elle le voyait aussi vulnérable. Elle sentit soudain de nouveau son souffle sur elle. Il s'était trouvé si proche de son visage. Un frisson la parcourut, mais ça n'avait rien d'un frisson de dégoût. C'était de la pitié. Elle avait pitié de lui et de ce que pourraient lui faire les mangemorts. Bon sang tu dérailles ma fille, se dit-elle, c'est de Malefoy dont tu as pitié ! Les jours passèrent, Hermione observa longuement Drago. Il n'avait plus cette suffisance dans son regard, il était pâle, enfin encore plus pâle que de coutume. Il était évident qu'il était tracassé par cette lettre et le rendez-vous qui approchait. Une semaine après la discussion qu'ils avaient eu, Hermione eut la surprise de voir Drago débarquer sur le toit de l'école où elle était en train de réfléchir. Il s'arrêta en la voyant.

Drago : Tu me traques ce n'est pas possible.

Elle le dévisagea un instant.

Hermione : Tout ne tourne pas autour de ta petite personne Malefoy ! D'ailleurs je viens ici depuis bien avant que tu connaisses cet endroit !

Il s'approcha du bord du toit à bonne distance de la Gryffondor.

Drago : Et à quoi la parfaite petite miss Granger peut-elle bien réfléchir ici ?

Hermione : A des choses que tu ne pourras jamais comprendre !

Il regarda à l'horizon. Il y eut un long silence. Malefoy commença à faire demi-tour.

Hermione : En revanche je sais à quoi le roi des serpentards pense !

Il la regarda de nouveau essayant de percer la carapace dans laquelle elle s'était enfermée.

Hermione : Dans une semaine c'est bien ça ?

Il baissa les yeux et pour la première fois elle sentit qu'il se rendait inférieur à elle. Il était désemparé et la seule personne à qu'il pouvait parler de son désarroi était sa pire ennemie. Il se savait à sa merci, pourtant il ne sentait pas une tentative de sa part de prendre le pouvoir sur lui.

Drago : Je ne sais pas quoi faire...

Elle le regarda un instant, comprenant qu'il avait besoin d'entendre Hermione lui donner la solution.

Hermione : Pourquoi tu n'en parlerais pas à Dumbledore ?

Drago émit un rire déçu.

Drago : Alors c'est ça ta solution ? En parler à Dumbledore... Tu perds les pédales Granger.

Hermione : Il est le seul capable de lutter contre le maître des ténèbres et tu le sais !

Drago : Et que fera-t il pour me protéger de tous les fidèles serviteurs du maître ?

Hermione : Je...

Elle se tut ne sachant que dire, il commença à s'en aller. Elle se retourna soudainement.

Hermione : Tu veux une solution à ton problème ?

Il s'arrêta et se tourna vers elle avec un regard interrogateur.

Hermione : Mens leur...

Drago : Mentir aux mangemorts ? Ne sais-tu pas qu'ils sont capables de voir au plus profond de ton âme ?

Hermione : S'ils sont face à toi, ils le peuvent... mais si tu ne les rencontres pas, ils ne pourront pas.

Drago : Je ne te suis pas.

Elle soupira d'exaspération.

Hermione : Tu es encore plus stupide que je ne le croyais ! Ecris à ton cher papa et dis-lui que Dumbledore a des soupçons sur toi et que se serait trop risqué de t'absenter de Poudlard pour cette rencontre. Ils penseront que tu veux protéger leur maître et te laisseront tranquille, du moins pour le moment.

Il réfléchit un instant puis la regarda.

Drago : Tu n'es pas aussi sotte que je le croyais...

Hermione : Je suppose que c'est ta façon de me remercier !

Drago : Tu rêves Granger, jamais je ne te remercierais !

Pourtant les yeux du jeune homme trahirent toute la gratitude qu'il ressentait pour elle de lui avoir trouver le moyen de se défaire de son problème, du moins momentanément. Il fit demi tour et repartit par où il était arrivé. Hermione regarda de nouveau l'horizon et se surprit à sourire. Pire encore elle était soulagée pour lui. Soulagée ? Enfin Granger reprends toi ! Ce petit prétentieux de Malefoy mériterait son sort. Mais au fond d'elle, elle savait qu'elle avait eu raison de l'aider, elle sentait que son père serait fier d'elle s'il était encore de ce monde. Elle sentit alors une larme couler sur sa joue