Auteur : Lyly[u]

Fandom : Merlin

Bêta-lectrice : Ariani Lee

Dislaimer : Not mine. BBC's. And really, that's a shame… T-T

Note de l'auteur : Les sentiments d'Arthur lors de la scène précédemment décrite. Toujours 'fin' épisode 201


Une question de confiance


Lorsqu'il l'avait vu, il n'avait pas hésité. Il l'avait appelé, et regardé se retourner. Cela faisait plusieurs jours qu'il ne l'avait pas vu. Merlin n'était pas venu le voir dans sa chambre, et avait disparu des couloirs. Il aurait presque pu croire que le jeune servant avait cherché à l'éviter, s'il n'avait su que c'était parce qu'il l'avait renvoyé et que Merlin pensait ne pas avoir droit de lui revenir.

Le jeune homme paraissait tendu et gardé il s'adressa à lui avec une étonnante politesse d'une neutralité impeccable, et rien que ça aurait dû le mette sur la voie. C'était exactement comme ça qu'il devait s'adresser à un noble, et si anti-Merlin que ça le choqua presque. Le défi dans ses yeux et ses paroles, par contre, ne le surprit pas. Ça, c'était Merlin. Impertinent, insolent à la limite de la grossièreté, défiant. L'amertume, cependant, n'était pas Merlin. L'amertume était autre chose : de la rancœur, de la douleur. Et de la colère – beaucoup de colère – apprit-il. Merlin lui en voulait – ce qu'il prit visiblement plaisir à lui expliquer longuement. Et vu de son point de vue, il y avait de quoi. Merlin le faisait paraître pour un salaud, balayant tous ses arguments pour les lui renvoyer détournés et acérés. Arthur ne pensait pas être un salaud, en fait il traitait Merlin de manière très décente pour un serviteur. Tous n'étaient pas considérés comme lui ou Gwen, loin de là. Mais merlin ne voulut rien y entendre et continua de l'agonir de reproches. Il ne pensait pas que Merlin puisse jamais se mettre en colère de cette manière, surtout pas contre lui. Quoiqu'après tout ce fusse Merlin, pourquoi s'obstinait-il à attendre de lui respect et soumission ?

Le plus douloureux fut lorsque Merlin l'accusa d'avoir causé la mort de ses gens, parce qu'il le reconnaissait lui-même. S'il avait écouté Merlin et s'était un peu méfié de Cédric, peut-être aurait-il pu éviter à toutes ces familles le drame de perdre un ou plusieurs membres, à une partie de son peuple de mourir d'horrible manière. Merlin le savait, qu'il attachait plus qu'à tout de l'importance à son peuple, et en joua, insistant, enfonçant le couteau dans la plaie. Merlin se vengeait de quelque chose, de toutes les choses qu'il lui criait au visage. Arthur n'avait quasiment pas le temps d'en placer une pour tenter de se défendre.

Puis Merlin commença alors à pérorer à propos de ne penser qu'à lui, jours et nuits, lui sauver la vie et mettre en danger la sienne pour lui, Arthur, de n'obtenir qu'indifférence et de souffrir pour lui – et Arthur devait reconnaître qu'il avait menti et écopé du pilori trois fois de suite pour couvrir ses escapades romantiques, avoir bu dans la coupe empoisonnée pour prouver qu'elle l'était effectivement, et pas mal d'autres choses courageuses et très stupides – mais Merlin était aussi un très mauvais serviteur, et il était normal qu'Arthur lui pointe ses erreurs !

Alors le vase explosa. Arthur l'entendit très bien, et vit tout aussi bien. Les yeux de Merlin avaient viré au jaune doré. Les yeux d'un loup - ou d'un sorcier. Ce fut bref mais ce fut, et Merlin eut soudainement l'air effrayé sous toute cette colère. Tout l'être d'Arthur criait à la magie. Mais Merlin était gentil. Il n'avait jamais rien fait pour blesser Morgana, Gwen ou lui, Arthur, le prince couronné, héritier du trône et du royaume de Camelot. Merlin… Peut-être que Merlin lui avait sauvé la vie… ? Du genre… autrement qu'en buvant le calice empoisonné…? Arthur sentit sa tête tourner. Si Merlin était un sorcier… il devait réfléchir. Une multitude de possibilités s'ouvriraient devant lui…

Arthur n'avait jamais vraiment pensé à son comportement envers Merlin. Il l'aimait bien et le jeune garçon l'amusait autant qu'il l'irritait il restait néanmoins son serviteur. Les princes ne frayaient pas avec les basses gens. Mais Merlin n'était pas un serviteur – Merlin était venu au château pour être l'apprenti de Gaius, et avait été propulsé homme de chambre du Prince (ce qui devait le plus ressembler à l'Enfer pour lui) pour lui avoir sauvé la vie. Et Merlin était peut-être aussi un sorcier, ce qui pouvait expliquer toutes les choses bizarres qui s'étaient passés cette dernière année, et leurs dénouements souvent miraculeux. Peut-être bien que Merlin faisait pour lui tout ce dont il avait parlé. Au vu de tout ce qu'il venait de lui dévoiler, le jeune homme devait depuis s'en mordre les doigts.

Malgré ses réflexions, il entendit Merlin lorsqu'il le menaça de partir. Et ça n'avait même pas l'air d'une menace, en plus. Juste d'un constat. Un froid soudain glaça les entrailles d'Arthur. Il réalisa que Merlin était vraiment usé par son comportement, et que l'épisode Cédric-Sigan n'avait rien arrangé aux choses. Qu'il était en train de perdre Merlin. Et même si c'était un très mauvais serviteur…

C'était une honte, mais Arthur ne voulait pas que Merlin le quitte. C'était un affreux serviteur mais il y tenait. C'était le sien. Il essaya alors de le retenir en lui donnant ce que Merlin désirait, priant pour qu'aucun noble, et surtout pas son père, n'arrive à ce moment-là – pendant qu'il s'excusait auprès un paysan. Il voulait lui dire qu'il lui faisait confiance, parce que c'était vrai, et lui faire comprendre qu'il avait été élevé à ne croire ou aimer personne, surtout pas les serviteurs, mais que Merlin l'avait changé et qu'il essayait de travailler sur ça. Qu'il n'avait pas compris – pas vu ses yeux – plus tôt et que, par conséquent, Merlin devait lui donner un peu de temps pour tout absorber et s'approprier. Ça ne sortit pas vraiment comme ça, c'était davantage un balbutiement malhabile. Il suffit néanmoins à attirer l'attention de Merlin, qui lui offrit un de ces sourires sans dents qui n'appartenaient qu'à lui.

Il avait réussi ! Merlin restait. Pour une semaine, du moins. A lui de le décider à rester pour toujours. Merlin ne devait pas partir. Il ne le lui permettrait pas. Merlin était à lui.

Alors qu'il regagnait sa chambre et ses réflexions, il passa devant le chaos du vase brisé, dont un serviteur se chargerait, et lui accorda un long regard. Bien. Ne lui restait qu'à apprendre à faire confiance à Merlin…

...

Mais

n'était-ce déjà pas

une preuve de confiance

que de décider

de faire confiance ?


Je désirais décrire davantage les sentiments d'Arthur dans la petite scène de rébellion de Merlin. Malgré mon commentaire, je ne déteste pas Arthur – je l'aime plutôt bien, en fait. Il n'est pas mauvais, juste royalement élevé et borné – et le fils d'Uther, ce qui n'arrange rien… Même dans la légende il est con ce type ! Sa seule bonne action a été d'engendrer Arthur (et encore, pas vraiment. Bref… !). Voici donc les sentiments d'Arthur. J'ai essayé de respecter le personnage et ai laissé la fin très ouverte, pour ne pas détonner avec le reste de la série (assez désespérante de ce point de vue, tout de même, non ? *soupir*)

[/!\ Le commentaire suivant spoile le 208 /!\]

C'est pour cela que je n'ai pas poussé sa réflexion sur la magie – néanmoins je me base sur le 208 avec Morgause. Il y a bien y avoir quelque chose pour qu'Arthur dévie du cheminement de pensée paternel. Ce peut être Will, ou autre chose, ou les deux. Je prends le « les deux » ) Et puis, franchement, c'est possible de ne rien voir de tout ce qui se passe autour de Merlin sans avoir les yeux crevés ? Arthur est intelligent, je ne pense pas qu'il puisse tout manquer comme ça. Ce qui ne signifie pas qu'il est prêt à l'admettre, car ce serait s'opposer aux lois de son père et devoir décider du sort de Merlin – beaucoup de réflexions sur ses sentiments, jugements et valuations, donc, et je ne pense pas qu'Arthur soit jamais prêt à remettre ainsi son père en cause…

Notez également, Arthur à la fin du texte n'a pas vraiment changé : il considère Merlin comme sien, et c'est en partie pour cela qu'il ne veut pas le voir partir. Il se ment sûrement beaucoup sur le fait que ce soit la seule raison, mais en tout cas ç'en est au moins une bonne partie ! Ah, les mecs… x)

J'espère que cela vous aura plu ^_^ Je devrais revenir dans le fandom rapidement, leur relation me touche énormément. J'ai envie de baffer Arthur à peu près tous les 4 épisodes (ou 2, selon l'action…) et parfois de faire Awwww ! *o*, par exemple lorsqu'il aide Merlin à attacher son gantelet dans le 110 – The Moment of Truth.

Je vais cesser là cette 'petite note', car elle deviendra bientôt plus longue que le texte en lui-même^^ (450 mots, déjà…) En tous cas merci d'avoir lu )

Lyly[u]

Yaoistiquement vôtre

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