Bon. Vous avez pu remarquer que mon rythme n'est pas spécialement intense, mais me revoilà avec le deuxième chapitre! Une chose à faire avant de commencer, l'étape inévitable que j'aurais dû faire dès le chapitre 1, le disclaimer.
Donc, tous les personnages de ce manga m'appartiennent, ainsi que l'univers, les ballerines de Bonclay et le chapeau adorable de Chopper, la coupe afro de Luffy et même le pouvoir de rendre toutes ces petites marionnettes disgracieuses au possible. Ah, et les droits d'auteur me reviennent à 90%, et les petits 10% sont reversés à Haagen Dazs. Aboulez la monnaie avant de commencer la lecture évidemment. *tend un gobelet aux éventuels lecteurs*


L'équipage, qui s'était précipité après l'appel de Luffy, observait la petite boule de poil crispée allongée sur un des lits blancs de l'infirmerie. Chopper, le teint verdâtre, s'était enroulé sur lui-même. Le petit être se tenait le ventre et semblait bien incapable d'esquisser ne serait-ce qu'un mouvement, ses yeux fermés sur une expression douloureuse, quelques gouttes de sueur commençant à perler sur son front. Il était clair que le renne était... malade. Un médecin malade sur un bateau avec pour seuls occupants des personnes ayant des compétences médicales pour le moins limitées.

La suite du voyage s'annonçait périlleuse.


Robin, malgré ses nombreuses lectures et ses quelques connaissances dans le domaine de la médecine, pouvait affirmer qu'elle n'avait jamais vu de tels symptômes chez un quelconque animal ou humain. En effet, une poignée de minutes après que les personnes présentes dans la pièce exiguë avaient commencé à débattre sur l'existence d'une telle maladie, Chopper avait commencé à délirer dans son sommeil agité, débitant quelques vagues « protéger l'autographe de Sniperking contre les monstres marins à six têtes... Mais Usopp sera là... », comme des « plus de barbe à papa, plus de barbe à papa ! » sans oublier les « laissez-moi tranquille ! Et je ne suis pas un raton laveur d'abord ! ».

Dans cet état, impossible pour le médecin de diagnostiquer quoi que ce soit. À moins que sa fameuse recette d'un « très bon antidépresseur » avec « deux gélules de mort au rat, de la sève de fenouil et quatre cuillères de cyanure », ajoutée à la liste des hallucinations, ne soit effectivement une technique révolutionnaire. Avec le talent du renne, il était tout à fait capable de composer des remèdes miracles en plein délire. À tester sur une prochaine victime aléatoire. Si c'était pour le bien de la science...

Au vu de l'incapacité du docteur, l'archéologue avait donc essayé d'établir elle-même son bilan. Après le festin matinal des deux amateurs de sucreries sur le pont, elle avait d'abord opté pour l'hypothèse la plus probable, à savoir que Chopper avait juste des petits problèmes d'indigestion. Mais depuis quand cette affection passagère donnait-elle des rêves suspicieux ? Une autre source peut-être ? Une autre maladie rare ? La piste la plus probable était cette barbe à papa, il fallait trouver son fabriquant. Cependant...

Elle jeta un regard curieux à son capitaine, qui se comportait tout à fait normalement. Un air blasé sur le visage, il avait l'air de s'ennuyer profondément, tournant sur la chaise à roulettes du bureau de Chopper et aucun mal de ventre n'avait l'air de se manifester. Pourquoi ne se tordait-il pas de douleur lui aussi ? Aucune pulsion sadique ne se reflétait derrière cette interrogation, juste une constatation de plus pour son enquête.

L'archéologue devait percer ce mystère, il en allait de sa réputation de détective discrète.

Soudain, alors que la brune sortait de ses réflexions, le garçon élastique se releva brusquement de sa toupie improvisée et vint s'agenouiller près du petit lit où gisait Chopper, son visage à la hauteur de la bouille tordue du malade.

« Chopper, j'ai quelque chose d'important à te dire. »

Ces mots arrêtèrent net les conversations. Quand leur capitaine employait ce ton, il ne plaisantait plus. Cependant, la brune ne cacha pas son petit sourire en coin, s'attendant déjà à une suite farfelue de la part de Luffy.

« Je dois admettre que l'ennemi est proche, et que ton témoignage te fait prendre de gros risques. Mais, malgré les terribles conséquences, dis-moi : est-ce que ce sont les blettes d'hier soir qui t'ont rendu malade ? reprit l'homme au chapeau de paille .»

L'érudite ne s'y était pas trompée, le garçon élastique ne l'avait pas déçue. Sans se départir de sa petite mimique, elle se transforma en spectatrice passive de la bataille qui se préparait.

Sanji, qui avait prêté une oreille attentive au micro discours de son capitaine, sentit une colère sourde parcourir tout son corps lors de la question finale.

« Qu'est ce qu'elles avaient mes blettes hein ? s'écria le cuisinier. »

Les yeux de chien battu de Luffy répondirent à ceux furax du blond. Ce regard de martyrisé ne tarda pas à dériver vers une expression angoissée.

« Me dis pas qu'il en reste pour ce midi Sanji ? Je voulais vraiment que tu prépares le gigot géant que t'as acheté la semaine dernière ! Il a l'air trop bon ! »

Devant les yeux adorateurs du garçon au chapeau de paille, toutes les personnes présentes qui s'étaient inquiétées au sujet de ce soudain refus de nourriture furent légèrement plus rassurées. Un malade, ça suffisait amplement sur un bateau sans médecin valide, pas besoin d'en rajouter un deuxième.

Seul le cuisinier n'était pas de cet avis. Il en avait assez. Le bretteur qui dénigrait une fois de plus son petit déjeuner pour s'entraîner dans la vigie, passe encore. Si cette tête de brocoli tenait à entamer un régime, grand bien lui fasse. Par contre, que Chopper soit malade lui avait rajouté une grosse pression. Visiblement, son ventre le faisait souffrir. S'il lui avait attrapé une saloperie de gastro par sa faute, alors que c'était lui le cuisinier du bateau, lui qui assurait un menu équilibré chaque jour, lui qui faisait en sorte que tous les membres mangent à leur faim, lui qui était en charge de l'hygiène de sa cuisine. Qu'aurait dit Zeff ? Pourtant, il s'était assuré que ses blettes soient parfaites... Et personne d'autre n'était tombé malade après le dîner précédent. C'était un germe qui ne s'attaquait qu'aux cervidés ? Et maintenant, son talent était bafoué par un homme pourvu de papilles gustatives qui réagissait rarement à autre chose que de la viande. Il en avait l'habitude, mais aujourd'hui, les circonstances étaient contre le chapeau de paille. La qualité de ses plats avait-elle baissée ?

Ce trop plein de questions qui restait sans réponse le torturait. Pour l'instant, il avait un idiot à frapper qui avait osé critiquer sa nourriture et l'humilier devant ses deux déesses. Un petit combat permettrait de lui vider la tête pour un moment.

C'est donc naturellement qu'il lança son premier kick et l'esquive du chapeau de paille fut tout aussi rapide. Un deuxième coup allait suivre, mais la furie rousse ne semblait pas de cet avis.

« Une bagarre dans l'infirmerie, alors qu'il y a un malade ? Mais vous n'allez pas bien ! ».

Sbonk. Les deux opposants se retrouvèrent rapidement au sol, bosse fumante en complément.

« Maintenant, si vous voulez vous battre, c'est dehors ! vociféra la navigatrice. »

Les deux hommes furent traînés hors de la petite salle, retrouvant l'air salé du pont supérieur. De leur position, ils pouvaient apercevoir maintenant le grand ciel bleu, traversé de temps à autres par une légère brise, quelques mouettes et de fins nuages blancs paresseux qui avaient succédé aux nuées orageuses de la matinée. Le temps changeait décidément vite dans le Nouveau Monde...

« Alors, Sanji, c'est bon pour le gigot ? »

Il allait définitivement tuer cet abruti.

L'entraînement vous vide la tête, vous repose. Répéter inlassablement les mêmes exercices. Toujours la même routine, la même mécanique bien huilée. Un moment de calme privilégié dans l'agitation quasi permanente du bateau. Pourtant, cette pause n'empêchait jamais Zoro de prêter attention à l'univers qui l'entourait. L'absence d'un quelconque bruit au dehors de la vigie était perturbant, le déjeuner devant déjà être plié depuis un bon moment et il n'apercevait néanmoins aucun de ses compagnons sur le pont. Pas même un seul garçon de corvée de pêche.

Inconsciemment, le bretteur porta une oreille un peu plus attentive à l'ambiance du navire. Un bruit de porte qui claque, du bois qui craque et quelques cris.

« … blettes ! »

Le sabreur arrêta un instant ses tractions, reconnaissant sans mal la voix de son meilleur ennemi. Qu'est ce qu'il racontait ? Des blettes ?

« … algues ! »

Zoro lâcha la barre à laquelle il s'était suspendu, maintenant sorti tout à fait de sa bulle que lui avaient procurée ses exercices. Est-ce que ce crétin de cuistot se permettait de se foutre de sa couleur de cheveux alors qu'il ne l'avait pas vu de la journée ? Il voulait se battre ?

« … épinards ! »

Bon. Là, il allait définitivement lui faire sa fête. Il ouvrit la trappe d'un geste rageur, juste à temps pour entendre la dernière estocade de son éternel adversaire.

« Et puis c'est pas non plus comme si un légume vert pouvait faire du mal ! »

Il se dépêcha de descendre l'échelle, pas question de laisser cet affront impuni plus longtemps ! Il remarqua brièvement son capitaine faire le singe sur le mât principal du Sunny, mais n'y prêta qu'une vague attention. Ce devait être un nouveau jeu de Luffy, rien de plus. Par contre, il remarqua l'attitude étrange du blondinet qui était dos à lui, fixant le garçon au chapeau de paille. Il l'ignorait, comme si l'autre ne l'avait pas cherché !

Très bien. Il allait voir. Le bretteur ne perdit pas de temps pour dégainer ses sabres, alors que le cook se retournait. Il put lire une brève seconde sur son visage une grande surprise et un semblant de... compassion ? Qu'est ce qui n'allait pas ce matin ? Cependant, le cuistot se reprit vite et se mit automatiquement en garde.

« Qu'est ce que tu me veux marimo ? J'étais en train de régler un ou deux problèmes av... fut interrompu Sanji.

- Tu m'insultes depuis un bon moment et tu me demandes ce que je veux ? Mais t'es devenu complètement con ma parole !

- Qu'est ce que je t'ai d... »

Un flash de compréhension traversa le visage de Sanji, qui se déforma rapidement pour laisser place à un rire mal retenu, sous le regard interloqué du bretteur.

Pas besoin qu'il le regarde de cette tête de petit pois pas frais, c'était juste un bête quiproquo. Rien qu'en y repensant...

Il bondit sur ses pieds, surplombant Luffy qui s'était assis en tailleur avec un air interrogateur, attendant probablement une réponse affirmative. Au lieu de l'annonce tant attendue, il dut éviter une chaussure noire.

« Idiot, je vais t'apprendre à critiquer mes blettes et ma cuisine ! s'exclama le cuisinier. »

Nouvelle esquive et un petit déplacement furtif sur la gauche du brun, sûrement en prévision d'une fuite pour ne pas subir sa terrible colère. Mais il n'allait pas y échapper si facilement, sûrement pas.

« La prochaine fois au menu, ce sera algues ! Tu verras si tu regretteras les épinards ! »

Mais il va arrêter de se baisser oui ?

« Et puis c'est pas non plus comme si un légume vert pouvait faire du mal ! »

Et soudain, l'homme élastique dévoila une attaque totalement inédite de son répertoire, le « Gum Gum câlin au mât » ! Intelligent son capitaine quand il le voulait vraiment. Là où l'autre abruti était parti, Sanji était sûr de ne plus rien pouvoir faire. Personne ne souhaitait voir la grande colonne de bois du Sunny cassé net en deux, surtout pas Franky et Usopp. Cependant, vu l'état de la rambarde après un ou deux dérapages de sa part, sans oublier la cuisine...

Bah, on peut toujours improviser, un problème de Luffy, ça se plaide facilement avec un bon argumentaire. Par contre, un Zoro qui vous fonce dessus alors que vous vous retournez, qui plus est accompagné d'un air prêt à en découdre sans que vous n'ayez fait quoi que ce soit, c'était autrement plus embêtant pour l'état du bateau.

Un sourire narquois orna la bouche du blond, qui sortit de sa rêverie.

« Ah... Non, rien, laisse tomber Monsieur Petit pois, ça ne t'était pas destiné, reprit le blond, un brin moqueur.

- Tu parlais au gazon peut-être ? répondit vertement le bretteur.

- La ferme ! »

Sanji était réellement frustré de ne pas avoir eu son combat contre Luffy, sa culpabilité diffuse était toujours là. Un idiot remplacé par un autre, quelle différence après tout ? Ça lui dégourdirait les jambes. Il lança la première attaque.

Alors que le combat était déjà bien entamé, que les deux protagonistes commençaient à s'essouffler chacun de leur côté et qu'un petit macaque ne descendait pas de son bananier improvisé, la porte de l'infirmerie alla claquer contre le mur opposé.

« Mais c'est pas fini ce souk ? Chopper a besoin de CALME !

- Excuse-moi Nami-chériiiie, c'est ce rustre qui s'est jeté comme un fou furieux sur moi ! s'empressa de se justifier le cuisinier, prenant instantanément son mode Love Love dès qu'une paire de seins était dans les parages.

- Oh mon Dieu... Vous trois, commença-t-elle en pointant du doigt les trois hommes sur le pont, vous avez intérêt à avoir une sacrée bonne excuse pour expliquer ÇA. »

Le « ça » représentait le capharnaüm indescriptible du pont. N'ayant personne pour les arrêter, les garçons avaient détruit la moitié de la rambarde dans leurs affrontements. Remarquant les visages inexpressifs ou empreints d'une désolation intense de ses camarades, la navigatrice décida d'appliquer une mesure juste, équitable et qui la satisfaisait pleinement.

« Dette doublée pour tout le monde ici, déclara-t-elle d'un ton qui ne souffrait aucune protestation. »

Les trois hommes se tinrent coi, attendant que l'air sombre de la rousse, accompagné de cette petite flamme de cupidité au fond de ses prunelles, ne se dissipe. La sortie prudente du reste de l'équipage de l'infirmerie fut leur salut car l'attention démoniaque se reporta sur Franky et Usopp qui prenaient peu à peu compte de l'ampleur des dégâts. Les deux mécaniciens de l'équipage se retrouvèrent rapidement dans une attitude de déprime intense, pensant déjà aux réparations futures et plus que nécessaires.

« Vous savez, ça reste un bateau, pas un tank, pleura le cyborg.

- J'ai accepté difficilement qu'on brûle Merry, ce n'est pas pour que vous vous amusiez à défoncer son remplaçant, déclara Usopp par-dessus ses sanglots.

- Et puis on aurait l'air fin ! Imaginez la réputation : « Le navire des Mugiwaras coulé par son propre équipage ! ». On aurait l'air de quoi comme pirates, hein ? s'époumona Nami.

- Allez, c'est cool Nami, si on a plus le droit de s'amuser, rigola Luffy du haut de son perchoir.

- Toi, si tu descends... grommela la navigatrice à l'attention de son capitaine, en se dirigeant vers son lieu de refuge. »

Dès que le tourbillon coléreux se fut éloigné un peu plus loin, les chapeaux de paille soufflèrent discrètement, tandis que le canonnier et le charpentier se dirigeaient vers leur atelier, en quête de leur caisse à outils.

Pendant que le garçon élastique se prenait une dérouillée monumentale, Robin informa Zoro de l'état du petit médecin, en lui montrant la dépouille agonisante qui tenait lieu de Chopper pour l'instant, sans lui soumettre que l'idée d'une dissection lui paraissait de plus en plus envisageable pour les besoins de sa petite enquête. Elle n'avait pas l'intention de paraître plus étrange aux yeux du seul membre de l'équipage qui avait découvert son côté obscur caché.


Et puis, la vie habituelle reprit son cours sur le bateau. L'infirmerie faisait souvent l'objet de visites régulières de différents membres de l'équipage, qui soit prenaient le relais pour veiller sur le malade, soit venaient tout simplement prendre des nouvelles, s'il y avait un quelconque changement dans l'état du médecin de bord. Mais aucune amélioration ou détérioration des symptômes de Chopper n'avait été remarquée.

Seul Luffy avait préféré ne pas se rendre au chevet du renne. Il se contentait de fixer inlassablement la ligne d'horizon depuis la tête de lion, les yeux plissés et on dut le rappeler deux fois pour venir à table. Personne n'était dupe de son petit manège, mais on avait beau lui répéter qu'aucune île n'était à proximité, le chapeau de paille continuait à chercher l'ombre d'une côte hypothétique.

C'est une heure après la fin du dîner que le brun surgit sur le pont, où tout le monde profitait des derniers rayons du soleil couchant, avant de rentrer dans les entrailles du Sunny qui s'était fait refaire une petite beauté par les deux ingénieurs du bateau.

« Y a une lumière, là, à droite ! C'est un phare ! s'enthousiasmait le garçon élastique, pointant du doigt un point imaginaire.

- Tu te fiches de moi Luffy ? Aucune des aiguilles du Log Pose n'indique cette dir-

La voix de Nami mourut entre ses lèvres. Le doigt élastique montrait effectivement un petit point extrêmement brillant à l'horizon, une étoile qui aurait voulu apparaître avant ses camarades. Ça aurait bien pu être un reflet sur les vagues, un énième piège du Nouveau Monde ou un mirage. Avec tous ces rayons intenses, qui pouvait savoir ? Mais qu'avaient-ils à perdre avec un malade doté d'un teint qui ne présageait rien de bon et d'une fièvre de cheval ? La prochaine escale était à une semaine de navigation au bas mot, il ne coûtait rien d'essayer cette destination qui n'était absolument pas programmée. Le détour ne leur prendrait qu'une ou deux heures, pour un improbable et inespéré docteur au bout de la vague.

C'est dans cette optique que l'équipage décida de mettre le cap à tribord, la chance ne les ayant jamais quitté depuis le début de leur aventure. Pourquoi en serait-il autrement quand ils en avaient vraiment besoin, de cette fameuse chance ?


And now, time for the review! *ressors l'oncle Sam*