« Alors les jeunes, je dérange ? »

Tiens, John a mis moins de temps que prévu à se doucher…Ronon roule sur le côté, et j eeux me lever, attrapant la mis de John obligeamment tendue.

« Vous en avez pas marre ? »

« Si, un peu. D'ailleurs, je vais me doucher. » Je m'excuse et file. Je passe réclamer des vitamines à Carson, qui m'en donne même double dose, et retourne me réfugier sous la douche.

Encore terrifiée des sensations qui m'ont envahies tout à l'heure, mes battemets de cœur se calment peu à peu. Si John n'était pas arrivé tout à l'heure, je crois qu'il m'aurait embrassé sans plus de cérémonies. Et je crois que je me serai laissée faire.

Des coup répétés à la porte me sortent de mes pensées.

« J'arrive ! »

Je sors de la douche, m'enveloppe dans un épais peignoir – merci les Terriens – et m'approche de la porte. Pourvu que ce ne soit pas lui !

Ouf, ce n'est que Laura.

« Qu'est-ce qui t'arrive ma belle ? »

Je lui fais signe d'entrer et referme la porte en soupirant.

« Je suppose que c'est ta faute tout ça… »

« Tout ça quoi ? »

Pour une fois, elle n'a pas l'air de rire, mais plutôt sincèrement inquiète.

« Ben, hier on a un peu trop bu… et puis ce matin… »

« Quoi ce matin ? »

« Ben je me suis réveillée dans le lit de Ronon. »

La bouche de la militaire fait un grand oh d'étonnement.

« Et… »

« Et quoi ? »

« C'est pour ça que t'es pas dans ton assiette ? C'était si nul ? »

« Laura ! » Je vire au cramoisi.

« Disons que depuis ce matin, j'ai un peu de mal à me contrôler en sa présence… Et apparemment, lui aussi. Si John était pas revenu au gymnase… » finit-elle par avouer avec une toute petite voix. Le sourire de Laura s'agrandit. C'est pas drole…

« Arrêtes de sourire comme ça… C'est pas drôle .. »

« Oh que si. C'est quoi exactement ton problème ? »

« Mais attends, c'est Ronon ! On est des amis, rien de plus… »

Pourquoi ai-je l'impression de ne pas croire moi-même à cette dernière phrase ?

Laura me regarde, une moue dubitative sur le visage.

« Arrête d'être bête… » Elle s'interrompt, concentrée sur son oreillette.

Elle grimace et se lève, une fois la communication coupée.

« Ecoutes, je serai toi, j'en profiterai. Vous êtes majeurs et vaccinés, non ? »

« Moui… »

Elle ouvre la porte et sort rapidement, me laissant seule avec mes réflexions.

J'ai à peine le temps de m'habiller – pas très correct de traîner en peignoir, surtout si nous devons partir en mission – que l'on frappe de nouveau. Pensant que la mission de Laura a été annulée, je vais tranquillement ouvrir, et là, le choc ! Ronon, l'air tranquille, se tient devant moi.

Nous nous regardons dans le blanc des yeux, avant que je ne réagisse et le fasse enfin entrer, avant qu'on ne finisse par attirer l'attention.

Il va tranquillement s'asseoir sur mon lit, tandis que je vais m'appuyer sur la fenêtre. Mes quartiers me semblent soudain trop petits, et je me fais l'effet d'être la proie d'un chasseur trop adroit. Je n'ose pas croiser son regard. Je pose les yeux sur son torse musclé, et soudain mon cœur s'accélère. Des images m'assaillent. Je ferme les yeux pour tenter de les chasser, mais peine perdue. Je frissonne.

Il a un petit sourire en coin, comme s'il n'avait rien manqué de mes pérégrinations mentales.

Bon sang, c'est moi où il faut chaud ici ? Je me retourne et fais coulisser le panneau, pour aller m'appuyer sur le balcon.

Un peu d'air frais me fera le plus grand bien. Tout cela s'est déroulé sans un mot, et pourtant…

Des pas, il me rejoint. Je n'ose pas me retourner, de peur de perdre à nouveau le contrôle.

Une main de chaque côté des miennes, un torse ferme contre mon dos, un menton appuyé sur mon épaule. Je frissonne à nouveau. Il doit croire que j'ai froid, car ses bras m'enveloppent aussitôt, tout doucement, comme s'il avait peur de m'effrayer. Ronon n'a jamais été doué pour s'exprimer via des mots, mais moi je sais que sous son apparence bourrue se cache un homme droit, fier et courageux. Un homme bien, comme dirait Laura.

Mon cœur et ma raison se battent quelques instants. Mes sensations prennent le dessus. Je m'appuie contre lui, abandonnant toute résistance. Nous restons comme ça longtemps, avant qu'il ne me fasse pivoter contre lui. Il relève doucement mon visage, et plonge ses yeux dans les miens. Puis il m'embrasse, tout simplement. Il m'a laissé cent fois le temps de me dérober. Son baiser est doux, tendre. Je noue mes mains autour de son cou sans m'en rendre compte, et c'est lorsqu'une vague de chaleur m'envahit, que je comprends : la nuit dernière était loin d'être une erreur.