Merci à Debo, guest, guest, Emerald-Key, Loow-sterek pour vos reviews anonymes. Merci à tous pour vos reviews, vos mises en fav, vos mises en follow, en alert. Je ne pensais pas en avoir autant, ça m'a fait rudement plaisir et chaud à mon petit coeur. J'espère avoir répondu à tout le monde

Bon, vous avez été une majorité écrasante de "et la suite bordel" donc l'auteur faible que je suis s'est pliée à écrire une suite que voilà. On ne change pas de rating, c'est toujours T avec tout ce que ça signifie. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture


Un poing s'abattit sur le volant de la camaro rutilante. Derek Hale rageait, fulminait littéralement contre l'abruti un peu trop mignon dont il était tombé amoureux. Comment Stiles avait-il osé faire ça ? Comment avait-il pu se mettre en couple avec cette femelle alpha alors que lui, lui, loup garou de naissance, aimait comme un dingue l'hyperactif ?

Non, il n'y avait pas à dire, Derek rageait. Il avait surtout envie d'aller directement là où vivait le fils du shérif Stilinski et massacrer lentement, éviscérer cette fille fade et inutile, juste pour pouvoir récupérer son compagnon. Parce que Derek voulait désespérément Stiles et ce, depuis de longues semaines.

Au début, il l'avait trouvé épuisant à toujours parler, bouger dans tous les sens. Ensuite, il avait commencé à voir son intelligence et à comprendre que sous la grosse couche de sarcasme se cachait quelqu'un entièrement humain au milieu d'une bande d'êtres surnaturels. Lorsque le Nogitsune avait pris possession de Stiles, Derek avait compris que le garçon était important pour la meute. C'était par la suite, après son départ, que Derek s'était aperçu que ses sentiments n'étaient pas ceux qu'il aurait dû avoir pour un lycéen de quelques années de moins que lui.

Pendant longtemps Derek avait cru que Stiles était simplement un énergumène trop maigre et faiblard. Il s'était royalement trompé, Stiles était loin d'être faible et sa frêle apparence n'était dû qu'à des vêtements trop larges, parce qu'en dessous, il n'était pas maigrichon du tout, il était même bien fait de sa personne. Derek le savait pour l'avoir vu une fois. Il l'espionnait lorsque Stiles était le Nogitsune et qu'il voulait vérifier que la créature maléfique ne prenait pas le dessus sur l'humain – la suite lui avait donné tort puisque le Nogitsune avait réussi à manipuler tout le monde.

Depuis, Derek n'avait cessé de faire attention à Stiles, même de loin. Il avait toujours veillé à ce que personne ne s'aperçoive de son soudain attachement pour lui.

Quand Scott avait découvert que les Stilinski étaient partis, Derek avait cru que son monde s'écroulait, encore une fois. À penser qu'il n'avait jamais de chance en amour. Après Paige et sa mort, Kate et sa trahison, Jennifer et sa folie, il avait espéré que la roue avait tourné, qu'il allait avoir droit à un peu de bonheur. À cause de lui, sa famille avait été décimée, il avait réussi à sauver sa jeune sœur Cora et mettre son oncle dans un asile, les deux seuls rescapés de sa meute. Ah oui, il avait aussi une cousine, fille d'un psychopathe et d'une tueuse, même si Malia était relativement saine d'esprit malgré tout ce qui lui était arrivé. Cela dit, il avait du mal à voir la jeune fille comme sa cousine. Il ne la connaissait pas et s'en méfiait, peut-être parce qu'elle était un coyote-garou.

S'il n'était pas devenu fou, c'était parce qu'il avait passé un mois et demi à sillonner les routes et mener son enquête pour retrouver Stiles qui se trouvait finalement dans la capitale américaine. Derek devait avouer qu'il n'aurait rien pu faire sans l'aide de quelques contacts dont Christopher Argent. Mettre la main sur l'humain avait ensuite été facile, il avait suffi de repérer la jeep aisément reconnaissable avec sa carrosserie bleue et ses portières noires, seul spécimen existant sur le parking d'un lycée.

Derek avait réfléchi au pourquoi du départ de Stiles mais n'avait pas trouvé de réponse satisfaisante. Toute la meute avait besoin de lui. Malgré Lydia et Mason qui avaient beau être intelligents, ils n'avançaient pas à son rythme et surtout, la meute s'effondrait. Scott avait fait son possible pour maintenir la cohésion, mais elle était trop hétéroclite : Malia était une solitaire, Kira était encore en train d'assimiler ses pouvoirs de kitsune, Liam et son trouble explosif intermittent étaient difficiles à gérer, Mason était tellement content de ce qu'il vivait qu'il n'avait conscience de rien, Lydia avait tendance à aller vers Stiles quand elle ne jouait pas au tyran, Parrish, Argent et Stilinski avaient leurs propres problèmes en plus de ceux de la meute. Quant à Melissa, elle faisait partie de la meute mais de loin. Restait Deaton, l'émissaire, qui prodiguait des conseils mais privilégiait son travail de vétérinaire. Et Derek, lui, n'avait pas vraiment sa place. Il sentait qu'il n'était là que parce qu'il apprenait des choses à Scott et parce qu'il était un loup de naissance que personne n'osait vraiment mettre dehors de par son statut.

Oui, seul Stiles permettait au groupe de rester soudé. Il était important pour chacun et sans lui, sans son hyperactivité, sa maladresse, son intelligence, son franc-parler et tout ce qui faisait de lui un être attachant et exaspérant, ils n'étaient pas grand-chose.

Lorsque Derek avait réussi à retrouver Stiles, il était heureux. C'était comme si le soleil s'était de nouveau levé dans sa vie et que le bonheur était de retour. Cependant, au lieu de déclamer sa flamme comme il l'avait au préalable décidé, Derek avait subi l'attaque verbale d'un humain peu déterminé à lui parler ni même à le voir. La présence d'une autre meute devait y être pour beaucoup. Deux mâles bêtas, une femelle alpha, des adolescents que la fille tenait difficilement. Derek s'était demandé ce qu'ils étaient pour Stiles. Une nouvelle meute ? Des amis ? De simples connaissances ? Encore aujourd'hui, il n'avait pas la réponse et cela le perturbait. L'idée de courtiser un membre de sa meute ne le dérangeait pas, mais celle de courtiser un membre d'une autre meute était plus compliquée.

Le fait que Stiles ne s'intéresse pas à lui, soit attiré par les femmes ne dérangeait pas Derek. Il avait foi en son instinct et au fait qu'il pouvait parfaitement séduire un hétérosexuel qui n'avait visiblement aucun objection à faire des tests dans les deux camps, pour peu que cela lui fasse du bien. Derek se souvenait d'une discussion que Scott et son meilleur ami avaient eue, sur la virginité de l'humain et la proposition amusante d'un autre humain, Danny Mahealani. Si ça faisait rire Scott, Stiles, lui, aurait préféré oublier le fait qu'il n'avait aucun succès, que ce soit avec les filles comme avec les garçons.

Cette époque semblait désormais révolue et si Derek avait cru pendant un moment être le premier petit ami et amant de Stiles, tout cela s'était envolé lorsqu'il avait appris par un insidieux message de cet abruti hyperactif que sa proie était en couple avec une louve alpha incapable de tenir ses bêtas.

C'était cette annonce qui avait poussé Derek à traverser le pays pour retrouver cet idiot, le forcer à rompre et le faire tomber dans ses bras. Oh, il n'était pas stupide, il savait que Stiles ne serait pas à lui si facilement mais il ne comptait pas baisser les bras, pas sans avoir tenté.

Cela dit, Derek était jaloux et en colère. Il était possessif, il avait donc beaucoup de mal à ce qu'on touche à ce qui lui appartenait, et Stiles était à lui, à son loup. Ce dernier, en apprenant la nouvelle, avait hurlé intérieurement sa rage et était prêt à déclarer la guerre à cette femelle pathétique.

Il prit une profonde inspiration et serra le volant entre ses doigts avant de se détendre complètement et de réfléchir à la stratégie menée. D'ordinaire, il fonçait, pour l'effet de surprise. Bon, à son grand regret, ça ne fonctionnait pas souvent mais quand ils élaboraient des plans, la réussite n'était pas plus acquise. S'il sortait de son véhicule et s'en prenait à cette louve, il risquait fort d'avoir sa meute sur le dos. Une alpha, il pouvait gérer mais deux bêtas en plus, il serait surpassé en nombre. S'il sortait et s'en prenait à Stiles, il aurait quatre personnes à gérer et les loups ne seraient pas ceux dont il devrait se méfier le plus. S'il sortait et restait lui-même, calme et serein, il aurait peut-être plus de chances.

Avec des gestes lents, trahissant un calme qu'il était loin d'avoir, il ouvrit la portière et quitta l'habitacle. Il nota quelques regards intrigués sur sa personne et retint un sourire. Il était évident qu'un homme arrivé en camaro, portant une veste en cuir et avec une barbe de quelques jours, ça attirait forcément l'attention. Il s'était rendu compte que ça attirait surtout les filles. Ça aurait pu être flatteur s'il n'était pas fortement attiré par un certain Stiles Stilinski et que ces jeunes filles avaient eu quelques années de plus.

Adossé à la voiture, il regarda les portes afin de ne pas rater la sortie de Stiles. Il connaissait son emploi du temps, Scott le lui avait donné – très facilement d'ailleurs. Derek n'était pas en retard même si la plupart des étudiants étaient déjà de sortie. Lorsqu'il le vit, il sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Le lycéen n'avait probablement aucune conscience de son potentiel séducteur et c'était ça qui le rendait si attachant. Derek entreprit de se rapprocher de la jeep bien amochée de son prétendant qui l'ignorait encore. Il atteignit le véhicule avant Stiles dont la tête était à demi plongée dans son sac à dos. Derek pouvait l'entendre râler à propos de la disparition de ses clés de voiture. Un « victoire » suivit rapidement ses grognements et le tintement des clés retrouvées parvint aux oreilles du loup.

Stiles s'immobilisa lorsqu'il vit Derek. Le garou se concentra sur les battements du cœur humain. Ils s'accélèrent juste alors que le garçon levait les yeux vers lui. Derek ne sut déterminer s'il s'agissait de peur ou d'autre chose. Il mit cela sur le compte d'une certaine angoisse et autant dire que savoir que Stiles était terrifié par lui ne lui plaisait pas le moins du monde. Cela dit, peut-être que Derek y était un peu pour quelque chose.

Le jeune étudiant finit par s'approcher, impassible malgré son cœur qui tambourinait dans sa poitrine.

– En voilà une surprise, fit-il simplement. Bouges tes fesses de là, tu bloques ma portière.

Pas même un bonjour ou un salut, juste cette attaque. Derek croisa les bras sur son torse, vexé mais pas surpris finalement. Stiles ne réfléchissait pas avant de parler.

– Alors comme ça tu sors avec une louve, répliqua Derek.

– Mince, Scott a vendu la mèche. Vilain, vilain Scott.

L'ancien alpha se savait moins intelligent que Stiles mais il n'était pas complètement demeuré non plus, il flairait quelque chose de pas net du tout. Ses sourcils broussailleux se froncèrent alors qu'une idée assez inquiétante faisait son chemin jusqu'à son esprit.

– Bon, Derek c'est pas que tu m'ennuies mais tu prends vraiment toute la place et j'ai très envie de rentrer chez moi.

– Tu ne veux pas savoir ce que je fais là ? tenta Derek.

Il n'avait pas envie de suivre Stiles jusqu'à son appartement, pas après toutes ces heures de route et cette attente. Bon, ils seraient peut-être mieux pour parler, cependant Derek préférait discuter ici, même s'ils n'en avaient que pour cinq minutes.

– Si tu es là pour me taper, me plaquer contre un mur ou me menacer parce que je sors avec Harriet, qu'elle fait partie d'une autre meute, bah te retiens pas. Ça sera pas la première fois ni la dernière. Sauf que j'ai l'accord de l'alpha de ma meute et que rien...

Derek ne put se retenir. Il attrapa Stiles par le cou et le plaqua contre la portière, écrasant son visage contre la vitre.

– C'était qu'une suggestion, haleta le lycéen avec difficulté.

– Je ne veux pas que tu sortes avec cette fille, c'est clair ? gronda Derek.

– Pourquoi ? Tu me fais super mal là, gémit Stiles dont les bras étaient tordus dans son dos par la poigne de fer du loup-garou.

Il fut relâché et se massa longuement les poignets.

– Tu sais pourquoi je suis parti ? Parce que je suis un pauvre humain qui ne sert à rien dans une meute de créatures surnaturelles.

– Tu...

Le jeune homme se retourna brutalement vers Derek, les yeux brillants d'une lueur que Derek n'appréciait pas le moins du monde.

– Je ne suis qu'un humain faible et fragile qui s'en est pris pas mal dans la figure ces derniers mois. Je cicatrice pas comme vous, moi ! La douleur ne s'en va pas en claquant des doigts. Combien de fois je t'ai aidé Derek ? Hein ? Combien ? Et combien de fois tu m'as remercié ? Que dalle ! Rien du tout ! J'ai juste droit à tes piques et à tes coups et j'en ai ma claque, Hale ! Ras le bol, tu piges ? Je m'en bats les couilles que tu supportes pas Harriet, que tu veux pas que je sorte avec elle, sauf que, accroches-toi à tes balloches, Derek, t'as aucun ordre à me donner ! Tu n'as aucun pouvoir sur moi, tu n'es pas mon alpha ! Pour moi, tu n'es rien !

Une claque en pleine figure ou un coup de couteau dans le ventre, voilà ce que ces mots violents firent à Derek. Le pire, c'était que Stiles n'avait pas tort, bien au contraire. Le lycéen allait ouvrir la portière pour se hâter de grimper derrière son volant mais une main l'en empêcha.

– Putain, tu fais chier ! Bouges de là !

– Non !

– C'est quoi ton problème, bordel ? T'es jaloux de Harriet parce que tu veux sortir avec moi ?

– Oui ! cria Derek qui n'avait pas pu se retenir.

Malgré lui, il s'était collé contre Stiles et plongea son nez dans le cou, se retenant de lécher les grains de beauté qui s'étalaient sur la joue gauche.

– Alors pourquoi tu te comportes comme un connard avec moi ? murmura Stiles en frissonnant.

– Parce que tu me rends dingue.

Il entoura la taille de son futur petit ami et le rapprocha encore plus si c'était humainement possible.

– Romps avec Harriet et je te promets que je serai meilleur qu'elle.

– Je sors pas avec elle.

Derek se recula, comme brûlé.

– Tu te fous de moi ?

– Non je...

– Tu t'es servi d'elle pour...

Stiles croisa à son tour les bras et leva les yeux au ciel, atterré.

– Je me servi de personne, sombre idiot ! Quand Scott m'a dit que tu pouvais potentiellement être attiré par moi...

– Quoi ?

Il ne l'avait dit à personne ! Aucun membre de la meute ne savait rien pour son gros béguin pour Stiles ! Béguin qui était plus que ça.

– Scott m'a avoué que tu avais entrepris toi-même des recherches pour me retrouver, que tu avais agi de ton plein gré, pas sur son ordre. Il en a déduit que...

– Que je pouvais être intéressé ?

Il était assez sidéré que d'une décision, un plan affreusement bancal, ait pu découler ce qui venait d'arriver.

– On a eu la confirmation quand tu es parti alors que Scott t'annonçait que j'étais en couple. C'était hier et t'es là. Et comme tu veux pas que je sois avec Harriet, bah... ça plus ça, plus le reste...

– Et dire que je croyais avoir été discret, maugréa Derek.

Pourquoi avait-il fallu que Scott soit aussi clairvoyant cette fois-ci ?

– Je crois que toute la meute est au courant. Question secrets, t'es doué, c'est vrai, mais question relations sociales, 'scuse de te le dire, t'es vraiment nul. La preuve, tu m'as clairement menacé alors que tu voulais sortir avec moi. À croire que c'est ton trip.

– Donc ? Tu proposes quoi ?

Il avait la drôle impression que Stiles n'était pas contre sortir avec lui.

– Ben... pourquoi pas commencer tout doucement. Tu sais, par des rencards.

– Des rencards ? Tu viens de dire que j'étais nul en relations sociales et tu me proposes de t'inviter à sortir quelque part ?

– Ouais, ouais, c'est pas une bonne idée. Tu me paies une pizza ?

– Attends, t'es pas gay, alors pourquoi...

– Mais pourquoi les gens veulent pas croire que je pourrais être attiré par les hommes ? Y faut avoir un type particulier pour être gay ou pas ?

– Laisse-moi réfléchir une seconde, fit Derek ironique. Tu as dit à Scott que tu sortais avec une fille. Pas un mec, une nana. Y a de quoi se poser quelques questions, non ?

– Non. Y a pas que l'hétérosexualité ni l'homosexualité dans la vie, mon pépère, y a la bisexualité aussi. Comme je te trouve canon et qu'une relation avec toi m'inquiète pas du tout, bien au contraire, je crois bien que je suis bi. Miracle ! s'exclama Stiles en levant les bras d'un air satisfait. Mais si on va dans ton sens, t'as couché avec deux nanas, des psychopathes tueuses mais des nanas aussi. Lequel de nous deux est le moins crédible ?

Derek hocha la tête, le point de vue de Stiles se défendait bien que les souvenirs de Jennifer et Kate le hantaient encore.

– Tant que tu n'es pas un fou furieux prêt à bouffer du loup garou ou un cintré qui fait des sacrifices humains dans le seul but de se venger, moi ça me va.

– Je veux bien bouffer du loup garou moi, ça fait de moi un quoi ?

– Un dangereux psychopathe qu'il faut faire enfermer à Eichen House, souffla Derek avant de s'approcher de Stiles.

Comme à son habitude, il fonçait avant de se poser des questions. Là, il ne s'agissait pas de coups mais d'autre chose. Lorsqu'il posa ses lèvres sur celles de Stiles, il ne pensait à rien d'autre qu'à ce contact qu'il désirait tant. La première chose qui lui vint à l'esprit lorsqu'il goûta enfin à la bouche de ce gamin hyperactif qui parlait beaucoup trop fut que c'était doux et chaud. Stiles était maladroit mais il n'avait pas trop d'expérience dans ce domaine, alors Derek lui pardonnait bien volontiers et avec beaucoup de plaisir.

Ils finirent par se séparer avec lenteur et presque à regret.

– Eichen House ? Vraiment ?

– En fait, je pense que je vais te garder chez moi. J'ai une idée de thérapie intéressante.

– À base de baisers et d'autres choses ou d'électrochocs et de baffes ?

– Les baisers et les autres choses, c'est la base. Les baffes... je peux les remplacer par des fessées si tu n'es pas sage.

L'idée-même que Stiles soit allongé en travers de ses cuisses, les fesses à l'air et délicieusement relevées... Derek sentit la partie basse de son anatomie se réveiller dans son pantalon.

– On va se cantonner à la base alors. Je suis pas méga fan des corrections. Même si ça a un effet érotique sur certaines personnes, je crois pas trop que ça puisse me faire quelque chose. Je suis pas un adepte de la douleur, je fuis la douleur, donc pour ma santé mentale, on va éviter.

– Tu savais que ta voix me donne envie de faire des choses, lâcha Derek.

– Des choses ? Quelles choses ? Des trucs sexuels ? Dépravés ? Pervers ?

Plus il parlait, plus son regard pétillait. Stiles n'était peut-être pas masochiste mais il n'était pas contre tenter des expériences.

– C'est ce que tu veux ? Qu'on soit des débauchés ? On brûle déjà les étapes, Mr. Stilinski ? Toi qui voulais d'abord un rencard.

– On va l'avoir si tu me payes une pizza. Je connais une super bonne pizz...

Derek ne put se retenir d'embrasser de nouveau Stiles, comme si sa voix était un appel aux baisers. Elle l'était d'ailleurs, dès que le lycéen ouvrait la bouche, Derek avait envie fondre sur lui et de lui dévorer les lèvres, quand ce n'était pas pour le plaquer sur un lit, une voiture, contre un mur ou toute surface, qu'elle soit horizontale ou verticale.

Cette fois, au lieu d'un baiser aussi chaste que le premier, Derek quémanda l'autorisation pour envahir l'antre accueillant et le découvrir du bout de la langue. Il plaqua Stiles contre la portière et se reput enfin de son goût ainsi que des adorables gémissements qui lui parvenaient.

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– Harriet et sa meute, ils veulent quoi ? Pourquoi ils sont aussi protecteurs avec toi ? s'enquit Derek alors qu'ils partageaient une pizza, assis par terre dans le salon du petit appartement des Stilinski.

Derek s'attendait à voir le shérif débarquer mais selon son fils il était de garde au poste.

– Comment ça ils veulent quoi ? répéta Stiles la bouche pleine.

– Ne fais pas ton idiot, Stiles, tu sais très bien de quoi je parle.

Stiles se hâta d'avaler sa bouchée.

– Ils me protègent pas, ils me surveillent. Je suis un intrus sur leur territoire. Pas un loup, certes mais je fais partie d'une autre meute que la leur et ça, ils aiment pas du tout. Tant que je faisais pas de vagues, ça allait, sauf que vous êtes venus et depuis, bah, j'avoue qu'ils sont un peu trop sur mon dos.

– Alors pourquoi Harriet a accepté cette couverture ridicule du petit couple parfait ?

– Elle est pas au courant et heureusement, sinon j'étais bon pour être découpé en morceau par ses bêtas et je peux te dire que dans le genre pénibles, ils sont au top du top. Alors je les évite autant que possible. Harriet vous aime pas trop, parce que vous êtes tous... différents. Elle se demande comment Scott parvient à vous unifier...

Mais déjà Derek ne l'écoutait plus que d'une oreille. Stiles ne savait visiblement pas trop sur quel pied danser au niveau de sa place dans sa propre meute. Un moment il appartenait à ce groupe hétéroclite, un autre, il s'en détachait, comme s'il avait fait un trait sur ses amis.

– Tu en fais partie, Stiles. De notre meute, je veux dire. Ce n'est pas parce que tu es loin que tu n'appartiens plus à elle. Quant à Scott... ce qui nous soude, c'est toi. C'est toi qui nous garde ensemble. Tu as toujours réussi à nous réunir même quand ça n'allait pas. On le sent bien que t'es pas là. Je pense que l'année prochaine, quand vous aurez vos diplômes, la meute se délitera puisque Scott sera loin et que chacun va vivre sa vie.

Derek n'appréciait pas le moins du monde cette perspective. Le fait de devoir de nouveau se trouver une meute l'attristait. C'était dans l'ordre des choses quand on se liait à des adolescents qui n'avaient pas fini leurs études, c'était aussi récurrent chez des loups-garou, cependant Derek avait perdu deux meutes et n'avait pas envie que la troisième disparaisse aussi, même si ce ne serait pas la même chose.

– C'est triste, soupira Stiles. De savoir que vous ne ferez pas l'effort de rester ensemble.

– Pourquoi tu te désolidarises de tout ça ?

Stiles ne dit rien durant de longues secondes. Peut-être même qu'il avait explosé son record personnel de silence.

– Je sais pas trop. Y a une partie de moi qui veut bien en faire partie et l'autre... qui veut retrouver une certaine normalité.

– Tu sais qu'en te mettant en couple avec moi, tu dis adieu à ta normalité. Je suis un loup-garou, crut bon de rappeler Derek.

– Ouais, je sais. Mais... en fait, ce qui me fait un peu peur c'est... c'est tout ce que les métamorphes impliquent.

– Mais encore ?

Il avait beau faire, beau essayer, ce que Stiles venait de dire n'avait pas le moindre sens.

– Les guerres de territoire, les attaques, les morts, les menaces... le surnaturel... En fait, c'est plus le côté surnaturel, les autres bébêtes que les loups-garou qui me fait peur. Le Nogitsune...

– Je pense... l'interrompit doucement Derek, que le fait de t'éloigner du surnaturel ne te protégera pas, Stiles, au contraire. Avoir peur, c'est normal, sain et parfaitement humain. Je me souviens que malgré la possession, hormis le coach, tu n'as blessé personne. Les seules personnes qui sont mortes ne l'ont pas été de ta main. Tu t'es servi des Onis.

– Faux. Le commissariat, j'ai... T'étais dedans, Derek ! S'emporta Stiles. J'aurais pu te tuer ! Tuer le père d'Allison !

– Mais ni lui ni moi ne sommes morts. Tu as des remords, tu t'en veux et rien que pour ça, personne ne te hait et surtout pas moi. Parce que chacun d'entre nous, sauf Lydia ou Mason, a eu au moins une fois des pulsions meurtrières. Et encore, pour Lydia, je ne devrais pas être aussi catégorique. Arrête de te faire autant de mouron. Ce n'était pas de ta faute !

Il voulait que Stiles cesse de se réprimander encore et encore pour quelque chose dont il n'était pas responsable. Mais Derek le soupçonnait de s'être éloigné pour protéger ses amis de lui-même. L'ancien alpha reposa sa part de pizza et s'approcha de lui.

– Tu sais quoi ? Question psychopathe je commence à en connaître un rayon.

– Derek Hale qui fait de l'humour. Mon Dieu, il va neiger cet été, s'exclama Stiles.

– Tu l'as dit, je suis sorti avec deux folles... trois si on compte Braeden, même si elle n'a jamais tenté de me tuer et que...

Il se récolta une tape sur son bras qui le fit pouffer.

– Ce que je veux dire c'est que tu n'es pas cinglé, tu n'es pas un meurtrier. Tu n'es pas fragile ni faible. Vu tout ce qui t'est arrivé, si tu étais faible ou fragile, tu n'aurais pas survécu.

Il l'attira contre lui et l'installa presque de force sur ses genoux. Si Stiles le regarda et regarda leur position, Derek lui, se délectait de sentir la chaleur de l'humain l'entourer. Il était bien, même si le tapis du salon n'était pas aussi confortable qu'un canapé ou un lit. Bandant ses muscles, il souleva son compagnon et s'installa dans le siège le plus proche, le canapé, s'y cala et entreprit de caresser les cuisses de Stiles sans vraiment s'en rendre compte.

– La prochaine fois, tu préviens, grommela le lycéen, arrimé à son cou.

Derek l'embrassa tendrement sur le bout du nez qu'il trouvait adorable.

– Tu sais que tu fais flipper ?

Nouveau baisé sur la joue cette fois.

– Derek, tu fais grave flipper à te comporter comme un amoureux transi.

Ce qui était faux puisque Stiles n'avait pas le cœur qui battait la chamade et ne diffusait aucune senteur de peur ou d'angoisse. Il était plus surpris par ce soudain changement chez le loup.

– Tu préfères peut-être que je te plaque contre le sol et que je te menace ? Parce que je peux aussi très bien le faire.

Il ne laissa pas le temps à Stiles de répondre qu'il l'allongeait déjà sur l'assise du canapé et s'étendit sur lui. C'était à n'en pas douter la position qu'il allait adopter la plupart du temps il en était certain.

– Gagné, murmura-t-il.

– Couillon.

Néanmoins, Stiles l'attrapa par le col de son tee-shirt pour l'obliger à approcher sa bouche de la sienne. Bouche qu'il dévora avidement pendant que Derek caressait ses cuisses, ses genoux puis remontait jusqu'aux fesses qu'il pétrissait. Contre lui, Stiles se mouvait, balançant ses hanches et son bassin contre le sien. S'ils continuaient ainsi, ils iraient beaucoup plus loin que prévu.

– Dites, si vous pouviez éviter de vous peloter dans mon canapé, ça serait parfait, intervint le shérif en débarquant dans le salon.

Les deux garçons se redressèrent brusquement, l'air débraillé et coupable.

– 'Lut p'pa, tenta Stiles, les cheveux plus en pétard qu'à l'ordinaire, les lèvres gonflées et les joues un peu rouges.

Derek le trouva adorable, mignon mais il sentait que s'il osait dire ces deux mots à Stiles, il risquait fort de voir une partie de son anatomie amputée. Alors il se contentait de le regarder, oubliant Stilinski qui les fixait, blasé.

– Foutez le camp de mon salon, surtout si c'est pour faire ce genre d'activité que vous projetiez de faire ici.

Il les désigna tous les deux.

– Allez-vous amuser ailleurs. Ravi de te revoir Derek.

Mais Derek n'eut pas le temps de répondre qu'il fut entraîné par Stiles dans le couloir qui desservait les autres pièces. Il se retrouva plaqué contre une porte dans la chambre de son copain et une bouche se posa sur la sienne.

Sans savoir vraiment comment, ils parvinrent jusqu'au lit et s'y laissèrent tomber, bras et jambes enchevêtrées, bouches soudées l'une contre l'autre. Quand ils se séparèrent, ils étaient à bout de souffle.

– Je crois bien que j'ai jamais été aussi gêné, murmura Stiles. On était à deux doigts de s'envoyer en l'air et il aurait pu nous voir.

Derek se redressa tant bien que mal alors que la force de la vérité le frappa en plein visage. Stiles avait raison, ils avaient failli passer à l'acte alors que l'un des deux n'était pas majeur.

– Derek ? S'inquiéta Stiles. Tu vas bien ?

– Tu as dix-huit ans dans combien de temps ?

– Quelques... Oh merde, Derek, non ! Je suis majeur sexuellement depuis un an dans cet État. En Californie, tu aurais été passible de poursuites. Donc légalement, on a parfaitement le droit d'avoir des relations sexuelles toi et moi, et ce, dans la mesure où elles sont parfaitement consenties.

Derek assimila cette information et ne trouva rien à y redire. Visiblement l'un des deux avait fait ses devoirs et pas l'autre.

– Je sais que tu as couché avec Kate Argent alors que tu étais mineur. Je sais aussi que tu ne vas pas aller cramer ma famille simplement parce que tu as un pet au casque. Elle était folle à lier, toi non. Et tu sais comment je le sais ? Parce que mon père est un flic hors pair et que tu as assez prouvé ta valeur.

Stiles tenta de l'attirer de nouveau à lui. S'il fut d'abord réticent, Derek finit par accepter de reprendre sa place au-dessus de lui.

– Et si ça peut te rassurer, mon père n'a pas tenté de te plomber le cul parce que tu étais sur le point de t'envoyer son fils. Si tu avais été hors la loi, il n'aurait pas hésité une seule seconde.

– Tu as peut-être raison mais on va attendre un peu avant d'y aller, attendre de se connaître un peu mieux. J'ai fait pas mal d'erreurs avec les autres, j'ai pas envie d'en faire avec toi.

Stiles hocha la tête.

– Ça me va. Tu dors ici ou tu reprends déjà la route ?

– Ça ne va pas déranger ton père que je dorme ici ?

– Bouge tes fesses, le repoussa Stiles.

Il bondit hors du lit et lui reprit la main. Ils sortirent en trombe de la chambre pour se planter devant l'homme de loi qui avait pioché sans honte dans la boîte de pizza abandonnée sur la table basse.

– Papa ? Je te présente Derek, mon copain. Derek, papa. Il peut dormir ici ? Dans ma chambre ? Dans mon lit ? On va rien faire, juste dormir. Légalement, on a le droit.

– Depuis combien de temps vous sortez ensemble ? Et depuis combien de temps tu es gay ?

– Je suis pas gay, je suis bi, papa et ça fait... heu... quelques semaines. Pour Derek et moi, je dirais... quelques heures. Mais on a pas de chambre d'amis et si on en avait une, sache que je l'aurais rejoint, avec ou sans ton consentement. Cela dit, je préférais te prévenir quand même, parce que c'est ce que je dois faire, en tant que fils, non ? Donc en fait, mieux vaut qu'il soit dans ma chambre. Tu ne voudrais pas infliger à ton enfant unique la torture de dormir sur un canapé trop étroit.

Derek retint un rire. Il contempla le shérif qui secouait la tête dans un soupir.

– Allez-vous coucher. Tant que je n'entends rien, vous faites ce que vous voulez.

Stiles adressa un sourire radieux à Derek avant de le précéder. Ils se mirent au lit après une toilette rapide. Derek avait pensé à acheter de quoi se changer, au moins des sous-vêtements et un tee-shirt, ce qui le poussait à ne pas dormir nu. Son compagnon arborait un bas de pyjama en coton bleu et un tee-shirt qui avait connu des jours meilleurs.

Confortablement installés sous l'épaisse couette et collés l'un à l'autre, ils regardèrent le plafond qui disparaissait dans l'obscurité.

– Tu repars demain ?

– Il faut bien. Je ne vais pas squatter chez ton père.

– Tu peux revendre ton loft et venir ici.

– Je ne veux pas partir trop longtemps, m'éloigner de la meute. Je suis un loup, Stiles, et trop loin d'elle trop longtemps, le lien s'étiolerait. Cela dit, tu n'as pas idée à quel point j'ai envie de rester près de toi.

– Tu as besoin de temps ?

– Pour ?

– Accepter de sortir avec moi. Si tu as besoin de temps, dis-le.

Derek roula sur Stiles et alluma la lampe de chevet pour regarder le visage harmonieux de son petit ami. Il s'attarda sur les grains de beauté fascinants qui s'étalaient sur sa joue gauche.

– Je n'ai pas besoin de temps pour accepter ça, je l'ai déjà accepté. Je ne peux pas changer d'allégeance tout de suite. Scott reste mon alpha et...

– Comment ça, changement d'allégeance ? Tu veux faire partie de la meute de Harriet ? Mais t'es pas un peu dingue, toi ? Dans le genre folle, elle est au top ! Bon, ok, elle est pas aussi tordue que Peter...

– Tu vas la fermer ! Je ne veux pas devenir un bêta de Harriet.

– Mais alors...

– Je veux voir si notre couple tient avant qu'on puisse former notre propre meute, toi et moi.

Les mots étaient sortis tous seuls avant que Derek n'ait le temps d'y réfléchir. Cependant il ne les regretta pas le moins du monde. En avisant le regard de son compagnon, il fut surpris d'y voir de la stupeur.

– Tu... Pardon ? Mais... enfin...

Il avait l'air perdu au possible et Derek le comprenait aisément. Malgré ses connaissances en lycanthropie, Stiles était loin de tout savoir sur le sujet.

– Tu es humain mais tu fais partie de la meute de Scott. Tu fais partie d'une meute parce qu'un loup t'a reconnu comme l'un des siens. Peu importe mon statut de bêta, si je te choisis toi, j'aurai une meute, une petite mais une meute quand même.

– Mais tu n'es pas un alpha et je suis pas un loup, alors comment...

– Je n'ai pas besoin d'être un alpha. Des omégas n'ont pas de meute et ils ne sont pas alpha non plus. Tout n'est pas figé. Rappelle-toi du mantra, alpha, bêta, oméga. Tu peux t'élever mais tu peux aussi t'abaisser dans la hiérarchie lupine.

Il bécota la joue vierge de tout grain de beauté et caressa du bout du nez le cou pâle.

– Je savais pas.

– Peu de gens le savent. Mais si tu le veux, un jour, on pourra former notre propre meute.

Un sourire lui répondit. Ils avaient le temps d'y penser, toutefois ils savaient que ce jour-là allait arriver. Stiles lui caressa la joue et ferma les yeux. Derek roula sur le matelas et l'attira contre lui.

– Donc c'est pour ça que tu veux attendre ? Juste voir si on tient toi et moi ?

– C'est ça. Je pense que Scott ne sera pas contre nous laisser partir si on le veut vraiment.

0o0

Lorsque le shérif passa la tête dans l'entrebâillement de la chambre de son fils après avoir vérifié contre le battant qu'il n'y avait aucun bruit, il ne put retenir un sourire en voyant son fils dormir profondément dans les bras de Derek Hale. Son flair de policier lui soufflait que cet adulte de quelques années de plus que Stiles ne ferait aucun mal, bien au contraire, et quelque chose lui disait que ce couple serait heureux dans les années à venir.

En entendant le cliquetis de la clenche quand la porte se referma, Derek entrouvrit un œil paresseux, se colla encore un peu plus contre le corps chaud de Stiles et soupira de bonheur. L'avenir ne lui faisait pas peur, ne lui faisait plus peur même s'il n'était pas certain.


FIN (officielle celle-là)

Alors?

Oubliez l'idée de demander une suite, il n'y en aura pas. Pas non plus de lemon chaud bouillant, les personnages et moi-même avons été d'accord pour ne pas en faire, ils n'avaient pas envie et moi non plus.

J'espère quand même que cette suite et fin vous aura plu au moins un petit peu