Chapitre 1 : Là où tout commence

Le silence inquiétant qui précède les rêves (J.J.Goldman, Veiller tard)

Lundi 10 juillet, 3 heures du matin, appartements d'Albus Dumbledore.

Calme.

Dans un lit, un vieillard à la longue barbe blanche. Sur une table de nuit, des lunettes en forme de demi-lune.

Pas un bruit dans la pièce, si ce n'est le souffle du directeur.

Silence.

Albus Dumbledore rêve de montagnes de bonbons.

Silence.

Le soleil lui sourit en lançant des dragées.

Silence.

Le sol est couvert de chocolat.

Silence.

Chuuuuuut ! Ne le réveillez pas !

-DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING !

Albus Dumbledore, directeur de Poudlard, se réveilla en sursaut. Tendant la main, il chercha à atteindre son réveil, jusqu'à ce qu'il se rappelle qu'il n'avait pas de réveil. Cette pensée chassa de son cerveau les dernières brumes du sommeil et le tira précipitamment du lit. Harry Potter était en danger.

Pendant ce temps, au 4 Privet Drive, Harry Potter se laissait lentement glisser en position couchée dans son lit. Les yeux clos, il se forçait à respirer lentement, profondément, pour se détendre, pour atténuer la douleur. Il ne prit pas la peine de remonter les couvertures sur lui. Ce geste lui aurait coûté une douleur inutile et il n'était même pas certain d'avoir la force nécessaire pour l'accomplir. De toute façon, la maigre chaleur qu'elle lui aurait procuré n'aurait pu combattre le froid qui l'envahissait. Assez étrangement, malgré la douleur croissante, l'adolescent souriait.

Quelques minutes plus tard, il perdit connaissance.

Dumbledore s'apprêtait à prévenir l'Ordre du Phénix par le réseau de cheminette lorsqu'un pressentiment l'en dissuada. Quelque chose clochait, mais quoi ? S'autorisant un moment de réflexion, il ferma les yeux, pour les rouvrir une seconde plus tard. Les protections qui entouraient Privet Drive étaient toujours en place et fonctionnaient. Il ne s'agissait donc pas d'une attaque de Voldemort. Le danger était à l'intérieur même de la maison. Un éclair de fureur traversa le regard du directeur. Les Dursley !

Jurant, Dumbledore tenta de contacter Poppy, mais celle-ci était partie en vacances à l'étranger. Jetant une nouvelle poignée de poudre dans la cheminée, le directeur se tourna vers la seule autre personne de confiance ayant des connaissances médicales. Par chance, celle-ci était toujours éveillée.

Séverus, rassemblez toutes les potions soignantes dont vous disposez et attendez-moi à l'infirmerie.

Que se passe-t-il, Albus ? demanda le sorcier.

Je n'ai pas le temps de vous donner plus d'informations.

Retirant la tête du foyer, le directeur de Poudlard se dirigea vers l'unique point de transplanage du château (qui se trouvait dans son bureau et était soigneusement tenu secret) et disparut.