CHAPITRE 1 attention certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.

Il pleuvait. Un rideau grisâtre qui troublait cette ville à peine retrouvée. Cinq heure s'était écoulée depuis que nous avions accosté, des retrouvailles, des explications puis ce verre bu dans le café de Granny. Enfn la nuit s'était étendu en ce voile sombre qui nous avait séparé et moi et Henry étions rentrés à l'appartement de Mary, accompagnés de cette dernière ainsi que de David, qui ne quittait l'eau qui lui permettait de rester en vie. Gold avait disparut bien plus tôt pour faire l'élixir et, si je ne lui faisais confiance, je ne doutais du dénouement. Je ne m'inquiétais pour mon père et mes pensées ne cessaient donc de divaguer vers deux hommes, l'un à l'hôtel et le second probablement enfermé dans cette cabine sombre dans laquelle il avait élu résidence depuis longtemps. « Son frère en ait mort … des années auparavant. » Un regard, une mise à l'écart tandis que David m'avait confié un secret sur sa guérison. « Il a apparemment quitté l'île .. et a été rattrapé par le poison. » Une histoire qui m'avait touché, d'autant plus que Hook n'en avait parlé à quiconque, gardant pour lui des émotions violentes, si j'en jugeais sa réaction lorsque je lui en avais touché un mot. Mes prunelles d'un émeraude sombre se déposèrent sur le clocher, avant que je ne m'en détourne abruptement. J'attrapais mon long manteau sombre, l'enfilant habilement avant de m'approcher de la porte d'entrée.

-Emma ? Où vas tu ?

Une voix douce, aisément reconnaissable. Je tournai légèrement la tête vers Mary, qui s'approchait, le regard troublé par le voile d'un sommeil dont elle venait d'immerger.

-Je dois parler à Neal.

Un soudain besoin de m'exécuter quand à ce qu'il m'avait demandé, d'échapper au doute et à l'hésitation. Même si, au fond, je savais clairement de quel côté j'étais le plus attirée. Mais je ne savais si je confondais, si mes émotions étaient aussi claires que je le supposais. Si elles l'étaient un tant soit peu. Elle m'observa quelques secondes avant de sourire doucement puis de s'évanouir de nouveau dans l'obscurité, en direction de cette cuisine décorée avec goût. Décor sur lequel je ne m'attardai, ouvrant la porte en silence pour me glisser dans la cage d'escalier. Elles furent dévalées à la va-vite, et je posai rapidement le talon sur le trottoir. Ils claquèrent, seul son qui vint à perturber une nuit noire et dense. Le froid m'enveloppa, caresses glacées sur mes joues enflammées par ce qui allait suivre. Je savais que ce serait éprouvant, que je devrais me jeter dans la gueule du loup. J'inspirai profondément avant de m'arrêter devant l'hôtel et d'y pénétrer. Quelques marches puis une porte de bois à laquelle je frappai. Puis, glissant les mains dans mes poches, j'attendis. Ce ne fut long avant que le panneau ne se dérobe pour dessiner la silhouette de Neal, que je tirais apparemment du sommeil. Cependant, il ne fit aucun commentaire, se contentant de s'effacer pour me laisser passer.

-Je suis désolée de te déranger maintenant mais …

-Tu ne me déranges pas Emma. Enfin, je ne dormais pas vraiment.

Je glissai mes prunelles dans les siennes, frappée de mal être, avant de me résoudre à commencer.

-Ce qui s'est dit sur l'île … ce que j'ai ressentit en te retrouvant, commençai-je, j'ai tenté d'y réfléchir même si les circonstances ne s'y prêtaient pas. Même si j'ai été brute dans mes mots, guidée par l'émotion …

Je me stoppais quelques secondes, le regardant franchement. Je ne pouvais nier qu'il faisait naître en moi des milliers d'émotions mais elles étaient principalement souffrance. Le voir me crachait à la gueule la prison, l'abandon de notre enfant, cette sensation d'avoir été prise pour une conne … et de savoir qu'il l'avait fait simplement parce qu'on lui avait demandé … Mes lèvres tremblèrent tandis que je serrais les poings dans mes poches.

-Je t'aimais tellement Neal … que notre histoire s'achève ainsi m'a brisé le cœur. Je crois que je n'ai jamais vraiment réussit à te pardonner, pas plus qu'à t'oublier, parce que je ne comprenais pas, après nos projets, nos discussions que tu ais pu me tourner le dos de cette façon.

-Emma …

-Je sais … ,le coupai-je des larmes dans la voix. Que tu pensais le faire pour mon bien, pour me permettre de retrouver mes racines et mes parents. Tout comme je connais les raisons de mon abandon. Mais ça n'efface pas ces onze dernières années .. ça n'efface pas le fait que tu aurais pu rester et m'en parler. Que tu aurais pu m'accorder ta confiance sur ta véritable identité, que nous aurions pu affronter cela tous les deux.

-Ecoute … je sais avoir fait des erreurs. Je regrette profondément la manière dont j'ai réagit et je comprends ce que tu ressens. Mais mon amour pour toi n'a jamais été remis en question, je pensais vraiment agir pour le mieux.

Un pâle sourire se dessina sur mes lèvres.

-Je sais. Je sais t'aimer également. N'avoir jamais cessé.

Je m'assombris lorsqu'il avança dans ma direction. Et lorsque ses mains se posèrent sur mes bras, je lâchai soudainement.

-Mais je veux passer à autre chose.

Il se figea soudainement, comme frappé par la foudre. Mes prunelles s'humidifièrent tandis que je tentais de m'endurcir, de me protéger derrière cette carapace que je ne cessais de brandir pour mieux échapper à mes émotions. Je me forçais ainsi à me reprendre, en tentant d'avaler les larmes qui menaçaient mes joues.

-Nous avons Henry. Mais en tant que femme je suis incapable de te faire confiance … et je pense que mes sentiments pour toi ne cesseront jamais car tu as été mon premier amour. Mais notre histoire, et je l'ai compris maintenant, appartient au passé et doit y rester.

-C'est Hook n'est-ce pas ?

Je me raidis imperceptiblement avant de durcir mon regard, pourtant étreint d'une once de culpabilité.

-Je mentirais si je niais qu'il ne m'avait pas aidé à ouvrir les yeux. Du moins si mes sentiments ne m'y avaient conduites.

Il s'obscurcit. Je vis l'ombre se répandre dans ses prunelles, échappant à ses pupilles noirâtres.

-Après ma mère … maintenant toi … laissa t-il échapper d'une voix amère.

Je serrais les dents, la mâchoire crispée par des propos qui m'atteignirent malgré moi.

-Je ne suis ni une poupée ni une marionnette. Mes choix n'appartiennent qu'à moi et au lieu de le rendre responsable de voler vos jouets, rappelle toi simplement que notre histoire date d'il y a dix ans.

Puis, redressant imperceptiblement le menton, je quittai la pièce soudainement, ouvrant abruptement la porte pour m'engager dans le couloir.

-Emma !

Son cri me poursuivit tandis que j'accélérais le pas, rejoignant l'extérieur raide. La colère, qui m'avait soudainement enflammée, s'évanouissait à présent que le silence m'avait retrouvée. Aussi inspirai profondément avant de presser le pas en direction du port. Du port … Le bateau se dessina dans l'obscurité et les voiles apaisées et rangées laissaient apparaître le navire plus calme que je ne l'étais. En vérité, mon cœur cognait fortement ma cage thoracique tandis que je fixais, troublée, cette esquisse d'un avenir brutalement choisie. Les mains moites, je me résolus pourtant à avancer dans sa direction. Et chaque pas semblait être un battement de cœur qui me hurlait de faire demi tour. Il était incroyable que l'attachement m'effraie à ce point … qu'il parvienne à me toucher. Au fond … peut-être craignais-je simplement qu'il ne disparaisse une fois que j'aurais ouvert mon cœur. A moitié seulement peut-être.

Mes doigts s'enroulèrent autour de la corde avant que je ne monte la passerelle pour mieux remettre les pieds sur le pont … de nouveau. Des souvenirs m'étreignirent, une épopée passée et pourtant tellement proche. Mais de fait, je connaissais assez bien les lieux pour savoir où était sa cabine. Je m'engageai donc dans l'ouverture menant à cette dernière, attentive malgré moi au moindre son.

Je n'avais aucune idée de ce que je pouvais lui dire. Et il me sembla que mon courage éclata telle une bulle une fois que je fus parvenue devant sa porte. Je soufflais profondément, avant de lever la main.

Et j'hésitai.

J'hésitai à me laisser entraîner dans cette histoire, à le laisser pénétrer mon existence, à lui donner cette chance qu'il espérait ardemment. J'hésitai à me mettre en danger. A perdre contenance.

Je fermais les yeux avant de frapper soudainement. Un son qui rebondit dans l'obscurité, dans ce couloir étriqué. Au loin, j'entendis le clapotis de l'eau, puis des pas, souples. La poignée tourna et le battant s'ouvrit.

Et je me figeai.

Des mèches ébènes coulaient sur son front, semblables à ces milliers de filaments bruns qui couraient sur la peau pâle de son torse dénudé. Il ne portait que son pantalon de cuir, qui ceignait ses hanches étroites, seul vêtement qui subsistait encore sur un corps à moitié dénudé. J'arrachai mes prunelles, surprises, à son épiderme nacré, avant de revenir sur son visage, déstabilisée. Ses prunelles d'un bleu profond et sombre dans cette obscurité me dévisageaient et je me résolus donc à prendre la parole, plus froide que je ne l'aurais désiré.

-Je voulais simplement te remercier.

Je me maudis aussitôt d'être aussi tranchante, d'autant plus que je m'enfonçais de nouveau dans un mensonge et m'adoucis donc imperceptiblement, en prenant garde de ne pas me détourner de son regard … à tort ou bien à raison.

-De nouveau pour ce que tu as fait … pour nous.

Un léger sourire se dessina sur ses lèvres incarnates alors qu'il se penchait légèrement vers moi, sa main valide demeurant sur le panneau de bois qu'il maintenait.

-Quand une femme vient frapper à ma porte en pleine nuit, c'est rarement pour me faire part de remerciement donnés plus d'une fois.

Le sang battit mes veines, tandis que je sentais son souffle rebondir sur mes lèvres entrouvertes. Un léger sourire vint les frapper, tandis que je reprenais la parole.

-Pourquoi serais-je venue autrement ?

-Je me pose la même question … Emma.

Il enrobait mon prénom, des notes chaudes qui coulèrent dans mes oreilles tandis que, fascinée, je ne le quittais des yeux. J'abattis mes paupières sur mes prunelles, avant de lui faire face, droite.

-Je pensais qu'il était important de te le dire de nouveau .. en privé, sachant que tu as tenu à prouver que tu valais mieux que l'image que nous avions de toi.

-Ne jamais juger au premier regard, rétorqua t-il d'une voix grave. Mais je ne l'ai pas fait pour eux, ajouta t-il en me regardant avec cette intensité qui me mettait mal à l'aise.

Il semblait pouvoir lire en moi, ce qui me gênait profondément.

-Quelque soient tes raisons, me bornai-je à ignorer nos émotions, merci.

-Tu me l'as déjà dit … Je ne te savais pas si reconnaissante. Suis-je un cas spécial ?

Mes prunelles s'agrandirent quelques secondes tandis que mes barrières s'effondraient les unes après les autres. Elles se brisaient, cascadant vers ce sol sur lequel elles s'écrasèrent violemment.

-Et si je te disais … que tu l'es ?murmurai-je sans le quitter du regard.

Il se redressa légèrement, une étrange lueur dans les yeux. Quand à moi, j'avais cette boule dans l'estomac, cette crainte éloignée, vestige d'un passé qui ne cessait de me heurter.

-Je te demanderais ce que tu fais encore sur le pas de la porte.

Une fugace hésitation … éphémère. Je comblai le vide qui nous séparait puis plaquai ma bouche contre la sienne. Un voile de soie chaud, une sensation de plénitude, un désir né impitoyable. Je glissais les mains dans ses mèches ébènes, les pressant violemment tout en plaquant mon corps contre le sien. Ses lèvres s'entrouvrirent, ma langue rencontra la sienne alors que je dévorais cette bouche goûtée … un souvenir, un trouble qui resurgissait. Il m'attira à l'intérieur de la cabine avant d'en claquer la porte.

Killian [attention HOT]

Mes prunelles myosotis la suivaient, mais elle paraissait inaccessible. Je l'avais sentit, cette volonté farouche de m'éviter, cette fuite dès qu'il s'agissait de me croiser. Cependant, et cette fois, je n'étais venu vers elle, la laissant tergiverser. Les verres se succédaient, puis je finis par capituler, à l'étroit, et par rejoindre la rue silencieuse. Les bâtiments modernes se découpaient dans la nuit, et j'eus cette fugace impression de ne pas être à ma place. J'étais un marin … un marin qui ne paraissait vouloir quitter la terme ferme. D'un pas décidé, je rejoignis mon navire, dans un silence nocturne qui m'était familier. La mer sommeillait, sous une lune amaigrie, mais le calme me pesa étrangement. Cette semaine écoulée avait été riche en rebondissement et la solitude, le silence ne m'avaient que rarement étreinte, entre ces pleurs qu'avec le temps, j'avais appris à ignorer. Puis, il y avait eu les membres surprises d'un équipage éphémère. Quelques jours qui s'étaient mués en semaine jusqu'à ce que mon comportement ne m'apparaisse, suite à un unique baiser, traître envers des sentiments enfouis et dénigrés. Une conscience qui s'éveilla avant que je ne les assume pleinement.

Elle était la raison pour laquelle je restais à terre, la raison pour laquelle je ne recouvrais ma liberté, prisonnier d'un monde qui n'était pas le mien. Je coulai un regard pensif sur ces quelques bâtiments avant de guider le goulot de ma bouteille de rhum à mes lèvres. L'unique chose qui me pesait était de me battre dans une ville ou résidait également ce monstre … car si j'avais abandonné toute vengeance, tournant la page sur un chapitre lointain d'une vie qui évoluait, la haine, cultivée sur des centaines d'années, peignaient également à s'effacer. Je me durcis imperceptiblement en songeant à lui, et serrer le poing. Me retenir de lui éclater la gueule de cette seule main avait été rude … et je me surprenais encore à ne pas avoir céder à mes impulsions sanglantes.

Et songer à elle ne me calmait forcément. J'avais deviné ce tempérament qui m'avait conquis, celui d'une femme effarouchée, blessée par la vie, qui se devait de prendre son temps pour avancer. Je plissai les lèvres, avant de pousser la porte qui menait à ma cabine. Mes doigts se posèrent sur mon crochet, que je retirai avant de faire glisser ma veste sombre sur mes bras. Des lacets noirs dénoués, un haut qui s'en allait rejoindre le dossier de mon siège, près de mon bureau. Je me laissais tomber sur le lit, mes pensées vagabondant. Je ne me souvenais avoir vu Smee … Arquant un sourcil sombre, je jetais mes bottes avant de frapper l'oreiller de mon crâne. La lumière, pauvre, de la lune, dessinait des ombres sur le plafond. Et le sommeil vint frapper mes paupières alourdies … délaissant une tension accumulée depuis des jours.

Jusqu'à ce son frappé. Je les rouvris brutalement, pris de court, et portait aussitôt la main dans le replis du matelas, où se trouvait un poignard. Me redressant souplement, après l'avoir délaissé, me remémorant le lieu où mon bateau était amarré, j'ouvris la porte.

Et la surprise frappa mes prunelles violemment.

Elle présentait un visage à la fois troublé et froid. Elle paraissait de nouveau sur la réserve, inaccessible d'autant plus que ses propos m'apparaissaient hors contexte. Aucune femme ne venait en pleine nuit chez un homme simplement pour présenter un énième remerciement … quoique chez elle …

Un sourire amusé … des paroles échappées. Je la testais. La je finis par comprendre à son regard qu'un premier pas avait été franchit. Une certitude qui s'intensifia lorsqu'elle plaqua sa bouche à la mienne, en un mouvement instinctif qui m'en rappelait un autre. Mon bras se referma autour de sa taille tandis que je l'attirai dans mon sillage, claquant la porte dans son dos. Mes dents s'enfonçaient dans ses lèvres charnues, une peau goûtée, une saveur attirée par une langue avide. Mes doigts s'enfoncèrent dans ses reins alors qu'elle perdait les siens dans ma chevelure sombre. Une paume glissée, ramenée sur une hanche que je dégageai de l'étreinte de son manteau. Puis, ce fut son pull que je fis fuir tandis qu'elle glissait ses doigts sur ma colonne vertébrale, les enfonçant dans ma peau mis à nu. Le désir s'intensifia dans mes reins, une flamme qui lécha ma peau tandis que je faisais glisser son manteau sur ses bras, le laissant rejoindre le sol en un son étouffé. Ma paume rejoignit alors le bas d'un pull que je retirais. Son visage me fut dérobé tandis que je reculais légèrement, puis ses mèches blondes cascadèrent de nouveau sur ses épaules nues, éparpillées et en désordre. L'émeraude sombre de ses prunelles se troublèrent davantage, miroir des miennes, qui ne quittaient les traits dessinés de son visage. Mon souffle s'approfondit, les battements de mon cœur se firent irrégulier. Ils frappaient sourdement mes tempes, qui bourdonnaient sous ce sang qui affluait. Enhardie, elle posa les mains sur mes hanches, une caresse éphémère qui mourut sur un bouton qui sauta. Et elle tira au moment où je penchai la tête, pressant ma bouche brûlante contre la ligne ferme de sa mâchoire. Elle chuta pour rejoindre le creux de sa gorge. Il palpitait. Cognait comme un fou sous mes dents, que j'enfonçais dans sa peau laiteuse. Une marque apposée, un dessin écarlate qui fit naître ce son rauque, échappé de ses lèvres grenadines. Ma main voyagea sur son dos, sans que je ne cesse de tracer ces veines de ma langue chaude, et l'attache de son soutien gorge céda, libérant ses monts vanillés qui vinrent épouser mon torse fermement. La caresse de ses bourgeons durcis par le plaisir. Un fantasme rougeoyant qui m'avait poursuivit. Je frémis violemment, échauffé. Un brasier qui se dévoilait dans mon être affamé. Et ses paumes se posèrent soudainement sur mon torse. Une unique pression, qui me fit reculer, jusqu'à ce que mes jambes ne rencontrent ce lit quitté sur lequel je m'effondrais. Elle se hissa, pressant mes flancs de ses cuisses tout en s'asseyant sur mon bas ventre. Et ses lèvres parcoururent mon torse nu, son souffle venant rebondir sur des poils sombres qui se mouvaient à chacune de ses respirations. Des dents qui recouvrirent l'une des deux pointes bordeaux qui jaillissaient dans cette forêt d'ébène. Mon cerveau implosait. Un râle rauque échappa à ma gorge brûlée tandis qu'elle pressait ses deux mains mon bassin, afin de débarrasser mon corps de tout vêtement superflu. Je l'y aidai en m'appuyant sur mes coudes, avant de faire jouer ma main unique sur le tissu qui emprisonnait ses longues jambes. Elle vint effleurer ma paume, avant de le faire elle même, se déshabillant sous mes prunelles déchirées par le désir, qui s'exprimait en ce voile écarlate posé sur mes prunelles. Des secondes s'écoulèrent, avant qu'elle ne lâche sa carapace, apparaissant nue aussi bien physiquement que psychologiquement. Et elle se pencha, pressant de nouveau ses lèvres aux miennes, en cette communion humide, ce ballet. Je la mangeais. Mes dents s'enfonçaient dans son muscle alors que je m'abreuvais de sa salive, la main enfoncée dans sa chevelure. Je refermais mon second bras sur son dos, la pressant. Je me laissais porter. Par la chaleur, l'envie, mes instincts primaires. Jusqu'à ces grondements rauques qui vinrent déchirer l'air.

Emma

Je n'ouvris les yeux que lorsque le soleil vint caresser mes joues pâles. Il se glissait dans la pièce par les vitres dénuées de protection. Je relevais légèrement la tête et entrevis son visage immobile. Aussi me soulevai-je légèrement, quittant sa peau chaude, pour mirer son visage. Ses paupières me soustrayaient son regard d'un bleu vif … il semblait paisible. Un sourire vint se dessiner sur mes lèvres avant que l'ombre ne me frappe de nouveau. Ma vie était un merdier. Je levai légèrement la main avant d'effleurer ses lèvres du doigt. Je ne savais si cette relation viable. Je ne savais où elle allait me mener … et cela me terrifiait. Je me fermai aussitôt, me dégageant de l'étreinte de ses bras silencieusement avant de me rhabiller rapidement. Et lorsque j'eus fermé le dernier bouton, je m'autorisais de nouveau à le regarder. Et je n'avais qu'une envie … J'inspirai profondément. Le choix était fait mais avais-je vraiment envie de tout donner de nouveau un homme ? De tout risquer pour lui ? Des questions qui ne cessaient de me tirailler l'esprit jusqu'à cette sonnerie qui perça l'air. Aussi, l'attrapai-je rapidement, l'extrayant de ma poche tout en sortant de la cabine, afin de ne pas le réveiller. C'était Mary … pour une nouvelle que nous attendions tous. Aussi chassai-je Hook de mes pensées … du moins superficiellement tant il y semblait ancré, et me hâtai-je vers la boutique de Gold. Mais, et alors que j'allais y entrer, je me cognais brutalement contre une masse que je n'avais vu. Les doigts de ce dernier s'enroulèrent autour de mon poignet pour me retenir et je levais la tête, rencontrant le regard clair de Neal. Il tenait à la main une fiole sur laquelle je ne m'attardai, tandis que je me dégageai en douceur. Je voulus entrouvrir les lèvres mais il me prit de vitesse.

-Excuse moi, dit-il simplement avant de me contourner afin de se diriger vers le port.

Je levai un sourcil, suivant sa silhouette du regard, me questionnant sur sa destination. Allait-il vraiment …

-Emma ?

La voix de Mary me ramena à la réalité, et je pénétrai la boutique sans plus penser à autre chose que ce père dont la vie n'allait plus être, je l'espérai, sur un fil.