Hermione arriva chez elle sur les coups de 21 heures. Comme prévu, la journée avait été longue, et elle était pressée de prendre un bon bain chaud afin d'évacuer la tension qui s'était accumulée. Elle se débarrassa de son manteau dans l'entrée, et après avoir posé ses clés sur le guéridon près de la porte, elle se dirigea vers le salon, où se trouvait Ron. Ce dernier était allongé sur le canapé devant la télévision, et zappait sans discontinuer. Hermione poussa un soupir. Ron et Arthur avaient fait connaissance avec ce « bijou de technologie » comme l'appelait Arthur lors d'une visite familiale chez les parents de la jeune femme un an auparavant. Ils étaient tout de suite tombé sous le charme, et Ron avait décidé, à son plus grand désespoir, qu'une télévision leur était indispensable. Depuis, il passait son temps libre à végéter devant l'écran lorsqu'il n'était pas sur un stade de Quidditch.

- Oh, tu es rentrée, lança-t-il sans un regard pour elle.

- Je ne pensais pas finir aussi tard, mais j'ai eu une réunion de dernière minute avec le...

- Ce n'est pas très grave. Qu'est-ce qu'on mange ?

Hermione se figea. La même question franchissait ses lèvres les soirs où il daignait être présent pour le dîner. Elle ne put s'empêcher de penser qu'il avait été à la maison toute la journée, et qu'il aurait pu faire un effort au moins pour cette fois. Mais Ronald n'était pas du genre à prendre des décisions, il préférait tout déléguer à Hermione, c'était plus simple ainsi. Hermione se débarrassa de son cardigan, et lui répondit.

- Il reste de la dinde que j'ai cuisiné hier soir au frigo. Ne m'attends pas, dit-elle en se dirigeant vers la salle de bain.

Elle s'enferma rapidement, et s'adossa contre la porte froide. La situation devenait intenable, et elle ne savait pas si elle allait supporter ça encore longtemps. Le détachement de son mari à son égard, sa non-implication... Tout contribuait à lui faire perdre espoir. Hermione s'approcha lentement du lavabo, au-dessus duquel trônait un immense miroir. Elle observa ses traits et remarqua que son maquillage avait légèrement filé, comme tous les soirs. Elle s'empara d'un coton qu'elle imbiba d'eau micellaire avant de le passer sur son visage. Ici, elle aimait retrouver les habitudes qu'elle avait dans le monde moldu. Elle aimait ces rituels, qui lui donnaient l'impression d'être en vacances perpétuelles chez ses parents. Ron se moquait souvent des crèmes qu'elle utilisait, typiquement moldues, ou encore de son obsession du fer à lisser. Mais Hermione ne s'en formalisait pas. Elle aimait ces objets, qui donnaient un côté terre-à-terre à sa vie. Ils la rassuraient, en quelque sorte.

Après avoir démaquillé l'ensemble de son visage, elle ouvrit les robinets d'eau chaude et d'eau froide, renversa un peu de gel douche dans l'eau et se déshabilla entièrement en attendant que la baignoire se remplisse. Relevant ses cheveux à l'aide d'un élastique, elle pénétra dans l'eau tiède au bout de quelques instants, Hermione laissa échapper un soupir lorsqu'elle s'allongea complètement dans la baignoire, grisée par cette sensation de bien-être qui l'envahissait. Elle finit par se rendre compte qu'elle avait oublié le livre qu'elle avait commencé il y avait de cela quelques jours, et qu'elle lisait toujours dans son bain du soir. « Je le continuerai demain... », se dit-elle en s'enfonçant plus profondément dans l'eau chaude.

Les souvenirs de la journée commençaient à émerger dans son esprit, et elle se souvint plus particulièrement du moment où elle avait acheté la Gazette du Sorcier en sortant du restaurant avec Clara. Elle se souvint de ce pincement au cœur qu'elle avait ressenti lorsqu'elle avait lu la première page qui titrait « Sirius Black est de retour ! ».

- Sirius..., laissa-t-elle échapper.

Il avait disparu trois ans plus tôt, et n'avait plus donné de signe de vie depuis. Elle avait bien essayé de lui envoyer une invitation pour son mariage avec Ron, mais son hibou lui était revenu deux semaines plus tard, la lettre au bec. Elle n'avait pas insisté, se disant que c'était finalement pour le mieux. De toute façon, elle ne l'avait invité que par décence vis-à-vis de son meilleur ami à l'époque. Rien ne l'aurait mis plus mal à l'aise que de le revoir.

Hermione ferma alors les yeux, se remémorant des souvenirs qu'elle avait tant bien que mal essayé d'oublier depuis quatre ans...

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Square Grimmaurd, 13 juillet 1998

- A votre réussite aux ASPIC !, s'époumona Sirius Black, un verre de champagne à la main.

Réunis autour de la table basse du salon, l'ensemble des Weasley, Harry et Hermione levèrent leurs verres à l'unisson. Un sourire était dessiné sur tous les visages, et rien n'était plus beau que de fêter une réussite collective. Bien sûr, la hiérarchie avait été respectée : Hermione avait obtenu les meilleurs résultats, validant l'ensemble de ses matières avec un Optimal dans neuf des dix matières, et Ron et Harry se disputaient la deuxième place, avec sept matières validées chacun sur les neuf qu'ils avaient passées.

Molly et Arthur ne pouvaient être plus fiers, surtout après l'abandon de Fred et George trois ans auparavant. Certes, leur boutique fonctionnait plutôt bien, mais en tant que mère, Molly ne pouvait que regretter de ne pas avoir vu ses deux fils obtenir leur diplôme de la prestigieuse école de Sorcellerie.

Pour l'occasion, Hermione avait enfilé une robe rouge assez courte, formée d'un corset sans bretelles pour le haut, et d'une jupe en tulle qui mettait en valeur ses longues jambes. Pour compléter sa tenue, elle avait opté pour des escarpins noirs, et elle ne pouvait s'empêcher de regretter son choix. Elle avait pensé qu'ils allaient tous êtres sur leur 31 pour l'occasion – Merlin, on ne fête qu'une seule fois ses ASPIC ! -, et elle s'était totalement trompée. Ron avait décidé de mettre son éternel pantalon ainsi qu'un débardeur, et Harry avait fait de même. Même Ginny n'avait pas fait d'effort supplémentaire, à son plus grand désespoir. Hermione avait finalement aperçu Sirius qui avait pour l'occasion mis un costume, et s'était détendue. Elle n'était pas la seule à être « trop » habillée, et cela la rassurait.

Elle porta à ses lèvres la coupe de champagne, et en but une gorgée. La sensation n'était pas des plus agréables, mais elle s'y habitua rapidement. Harry et Ron s'approchèrent d'elle, et lui posèrent la question qui les démangeait depuis plusieurs heures.

- Alors Hermione, commença Harry, as-tu décidé de ce que tu allais faire maintenant que nous avons nos ASPIC en poche ?

- Harry et moi avons déjà décidé, si cela t'intéresse, renchérit Ron, l'air visiblement excité.

- Pas vraiment les garçons, répondit la jeune fille avec un sourire. Je suis tentée par plusieurs choses à vrai dire. J'ai la chance de pouvoir faire tout ce que je veux avec les résultats que j'ai obtenu, et j'ai juste peur de faire le mauvais choix. Vous rendez-vous compte, je peux suivre une formation à Saint-Mangouste afin de devenir Médicomage en chef, je peux aussi prendre la tête d'un département du Ministère si cela me chante, ou encore aller à l'étranger pour peaufiner mes connaissances en Potions et devenir Maître dans quelques années... Je dois dire que tout ce choix me fait un peu peur, conclut-elle.

- Pour tout te dire, je te vois très bien au Ministère, Hermione. Je pense que tes livres te manqueront à Saint-Mangouste, tu as toujours été plus cérébrale que pratique. Mais je peux me tromper, temporisa Harry.

- Tu n'as pas tort, Harry... Mais dites-moi, que comptez-vous faire ?

- Nous sommes acceptés pour une formation prestigieuse pour devenir Aurors !, s'exclama Ron.

L'ayant entendu, l'ensemble des invités se tournèrent vers eux, et Molly accourut pour prendre Ron et Harry dans ses bras.

- Oh, je suis tellement contente, vous ne pouvez pas savoir à quel point mes chers garçons ! Deux Aurors dans la famille, quelle joie !

Depuis plusieurs années, Molly considérait Harry comme son fils. Elle faisait preuve d'une plus grande réticence vis-à-vis d'Hermione, mais cette dernière ne lui en tenait pas rigueur. Elle avait toujours ses parents auprès d'elle, au contraire d'Harry, et c'était bien là le plus important.

Sirius s'avança également vers le trio, et serra Harry dans ses bras après que ce dernier fut libéré par Molly.

- Bravo mon garçon, ton père aurait été fier de toi, j'en suis persuadé.

Il serra par la suite la main de Ron, et se tourna vers Hermione, un sourire aux lèvres.

- Et toi, Hermione ? Une idée du parcours idéal ?

- Pas vraiment, j'hésite toujours entre différents secteurs, je me donne l'été pour réfléchir.

Sirius hocha la tête en signe d'approbation, puis s'approcha légèrement d'elle, comme pour leur donner un peu d'intimité au milieu des éclats de voix des Weasley.

- Je n'ai pas eu l'occasion de le dire plus tôt, mais... Très belle robe, Miss Granger, murmura-t-il à son attention.

Hermione le regarda s'éloigner, non sans avoir oublié le clin d'oeil qu'il lançait systématiquement à ses « proies » comme il aimait les appeler, et la jeune fille sentit une vague de chaleur envahir son corps, rougissant ses joues par la même occasion. Venait-il de lui faire un compliment ?

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- Hermione !

La voix de Ron la sortit de sa torpeur, et elle se redressa rapidement dans son bain qui commençait à devenir froid. Pestant contre elle-même, elle se releva rapidement et enfila un peignoir brodé d'un écusson de la maison Gryffondor en sortant de la baignoire. Elle sortit de la salle de bain dans cette tenue, et se dirigea vers le salon, où elle trouva Ron dans la même position qu'elle l'avait laissé : affalé dans le canapé.

- Je t'appelle depuis au moins dix minutes, bougonna-t-il, ne la regardant toujours pas.

- J'étais perdue dans mes pensées, désolée...

- J'ai eu le temps de dîner. Je pensais qu'il t'était arrivé quelque chose dans la salle de bain, me voilà rassuré.

Hermione haussa un sourcil, fascinée par la réaction de son mari. Il pensait qu'il lui était arrivé quelque chose, et pourtant il n'avait pas daigné venir directement devant la salle de bain pour cogner à la porte, se contentant de l'appeler de loin. Charmant, se dit-elle en se dirigeant vers la table basse où il avait laissé son assiette et ses couverts sales. Elle les emmena dans la cuisine et les mit dans l'évier, avant de prendre un yaourt qu'elle mangea rapidement, appuyée contre le plan de travail.

Sans un mot pour Ron, Hermione se rendit ensuite dans leur chambre afin de se changer pour la nuit. Il était déjà presque 22 heures, et elle était épuisée. Elle se glissa doucement dans leur lit, et, bercée par le bruit de la télévision, elle sombra dans le sommeil.

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Square Grimmaurd, 17 novembre 2003

Il était presque 22 heures, et Aurora ne dormait pas encore. Ginny avait pourtant passé en revue tous ses besoins, et ils avaient tous été satisfaits. Pourtant, la petite fille de cinq mois ne s'arrêtait pas de pleurer. Dans ces moments-là, Ginny passait très souvent le relai à Harry qui arrivait toujours à calmer leur fille, mais ce dernier n'était pas là. Au moins, il avait une bonne raison cette fois-ci : il était allé chercher Sirius à la gare, et ils n'allaient pas tardé à rentrer.

Un sourire aux lèvres, Ginny se leva du fauteuil qui se trouvait près du berceau d'Aurora, sa petite merveille dans les bras, et s'efforça de la bercer encore une fois. Au bout de quelques minutes, la petite fille aux cheveux noirs commença à fermer les yeux, et finit par rejoindre les bras de Morphée alors que la porte d'entrée à l'étage inférieur s'ouvrit. Ginny déposa doucement Aurora dans son berceau, priant pour qu'elle ne se réveille pas, et, voyant qu'elle dormait toujours du sommeil du juste, elle s'éclipsa, rejoignant Harry et Sirius.

Arrivée en bas de l'escalier, Ginny eut un mouvement de recul à la vue du parrain de l'homme qui partageait sa vie. Il avait... Changé. L'expression de son regard était la même, et pourtant, elle ne pouvait pas ne pas remarquer son évolution physique. Il avait tout d'abord troqué ses cheveux mi-longs pour une coupe courte, qui était aujourd'hui parsemée de fins cheveux blancs. Son visage, d'habitude si lisse, était mangé par une barbe de plus de trois jours qui lui allait particulièrement bien, faisant ressortir ses yeux gris. L'homme lui adressa un sourire en posant sa valise sur le sol, et Ginny se dirigea vers lui afin de le serrer dans ses bras.

- Bienvenue chez toi, Sirius, lui glissa-t-elle à l'oreille alors qu'elle le libérait de son étreinte.

- C'est également chez toi, ma chère Ginny.

Harry adressa un regard interrogateur à sa femme, et elle hocha la tête, son signe pour lui faire comprendre que leur fille s'était déjà endormie. Harry se tourna alors vers son parrain.

- Je t'avais parlé d'une nouvelle dans ma lettre, et je n'ai pas encore eu l'occasion de t'en parler. Je voulais que tu la vois. Suis-moi.

Intrigué, Sirius suivit Harry qui montait à l'étage, Ginny sur ses talons. Ils longèrent un long couloir, qui avait été repeint comme le nota Sirius, et poussa doucement une porte qui se trouvait sur la gauche. Harry l'incita à ne faire aucun bruit en posant un index sur sa bouche, et ils pénétrèrent dans la chambre de la petite fille qui dormait paisiblement.

Sirius s'approcha sans bruit du berceau, et dévisagea l'enfant qui avait la tête tournée vers lui. Au bout de quelques instants, il se retourna vers son filleul et Ginny, et eut une expression indéchiffrable, entre la joie et l'incompréhension. Après qu'ils furent sortis de la chambre, Sirius laissa exploser sa joie.

- Vous deux ? Vous avez eu une petite fille ?

Harry prit délicatement Ginny par la taille, et hocha la tête.

- Elle s'appelle Aurora. Elle a cinq mois, et je n'aurais pas pu avoir une fille aussi adorable, crois-moi. C'est un ange.

- Je suis heureux pour vous, vraiment. Elle est magnifique dit-il en posant une main paternelle sur l'épaule de son filleul.

Tout en discutant de leurs nouvelles responsabilités de parents, Ginny et Harry se dirigèrent vers la chambre de Sirius qu'ils avaient rénové un an plus tôt. Ce dernier trouvait la rénovation tout à fait à son goût, la pièce lui paraissant encore plus grande qu'à l'accoutumée.

- As-tu quelque chose de prévu demain soir, Sirius ?, demanda Harry alors que son parrain s'était assis sur son lit, et avait fait venir sa valise à l'aide de sa baguette.

- Non, rien de prévu. Pour tout te dire, j'avais prévu de m'enfermer ici pendant un bout de temps, histoire que tout le battage médiatique autour de mon retour à Londres se calme... Si cela ne vous dérange pas, bien sûr, ajouta-t-il en pensant soudain à Aurora.

- Pas du tout, je te rappelle que c'est ta maison également, répondit Harry avec un sourire bienveillant. Tu ne seras donc pas contre un petit dîner à la maison afin de célébrer ton retour comme il se doit ?

- J'en serai même ravi, Harry.

- Très bien, je vais donc prévenir Molly et Arthur, ainsi que Ron et Hermione. Passe une bonne nuit, repose-toi bien, conclut-il en se dirigeant vers la porte en compagnie de Ginny.

- Ron et... Hermione ?

Sirius avait-il bien entendu ? Harry fronça les sourcils, et se souvint d'un détail qui remontait à déjà quatre ans.

- Oh, oui, tu ne le sais sûrement pas, mais Hermione est revenue de son voyage quelques semaines après ton départ. Quel dommage que vous ne vous soyez pas croisés avant que tu ne partes. Elle a essayé de te contacter il y a deux ans, mais, comme mes lettres, la sienne est revenue quelques temps plus tard. C'était à l'occasion de son mariage avec Ron.

Sirius fit en sorte de ne rien laisser paraître devant Harry et Ginny, et leur adressa un sourire forcé.

- Très bien. Vivement demain soir alors, il se trouve que j'ai raté beaucoup de choses pendant mon absence...

Harry et Ginny le laissèrent finalement seul, et Sirius s'allongea sur son lit, le regard fixé au plafond. Elle était donc revenue... Peut-être avait-elle attendu son départ pour finalement retourner auprès des siens, qui sait ? Cette pensée lui laissa un goût amer dans la bouche, et c'est tourmenté qu'il ferma les yeux afin de sombrer dans un sommeil réparateur.

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Square Grimmaurd, 13 juillet 1998

Hermione ne voulait pas se laisser faire. Il était déjà deux heures du matin, et le champagne coulait toujours à flot. Molly et Arthur était rentré avec quelques uns des enfants Weasley, laissant Harry, Ron, Ginny, Sirius et elle-même seule. Molly avait fait promettre à Ginny de ne pas se saouler, ce que la jeune fille avait accepté en se servant une autre coupe de champagne, au plus grand malheur de sa mère.

Sirius avait commencé à raconter des anecdotes sur sa vie amoureuse, au plus grand désespoir d'Hermione, mais à la plus grande joie de Ron et Harry qui écoutaient avec attention ses conseils. Très souvent, le parrain d'Harry lui lançaient des regards équivoques lorsqu'il racontait les passages les plus graveleux de ses histoires « d'amour », et Hermione ne pouvait s'empêcher de lever les yeux au ciel. Que cherchait-il ? Voulait-il la séduire ? Si c'était le cas, il était à mille lieux de réussir, et elle comptait bien le lui faire savoir dès qu'elle en aurait l'occasion. Elle n'avait pas l'intention d'être une de ces bécasses qui pavanaient à son bras et qui disparaissaient encore plus vite qu'elles n'étaient apparues. Elle était Hermione Granger, pas une vulgaire fille qu'il croisait dans un bar, se dit-elle en se levant afin de prendre un verre d'eau dans la cuisine. Elle avait assez bu comme ça pour ce soir.

Alors qu'elle ouvrait le robinet d'eau froide afin de se servir, elle sentit une main se glisser sur sa hanche, et fit tomber le verre dans l'évier, verre qui se brisa en mille morceaux. Furieuse, elle se retourna et croisa le regard plein de malice de Sirius Black à quelques centimètres de son visage.

- Désolé, je ne voulais pas te faire peur, dit-il en prenant sa main dans la sienne afin de vérifier qu'elle n'était pas blessée.

Elle retira rapidement sa main de la sienne, comme brûlée, et lui adressa un regard assassin.

- Je n'ai rien, merci.

Sirius l'observa, et il lui trouva soudain une ressemblance avec une biche égarée. Elle baissa rapidement les yeux, cherchant un échappatoire, mais il avait posé ses deux mains sur le rebord de l'évier, ne lui laissant aucun espace pour s'échapper. Elle s'avança légèrement, réduisant l'espace entre eux.

- Pourrais-je partir ?, demanda-t-elle en le regardant effrontément.

Le regard de Sirius s'abaissa pour rencontrer ses lèvres, et lorsque la jeune fille s'aperçut qu'il regardait cette partie de son visage, elle ne put s'empêcher de mordiller sa lèvre inférieure. Mais pourquoi fais-tu ça ?, se demanda-t-elle en se maudissant intérieurement. Sirius sourit légèrement en voyant cette réaction de la jeune fille, et se mit à parler dans un murmure.

- Un baiser, et je te laisse partir, princesse.

Hermione fronça les sourcils, comme interloquée et choquée par sa proposition. Mais il ne bougeait toujours pas, et elle se rendit compte qu'il ne blaguait pas. Il attendait vraiment qu'il l'embrasse, pensa-t-elle en pesant le pour et le contre. Elle finit par couper la poire en deux, et déposa un baiser furtif sur sa joue.

- Voilà. Puis-je partir maintenant ?, dit-elle en croisant les bras, signe pour elle que la discussion était terminée.

- Après vous..., conclut Sirius en la laissant passer.

Hermione se dirigea vers le salon, furieuse. Mais elle était surtout furieuse contre elle-même. Pourquoi avait-elle cédé ?

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Londres, 18 novembre 2003 à l'aube

Hermione se réveilla en sueur. Ce rêve lui avait paru tellement réel... Et pour cause, se dit-elle en se passant une main sur le front, ces moments, elle les avait déjà vécus, et avait décidé de les enfouir au fond de sa mémoire des années auparavant. Pourquoi venaient-ils la hanter seulement maintenant ? Cela avait-il un rapport avec le retour de Sirius à Londres ? Elle ne voulait pas y croire, et pourtant, l'annonce de son retour lui semblait bien réel. Pour son plus grand malheur.


Petite coquille dans mon premier chapitre, nous sommes en 2003, et non en 2002. Voilà donc le deuxième chapitre, qui pose un peu plus les choses.

Les prochains chapitres auront également la même forme : un moment présent, mis en parallèle avec un évènement passé. C'est une nouvelle forme d'écriture que je tente, j'espère que vous allez y adhérer. En tout cas, n'hésitez pas à me faire connaître vos réactions, je n'aimerais pas commencer quelque chose qui ne vous plaît pas. :)

A très vite !

PS : S'aimer me manque déjà, dingue. :'D