Note de l'auteur : Deuxième chapitre. Même si j'avance lentement, j'espère que vous ne perdrez pas votre enthousiasme car j'ai l'intention de mener cette histoire au bout. Merci d'avance et toutes les critiques sont les bienvenues.
NDLT : Voici le deuxième chapitre de cette histoire. Il était un peu plus difficile à traduire, j'espère m'en être bien tirée… I chapitres en tout, je compte en traduire environ un par semaine. Pour plus de précisions, allez voir mon profil. Bonne lecture !
« PET ISSUES »*
Quand son père, Henry Watson, avait été appelé à servir et qu'il l'avait laissé pendant une longue période seul avec sa mère et sa sœur, John s'était sentit triste. Même s'ils n'avaient pas été particulièrement affectueux, son père et lui étaient assez proches à l'époque. Son absence l'avait transformé en un enfant introverti et apathique si bien que sa mère, préoccupée, avait dû intervenir.
Bien qu'il ait passé des années à le demander (tout comme Harry), ils n'avaient jamais eu d'animaux de compagnie. C'est pour cette raison que quand sa mère revint du magasin d'animaux, John oublia presque son chagrin face à l'excitante idée de finalement avoir le chien dont il avait toujours rêvé. Cependant, le nouveau membre de la famille Watson ne fut pas le canin tant espéré, mais un vieux chat de l'Himalaya. Harry était celle qui avait toujours voulu un chat, ce n'était pas juste.
Le chat, dont il avait oublié le nom avec les années (de toute façon Harry le changeait selon son humeur), était déjà trop vieux, trop fier et trop mal élevé quand il arriva à la maison. Et John était la personne qu'il aimait le moins.
Peu à peu, il s'était arrangé pour uriner et déchirer ses magazines préférés (son premier Playboy avait été totalement détruit), ses bandes dessinées, ses livres et même ses couvertures. Il avait pris possession de son lit, de son pull préféré (transformé en pelote de laine dans la cage du chat), et de bien d'autres choses. La haine était mutuelle. La situation était restée ainsi pendant des années, le chat abusant de sa commode immunité (maman et Harry croyait qu'il était innocent comme il n'avait jamais rien fait à leurs affaires - ce chat était diablement intelligent) et John le détestant de toute son âme, alternant cris et indifférence.
Mais au fond, John était toujours resté faible et c'était celui qui restait le plus à la maison. Sa mère travaillait trop, quand Harry et lui devinrent adolescents, elle fit autant d'heures supplémentaires que possible. Au fil des ans, sa sœur était devenue de plus en plus adeptes des sorties nocturnes et avait une intense vie sociale. Par conséquent, le seul à être présent pour le chat était John. John qui était le seul à se souvenir qu'il fallait manger. John qui était celui qui changeait sa litière. John qui passait ses samedi soirs, seul dans le salon, devant un marathon de Dr. Who à la télévision. John qui préférait lire un bon livre de biologie en mangeant un sandwich à la confiture, enfermé dans sa chambre.
Avec le temps, le chat et lui avaient trouvé un équilibre étrange. Le chat ne l'ennuyait plus aussi fréquemment et même, si l'animal considérait que John avait eu un comportement acceptable, il se blottissait contre lui sur le canapé ou dans son lit. Quant à John, quand il trouvait que le chat s'était particulièrement bien comporté, il passait ses doigts dans son pelage pour le caresser. Il découvrit que c'était quelque chose qui les détendaient tous les deux, même si aucun des deux ne l'admettrait. Le chat et John ne s'aimaient pas, mais quand le félin mourut et que sa mère l'appela à l'université pour lui faire part de la nouvelle, John sentit un petit malaise qui ne lui permit pas de prêter une attention totale à son cours de chimie organique.
- C'est la mère. Ça doit être la mère.
- Sauf que ce n'est pas la mère, Sherlock, murmura John, plongé dans les documents de leur affaire la plus récente. Celle-ci les occupait depuis plusieurs jours, ils n'avaient pas dormi et ils avaient à peine mangé. L'énergie que Sherlock semblait avoir pour faire les cent pas dans le salon de manière si active paraissait irréelle. Ses doigts tambourinaient sur sa cuisse, au-dessus du tissu de son pantalon de pyjama, sur son menton et même dans ses cheveux sombres et frisés.
- Ça DOIT être elle, lança-t-il avec un mouvement dramatique des bras.
- Ce serait possible si elle n'était pas morte il y a 15 ans. Sherlock émit un gémissement guttural en signe de frustration. Cette affaire le tuait, réellement. Ses yeux bougeaient sans relâche, ses pensées paraissaient tourmentées et, pendant un instant, John se préoccupa réellement pour son ami qui semblait sur le point de bouillir. Son corps tremblait, son visage était de plus en plus pâle et ses cernes n'avaient plus été aussi prononcées depuis longtemps.
- Sherlock.
Le détective consultant ne lui répondit pas, il continuait à se consumer dans son était de folie.
- Sherlock. Il éleva la voix, posant les archives sur la table basse en face du canapé où il était assis.
Pas de réponse.
- Sherlock !
- John ! Cria-t-il, en se tournant pour le voir. Le médecin soupira, abattu, et lui fit un signe de sa main pour qu'il s'asseye sur le sofa.
Contre toute attente, Sherlock marcha vers lui à pas lents et lourds avant de s'étaler de tout son long dans le canapé, ses longues jambes sur le meuble et sa tête sur les genoux de John.
- Peut-être que tu as besoin d'arrêter de penser un instant. On va regarder un navet à la télévision ou quelque chose comme ça. Sherlock ne fit aucune objection, mais il restait tendu et sa jambe était traversée par un tic nerveux.
Il y avait un concours musical au programme. Une adorable présentatrice, que John reconnaissait comme une ancienne chanteuse qui avait fait quelques tubes dans les années 90, souriait à la caméra et annonçait les participants les uns après les autres. Après avoir reconnu deux chansons de suite, John comprit que la soirée était un hommage à un groupe musical des années 70.
La jambe de Sherlock cessa de trembler et, curieux, John observa le visage de son ami. Ses yeux entrouverts étaient toujours absents, mais ils ne quittaient pas l'écran. Quelques boucles rebelles obstruaient sa vision et, sans trop y penser, John les éloigna avec sa main. Ce contact, si peu familier, ne sembla pas importuner Sherlock, même quand John laissa sa main dans ses cheveux.
- Mummy avait l'habitude d'écouter cette musique, susurra le détective si bas que John put à peine l'entendre. Un petit rire s'échappa des lèvres de John et il s'appuya sur le dossier du canapé en enterrant plus profondément sa main dans les cheveux de Sherlock. Étonnamment, ils étaient doux et dégageaient un arome de shampoing aux fruits qui calmèrent ses sens.
Le pouce fut le premier à bouger en cercles lents sur sa tempe, imposant une cadence spéciale, pressant gentiment, mais avec une fermeté suffisante pour sentir le cuir chevelu et chaque cheveu. Les autres doigts suivirent, massant inconsciemment le reste de sa tête au rythme de la musique, alternant avec les dessins circulaires. John avait oublié à quel point c'était relaxant, il n'avait caressé personne de cette manière depuis des années. Et cette fois, il perdit la notion du temps pendant qu'il le faisait. Soudain, les souvenirs du vieux chat problématique lui revinrent en tête et, le sourire aux lèvres, il ne put éviter de le comparer à son compagnon d'aventures.
Sherlock.
Il dirigea à nouveau son regard vers ses genoux où le visage de son ami lui renvoyait une expression indéchiffrable. Il ne pensait plus à l'affaire, John en était certain. Cependant, il ne put déterminer quelles nouvelles pensées occupaient l'esprit de son ami. Ses yeux bridés, entrouverts, dans lesquels la lumière de la télévision se reflétait pour leurs donner une teinte verte cette nuit. Les autres jours, ils étaient gris ou même bleus. Cette nuit plus que jamais il songea que ses yeux ressemblaient à ceux d'un félin. Ce stupide chat, fier et magnifique. Mon Dieu, qu'est-ce qu'il était beau.
Soudain Sherlock ferma les yeux et mit sa tête en arrière, cherchant plus de contact avec la main de John. Ce dernier ne se fit pas prier, il continua ses dessins imaginaires dans les cheveux de Sherlock. Un soupire imperceptible s'échappa des lèvres à peine entrouvertes du détective. La mélodie de fond dictait le rythme de ses mouvements. C'était une vieille chanson, John ne l'avait plus entendue depuis longtemps, et, même s'il n'avait jamais prêté attention aux paroles, il savait que pendant le refrain la belle voix racontait comment le gagnant raflait tout.
Ses lèvres se détendirent en un sourire, il avait commencé à apprécier ce moment, même avant qu'il ne remarque comment les lèvres de Sherlock bougeaient. Il pensa pendant quelques secondes qu'il parlait, mais non, il articulait seulement les paroles sans émettre un son. Les mots n'étaient pas hasardeux, non, Sherlock était en train de chanter – mais sans un son – les paroles de cette chanson dont John se rappelait vaguement. Ça, c'était une surprise. Sherlock arrivait toujours à la surprendre. John ne voulait même pas cligner des yeux de peur de perdre une seconde de ce moment si étrange. Il se sentait spécial, il était certain d'être la seule personne au monde à avoir eu le privilège de voir le seul détective consultant dans cet état de détente si… intime.
Les pupilles du docteur Watson ne quittèrent pas ses lèvres, les mots jaillissaient l'un après l'autre et il les suivait sans perdre le moindre détail.
"...side the victory, that's her destiny.
I was in your arms
Thinking I belonged there
I figured it made sense
Building me a fence
Building me a home
Thinking I'd be strong there
But I was a fool
Playing by the rules..."
Un sourire se dessina sur les lèvres de Sherlock quand il entendit le doux rire que John laissa échapper. Les joues de l'ex-militaire était chaudes et il savait qu'il avait rougit, il aurait dû être honteux mais il se sentait étrangement heureux. Avec le pouce de sa main libre il traça la ligne de la mâchoire de Sherlock, palpant la peau pour sentir la forme de l'os. Il descendit jusqu'au menton où il appuya avec douceur, en dirigeant son index vers le haut, si bien qu'il traçait le bord de la lèvre inférieure. Les mots continuaient à naître et quelques syllabes faisaient que la lèvre caressait involontairement le doigt de John. Un chatouillement s'en suivait, de la pointe de son doigt, à travers son bras, jusqu'à sa colonne.
À un moment, les mots n'étaient plus des mots, et le toucher timide devint plus aventureux. La musique touchait à sa fin mais les lèvres de Sherlock continuaient à bouger, capturant le pouce de John et caressant. De petits baisers, c'étaient de petits baisers qui étaient distribués sur les différentes parties de la peau qui couvrait le doigt. Ils étaient tellement doux et légers qu'ils ne perturbèrent pas le docteur, même quand il commença à sentir la pression et la chaleur de la langue. Timidement, la pointe de la langue traçait les empreintes digitales de son pouce. Et, rapidement, la bouche de Sherlock partagea son attention entre les autres doigts de la même main. Il les attrapait entre ses lèvres, leur donnait de petits coups de langue, appuyait si doucement avec ses dents que John n'était pas certain qu'il s'agisse de morsures.
C'était extraordinaire : avoir Sherlock sur ses genoux, complètement étiré et détendu avec la langueur d'un félin, les yeux fermés et la tête tirée en arrière, exposant son cou pâle, lui toucher les cheveux en suivant le même rythme que le détective avait imposé pour caresser les doigts de John avec sa bouche. Cette scène, à ce moment précis, était la plus érotique que John ait jamais vu. Une chaleur intense se glissa sous sa peau, il brûlait, son pouls s'accéléra et ses pupilles se dilatèrent.
Sherlock ne pouvait pas voir qu'il était excité, mais ses lèvres migrèrent vers le poignet de John. Juste là où l'artère radiale frappait avec plus de force et de fréquence. Il palpa à peine avec ses lèvres cette zone exacte avant d'approfondir en un baiser. Un sourire confiant, joueur, et John rougit de plus belle, maintenant il s'en était rendu compte. Il ne fallait pas le regarder pour se rendre compte de combien son corps avait changé. Pas quand il s'agissait de Sherlock Holmes.
La musique s'arrêta et la voix de la présentatrice inonda le salon, trop brusque, trop aigüe, elle les sortit de leur torpeur. Abba, c'était le nom de ce vieux groupe, sans perdre le sourire, mais avec une voix si mécanique qu'il était évident qu'elle lisait le prompteur derrière la caméra. La femme récita une longue biographie du groupe musical né au début des années 70, en rappelant les titres de leurs chansons les plus populaires et en parlant des membres du groupe. Ils s'étaient mariés, puis las les uns des autres, ils avaient divorcés. Ce conflit avait enclenché à la dissolution du groupe.
Soudain, Sherlock ouvrit les yeux, s'éloigna des mains de John et sauta du canapé, pour se retrouver debout face au bon docteur.
- L'ex-mari, dit-il. John s'agita sur son siège, mal à l'aise. Il se racla la gorge et essaya de recomposer son visage pour comprendre ce qui se passait. Ce n'est pas évident ? John ! Ça aurait dû être l'épouse mais ce n'est pas elle : elle est morte, mais pas ces intentions. Sibbyl Renton avait un ex-mari qui devait être au courant de toute l'affaire… Oh mon Dieu, c'est brillant. John ! C'est parfait.
Cette joie soudaine décontenança John. Un ex-mari ? Oh, bien sûr, il l'avait lu quelque part dans les archives. Il s'étira pour prendre la pile de papiers qu'il avait laissés sur la table basse, mais Sherlock s'interposa entre lui et son but. Le détective venait de s'agenouiller face à son ami, la joie vivifiante qui palpitait dans tout son corps et son expression adoucie lui donnait une apparence encore plus juvénile.
- John, ais-je déjà vanté tes capacité de conducteur d'idées géniales ? Cette capacité à elle seule est brillante. Son timbre de voix était grave et profond, générant une sensation incommode mais plaisante dans ses entrailles.
Il était sur le point de dire quelque chose, mais le détective s'arrangea pour le surprendre de nouveau en prenant ses mains dans les siennes et en les levants rapidement jusque ses lèvres pour déposer un baiser sur chacune d'elles.
- Mon téléphone, je dois avertir Lestrade, murmura-t-il en s'écartant de lui aussi vite qu'il était venu. Laissant son meilleur ami, l'ex-militaire et docteur John Watson avec la sensation que quelqu'un avait enlevé le sol sous ses pieds et que le vertige s'emparait de lui.
* En Anglais dans le texte
Note 1 : la chanson de Abba est « The winner takes it all »
Note 2 : la raison pour laquelle le groupe se sépara n'a pas seulement été les divorces des deux couples, d'autres facteurs sont entrés en compte, mais je les ai omis pour server ma cause.
Note 3 : c'est court XD mais j'espère que ça vous a plu. Les reviews sont les bienvenues Merci d'avance.
