Je tiens à dire que je ne m'attendais pas du tout (mais alors pas du tout), à avoir autant de reviews et de followers pour un chapitre qui m'étais venu sur un coup de tête. Franchement ...
Et comme cette fic n'était pas ma priorité, je suis sincèrement désolée du temps que cela m'a pris pour sortir ce chapitre 2 (qui a été assez laborieux, je dois bien le reconnaître).
Je remercie tous celles et ceux qui m'ont reviewée / followée.
Je m'excuse par avance du caractère inutile et frustrant de ce chapitre, bonne lecture tout de même ^^" (je sais que j'avais dit 2 ou 3 chapitres mais mon amour des détails inutiles l'a encore emporté).
Natasha Belova Romanov les escorta jusque dans la rue. Prenant à gauche, elle fit quelques pas avant de constater qu'ils ne l'avaient pas suivie. Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule : à l'autre bout de la rue, Sherlock tentait d'interpeller un taxi. Le regard qu'elle lança aurait dû transpercer et figer les deux hommes ; il n'atteignit que John, pris entre les deux feux, qui y répondit d'un haussement d'épaule. Franchement, qui aurait pu penser que le S.H.I.E.L.D faisait aussi mal son travail ? Dix millions de livres sterling n'était pas une somme suffisante pour décider Sherlock à grimper dans l'une des berlines de son frère, quand bien même Mycroft ne s'y trouvait pas. Tout le monde savait cela, non ?
En quelques enjambées, John rejoignit Sherlock qui avait finalement réussi à arrêter un taxi ; taxi qui n'avait de la place que pour deux personnes, cela allait sans dire. Sans un mot, le détective monta en voiture et son froncement de sourcil dissuada son blogueur de tout autre commentaire. Ce dernier prit place à ses côtés et le véhicule démarra, laissant sur le bas-côté une espionne russe furieuse. Dire que sa colère était colossale pouvait passer pour un doux euphémisme. On ne doublait pas Natasha Romanov : elle se glissa dans la berline et le chauffeur sans autre ordre, preuve qu'il avait l'habitude, entreprit de suivre le taxi.
Depuis quelques mois, depuis qu'elle avait rejoint les Avengers en vérité, la jeune femme s'astreignait jour après jour à dompter sa nature passionnée (le terme volcanique était réservé à ses (ex-)petits amis en mal d'inspiration et dont toute la créativité se cristallisait dans ce mauvais parallèle avec la couleur de ses cheveux). Non pas qu'elle en eût particulièrement besoin : de par son travail Natasha Romanov contrôlait bien mieux ses réactions que 90 % de la population américaine et russe réunies, mais la fréquentation assidue de Bruce Banner et surtout de Tony Stark lui avait fait découvrir un tout autre niveau de maîtrise. Et malgré tout, ce … ce … ce gamin anorexique avait dédaigné la regarder plus avant et l'avait faite passer pour une idiote incompétente. Elle se retint de justesse de jouer avec sa dague qu'elle dissimulait contre sa cuisse. Un numéro de jonglage pour passer ses nerfs sonnerait comme une défaite personnelle. Ce Sherlock Holmes ... Elle le forcerait à la reconnaître pour ce qu'elle était. Et cela n'avait rien à voir avec une quelconque implication personnelle ! Elle était professionnelle, elle ne laissait pas ses sentiments prendre le dessus. Jamais. C'était uniquement dans l'intérêt de la mission. Qu'il sache qu'elle ne devait pas être ignorée. D'ailleurs, en parlant de Bruce Banner … Il allait falloir veiller à ce qu'il ne se trouve pas à moins de 500m de ce détective ou New-York connaîtrait une nouvelle vague de destruction. Et franchement ? Ils n'avaient pas besoin de cela.
Elle reporta son attention sur la route : la berline suivait toujours le taxi, quels que soit les efforts de ce dernier pour échapper à leur vue. Natasha ne put qu'approuver la grande efficacité du personnel de Mycroft Holmes. Ils étaient bien plus disciplinés que la plupart des agents du S.H.I.E.L.D alors que la majorité d'entre-eux n'étaient même pas militaires. Ils étaient juste dévoués à la Couronne et à leur chef, dans cet ordre. Le S.H.I.E.L.D manquait peut-être d'une famille royale à servir. Natasha étudia brièvement la question et la balaya d'un revers de crinoline, elle dansait mieux le ballet que la valse. Ou peut-être était-ce dans l'ordre inverse et était-ce pour cela que son chef à elle, Nick Fury, détestait l'Anglais ? Ça et pour une quantité d'autres choses, mais pour cela en priorité. Rien ne l'énervait plus que d'avoir à recourir à l'aide de ce type, son petit sourire narquois pendu aux lèvres et son flegme inexpugnable attaché à son parapluie. Et à ses milliards de caméras qui balayaient le monde et dont il était humainement impossible d'analyser l'ensemble des images. Sauf que lui le pouvait. Sauf que lui savait toujours où et quand il s'était passé quelque chose. Mycroft Holmes, tout comme Nick Fury dans sa partie, était le meilleur.
L'esprit de la jeune femme divagua quelque peu. Ses costumes de soie, sa nonchalance étudiée, ses gestes maîtrisés, son obsession du contrôle. Obsession du contrôle ? Il allait falloir qu'elle revoit ses lectures, elles allaient finir par avoir une mauvaise influence sur elle : bientôt elle allait entendre sa déesse intérieure. A sa décharge, son travail était suffisamment stressant pour qu'elle s'autorise d'autres auteurs que Tolstoï ou Dostoïevski. De toutes façons, elle connaissait des jeux bien plus évolués et réjouissants que ceux de Christian Grey et n'avait jamais été la petite dinde que pouvait être Ana. Elle n'était pas surnommée La Veuve Noire pour rien … A cet instant précis, l'intégrité de la famille Holmes ne tenait qu'à la ferme résolution de Sherlock d'éloigner Natasha Romanov d'Irène Adler. Mycroft ne saurait jamais à quel point il devait le remercier. Ou pas.
Toujours est-il que la berline avançait. Eût-elle reculée, Natasha ne se serait pas perdue dans autant de considérations totalement inutiles à l'intrigue. Le problème étant qu'une voiture est fondamentalement conçue pour la marche avant, selon la logique qui veut qu'il soit préférable que l'on puisse voir les obstacles pour les éviter. Saine logique. Ainsi donc, cette particularité de conception engendrait moult digressions dont nul ne se sentait responsable. Mais reprenons.
Toujours est-il que la berline avançait, toujours pistant le taxi, et que sa passagère se rendit rapidement compte (7 minutes et quatre embranchements) que Sherlock savait précisément où il était sensé aller. La dague resta à sa cuisse. Pas de jonglage. Professionnelle.
Le taxi arriva enfin au London City Airport où un jet privé les attendait. Ainsi qu'un comité d'accueil constitué de deux femmes. Sherlock qui était sorti le premier leva un sourcil désespéré et estima assez précisément le temps qu'il faudrait à John pour entamer son approche. Il adressa un vague hochement de tête à l'assistante personnelle de Mycroft qu'elle serve son frère ne devait être que le résultat d'une affectation d'office, un mauvais karma de fonctionnaire, et pas un choix délibéré de sa part, du moins l'espérait-il. Anthea finit d'écrire son sms et lâcha un vague bonjour. Sherlock daigna à peine regarder l'autre femme, une militaire, tandis que John tentait d'être cordial. Tss, tss, John, voyons, elle fait partie de l'organisation qui a pointé un sniper sur toi i peine une heure et qui a été cause de ton absence de petit déjeuner, toi qui te plains toujours que je ne mange pas assez, tu devrais revoir tes priorités.
Monologue intérieur qui se traduisit par un haussement de sourcil légèrement méprisant et vaguement menaçant. Il est inquiétant de constater à quel point le détective (consultant) employait son énergie à faire passer ses émotions dans des modifications infimes de son visage alors qu'il eût été au combien plus simple de parler. Mais parler était si commun. N'est-ce pas ? Même pour un homme qui maîtrisait une dizaine de langues. Et le mépris intérieur apportait sa satisfaction intrinsèque.
Sans un mot supplémentaire, les deux femmes et les deux hommes gagnèrent le terminal principal où ils furent bientôt rejoints par Natasha.
Un sourire au lèvre, Sherlock constata :
« Vous avez puni votre pauvre sniper en le forçant à rentrer à pieds ? Ou peut-être avez eu peur que votre petit ami n'en prenne ombrage ?
Professionnelle, était son nouveau mantra.
- Comment avez-vous su …
- La façon dont vous avez réagi quand j'ai mentionné le sniper, regard de dégoût - je dois avoir le même en parlant d'Anderson – et léger soupir, simple.
- Que nous devions prendre l'avion ici ? compléta-t-elle impassible (ou presque).
- Le temps de transmission de la voix au téléphone, il y avait un temps de latence, probablement New-York si je me base sur les informations de John et sur un calcul, au demeurant fort simple. Donc si nous allons à New-York, avion, et vu votre organisation, je doute qu'un avion de ligne soit de la partie. D'où jet privé, d'où London City Airport.
Et il conclut sa tirade d'un long soupir blasé qui ne lui valut même pas de remarque de réconfort de la part de John dont l'attention était ailleurs (pas même un petit « Brillant »), ni évidemment de la part de Natasha.
Ils étaient arrivés, grâce à une petite navette, au pied de l'avion. Anthea n'avait toujours rien dit mais avait envoyé une quantité de textos digne d'un premier janvier (le jour où le premier forfait sms illimité avait été mis en place devait être le plus beau jour de sa vie, avec l'introduction des smartphones, quoique pour le coup, Sherlock partageait ce sentiment). L'autre femme se tenait un peu en retrait, l'air concentré, écoutant distraitement John même si celui-ci, et Sherlock à son corps défendant, n'était pas dupe. Natasha étudiait toujours Sherlock.
- Au fait, reprit-il assez fort pour être entendu par-dessus le bruit des moteurs tandis qu'il montait dans l'avion, comment se fait-il que vous soyez espionne et que le premier venu connaisse votre nom ? N'est-ce pas une sorte de … faute professionnelle ?
Natasha attendit d'être bien installée au fond d'un fauteuil, la ceinture bouclée, avant de répondre :
- Le fait que votre ami connaisse mon nom est une conséquence fâcheuse des incidents de New-York.
La jeune militaire grimaça à la mention des « incidents ».
- Mais rassurez-vous, continua-t-elle dans un sourire et en russe, que l'on connaisse mon identité ne m'empêche pas de mener mes missions à bien. Ce n'est pas mon nom qui importe. »
Effectivement, pensa Sherlock. Il coula un regard sur John qui, prudemment, se tenait à l'écart de la Veuve Noire. Son instinct de survie était bon, normal pour un militaire.
Ils s'étaient assis dans un carré, John et Sherlock côte à côte en face de Natasha et de l'autre femme. Anthea s'était installée de l'autre côté de la travée. Le détective se demanda si elle réussirait à survivre à l'extinction de son portable au décollage, même si en toute logique, ce ne devait pas être la première fois qu'elle prenait l'avion.
Il se tourna vers la femme en face de lui : une grande brune, cheveux courts, elle se tenait extrêmement droite sur son siège mais laissait échapper quelques sourires aux remarques de John. Et pourtant présentement ce n'était pas lui qui jouissait du prestige de l'uniforme … Sherlock restait perplexe.
« Bien, Maria Hill, c'est cela ? Que nous veut le S.H.I.E.L.D ?
- Je ne suis pas habilitée à vous répondre.
- Le second plus haut gradé de l'organisation qui n'est pas « habilitée » à nous répondre ? releva cyniquement le jeune homme.
- Comment … ?
Natasha lui jeta un regard noir : elle ne devait pas entrer dans son jeu, ne voyait-elle pas cela ?
Le décollage était imminent.
- L'équipage vous a salué en entrant d'où grade élevé. Mme Romanov et l'assistante de mon frère vous écoutent mais elles ne vous obéissent pas, donc il y a quelqu'un au-dessus. Donc second.
Et comme Maria haussait les sourcils d'incompréhension, Sherlock précisa :
- Les regards, Madame Hill, les regards. L'être humain est tout aussi régit par un système hiérarchique que peuvent l'être les babouins, seulement il est plus subtil à décrypter. C'est là tout son intérêt.
Son sourire narquois se renforça sur une marque d'admiration de John.
Comme le jet avait pris son envol, Natasha commença à envisager les différentes manières de faire passer le détective de vie à trépas. Son couteau ?
- Trop salissant, Madame Romanov.
- Pardon ? fit John.
- Non rien, fit le détective.
Elle serra le poing. Prit une inspiration. Une hôtesse passa s'assurer que sa poignée de passagers ne manquait de rien et rappela rapidement les consignes de sécurité. L'étouffer avec le cordon du masque à oxygène ?
- Trop souple, Madame Romanov. Vous auriez du mal à atteindre la pression voulue.
- De quoi donc parlez-vous Monsieur Holmes ? demanda Maria.
- De mon prochain travail, répondit l'espionne. Ne vous inquiétez pas, M. Holmes, je trouverais le moyen.
- Avant que nous arrivions à bon port ?
- J'y mets ma fierté professionnelle.
- Dois-je vous signaler que faire s'écraser l'avion ne rentre pas dans le cadre de cet échange ? »
John émit un petit bruit étranglé. Il se tourna vers Anthea et se désintéressa totalement de son acolyte.
« Comment se porte Mycroft ?
La jeune femme, temporairement privée de son téléphone, daigna lever les yeux vers lui et d'un ton totalement plat et monocorde :
- Mal. Il a fait une réaction allergique à l'anesthésiant.
- Vraiment ? s'inquiéta John, il connaissait les conséquences de ce genre d'allergie et cela ne lui augurait rien de bon. Est-ce si grave ?
- Je crains que Mycroft ne puisse se résoudre à mourir de ça, fit une voix dédaigneuse à côté de lui.
Décidément, les rapports entre les deux frères ne s'arrangeaient pas.
- Son dernier rapport médical a été jugé non alarmant par nos médecins.
John passa sur le fait qu'un rapport médical ait été sorti et analysé par des médecins vraisemblablement attachés au MI5.
- Non alarmant ?
- Il aurait signalé qu'il voulait reprendre le travail sous une semaine. Depuis il a été placé en coma artificiel. »
John ne fit plus de commentaire. Il n'écouta pas plus l'échange entre son colocataire et l'espionne rousse. Il voulait juste rentrer chez lui.
Le jet finit par atterrir plus rapidement que de raison. Il avait été sensiblement amélioré pour les besoins de la cause. Un petit sourire flottait sur les lèvres de Natasha alors qu'elle empruntait l'escalier de sortie : l'idée de l'électrocuter dans la cabine de pilotage avait eu raison des capacités de déductions du jeune homme. Moyennant quoi, avait-il trouvé le voyage raisonnablement agréable et pratiquement pas ennuyeux, quoi qu'il ait pu en dire. John avait également quelques raisons d'être satisfait.
Ils s'engouffrèrent bientôt tous les 5 dans une voiture qui les attendaient. New-York ! Sherlock croqua négligemment dans une pomme, observant John littéralement scotché à la fenêtre. Une heure plus tard, une horreur architecturale fut en vue, une tour affublée d'un A et dont les lettres S, T, R, K étaient manifestement manquantes, ayant laissées des traces bien visibles. On avait profité de l'occasion semblait-il pour faire d'une tour nue une tour vengeresse, tout en rognant sur les coûts (ajouter un V, un E, un N, un G, un E, un R et un S aurait défiguré l'équilibre structural de l'ensemble se défendrait le propriétaire). John sentit un frisson le long de son échine alors qu'il posait le pied dans le hall. Sherlock, sans hésitation, le traversa en de longues enjambées, resserrant son écharpe. Il attendit les autres dans l'ascenseur.
Par une ironie étrange, les premières mesures des Clash se déversèrent soudain.
« Should I stay or should I go now ? »
Contrairement à ce que l'on peut croire, j'aime le personnage de Mycroft !
Le prochain épisode sera musical : JARVIS, on compte sur toi !
Même si je n'ai placé ni Tony, ni Thor, ni Bruce, ni Cap, ai-je droit à une petite review ?
